Les 120 Journées de Sodome/2e journée

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2e journée.

On se leva à l’heure ordinaire, l’évêque entièrement remis de ses excès et qui dès quatre heures du matin s’était trouvé bien scandalisé de ce qu’on l’eût laissé coucher seul, avait sonné pour que Julie et le fouteur qui lui était destiné vinssent occuper leur poste ; ils arrivèrent à l’instant, et le libertin se replongea dans leurs bras au sein de nouvelles impuretés, quand le déjeuner fut fait suivant l’usage dans l’appartement des filles. Durcet visita et de nouvelles délinquantes, malgré tout ce qu’on avait pu dire, s’offrirent encore à lui. Michette était coupable d’un genre de faute, et Augustine à qui Curval avait fait dire de se tenir tout le jour dans un certain état, se trouvait dans l’état absolument contraire ; elle ne s’en souvenait plus, elle en demandait bien excuse et promettait que ça n’arriverait plus, mais le quatrumvirat fut inexorable, et toutes deux furent inscrites sur la liste des punitions du premier samedi. Singulièrement mécontent de la maladresse de toutes ces petites filles dans l’art de la masturbation, impatienté de ce qu’on avait éprouvé sur cela la veille, Durcet proposa d’établir une heure dans la matinée, où l’on leur donnerait des leçons sur cet objet, et que tout à bon un d’eux se lèverait une heure plus matin. Ce moment d’exercices étant établi depuis 9 jusqu’à 10 se lèverait, dis-je, à neuf heures pour aller se prêter à cet exercice. On se décida que celui qui remplirait cette fonction, s’asseyerait tranquillement au milieu du sérail dans un fauteuil et que chaque petite fille conduite et guidée par la Duclos, la meilleure branleuse que le château renfermât, viendrait s’essayer sur lui, que la Duclos dirigerait leurs mains, leur mouvement, qu’elle leur apprendrait le plus ou le moins de vitesse, qu’il fallait donner à leurs secousses, en raison de l’état du patient, qu’elle prescrirait leurs attitudes, leurs postures pendant l’opération et qu’on établirait des punitions réglées pour elle qui au bout de la première quinzaine ne réussirait point parfaitement dans cet art, sans avoir plus besoin de leçons ; il leur fut surtout très exactement recommandé d’après les principes du récollet, de tenir toujours le gland à découvert pendant l’opération et que la seconde main qui n’agissait pas s’occupât sans cesse pendant ce temps-là à chatouiller les environs suivant les différentes fantaisies de ceux à qui elles avaient affaire. Ce projet du financier plut universellement, Duclos mandée accepta la commission, et dès le même jour elle ajouta dans leur appartement [l’objet] sur lequel elles pouvaient toujours exercer leurs poignets pour l’entretenir dans la sorte d’agilité nécessaire. On chargea Hercule du même emploi chez les garçons qui toujours bien plus adroits dans cet art-là que les filles, parce qu’il ne s’agit que de faire aux autres ce qu’ils se font à eux mêmes, n’eurent besoin que deux semaines pour devenir les plus délicieux branleurs qu’il fût possible de rencontrer. Parmi eux ce matin-là, il ne se trouva personne en faute, et l’exemple de Narcisse la veille, ayant fait refuser presque toutes les permissions, il ne se trouva à la chapelle que Duclos, 2 fouteurs, Julie, Thérèse, Cupidon et Zelmire, Curval banda beaucoup, il s’était étonnamment échauffé le matin avec Adonis à la visite des garçons, et l’on crut qu’il allait perdre en voyant opérer Thérèse et les 2 fouteurs, mais il se contint. Le diné fut à l’ordinaire, mais le cher président ayant singulièrement bu et paillardé pendant le repas se renflamma de nouveau au café servi par Augustine et Michette, Zelmire et Cupidon dirigés par la vieille Fanchon, à qui par singularité on avait commandé d’être nues comme les enfants. De ce contraste naquit la nouvelle fureur lubrique de Curval et il se livra à quelqu’également de choix avec la vieille et Zelmire, qui lui valut enfin la perte de son foutre. Le duc, le vit en l’air, servait Augustine de bien près, il braillait, il jurait, il déraisonnait et la pauvre petite toute tremblante se reculait toujours comme la colombe devant l’oiseau de proie, qui la guète et qui est prêt d’en faire sa capture, il se contenta pourtant de quelques baisers libertins et de lui donner une première leçon à compte de celles qu’elle devait commencer le lendemain, et les deux autres moins animés ayant déjà commencé leur méridienne, nos deux champions les imitèrent et on ne s’y réveilla qu’à 6 heures pour passer au salon d’histoire. Tous les quadrilles de la veille étaient variés, tant pour les sujets que pour les habillements, et nos amis avaient pour compagnes sur le canapé : le duc Aline, fille de l’évêque et par conséquent au moins nièce du duc, — l’évêque sa belle-sœur Constance, femme du duc et fille de Durcet, Durcet la jolie fille du duc et femme du président, et Curval pour se réveiller et se ranimer un peu sa fille Adélaïde femme de Durcet, l’une des créatures qu’il avait le plus de plaisir à taquiner à cause de sa vertu et de sa dévotion, il débuta avec elle avec quelques mauvaises plaisanteries, et lui ayant ordonné de prendre pendant toute la séance une posture très analogue à ses goûts, mais très gênante pour cette pauvre petite femme, il la menaça de tous les effets de sa colère si elle s’en dérangeait un seul instant. Tout étant prêt, Duclos monta sur sa tribune et reprit ainsi le fil de la narration :

„Il y avait trois jours que ma mère n’avait paru dans la maison, lorsque son mari, inquiet bien plutôt de ses effets et de son argent que de la créature, s’avisa d’entrer dans sa chambre, où ils avaient coutume de serrer ce qu’ils avaient de plus précieux, mais quel fut son étonnement, lorsqu’au lieu de ce qu’il cherchait, il ne trouva qu’un billet de ma mère, qui lui disait de prendre son parti, sur la perte qu’il faisait, parce qu’étant décidée à se séparer de lui pour jamais, et n’ayant point d’argent, il fallait bien qu’elle prît tout ce qu’elle emportait qu’au reste il ne devait s’en prendre qu’à lui et à ses mauvais traitements, si elle le quittait et qu’elle lui laissait deux filles qui valaient bien ce qu’elle emportait, mais le bon homme était bien loin de trouver que l’un valait l’autre et le congé qu’il nous donna gracieusement, en nous priant de ne pas même coucher à la maison, fut la preuve certaine qu’il n’en comptait pas comme ma mère, assez peu affligé du compliment qui nous donnait, à ma sœur et à moi, pleine liberté de nous livrer à l’aise au petit genre de vie qui commençait si bien à nous plaire. Nous ne songeâmes qu’à emporter nos petits effets et à prendre aussi vite congé du cher beau-père, qu’il lui avait plus de nous le donner ; nous nous retirâmes sur-le-champ dans une petite chambre aux environs, ma sœur et moi, en attendant, que nous eussions pris notre parti sur notre destinée. Là nos premiers raisonnements tombèrent sur le sort de notre mère, nous ne doutâmes pas du moment qu’elle ne fut au couvent décidée à vivre secrètement chez quelque père, on ne s’en fera entretenir dans quelque coin des environs, et nous nous en tenions sans trop de souci à cette opinion, lorsqu’un frère du couvent vint nous apporter un billet qui fit changer nos conjectures, ce billet disait en substance que ce qu’on avait de mieux à nous conseiller était de venir aussitôt qu’il ferait nuit au couvent, chez le père Gardien même qui écrivait le billet, qu’il nous attendrait dans l’église jusqu’à dix heures du soir et qu’il nous mènerait dans l’endroit où était notre mère dont il nous ferait partager avec plaisir le bonheur actuel et la tranquillité, il nous exhortait vivement à n’y pas manquer, et surtout à cacher nos démarches avec le plus grand soin, parce qu’il était essentiel, que notre beau-père ne sût rien de tout ce qu’on faisait et pour la mère et pour nous ; ma sœur qui pour lors avait atteint sa quinzième année, et qui par conséquence avait et plus d’esprit et plus de raison que moi, qui n’en avais que neuf, après avoir congédié le porteur du billet et répondu qu’elle ferait sa réflexion là-dessus, ne put s’empêcher de s’étonner de toutes ces manœuvres. — „Françon,“ me dit-elle, „n’y allons pas, il y a quelque chose là-dessous, si cette proposition était franche, pourquoi ma mère ou n’aurait-elle pas joint un billet à celui-ci, ou n’aurait-elle pas au moins signé ? et avec qui serait-elle au couvent, ma mère ? Le père Adrien, son meilleur ami, n’y est plus depuis trois ans, à-peu-près depuis cette époque elle n’y va plus qu’en passant, et n’y a plus aucune intrigue réglée, — par quel hazard aurait-elle choisie cette retraite ? Le père Gardien n’est, ni n’a jamais été son amant, je sais qu’elle l’a amusé deux ou trois fois, mais ce n’est pas un homme à se prendre pour une femme en raison de cela seul. Car il n’en est pas de plus inconstant et même de plus brutal envers les femmes, une fois que son caprice est passé, ainsi d’où79) aurait-il pris tant d’intérêt à notre mère ? Il y a quelque chose là-dessous, te dis-je, je ne l’ai jamais aimé, le vieux Gardien, il est méchant, il est dur, il est brutal, il m’a attirée une fois dans sa chambre, où il était avec trois autres, et d’après ce qui m’y est arrivé j’ai bien juré depuis de n’y pas remettre les pieds. Si tu me crois, laissons là tous ces coquins de moines. Il n’est plus temps de te le cacher, Françon, j’ai une connaissance, et j’ose dire une bonne amie, on l’appelle md. Guérin, il y a deux ans que je la fréquentai et elle n’a pas été depuis ce temps-là une semaine sans me faire faire une bonne partie, mais non pas des parties de 12 sous comme celles que nous faisons au couvent, il n’y en a pas une dont je n’ai rapporté 3 livres. Tiens, en voilà la preuve, “ continua ma sœur en me montrant une bourse, où il y avait plus de dix louis, „tu vois que j’ai de quoi vivre. Eh bien, si tu veux suivre mon avis, fais comme moi, la Guérin te recevra, j’en suis sûr, elle t’a vue, il y a 8 jours, en me venant chercher pour une partie, et elle m’a chargée de t’en proposer aussi et que quelque jeune que tu fus elle trouverait toujours à te placer, fais comme moi, te dis-je, et nous serons bientôt au-dessus de nos affaires. Au reste, c’est tout ce que je peux te dire, car exceptée cette nuit, où je payerai ta dépense, ne compte plus sur moi, ma petite, chacun pour soi dans ce monde, j’ai gagné cela avec mon corps et mes doigts, fais en autant, et si la pudeur te tient, va t’en au diable, et surtout ne viens pas me chercher, car après ce que je te dis là, je te verrais tirer la langue d’un pied de long que je ne te donnerais pas un verre d’eau, quant à ma mère, bien loin d’être fâchée de son sort, tel qu’il puisse être, je te proteste, que je m’en réjouis et que le seul vœu, que je fais, est que la putain soit si loin que je ne la revoie de ma vie, je sais, combien elle m’a gênée dans mon métier, et tous les bons conseils, qu’elle me donnait, pendant que la garce en faisait trois fois pis, ma mie, que le diable l’emporte et surtout ne la ramène pas. Voilà tout ce que je lui souhaite.“ N’ayant pas (à vous dire le vrai) ni le cœur plus tendre, ni l’âme beaucoup mieux placée, que ma sœur, je partageai de bien bonne foi toutes les invectives, dont elle accabla cette excellente mère, et remerciant ma sœur de la connaissance qu’elle me procurait, je lui promis et de la suivre chez cette femme, et une fois qu’elle m’aurait adoptée, de cesser de lui être à charge, à l’égard du refus d’aller au couvent, je l’adoptai comme elle, „si effectivement elle est heureuse, tant mieux pour elle,“ dis-je, en ce cas nous pouvons l’être de même de notre côté, sans avoir besoin d’aller partager son sort, et si c’est un piège qu’on nous tend, il est très nécessaire de l’éviter. Sur cela ma sœur m’embrassa. — „Allons,“ dit-elle, „je vois à présent que tu es une bonne fille, vas, vas, sois sûr que nous ferons fortune, je suis jolie et toi aussi, nous gagnerons ce que nous voudrons, ma mie, mais il ne faut pas s’attacher, souviens-toi aujourd’hui l’un, demain l’autre, il faut être putain,80) mon enfant, putain dans l’âme et dans le cœur, pour moi,“ continua-t-elle, „je le suis, vois-tu, à présent, qu’il n’y a ni confession, ni prêtre, ni conseil, ni représentation qui peut me retirer des vices, j’irais sacredieu montrer mon cul sur les bornes avec autant de tranquillité que je boirais un verre de vin. Imite-moi, Françon, on gagne tout sur les hommes avec de la complaisance. Le métier est un peu dur dans les commencements, mais on s’y fait [accoutumée], autant d’hommes autant de goûts, d’abord il faut t’y attendre, l’un veut une chose, l’autre en veut une autre, mais qu’importe ? On est là pour obéir, on se soumet, c’est bientôt passé et l’argent reste.“ J’étais confondue, je l’avoue, d’entendre de propos aussi déréglés dans la bouche d’une fille si jeune et qui m’avait toujours paru si décente, mais comme mon cœur en partageait l’esprit, je lui laissais bientôt connaître que j’étais non seulement disposée à l’imiter dans tout, mais même à faire encore pis qu’elle, si cela était nécessaire. Enchantée de moi elle m’embrassait de nouveau, et comme il commençait à se faire tard, nous envoyâmes chercher une poularde et de bon vin, nous soupâmes et couchâmes ensemble, décidées à aller dès le lendemain matin nous présenter chez la Guérin et la prier de nous recevoir au nombre de ses pensionnaires. Ce fut pendant ce souper81) que ma sœur m’apprit tout ce que j’ignorais encore du libertinage, elle se fit voir à moi toute nue, et je puis assurer que c’était une des plus belles créatures qu’il y eut alors à Paris, la plus belle peau, l’embonpoint le plus agréable et malgré cela la taille la plus leste et la plus intéressante, les plus jolies yeux bleux, et tout le reste à l’avenant. Aussi appris-je depuis, combien la Guérin en faisait cas, et avec quel plaisir elle le les procurait en sa pratique qui jamais las d’elle la redemandaient sans cesse. À peine fûmes-nous au lit, que nous nous ressouvînmes que nous avions mal à propos oublié de faire réponse au père Gardien, qui peut-être s’irritait de notre négligence, et qu’il fallait au moins ménager tant que nous serions dans le quartier, mais comment réparer cet oubli, il était onze heures passé, et nous résolûmes laisser aller les choses comme elles pourraient. Vraisemblablement l’aventure tenait fort au cœur de Gardien, et de là il était facile d’augurer qu’il travaillait plus pour lui que pour le prétendu bonheur dont il nous parlait, car à peine minuit avait-elle sonnée qu’on frappa doucement à notre porte. C’était le père Gardien lui-même. Il nous attendait, disait-il, depuis deux heures, nous aurions au moins dû lui faire réponse, et s’étant assis auprès de notre lit, il nous dit que notre mère s’était déterminée à passer le reste de ses jours dans un petit appartement secret qu’ils avaient au couvent, et dans lequel on lui faisait faire les millions aux chères du monde, assaisonné de la société de tous les gros bonnets de la maison, qui venaient passer la moitié du jour avec elle, et une autre jeune femme, compagne de ma mère, qu’il ne tenait qu’à nous d’en venir augmenter le nombre, mais que comme nous étions trop jeunes pour nous fixer, il ne nous engagerait que pour trois ans, au bout desquels il jurait de nous rendre notre liberté, et mille écus à chacune, qu’il était chargé de la part de ma mère de nous assurer que nous lui ferions un vrai plaisir de venir partager sa solitude. „Mon père,“ dit effrontément ma sœur, „nous nous remercions de votre proposition, mais à l’âge que nous avons, nous n’avons pas envie d’aller nous enfermer dans un cloître pour devenir des putains de prêtres, nous ne l’avons que trop été.“ Le Gardien renouvela ses instances, il y mettait enfin une action qui prouvait bien à quel point il désirait à faire réussir la chose : voyant enfin, qu’il ne pouvait réussir, il se jeta presque à fureur sur ma sœur ; „eh bien, [6]petite putain,“ lui dit-il, „satisfais-moi donc au moins encore une fois, avant que je ne te quitte,“ et déboutonnant ses culottes, il se mit à cheval sur elle, qui ne s’y opposa point persuadée qu’en le laissant satisfaire ses passions elle s’en débarassait plutôt, et le paillard, la fixant sous lui de ses genoux, vint secouer un engin dur et assez gros, à quatre lignes de la superficie du visage de ma sœur : „Le beau visage,“ s’écriait-il, „la jolie petite figure de putain, comme je vais l’inonder de foutre ! ah, sacre Dieu !“ et dans l’instant les écluses s’ouvrirent, le sperme éjacula et toute la physionomie de ma sœur et principalement le nez et la bouche, se trouvèrent couverts des preuves du libertinage de notre homme, dont la passion peut-être ne se fut pas satisfaite à si bon marché si son projet avait réussi, le religieux plus calme ne songea plus qu’à s’échapper, et après nous avoir jeté un écu sur la table et rallumé sa lanterne : „Vous êtes de petites imbéciles, vous êtes de petites gueuses,“ nous dit-il, „vous manquez votre fortune ; puisse le ciel vous en punir en vous faisant tomber dans la misère, et puisse-je avoir le plaisir de vous y voir pour ma vengeance, voilà mon dernier vœu !“ Ma sœur qui s’essuyait le visage, lui rendait bientôt toutes ses sottises et notre porte se refermait pour ne plus s’ouvrir qu’au jour. Nous passâmes au moins le reste de la nuit tranquilles. „Ce que tu as vu,“ me dit ma sœur, „est une de ses passions favorites, il aime à la folie à décharger sur le visage de82) filles.83) S’il s’en tenait là — bon, mais le coquin a bien d’autres goûts et de si dangereux que je crains bien — mais ma sœur que le sommeil gagnait s’endormit sans finir sa phrase, et le lendemain ramenant d’autres aventures, nous ne pensâmes plus à celles-là. — Dès le matin, nous nous levâmes et, nous rajustant de notre mieux, nous nous transportâmes chez md. Guérin. Cette héroïne demeurait rue soli, dans un appartement fort propre au premier qu’elle partageait avec six grandes demoiselles de 16 à 22 ans, toutes très fraîches et très jolies. Mais vous trouverez bon, s’il vous plaît que je ne vous les dépeigne, messieurs, qu’à mesure que cela deviendra nécessaire. La Guérin enchantée du projet qui amenait ma sœur chez elle depuis le temps qu’elle le désirait, nous reçut et nous logea toutes deux avec le plus grand plaisir. „Toute jeune que vous voyez cet enfant,“ lui dit ma sœur, en me montrant, „elle vous servira bien, je suis sa caution, elle est douce, gentille, a un fort bon caractère et la putanielle la plus décidée dans l’âme ; vous avez beaucoup de paillards parmi vos connaissances qui veulent des enfants. En voilà une comme il leur faut, — employez-la.“ — La Guérin, se tournant vers moi, me demanda alors si j’étais déterminée à tout. — „Oui madame,“ lui répondis-je avec un petit air effronté qui lui fit plaisir, „à tout pour gagner de l’argent.“ — On nous présenta, à nos nouvelles compagnes dont ma sœur était déjà très connue et qui par amitié pour elle, lui promirent d’avoir soin de moi. Nous dînâmes toutes ensembles, et telle fut en un mot, messieurs, ma première installation au bordel, je ne devais pas y être longtemps sans y trouver pratique. [7] Dès le soir même, il nous arriva un vieux négociant empaqueté dans un manteau avec qui la Guérin me maria pour mon étrenne. „Pour le coup,“ dit-elle au vieux libertin, en me présentant à lui, „vous la voulez sans poil, Ms. Duclos, je vous suis caution que celle-là n’en a pas.“ — „effectivement,“ dit le vieux original en me lorgnant, „ça m’a l’air bien enfant, quel âge avez-vous, ma petite ?“ — „9 ans, monsieur.“ — „Neuf ans — bien bien, md. Guérin, vous le savez, voilà comme je les aime, plus jeunes encore si vous en aviez, je les prendrais, mortbleu, au sortir de la nourrice.“ — Et la Guérin se retirant en riant du propos, on nous enferma tous les deux. Alors le vieux libertin, s’approchant de moi, me baisa deux ou trois fois sur la bouche, et d’une de ses mains conduisant la mienne, il me fit sortir de sa bragette un engin, qui n’était rien moins que bandant et agissait toujours sans trop parler, il défila mes jupons, me coucha sur le canapé, ma chemise relevée sur ma poitrine, et s’établissant à cheval sur mes cuisses, qu’il avait placées dans le plus grand écartement possible,84) d’une de ses mains, il entr’ouvrait85) mon petit con tant qu’il put, tandis que de l’autre il se manualisait dessus de toutes ses forces. „Le joli petit oiseau,“ disait-il, en s’agitant et en soupirant de plaisir, „comme je l’aprivoiserais si je pouvais encore, mais je ne peux plus, j’aurais bien faire ! En quatre ans le bougre du vit ne raidirait pas, ouvre, ouvre, ma petite, écarte bien,“ et au bout d’un quart d’heure à la fin je vis mon homme soupirer avec plus de force, quelques sacrédieux vinrent prêter de l’énergie à ses expressions, et je me sentis tous les bords du con inondés du sperme chaud et écumeux, que le coquin, ne pouvant lancer au dedans s’efforçait au moins à faire pénétrer avec ses doigts ; il n’eut pas plutôt fait, qu’il partit comme un éclair, et j’étais encore occupée à m’essuyer que mon galant ouvrait déjà la porte de la rue. Telle est l’origine, messieurs, qui me valut le nom de „Duclos“, il était d’usage dans cette maison, que chaque fille adoptait le nom du premier, avec qui elle avait une affaire, et je me soumis à leur mode.“ — „Un instant,“ dit le duc, „je n’ai pas voulu interrompre que vous n’en fussiez à une pause, mais puisque vous y voilà, expliquez-moi un peu deux choses, la première, si vous eûtes des nouvelles de votre mère, et si vous avez jamais sû, ce qu’elle devint, et la seconde, si les causes d’antipathie que vous aviez, votre sœur et vous, pour elle, étaient naturellement en vous, ou si elles avaient une cause, ceci tient à l’histoire du cœur humain. Et c’est à cela particulièrement que nous travaillons.“ — „Mgr.,“ répondit Duclos, „ni ma sœur ni moi, n’avons jamais eu la moindre nouvelle de cette femme-là.“ — „Bon,“ dit le duc, en ce cas-là c’est clair, n’est ce pas Durcet ?“ — „Incontestable,“ repondit le financier, „il n’y a pas à en douter d’un moment et vous fîtes bien heureusement de ne pas donner dans le panneau, car vous n’en seriez jamais revenues.“ „Il est inouï,“ dit Curval, „comme cette manie là se répand.“ — „Ma foi, c’est qu’elle est bien délicieuse,“ dit l’évêque… „Et le second point,“ dit le duc, en s’adressant à l’historienne. — „Le second point, mgr., c’est à dire le motif de notre antipathie, je serais, ma foi, bien à peine de vous en rendre compte, mais il était si violent dans nos deux cœurs, que nous nous avouâmes réciproquement, que nous nous serions senties capables de l’empoisonner, si nous ne fussions pas parvenues à nous en débarrasser autrement ; notre aversion était au dernier degré, et comme elle n’y donnait aucun lieu. Il est plus que vraisemblable, que ce sentiment dans nous n’était que l’ouvrage de la nature.“ — „Eh qui en doute,“ — dit le duc, „il arrivé tous les jours qu’elle nous inspire l’inclination la plus violente pour ce que les hommes appellent crime, et vous l’eussiez empoisonnée vingt fois, que cette action dans vous, n’eût jamais été que le résultat86) de ce penchant qu’elle vous aurait inspiré pour ce crime, penchant qu’elle vous donna en vous douant d’une si forte antipathie. Il est fou d’imaginer qu’on doive rien à sa mère, et sur qui donc serait fondée la reconnaissance ? Sur ce qu’elle a déchargé quand on la foutait ? Assurément il y a de-quoi, pour moi je n’y vois que des motifs de haine et de mépris ! Nous donna-t-elle le bonheur en nous donnant le jour ?87) — Il s’en faut, elle nous jette dans un monde rempli d’écueils, et c’est à nous à nous en tirer comme nous pourrons. Je me souviens que j’en ai eu une autrefois qui m’inspirait à-peu-près le même sentiment que Duclos sentait pour la sienne, je l’abhorrais, dès que je l’ai pu, je l’ai envoyée dans l’autre monde, et je n’ai de mes jours goûté une volupté si vive que celle où elle fermait les yeux pour ne les plus rouvrir.“ — En ce moment on entendit des sanglots affreux dans un des quadrilles, c’était positivement en celui du duc, on examina, on vit la jeune Sophie qui fondait en larmes. Douée d’un autre cœur que celui de ces scélérats, leur conversation rappellait à son esprit le souvenir chéri de celle qui lui avait donné le jour, périssant pour la défendre lorsqu’elle fut enlevée et ce n’était pas sans des flots de larmes que cette idée cruelle s’offrait à sa tendre imagination. — „Ah, parbleu,“ dit le duc, „voilà une excellente chose, c’est votre maman que vous pleurez, ma petite morveuse, n’est-ce pas ? Approchez, approchez que je vous console,“ et le libertin échauffé et des préliminaires, et de ces propos, et de ce qu’il espérait, fit voir un vit foudroyant, qui paraissait vouloir une décharge. Cependant Marie amène l’enfant, c’était la duègne de ce quadrille, ses larmes coulaient en abondance, son accoutrement de novice, qu’elle avait ce jour-là, semblait prêter encore plus de charme, à cette douleur, qui l’embellissait, il était impossible, d’être plus jolie. — „Bougre de dieu,“ dit le duc, en se levant comme un frénétique, „quel joli morceau, à croquer, je vais faire ce que Duclos vient de dire, je vais lui barbouiller le con de foutre, — qu’on la déshabille,“ et tout le monde en silence attendait l’issue de cette légère escarmouche. — „Oh monsieur, monsieur,“ s’écria Sophie en se jetant88 aux pieds du duc, „respectez au moins ma douleur, je gémis sur le sort d’une mère qui me fut bien chère, qui est morte en me défendant et que je ne reverrai jamais, ayez pitié de mes larmes, et accordez-moi au moins cette seule soirée de repos.“ — „Ah foutre,“ dit le duc, en maniant son vit qui menaçait le ciel, „je n’aurais jamais cru que cette scène fut si voluptueuse, déshabillez donc, déshabillez donc,“ disait-il à Marie en fureur, „elle devrait déjà être nue, et Aline qui était sur le Sopha du duc, pleurait à chaudes larmes ainsi que la tendre Adélaïde qu’on entendait gémir dans la niche de Durcet qui loin de partager la douleur de cette belle créature, la grondait violemment d’avoir quitté la posture où il l’avais mis, et considérait d’ailleurs avec le plus vif intérêt l’issue de cette délicieuse scène ; cependant on déshabille Sophie sans le plus petit égard pour sa douleur, on la place dans l’attitude que Duclos venait de dépeindre, et le duc annonce qu’il va décharger ; mais comment faire ? Ce que Duclos venait de raconter était exécuté par un homme qui ne bandait pas et la décharge de son vit flacque pouvait se diriger où il voulait, ce n’était plus de même ici ; la tête menaçante de l’engin du duc ne voulait pas se détourner du ciel qu’elle avait l’air de menacer, il aurait fallu pour ainsi dire, placer l’enfant au-dessus, on ne savait comment s’y prendre, et cependant, plus se trouvaient d’obstacles, plus le duc irrité sacrait et blasphémait. Enfin la Desgranges vint au secours, rien de ce qui tenait au libertinage n’était inconnu à cette vieille sorcière, elle saisit l’enfant et le plaça si adroitement sur ses genoux, que de quelque manière que se tînt le duc le bout de son vit effleurait le vagin. Deux servantes viennent contenir les jambes de l’enfant et eût-elle dû être dépucelée jamais elle ne l’eût présenté plus beau. Ce n’était pas tout encore, il fallait une main adroite pour faire débonder le torrent, et le diriger juste à sa destination. Blangis ne voulait pas risquer la main d’un enfant maladroite pour une si importante opération. — „Prends Julie,“ dit Durcet, „tu en seras content, elle commence à branler comme un ange.“ — „Oh foutre,“ dit le duc, „elle me manquera, la garce, je la connais, il suffit que je sois son père, elle aura une peur affreuse.“ — „Ma fois, je te conseille un garçon,“ dit Curval, „prends Hercule, son poignet est souple.“ — „Je ne veux que la Duclos,“ dit le duc, „c’est la meilleure de toutes nos branleuses, permettez-lui de quitter un instant son poste et qu’elle vienne.“ — Duclos s’avança toute fière d’une préférence aussi marquée, elle retroussa son bras jusqu’au coude, et empoignant l’énorme instrument de mgr., elle se met à le secouer, la tête toujours découverte, à le remuer avec tant d’art, à l’agiter par des secousses si rapides et en même temps si proportionnées à l’état dans lequel elle voyait son patient, qu’enfin la bombe éclate sur le trou-même qu’elle doit couvrir, il s’en inonde, le duc crie, tempête. Duclos ne se démonte pas, ses mouvements se déterminent en raison du degré de plaisir qu’ils procurent. Antinous placé à dessein, fait pénétrer délicatement le sperme dans le vagin à mesure qu’il se coule, et le duc vaincu par les sensations les plus délicieuses voit en expirant de volupté mollir peu-à-peu dans les doigts de sa branleuse le soûl membre. L’ardeur venait de l’enflammer si puissamment lui-même, il se rejette sur son sopha, la Duclos reprend sa place, l’enfant s’essuie, se console et reprend son quadrille et le récit se continue, en laissant les spectateurs persuadés, d’une vérité dont ils étaient, je crois, pénétrés depuis bien longtemps, que l’idée du crime fait toujours enflammer les sens et nous conduire à la lubricité.

„Je fus très étonnée,“ dit Duclos, en reprenant le fil de son discours, „de voir toutes mes compagnes rire en me retrouvant, et me demandant, si je m’étais essuyée, et mille autres propos qui prouvaient, qu’elles savaient très bien ce que je venais de faire. On ne me laissa pas longtemps dans l’inquiétude, et ma sœur me menait dans une chambre voisine de celle où se faisaient communément les parties, et dans laquelle je venais d’être enfermée, m’y fit voir un trou qui répondait à plomb sur le canapé et duquel on voyait facilement tout ce qui s’y passait. Elle me dit que les demoiselles se divertissaient entre elles à aller voir par-là ce que les hommes faisaient à leurs compagnes, et que j’étais bien la maîtresse d’y venir moi-même quand je voudrais, pourvu qu’il ne fut pas occupé, car il arrivait souvent, disait-elle, que ce respectable trou servait à des mystères dont on m’instruiserait en temps et lieu.89) Je ne fus pas huit jours sans profiter de ce plaisir, et un matin qu’on était venu demander une nommée Rosalie, une des plus belles blondes qu’il fût possible de voir, je fus curieuse d’observer ce qu’on allait lui faire. Je me cachai et voici la scène dont je fus témoin. [8] L’homme à qui elle avait affaire, n’avait pas plus de vingt-six ou trente ans, dès qu’elle entra, il la fit asseoir sur un tabouret très élevé et destiné à cette cérémonie, aussitôt qu’elle y fut, il détacha toutes les épingles qui tenaient la chevelure, et fit flotter jusqu’à terre, une forêt de cheveux blonds superbe dont la tête de cette belle fille était ornée ; il prit un peigne dans sa poche, les peigna, les démêla, les mania, les baisa en entremêlant chaque action d’une éloge, sur la beauté de cette chevelure qui l’occupait si uniquement, il sortit enfin de ses culottes un petit vit sec et très roide, qu’il enveloppa promptement des cheveux de sa dulcinée, et se manuélisant dans le chignon, il déchargea en passant son autre main autour du col de Rosalie, et fixant sa bouche à ses baisers, il redeveloppa son engin mort, je vis les cheveux de ma compagne tout gloués de foutre. Elle les essuya, les rattacha et nos amants se séparèrent.90) Un moi après, on vint chercher ma [9] sœur pour un personnage que nos demoiselles me dirent d’aller regarder, parce qu’il avait aussi une fantaisie assez baroque. C’était un homme d’environ 50 ans ; à peine fut-il entré que sans préliminaire, sans caresse, il fit voir son derrière à ma sœur qui, au fait de la cérémonie, le fait percher sur un lit, s’empare de ce vieux cul, mou et ridé, enfonce ses cinq doigts dans l’orifice, et se met à le secouer dans si furieuse force, que le lit en craquait. Cependant notre homme sans jamais montrer autre chose, s’agite, se secoue, suit les mouvements qu’on lui donne, s’y prête avec lubricité et s’écrie qu’il décharge et qu’il jouit du plus grand des plaisirs, l’agitation avait été violente à la vérité, car ma sœur en était en nage, mais quels minces épisodes et quelle stérilité d’imagination, si celui qui me fut présenté peu après, n’y mit guère plus de détails. [10] Au moins paraissait-il plus voluptueux et sa manie avait-elle, selon moi, plus le colorit de libertinage ; c’était un gras homme d’environ 45 ans, petit trapu, mais frais et gaillard. N’ayant point encore vu d’hommes de son goût, mon premier mouvement dès que je fus avec lui, fut de me trousser jusqu’au nombril. — Un chien, auquel on présente un bâton, ne fait pas une mine plus allongée : „Eh ventre bleu, ma mie, laissons là le con, je vous en prie,“ — et en même temps, il rabaissa mes jupes avec plus d’empressement, que je ne les avais levées — „ces petites putains-là,“ continua-t-il avec humeur, „n’ont jamais que des cons à nous faire voir, vous êtes cause, que je ne déchargerai peut-être pas de la soirée… avant que je ne me sois ôté ce foutre con de la tête,“ et en disant cela, il me retourna, et leva méthodiquement un cotillon par derrière, en cette posture me conduisant lui-même et tenant toujours mes jupes levées, pour voir les mouvements de mon cul en marchant, il me fit approcher du lit, sur lequel il me coucha à plat ventre. Alors il examina mon derrière avec la plus scrupuleuse attention, se garantissant toujours avec une main de la perspective du con, qu’il me paraissait craindre plus que le feu, enfin m’ayant averti de dissimuler tout que je pourrais cette indigne partie, — je me sers de son expression, — de ses deux mains il mania longtemps et avec lubricité mon derrière, il l’écartait, il le vénérait quelques fois, il [y] portait sa bouche et je la sentis même une fois ou deux directement appuyée sur le trou. Mais il ne se touchait point encore, rien ne paraissait, se sentait pourtant pressé apparemment il se disposa au dénouement de son opération : „couchez-vous tout à fait à terre,“ me dit-il, en me jetant quelques carreaux, „là, oui, ainsi. — Les jambes bien écartées, le cul un peu relevé, et le trou le plus entr’ouvert, qu’il vous sera possible, — au mieux continua-t-il en voyant ma docilité, et alors prenant le tabouret, il le plaça entre mes jambes, et vint s’asseoir dessus, de manière à ce que son vit, qu’il sortit entre ses culottes et qu’il secoua, fut pour ainsi dire à la hauteur juste du trou, qu’il encensait ; alors ses mouvements devinrent plus rapides, d’une main il se branlait, de l’autre il écartait mes fesses, et quelques louanges assaisonnées de beaucoup de jurements composaient son discours : „ah, sacre Dieu, le beau cul,“ s’écriait-il, „le joli trou, et comme je vais l’inonder,“ — il tint parole, je me sentis toute mouillée, le libertin parut anéanti de son extase. Tant il est vrai, que l’hommage rendu à ce temple a toujours plus d’ardeur, que celui, qui brûle sur l’autre ; et il se retira après m’avoir promis de me revenir voir, puis que je satisfaisais si bien ses désirs ; il revint effectivement le lendemain, mais son inconstance lui fit préférer ma sœur, je fus les observer, et je vis qu’il employait absolument les mêmes procédés, et que ma sœur s’y prêtait avec la même complaisance.“91 „Avait-elle un beau cul, ta sœur,“ dit Durcet. — „Un seul trait vous en fera juger, mgr.,“ dit Duclos, „un fameux peintre, chargé de faire une Vénus aux belles fesses, la demanda l’année d’après pour modèle.“ — „Ayant,“ disait-il, „cherché chez toutes les maquerelles de Paris sans rien trouver qui la valut.“ — „Mais enfin, puis qu’elle avait 15 ans, et voilà ici des filles de cet âge, compare-nous ses derrières,“ continua le financier, „à quelqu’un des culs que tu as ici sous tes yeux.“ Duclos jeta les yeux sur Zelmire et dit qu’il lui était impossible de rien trouver qui non seulement pour le cul, mais même pour la figure ressemble mieux de tous points à sa sœur. — „Allons, Zelmire,“ dit le financier, „venez donc me présenter vos fesses,“ — elle était justement de son quadrille, la charmante fille approche en tremblant, on la plaça au pied du canapé couchée sur le ventre. On relève ses croupes avec des carreaux, le petit trou paraît en plein, le paillard qui bandaillait, baise et manie ce qu’elle lui présente, il ordonne à Julie de le branler, on exécute, ses mains s’égarent sur d’autres objets, la lubricité l’enivre, son petit instrument sous les secousses voluptueuses de Julie a l’air de se roidir un moment. Le paillard jure, le foutre coule et le souper sonne — comme la même profusion régnant à tous les repas, en avoir peint un, c’est les avoir peints tous, mais comme presque tout le monde avait déchargé, à celui on eut besoin de reprendre des forces et en conséquence on but beaucoup. Zelmire, qu’on appellait la sœur de Duclos fut extrêmement fêtée aux orgies et tout le monde voulut lui baiser le cul, l’évêque laissa du foutre, les 3 autres y rebandèrent, et on fut se coucher comme la veille, c’est à dire, chacun avec la femme qu’il avait eu sur le canapé, et quatre fouteurs qui n’avaient point paru depuis le dîner.


Notes de l’éditeur :

79) Le mot „vient“ dans le texte doit être rayé.

80) Rayé : „mon cœur“.

81) Écrit au-dessus, mais rayé : „cette nuit“.

82) Rayé : „petites“.

83) Rayé : „mais“.

84) Rayé : „d’une sa main“.

85) Rayé : „écarta“.

86) Écrit au crayon.

87) Une pensée tout à la Schopenhauer. La génération est aussi d’après de Sade une action coupable, la naissance est un malheur pour l’être né.

88) Écrit en double : „Sophie en se jettant“.

89) Ces ouvertures d’observation étaient fort en vogue chez les libertins et habitués des bordels de Paris au XVIII e siècle. Cf. Dühren, Neue Forschimgen über den Marquis de Sade (Nouvelles recherches sur le m. de Sade) p. 162.

90) Le cas No. 8 décrit les pratiques d’un fétichiste de cheveux, qui n’éprouve d’excitation sexuelle qu’à l’aspect et par l’attouchement de la chevelure féminine, ce qui est parfaitement raconté par de Sade. Cf. le semblable cas du Dr. Gémy chez v. Krafft-Ebing, Psychopathia sexualis p. 157, et aussi l’explication scientifique de cette étrange passion chez J. Bloch, Contributions à l’étiologie de la Psychopathia sexualis, Dresde 1903 T. II. p. 359—362.

91) Un cas typique de „fétichisme des fesses“, car les autres parties du corps féminin n’existent pas pour le libertin.