100%.png

Les Amours (1553)/Poème 111

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche


Les amours de P. de Ronsard Vandomois, nouvellement augmentées par lui, & commentées par Marc Antoine de Muret. Plus quelques odes de l'auteur, non encor imprimées
chez la veuve Maurice de la Porte (p. 123).

Franc de travail, une heure je n’ai peu
Viure, depuis que les yeus de ma Dame
Mielleusement, verserent dans mon ame,
Le dous venin, dont mon cœur fut repeu.

Ma chere neige, & mon cher & dous feu,
Voiés comment je m’englace & m'enflame :
Comme la cire aus raisons d’une flame,
Je me consume, & vous en chaut bien peu.

Bien est il vrai, que ma vie est heureuse,
De s’écouler doucement langoureuse,
Dessous vôstre oeil, qui jour & nuit me point.

Mais si fault il que vôtre bonté pense,
Que l'amitié d'amitié se compense,
Et qu'un Amour sans frere ne croit point.