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Les Amours (1553)/Poème 39

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Les amours de P. de Ronsard Vandomois, nouvellement augmentées par lui, & commentées par Marc Antoine de Muret. Plus quelques odes de l'auteur, non encor imprimées
chez la veuve Maurice de la Porte (p. 45-46).

Pleut il a Dieu, n’avoir jamais tâté
Si follement le tetin de m'amie !
Sans lui vraiment l’autre plus grande envie,
Helas ! ne m’eut, ne m’eut jamais tanté,

Comme un poisson, pour s’estre trop hâté,

Par un apât, suit la fin de sa vie,
Ainsi je vois, ou la mort me convie,
D’un beau tetin doucement apâté.

Qui eut pensé, que le cruel destin
Eut enfermé sous un si beau tetin
Un si grand feu, pour m'en faire la proïe ?

Avisés donc, que seroit le coucher
Entre ses bras, puis qu’un simple toucher
De mile mors, innocent, me foudroïe.