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Les Anacréontiques/Épitaphe d’Anacréon

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Les AnacréontiquesAlphonse Lemerre, éditeurPoésies d’Auguste Lacaussade, tome 1 (p. 136-137).

LXVIII

ÉPITAPHE D’ANACRÉON


 
O vigne, dont le fruit sait adoucir nos peines
Et verse avec l’ivresse en nous l’oubli des maux,
O plante aux vertus souveraines,
O mère du raisin aux flexibles rameaux,
Vigne ! épanouis-toi sur la terre où repose
Le doux Anacréon, le sage de Téos,
Qui chanta le vin et la rose,
L’ami cher à Cypris et cher au blond Éros ;
Celui qui voyait sur ses traces
Cheminer, souriant, le chœur décent des Grâces,

Et dont la lyre aux frais accords
De l’Hadès désormais charme les sombres bords.
O vigne qu’il aimait, verdis, souple et légère,
De tes pampres verdis son cippe funéraire ;
Suspends tes belles grappes d’or
Sur sa tête endormie, afin que sous la terre
Ta liqueur réjouisse encor
La lèvre du divin poète,
Cette lèvre, aujourd’hui muette,
D’où jadis ont coulé, miel immortel de l’art,
Des vers plus doux que ton nectar.

D’après Simonide