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Les Anacréontiques/Sur un Songe

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Les AnacréontiquesAlphonse Lemerre, éditeurPoésies d’Auguste Lacaussade, tome 1 (p. 83-84).

VIII

SUR UN SONGE


 
Un soir, sur la pourpre endormi,
Le cœur par Bacchus réjoui,
Il me semblait d’un pied rapide
Suivre en courant un vif essaim,

Groupe folâtre au front candide,
De jeunes vierges au beau sein.
Couronnés de roses vermeilles,
Des jeunes gens frais et rieurs,
Et plus beaux que le Dieu des treilles,
Me lançaient des propos railleurs.
Je les poursuis, je les embrasse,
Mais je m’éveille, — et tout s’efface :
Mon songe avec eux s’est enfui,
Et je me rendors plein d’ennui.