Les Baisers

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Les Baisers
AméthystesAlphonse Lemerre (p. 195-196).

 
 Plus de fois, dans tes bras charmants
 Captif, j'ai béni mes prisons,
 Que le ciel n'a de diamants ;
 Et pour tes noires trahisons
 J'ai versé plus de pleurs amers
 Que n'en tient le gouffre des mers.



 Mes chants ailés, je te les dois !
 Plus haineuse que les bourreaux,
 Mon cœur a saigné sous tes doigts ;
 Mais que de fois, comme un héros
 Qui vient de voler son trésor,
 J'ai dormi sur tes cheveux d'or !

 Tu m'as versé le vin du ciel !
 Et mes maux seront pardonnés
 A ton désœuvrement cruel,
 Si les baisers que m'a donnés
 Ta lèvre pareille à des fleurs
 Sont aussi nombreux que mes pleurs.


Nice, février 1861.