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Les Belles-de-nuit ou Les Anges de la famille/Tome IV/06

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Méline, Cans et Compagnie (Tome ivp. 117-132).


IX

une bonne histoire.



— Mais vous ne buvez pas, M. le chevalier ! disait Montalt en décoiffant un troisième flacon de vin du Rhin.

Robert tendit son verre ; ses joues étaient pourpres, et son regard s’alourdissait.

— Ah çà ! murmura-t-il en clignant de l’œil avec mystère, je ne voulais pas vous en dire si long !… Mais je sais bien à qui je m’adresse… et du diable ! si vous n’aimerez pas mieux faire des affaires avec moi que de me trahir !

— Vous trahir ?… Fi donc !

— Et puis, quand vous le voudriez… vous ne savez ni les noms ni les adresses, mon cher lord !… Et de Rennes jusqu’à Brest, il y a plus d’un manoir rococo, plus d’une famille assommante, et plus d’un benêt de mari dans la position… vous m’entendez bien ?… Allez donc mettre la main justement sur mon brutal !… Ah ! mais… où en étais-je ?

Montalt sourit paisiblement.

— Vous en étiez, répondit-il, à cette lettre que vous enlevâtes à Madame avec une adresse si consommée…

Robert remercia d’un grave signe de tête, et porta son verre à ses lèvres.

En ce moment où il ne pouvait observer le nabab, la physionomie de celui-ci eut comme un voile de tristesse. Durant un instant de raison, ses traits détendus exprimèrent un découragement profond et amer. Cela dura bien peu ; car, lorsque Robert posa son verre vide sur la table, Montalt avait repris son sourire placide et légèrement ennuyé.

— Peste ! dit Robert, je crois que j’ai un succès ! L’histoire vous amuse donc, puisque vous vous rappelez comme cela les détails ?

— Jamais histoire ne m’a mieux diverti, répliqua Montalt avec ce ton de politesse froide que prennent les auditeurs résignés.

— Vous n’êtes pas dégoûté, mon cher lord !… Et pourtant Dieu sait que je passe d’excellentes aventures… C’est votre faute… Vous nous avez traités royalement, et nous autres, Espagnols, nous avons la tête facile à échauffer… Nous disons donc que j’en étais à la lettre… Mais, bah ! bien avant ce temps-là, j’avais le secret de la pauvre femme… Si vous saviez comme ces bonnes gens sont spécialement créés et mis au monde pour être trompés ! Une idée, milord !… Voulez-vous que notre première affaire se fasse en Bretagne ?

— Chevalier, je ne dis pas non…, répliqua Montalt.

— Je me suis laissé dire que vous détestez la Bretagne.

— Raison de plus pour y faire des affaires…

— Ah ! diable !… ah ! diable ! s’écria Robert ; voilà un mot, ma parole !… Il n’est pas fort, mais pour un Anglais… Dame ! milord, vous êtes chez vous, ne vous gênez pas ! Comprenez-vous la position ? La fortune de notre homme était déjà entamée assez passablement, et Capulet, le fameux ennemi héréditaire, avait déposé chez maître la Chicane de bons petits actes, qui nous constituaient, de compte à demi, propriétaire de la moitié des biens de Montaigu…

Robert, qui était un drôle quelque peu lettré, avait trouvé pour Pontalès et Penhoël ces deux pseudonymes romantiques.

— Mais, poursuivit-il, nous avions madame Montaigu, la mère de l’Ange qui, malgré l’infidélité de son époux, — vous savez, il en tenait pour Lola, — exerçait sur lui une dangereuse influence… Madame Montaigu est encore une belle femme, morbleu ! et si j’avais eu le temps, je me serais fait aimer d’elle, sans trop de répugnance, pour arranger la chose tout d’un coup… Mais, en définitive, c’eût été payer bien cher quelques mille francs de rente… Je vous prie de croire, milord, que je ne me prodigue pas comme cela !…

Montalt ne sourcilla pas. Pourtant un regard, plus perçant que celui de Robert, eût distingué peut-être, à travers cette enveloppe de tranquillité impassible, un signe de malaise bientôt réprimé.

Mais Robert n’avait garde ; il suivait laborieusement les fils de son récit, et c’était tout au plus s’il parvenait à ne point s’y perdre ; car le nabab lui versait toujours à boire, et l’ivresse venait à grand train.

— Vous ai-je déjà parlé de l’autre ?… demanda-t-il en s’interrompant brusquement. Oui… j’ai dû vous toucher quelques mots déjà de l’oncle d’Amérique… une autre variété de fossile qui est, dit-on, puissamment riche, et dont j’espère bien hériter quelque jour…

— Vous êtes un homme admirable !… dit le nabab.

— Merci bien !… Je vous parle de l’oncle d’Amérique, parce que la lettre lui était adressée.

Un imperceptible tressaillement agita la face de Montalt, qui baissa les yeux, comme s’il eût craint, cette fois, de croiser son regard avec celui de Robert.

— Quel crime innocent… mon cher lord ! s’écria ce dernier, et que de tonneaux de larmes, pourtant, versées à l’occasion de ce crime comme on n’en fait plus !… Vous diriez une page mouillée des pleurs de trois cents grisettes et arrachées à un roman puéril et honnête de ce bon M. Ducray-Duménil !… Figurez-vous deux enfants bien élevés, qui cueillent le fruit défendu en tremblant et qui se voilent ensuite la face, ne sachant comment faire pénitence de cet horrible péché !…

Il s’interrompit pour rire de tout son cœur. Il était ivre.

— Ah ! ah ! ah ! continua-t-il en se tenant les côtes ; n’est-ce pas que c’est drôle ?… Et du drame, corbleu, dans ce paradis terrestre !… Ève aimée par les deux frères… L’aîné qui la cède au cadet… En voilà un présent !… Et le cadet épousant Ève, sans se douter que le goût de la pomme fatale ne lui était déjà plus absolument inconnu… Un verre de quelque chose, s’il vous plaît !… Et l’aîné, partant pour la Syrie, toujours avec des larmes dans les yeux !… Vivent les larmes !… À votre santé… milord. Oh ! oh !… Qu’y avait-il donc dans ce vin ?… Vous devinez ce que contenait la lettre, j’en suis sûr. Madame Montaigu disait dans un style à fendre l’âme :

« Pourquoi m’as-tu menée sur la coudrette ?… Pourquoi m’as-tu abandonnée ?… Pourquoi ton frère m’a-t-il épousée ?… Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?…

« Et je souffre !… et je suis bien malheureuse !… Et des larmes encore !… des fleuves entiers de larmes !… »

La ligne bleuâtre qui était sous les yeux de Montalt semblait se creuser et prendre une teinte plus foncée. Par intervalles, un mouvement convulsif agitait sa lèvre. Mais son beau front restait calme, et il souriait toujours.

Il n’avait rien à cacher, sans doute, sinon son dégoût pour la barbare gaieté de ce bourreau, qui raillait impitoyablement ses victimes. Et pourtant, derrière cet obstiné sourire, ce n’étaient pas seulement la fatigue et la répugnance que l’on voyait percer. Il y avait plus. On aurait cru parfois deviner de l’angoisse, parfois la tempête terrible, toute prête à éclater.

Robert ne voyait rien de tout cela. Et peut-être était-ce tout simplement le jeu de la lumière lointaine qui venait, glissant à travers le feuillage, écrire de capricieuses pensées sur le visage immobile de Montalt…

— Bref, reprit Robert, la lettre était compromettante comme tout ce qui tombe de la plume naïve de la vertu… Il y en avait dix fois plus qu’il ne fallait pour monter la tête de mon brutal ; d’autant mieux que ledit buveur d’eau-de-vie avait reçu de son côté un message… une lettre du frère aîné, qui ne pouvait pas se tenir en paix dans son exil, et qui envoyait, par la poste, un volume de pathos… Ma foi, milord, je donnerais vingt louis pour avoir dans ma poche ces deux morceaux d’éloquence… Nous les lirions ensemble, et cela vous réjouirait, j’en suis sûr.

— D’après ce que vous m’en dites, M. le chevalier, répliqua Montalt dont la voix était ferme, cela devait être curieux, en effet.

— Vous ne vous figurez pas !… Je me procurai aussi cette seconde lettre, pensant bien qu’à l’occasion ce larcin retomberait tout naturellement sur Madame, car Montaigu ne la lui avait jamais montrée.

— Ah ! fit le nabab involontairement.

Robert le regarda.

— Ma parole ! s’écria-t-il, c’est un plaisir que de vous conter des histoires !… Vous n’êtes pas excessivement impressionnable, milord… mais au moins vous écoutez, et c’est flatteur…

« Une fois les deux lettres dans mon portefeuille, la chère dame n’avait plus un mot à dire… Je la tenais… au moindre signe de révolte, je faisais le geste de mettre la main à ma poche… et tout aussitôt elle courbait la tête comme si j’avais eu un talisman à lui montrer.

« Aussi tout alla comme sur des roulettes… Montaigu vendait, vendait !… Capulet achetait, achetait !… Si bien qu’un beau jour, Montaigu n’eut plus à vendre que l’héritage de son frère absent.

« Il fallait pour cela une procuration.

« M. de la Chicane, cet honnête homme de loi, qui est déjà de votre connaissance, lui fournit un moyen tout simple pour sortir d’embarras.

« — Imitez la signature de votre frère…, lui dit-il.

« Montaigu ne fit point trop le difficile… Un soir que sa bouteille d’eau-de-vie s’était vidée plus lestement que de coutume, il fit un premier faux… Les autres vinrent sans effort ni douleur.

« Il faut vous dire que ce pauvre diable de Montaigu avait bien quelque répugnance à mener ce métier-là ; mais, outre que nous ne laissions jamais un louis dans sa caisse, il croyait se venger ainsi de son coquin de frère, car je l’avais endoctriné admirablement. Le frère, après avoir fait la sottise de s’en aller, avait fait la sottise de revenir, un beau jour, bayer aux corneilles sous les murailles du manoir.

« La date de cette romanesque visite correspondait justement avec la naissance de l’Ange. Comme bien vous pensez, je n’étais pas homme à négliger cette coïncidence…

— Je m’en fie à vous !… dit Montalt, au front duquel brillaient quelques gouttes de sueur, amenées là sans doute par la chaleur croissante qui régnait dans le jardin ; vous fîtes croire à notre homme que l’Ange n’était point sa fille…

— Précisément !… Et le voilà de plus en plus enragé contre son pauvre frère qui n’en pouvait mais.

« Dès ce moment l’affaire eût été dans le sac, si nous n’avions rencontré sur nos pas un obstacle d’un genre assez fantastique.

« Pardieu, milord, nous sommes dans le pays des lutins, il faut bien que mon récit contienne quelques diableries.

« L’obstacle dont je vous parle consistait en deux petits démons qui nous ont donné bien du fil à retordre… Mais il me semble que vous ne versez plus à boire ! »

Montalt, en effet, jugeait que son partenaire était en bon point. Il ne voulait pas embarrasser davantage la langue et les idées de Robert. Mais arrêtez donc un homme ivre ! Le chevalier saisit la bouteille, et se versa lui-même un plein verre.

— Deux petits démons…, reprit-il en cherchant le fil perdu de sa pensée, deux petits démons… Ah çà ! Blaise et Bibandier vont-ils passer leur soirée à me faire des signes stupides derrière les arbres ? Morbleu !… ajouta-t-il en se levant et en menaçant nos deux gentilshommes, qui, demi-cachés par le tronc d’un platane, cherchaient, en effet, à attirer son attention, jouez, perdez, trichez ! cela ne me regarde pas… Je fais une affaire avec mon ami Montalt ; vous voyez bien… Si j’aperçois encore vos figures de déterrés, je vous brise une bouteille sur le crâne !

Blaise et Bibandier disparurent. De cet incident, le nabab ne parut pas s’émouvoir plus que du reste.

— Au diable !… fit Robert en se rasseyant, les brutes ne savent pas de quoi il s’agit, et je veux être pendu si nous partageons avec eux !… Où en étais-je ?

— Deux petits démons…

— Bien, bien !… deux monstres d’enfants !… les filles de l’oncle crustacé… Je ne peux pas vous dire, moi, tout le mal qu’elles nous ont donné… volant nos actes, déchirant nos quittances, forçant nos secrétaires… Ah ! si le Montaigu n’avait pas été une poule mouillée… ou si seulement ces deux petites viragos avaient porté des pantalons au lieu de jupons, ma foi ! je ne pourrais pas dire ce qui serait arrivé…

« Mais, en définitive, avec toutes leurs jongleries, les petites n’ont pu que retarder de deux ou trois mois le dénoûment de l’histoire.

« Et le dénoûment fut beau, milord… Je vous en fais juge…

Ici Robert s’interrompit pour se recueillir un instant. Puis il commença le récit des événements survenus à Penhoël, depuis la nuit de la Saint-Louis jusqu’à cette autre nuit, qui vit le départ de la famille dépouillée.

Loin de chercher à gazer les faits, il amplifiait et il exagérait, tant il avait à cœur de passer auprès de Montalt pour un coquin de première force.

Montalt écoutait d’un air de complaisante attention. Il n’avait point perdu son sourire, et la pâleur qui était maintenant sur son visage pouvait certes provenir de la fatigue, car l’histoire durait depuis bien longtemps.

C’était toujours ce front tranquille et fier, sans rides, comme le front d’un jeune homme.

Rien n’avait changé, ni dans son attitude, ni dans l’expression de sa physionomie.

Seulement, ses yeux baissés ne se relevaient plus, et sa main s’était plongée sous sa chemise ouverte.

Aux beaux moments du récit, alors que l’éloquence de Robert atteignait à son comble, on voyait cette main s’agiter imperceptiblement à travers l’étoffe des habits de Montalt.

Cette dernière nuit de Penhoël, cette nuit sombre et pleine d’épouvante, où René avait levé l’épée sur Madame, fut racontée par Robert avec une sorte d’enthousiasme.

L’auditeur le plus froid eût donné là quelque signe d’émotion. Il n’en fut pas de même de Montalt.

Sa respiration resta égale et calme. Il ne fronça les sourcils qu’une seule fois, et encore si faiblement ! Ce fut lorsque Robert lui montra Madame, se traînant aux pieds de son mari, et demandant grâce pour la mémoire de l’absent…

— Elle aimait donc encore ce frère absent ? murmura le nabab.

— Peuh !… fit Robert ; comédie ! comédie !… puisque je vous dis qu’avec un mot, un geste, avec moins que rien, j’aurais été l’amant de cette femme-là… Quant au vieil oncle antédiluvien, il mangeait le pain de la maison, ménageant assez bien la chèvre et le chou… Pardieu ! en définitive, on s’occupait bien du frère absent !… C’est moi, moi tout seul qui donnais de l’importance à ce fantôme… C’est moi qui ressuscitais cette prétendue passion, et je puis dire sans vanité que j’ai bâti mon château sur la pointe d’une aiguille.

Il se renversa sur le dos de son siége.

— Le frère !… reprit-il en riant ; qui songeait au frère ? Ah çà ! milord, un verre de vin, s’il vous plaît… J’ai fini… Ma conduite en tout ceci vous semble-t-elle convenablement adroite ?

— C’est le sublime de l’art, répliqua Montalt, et je m’estimerais heureux d’avoir un associé de votre force.

— À la bonne heure !… Tel que vous me voyez, je vous avais deviné, moi !… Et quoique je vous visse jouer comme une dupe, là-bas, au Cercle, je savais bien que vous n’étiez pas un homme à préjugés… Il ne vous manque qu’un peu de triture…

— Vous serez mon maître, M. le chevalier.

— Et nous irons loin ensemble, milord !… Examinez-moi donc le nœud de cette intrigue !… Comme c’est arrangé !… Comme tous ces personnages y jouent leur rôle sans le savoir !

Robert oubliait, volontairement bien entendu, que c’était M. le marquis de Pontalès qui avait tenu en réalité dans sa main les fils de cette merveilleuse intrigue, et que lui, Robert, y avait joué un rôle, important il est vrai, mais au profit de M. le marquis.

Il continua, tandis que Montalt s’inclinait en signe d’approbation entière et sans réserve :

— Il n’y a pas à dire !… Ce n’est point là une histoire de poignard et de poison, où des bandits subalternes jouent quelques milliers de francs contre la chance du bagne… Pas de moyens violents… rien que des combinaisons où la loi pénale n’a rien à voir… On entre chez les gens… on s’assied à leur place… on les prie poliment de sortir… et voilà !

Montalt se leva, et ce mouvement, qui mit en lumière les beaux traits de son visage, montra en même temps d’une façon plus apparente la pâleur de son front et le cercle bleuâtre qui se creusait au-dessous de ses yeux. Il avait toujours la main droite appuyée contre son sein sous la toile de sa chemise.

— Pas un moyen violent ! reprit Robert en cherchant quelques gouttes de vin au fond du dernier flacon vide ; pas un meurtre…

Derrière lui, une voix s’éleva qui perça le feuillage du berceau :

— Tu mens !… dit-elle.

Robert se leva en sursaut et retomba pesamment sur son siége.

Montalt se tourna lentement vers l’endroit d’où la voix était partie.

— Est-ce vous qui avez parlé, milord… ? balbutia Robert.

— Non…, répliqua Montalt.

La voix se fit entendre de nouveau derrière les arbres, faible, basse, et arrivant à peine aux oreilles du nabab et de son compagnon.

— Tu mens ! répéta-t-elle ; tu as assassiné… non pas des hommes forts… mais deux pauvres jeunes filles que la main de Dieu vengera, Robert de Blois !

L’Américain semblait frappé de la foudre.

— Nous venons de parler du pays des apparitions surnaturelles, M. le chevalier, dit froidement le nabab que rien ne pouvait étonner. Vous avez évoqué des fantômes…

Il salua d’un geste plein de courtoisie, et laissa Robert seul dans le berceau.

Blaise et Bibandier s’y élancèrent aussitôt.

Le nabab rentra dans le bal ; il avait pour coutume de se retirer longtemps avant la fin de ses fêtes. Ce fut donc sans étonnement qu’on le vit se diriger vers le perron de l’hôtel.

Il traversa les groupes joyeux en s’inclinant à droite et à gauche, sans retirer la main qui pressait toujours sa poitrine.

Sa figure pâle avait ce même sourire qu’on lui avait vu au moment où l’orchestre donnait le premier signal de la danse.

Il franchit le péristyle jonché de fleurs, et rentra dans l’hôtel.

Quand il eut fermé sur lui la porte de son appartement, tout ce calme qui était sur ses traits disparut comme par magie. Ses sourcils se froncèrent, des rides se creusèrent à son front. Un feu sombre brûla dans son regard. Sa gorge, oppressée, rendit un gémissement.

Il se laissa tomber sur un divan, comme si ses jambes n’avaient plus la force de le soutenir.

Vous eussiez dit un patient qui vient de subir la longue et intolérable torture…

Quand il retira sa main cachée dans sa poitrine, la toile de sa chemise, en touchant son sein palpitant, se teignit d’une large empreinte de sang…