Les Bouts

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Les Bouts
1809




 Air : Le boudoir est mon Parnasse (de Fanchon)

Je ne sais sur le bout du pouce
Qu’il faut chanter du nouveau ;
Mais lorsqu’à bout on me pousse,
Je suis au bout du rouleau :
Jusqu’au bout, veuillez m’entendre ;
Puissé-je, en flattant vos goûts,
Venir à bout de bien prendre
Mon sujet par tous les bouts.

Pour faire un bout de harangue,
Que d’orateurs consommés
Ont sur le bout de la langue
Des discours en bouts rimés !
Croyant duper à la ronde,
Combien d’aigrefins bernés
Seraient, jusqu’au bout du monde,
Menés par le bout du nez !

Fuyons (Comus le conseille)
Ces gens, à l’air important,
Qui cachant le bout d’oreille,
Vous tirent à bout portant :
Aussi poltrons que des lièvres,
Ils savent, toujours prudents,
Boire avec le bout des lèvres,
Et rire du bout des dents.

L’Amphitryon, bon apôtre,
Quand il fait tout ce qu’il doit,
Doit placer, d’un bout à l’autre,
Tous les plats au bout du doigt,
Lorsque son vin est potable,
Et lorsqu’on n’est pas de bout,
N’aurait-on qu’un bout de table,
On tient toujours le bon bout.

C’est en vain que l’homme compte
Et veut joindre les deux bouts ;
L’on n’est pas, au bout du compte,
Fait pour des topinanboux.
Au bout le bout, dit le sage
Tant que la marmite bout,
Faisons gaiement le voyage,
Et puis nous verrons le bout.