Les Démoniaques dans l’art/p26

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POSSÉDÉS GUÉRIS PAR SAINTE ALDETRUDE, SAINTE RADEGONDE ET SAINT HUGO
Trois gravures sur bois (1515 ou 1518) d’après les dessins de Hans Burgmaier

Ces gravures font partie d’une suite de 119 planches représentant les saints et saintes issus de la famille de Maximilien 1er [1]. Les personnages possédés qu’elles représentent sont conformes à la tradition, sans présenter aucun caractère pathologique spécial. Ils se contorsionnent d’une façon plus ou moins violente pendant qu’un diable fantastique s’échappe de leur bouche. Deux de ces démoniaques sont des jeunes filles, dont l’une est nue jusqu’à la ceinture ; le troisième est un homme vigoureux. Un détail particulier à noter touchant la cérémonie de l’exorcisme, c’est que ces possédés sont tous trois solidement attachés à un des piliers de l’église par des liens qui entourent les épaules, le torse et les mains. Ce procédé dispensait du secours des aides qu’il fallait avoir souvent en grand nombre pour maintenir les énergumènes. Mais un semblable résultat était ailleurs obtenu d’une autre façon. Le Dr Tommaso-Tommasi nous apprend en effet que dans la chapelle des Bienheureux, à Vallombroso, chapelle renommée pour la guérison des démoniaques, existent près de l’autel deux grands creux assez profonds pour qu’un homme y disparaisse jusqu’au sommet de la poitrine. Il parait que l’on introduisait le possédé dans l’un de ces trous et que dans l’autre pénétrait l’exorciste.

  1. Die Heiligen aus der « Sipp-Mag-und Schwägerschaft » des Kaisers Maximilian I. Von Simon Laschitzer, Jahrbuch der kunsthistorischen Sammlungen des allerhöchsten Kaiserhauses, iv Dand. Vienne, 1886.

    Nous devons la connaissance de ces documents à l'obligeance de M. Mathieu Planchon.