Les Flamands en Écosse au moyen âge et l’origine des comtes de Douglas

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LES FLAMANDS EN ECOSSE

AU MOYEN AGE

ET L'ORIGINE DES COMTES DE DOUGLAS

ES livres sont pour l'humanité ce que la mémoire est pour l'individu. Cette réflexion de sir John Lubbock, dans The Use of Life, nous est reve- nue à l'esprit lorsque, l'hiver dernier, parcourant k Edimbourc( la bibliothèque des Writers to the Signet ^ , ^râce à l'obligeante courtoisie de son distingué bibliothécaire, M. Thomas Graves Law, nous avons vu revivre tout un lointain passé, si intéressant et si plein de surprises.

Nos lecteurs connaissent le rôle important joué, au moyen âge,, en Europe, par notre population flamande. La Flandre était trop peuplée pour pouvoir songer à vendre à l'étranger des produits, agricoles ; elle n'exportait que ses tissus, dont la supériorité était célèbre. Bruges, Gand et Ypres étaient les divers centres d'un com- merce considérable ; leurs marchés servaient de réunion aux mar-

^ Une classe supérieure d'avoués, remplissant les fonctions de nos notaires et s'occupant spécialement de tout ce qui concerne la propriété foncière et les. immeubles en i^'énéral. chands de toutes les zones. Mais le principal commerce était la fabrication des étoffes de laine.

Mathieu Westmonasterius, qui vivait au xiii^ siècle, nous apprend que tout le monde était vêtu de laine anglaise ou écossaise, tra- vaillée en Flandre *. Ces étoffes se vendaient partout où il était possible de les transporter.

Les causes de cette prospérité, sans égale pour l'époque, doivent être cherchées, croyons-nous, dans la fertilité du sol, l'activité des habitants, la facilité des navigations intérieures et les encourage- ments donnés au commerce par les souverains.

Des négociants de dix-sept royaumes différents avaient leur domicile à Bruges, indépendamment des étrangers qui y affluaient de pays presque inconnus ^.

C'était le plus grand entrepôt des marchandises de la Méditer- ranée et du Nord.

Suivant Guichardin, Gand était une des plus grandes villes de l'Europe; elle contenait trente-cinq mille maisons '^.

A Ypres, vers 1330, on achète annuellement jusqu'à 89,000 plombs destinés à marquer les pièces de drap : indice d'une pros- périté sans égale *.

C'était surtout en Angleterre et en Ecosse que nos tisserands flamands achetaient leur laine.

Au moyen âge donc, nos provinces flamandes occupaient dans le monde cette situation commerciale exceptionnelle qui fait de nos jours la supériorité de la Grande-Bretagne.

La Flandre était le pays manufacturier et exportateur, l'Angle-

1 Macpherson, Anna/s of commerce, t. I, p. 415.

2 Erat nempè Flandria totius propè orbis stabile niercatoribiis emporium. Septem decim regnorum negotiatores tum Brzigis sua certa habuere domicilia ac sedes, prœ- ter complures incognitas pêne gentes quœ undiqzie confluebant (Meyer, Annales Flandrici, fol. 205, ad ann. 1385).

^ Description de tous les Pays-Bas, par messire Loys Guicciardin, p. 555 (Kàil. Arnhemij apud Joannein Jansoni, 161 7).

^ Vandenpeereboom, Numismatiqtie yproise, p. 323.

Fait digne de remarque, malgré une réglementation minutieuse, l'industrie flamande était parvenue à une admirable perfection ; la réputation de ses draps était aussi grande que celle des soieries italiennes, alors dans leur plein éclat {E. Stocquart, Le Contrat de travail, p. 32).

Voir également, et surtout, le beau livre de M. Léon Vanderkindere : Le Siècle des Artevelde. — 7 —

terre et l'Ecosse lui fournissant la matière première et formant en outre les pays agricoles.

En d'autres termes, elle occupait vis-à-vis de ces deux pays une position identique à celle occupée, pendant des années et encore de nos jours, mais en diminuant sans cesse, par la Grande-Bretagne vis-à-vis des Etats-Unis.

Nous constatons ainsi que la civilisation des peuples de l'Europe marche d'Orient en Occident. Du fond de la vieille Asie et de la Haute-Egypte, son berceau, elle s'est avancée jusque sur le littoral de l'Atlantique, les pointes septentrionales des Iles Britanniques et de la presqu'île Scandinave. Son voyage semblait être arrivé à son tenne lorsque Christophe Colomb lui apprit le chemin d'un monde nouveau et permit à ce courant de continuer à s'avancer de l'Est à l'Ouest.

Depuis la conquête, de nombreuses colonies flamandes s'étaient formées dans le Nord de l'Angleterre, notamment dans le Nor- thumberland et le Cumberland. Guillaume le Roux (1087), fils de Guillaume le Conquérant, les y établit sur les terres incultes où on les reconnut par les noms des localités.

Comme le commerce de l'Angleterre se bornait à l'exportation de la laine, de grands avantages et de grandes faveurs y furent accor- dés aux émigrés flamands. C'est ainsi que sous le règne de Henri H (11 54) une colonie de tisserands brugeois s'établit à Worsted, dans le comté de Norfolk, auquel leur industrie a donné un si grand renom. Ce système continua aux siècles suivants. L'historien Fuller, dans son Chtirch History, fait un tableau curieux des avan- tages offerts plus tard aux Flamands pour les attirer en Angleterre. « Ils auront ici du bon bœuf et du bon mouton, tant qu'ils « pourront en manger ; leurs lits seront bons, et leurs compagnes « de lit encore meilleures, car les plus riches cultivateurs (yeomen) « d'Angleterre ne dédaigneront pas de leur donner leurs filles en « mariage ; et les beautés anglaises sont telles que les étrangers les « plus envieux sont forcés d'en faire l'éloge * ».

Alexandre I, roi d'Ecosse (i 109-1 126), avait également fait appel

' Comp. Vanderkindere : Le Sièc/c des ArU've/Jt: (UvuxcUcs, 1879), p. 44, où ce passajçe est rapporté à Edouard III. — 8 —

aux marchands étrangers; il avait invité les marchands anglais à venir trafiquer avec ses sujets ; mais les Flamands, étant à cette époque les négociants par excellence, ne tardèrent pas à les sup- planter. Aussi voyons-nous ceux-ci établir un comptoir à Ber- wick.

Vers 1297, un traité est conclu avec Gui de Dampierre, garantis- sant à ses sujets en Ecosse la liberté du commerce et la sécurité de leurs personnes ainsi que de leurs biens. David, fils d'Alexandre III, venait, du reste, d'épouser la fille du comte de Flandre.

Le roi d'Angleterre, Jean (1199), avait importé tant de Fla- mands pour les opposer à ses barons que, suivant la Scala Chro- 7Hca, le pays avait peine à les nourrir. Les plus entreprenants émigrèrent en Ecosse '.

Ces hommes hardis, courageux, intelligents étaient au xii^ siècle et au xiii^ siècle plus civilisés que les Gaélics, plus adonnés au commerce et à l'industrie ; ils habitaient en villages et en villes, ce que ces derniers détestaient. C'est ainsi que nous trouvons à cette époque, le long de la côte orientale de l'Ecosse, the East Coast, de nombreux villages occupés par nos compatriotes ; on les appe- lait Flemington.

Lord Hailes (Annals I, 236) nous apprend également dans ses annales que, vers la fin de la période scoto-saxonne, il existait des établissements commerciaux flamands à Berwick-on-Tweed.

De temps immémorial, les bourgeois des principales villes sié- geaient dans le grand conseil des rois d'Ecosse, à côté des gens de guerre, de haut rang, appelés, en anglo-danois, lairds. Quand il s'agissait de la défense du pays, les diverses corporations des gens de métier marchaient sous leurs propres bannières ; elles étaient conduites par leur biirgmaster . Sur le champ de bataille^ elles avaient ainsi leur honneur à soutenir et leur part de gloire à remporter.

Sous le règne du roi Guillaume (1165), un Flamand, nommé Bartholomé, Bartholomeiis, fut créé bourgmestre de la ville d'Edimbourg 2. Et, en effet, c'était vers les villes royales de

^ G. Chalmers, Caledonia or an account historical and topographical of North Britain, from the most ancient to the présent tintes with a dictionary of places choro- graphical and philological, t. L, p. 236 (London, 1807).

2 Char t. Incholm, p. 19. I I

— 9 —

Scone et d'Edimbourg qu'afïluait la multitude des émio^rés étran- gers dont la plupart étaient des soldats éprouvés et expéri- mentés '.

Déjà, sous les rois David P (1124) et Malcolm IV (1153), on constate leur présence dans la ville de Saint- Andrews, dont le Fla- mand Maynard devint le prévôt. Vers la même époque les chro- niques mentionnent la présence, à Perth, d'un sellier renommé, surnommé Lorimer, à cause de sa profession ; c'était un Brugeois, du nom de Baldwin, Baudewyn. Parmi les habitants de marque nous trouvons un autre Flamand, Henry Bald, orfèvre de talent, et un nommé Swartbrand -.

Au xiii^ siècle, un Flamind, Adam Flandrends , fut nommé gouverneur de Berwick. Un corps de Flamands y occupait, à titre de fief (by tenure) ^, le Redhall, à charge de défendre la ville contre les Anglais.

Et, en 1296, trente de ces valeureux compatriotes, se battant avec un courage héroïque, périssent dans les flammes plutôt que d'abandonner leur poste et de se rendre à l'ennemi ^

Lorsqu'en 11 74 Guillaume le Lion fut fait prisonnier par les Anglais, ses principaux officiers étaient des Flamands, la plupart des réfugiés d'Angleterre, bannis en 11 54, lors de l'accession au trône de Henri H.

Durant les guerres civiles en Angleterre, vers 1140, le roi Etienne avait fait appel aux mercenaires, et de nombreux Fla- mands avaient dételé leurs bœufs ou abandonné leurs métiers pour passer le détroit et venir à la bataille de Lincoln. Ils furent chassés par Henri II, lorsque celui-ci, qualifiant Etienne d'usurpa- teur, réussit à prendre possession de la royauté •"'.

Vers la même époque, vers l'année 1147, les chroniqueurs mentionnent avec éloges et une certaine admiration le nom d'un de nos compatriotes qui s'était fixé dans le comté de Ber-

' Augustin Thierry, Hist. de la Conquête de l'Angleterre par les Normands, t- 2, p. 3. (Nouv. cdit. Furne, Jouvet et 0«). ^ Charl. Scone. 40; Char t. liolmerinach, 21-22.

3 L'acquisition de domaines territoriaux, sous condition de foi et de service.

  • (iEORGE Redpath, Border history of England and Scotland, p. 195.

^ Augustin Thierry, Hist. de la Conquête de l'Angleterre, t. II, p. 43. 10 —

wick *. C'est Théobaldiis Flarnaticiis , Théobald le Flamand. Doué d'une grande supériorité physique et intellectuelle, actif, entre- prenant sans être audacieux ni téméraire, il jouit bientôt d'une haute considération, se faisant aimer des petits, des humbles et respecter des grands.

Arnold, abbé de Kelso, le tenait en si haute estime qu'il ne tarda pas à se l'attacher. Durant les années 1147 à 11 60 il fit à Théobald le Flamand et à ses héritiers d'importantes et nombreu- ses concessions de terres, entre autres le Diiglas Dale.

Cette dernière concession (grant) est le titre originaire des titres de propriété (title deeds) du domaine de Duglas dale ^.

Notre compatriote fut donc le premier ancêtre, l'auteur de ces fameux comtes de Douglas, dont le nom devint illustre et qui jouèrent un rôle si considérable dans l'histoire du royaume d'Ecosse.

Le Flamand Théobald eut plusieurs enfants, parmi lesquels Wil- liam, son fils aîné. Celui-ci, héritant de tous les biens paternels, ne tarda pas, suivant l'usage de l'époque, à prendre le nom de sa terre, de Diivglas, C'est le premier Douglas de nom.

William fit ce qu'on appelle de nos jours « un beau mariage » : il s'allia à une des puissantes familles du nord de l'Ecosse, en épousant une sœur de Freskin of Kerdal, puissant laird du Moray.

Six fils naquirent de ce mariage :

1 . Archenbald de Duglas, l'aîné ;

2. Brice (Brichis), prieur de Lesmahago, dans le Duglas- dale, qui devint ^^<^/z^ doyen, et plus tard, en 1203, évêque de Moray.

1 En Ecosse, au moyen âge, les grands négociants de l'époque étaient des moines. C'est ainsi que nous voyons des abbés fréter des navires et se livrer à l'exportation de laines et autres produits indigènes. Le roi Alexandre II les entoura d'une protection spéciale. Nous voyons divers abbés, notamment celui de l'abbaye de Scone, se rendre acquéreurs de navires et trafiquer avec l'étran- ger, principalement avec la Flandre.

Scone, actuellement un faubourg de Perth, était alors l'une des principales villes, si pas la principale, de l'Ecosse. C'était le lieu de couronnement de ses rois.

2 Advocates' Library, Chartulary of Kelso. II

Les quatre autres fils, Alexandre, Henry, Hugh et Freskin, tous des cadets sans ressources, émigrèrent dans le nord de l'Ecosse et suivirent la fortune de leur frère Brice, devenu évêque.

Ils s'établirent dans l'évéché de Moray et devinrent les pères des célèbres Dicglases of Moray , les Douglas du Xord, qui ne tardèrent pas à devenir, comme noblesse, une famille plus ancienne que les vrais Douglas, les Douglas du Sud.

Ainsi William, fils aîné d'Archenbald de Duglas, devrait être le troisième seigneur de Duglas (the third laird of Duglas) ; mais ses descendants n'acquirent le titre de laird que cent vingt-cinq ans après sa mort, époque à laquelle sa famille fut élevée au rang de pearagCy à la pairie.

Remarque intéressante, nous voyons ici, comme cela arrive encore de nos jours en Ecosse et en Angleterre, les cadets sans fortune, sans autres ressources que leur intelligence, leur énergie et leur courage, non seulement égaler l'aîné, mis en possession de toute la fortune paternelle, mais dépasser sa famille de plus d'un siècle en dignité et en noblesse ^

William, ayant hérité de toutes les terres de Duglas, était obligé, conformément au droit féodal écossais (encore en vigueur), de lais- ser prélever sur ces biens, a provision for the yoimger children of his father , une somme destinée à pourvoira l'entretien des autres enfants de son père. Cette somme fixe, que ces héritiers ont le droit . de toucher endéans l'année, se détermine en prenant pour base les revenus annuels de tous les immeubles, après déduction des charges qui les grèvent.

' Examinant le droit d'aînesse en Angleterre, au point de vue juridique, je constate que ce qui est fait pour nous étonner, dans l'application de ces lois de l)rimogéniture — toujours en vigueur — c'est l'absence de jalousie chez les cadets, leur parfaite et universelle résignation à un tel ordre de choses. Il semble, au contraire, que cette inégalité dans la loi constitue un stimulant l)uissant et est une des causes princii)ales de la prospérité des colonies britanni- ques. Les cadets désirent égaler les aînés (Le droit d'aînesse en Angleterre, Revue du Droit public et de la science publique, 1896, p. 457, Paris).

En France, écrit M. de Parieu (Principes de la science politique, 2° édit., p. 1 18), la concurrence, enfermée, pour ainsi dire, dans le champ clos fatal d'un territoire chéri, a perpétué les rivalités de famille, de classes, de partis. L'es- {'rit de division a déchiré les patrimoines, dispersé les foyers, scindé et armé réciproquement les opinions, brisé la hiérarchie et imprimé au sentiment tiational la direction démocratique (Voir également notre étude, Journal des Tribunaux, 1896, p. 465). 12

Mais les revenus de Diiglas-dale n'étaient pas suffisants pour permettre à l'aîné de satisfaire aux vœux de la loi, tout en faisant face aux dépenses que sa position sociale rendait nécessaires.

Quatre des petit>-fîls de Théobald le Flamand, plutôt que d'ébranler la position de leur frère aîné et de porter une brèche peut-être irréparable à la fortune de leur grand-père, préférèrent émigrer dans le Nord de l'Ecosse, à la suite de leur frère, l'évêque Brice.

Comme nous venons de le voir, le succès couronna leurs efforts : audaces fortuna jtivat.

Voici maintenant l'explication de leur rapide anoblissement.

Au moyen âge, ceux qui, en Ecosse, recevaient des terres direc- tement du roi, sous condition de foi, d'hommage et de service — et ce fut le cas de la branche cadette — prenaient seuls le titre de lairds (de seigneurs, en anglais lords). Par contre les vassaux qui tenaient des domaines territoriaux d'un sujet du roi, quelque noble qu'il fût et quelque grand que fût le domaine, s'appelaient good men ou en anglo-danois giide-men *. C'est ainsi que, pendant plus d'un siècle et demi, la branche aînée des Douglas n'eût d'autre titre que celui de giide-men of Diiglas dale, les bonnes gens, les gens de bien de Duglasdale.

Archenbald vivait en 1238, et était mort avant le 18 juillet 1240. Grâce à un riche mariage, il réussit à agrandir son domaine. Il eût deux fils, William, l'aîné (his heir), qui hérita de toute la fortune, et Andrew, le cadet.

De nouveau, c'est la famille du cadet, laissé sans fortune, qui s'élève en rang et en dignité. Andrew de Douglas est l'auteur des Douglases of Dalkeith, plus tard Earls of Morton, les comtes de Morton ^.

Néanmoins, William fut également un homme important, car il devint l'un des magnats d'Ecosse, Magnâtes Scotiae.

Le plus célèbre représentant de cette illustre maison fut Archen- bald, comte de Douglas, envoyé en France par la Régence d'Ecosse avec dix mille hommes pour soutenir Charles VII contre les Anglais, en 1421. Il défit entièrement ces derniers dans la sanglante bataille

^ Sir George IAxcvlksziy., Science of He7-aldyj p. 13 (Edimbourg, 1649),

^ G. Chalmers, Caledonia, p. i, p. 579-81. " de Baiigé, où périrent le duc de Clarence et le marquis de Somerset, l'un frère, l'autre oncle du roi d'Angleterre. Charles VII, en récom- pense, le créa lieutenant général du royaume et duc de Touraine. Il fut tué en 1425, en combattant Bedford.

Emile Stocquart.

Notre Confrère, M. le baron Adh. de Linden, a bien voulu nous communiquer les extraits qui suivent :

Douglas, Duke of Douglas.

To this distinguished house, long the rival of royal ty, the indefati- gable Chalmers assigns a flemist origin, on the strong ground of chartu- lary évidence. Arnold *, who was abbot of Kelso, from 1 147 to 11 60, granted some lands on Duglaswater in Lanarkshire « Theobaldo flama- tico » to Theobald the Fleming, and his heirs.

As this grant of Arnold to Theobald is the first link in the chain of titledeeds to Duglasdale, this family, says Chalmers, must therefore relinquish their original domain, or acknowlodge their flemish descent.

1 . Theobald, the first of this spendid race, obtained, from Arnold, abbot of Kelso, to him and his heirs, « nostram ^ terram super Dunel- glas, de surso de Poluele, usque ad aquam de Duglas ».

He was father of

2. William, who, inheriting the estate assumed the name of Duglas during an âge when it was the practice of landholders to designate themselves from the names of their lands \ He witnessed charters between 1170 and 1190. Particularly a gran t of Josceline, bishop of Glasgow, to Kelso Abbaye and a grant to the Monks of Arbroath by Thomas, son of Tancard, a Fleming settled in Clydesdale. He married a sister of frisken de Kerdale in Moray and has six sons, and a doughter Margaret *, married to Hervey Keith, great marischal of Scotland.

' Hrit. Mus., Calcdonia. I, 579. 2 Ibid., Chartulary of Kelso. 87. •* lirit. Mus., Caledonia, I, 579.

  • Ibid., Nisb. Her., II, app. 3.

From Douglas's Pcerage of Scotland.

vol. I, pp. 418, 419. Kdinburg,

folio 18 13. — 14 —

« It is évident... that the assertion that the family of Douglas des- cended from Theobald the Fleming^ who for a short time settled at Folkarton near their territory^ is no more to be relied upon than the statements made by Hume of Godscroft ».

Brit. Mus., W. Fraser. The Dottglas Book, vol. I, pp. 28, ig.

« It is not proved that William of Douglas was a Fleming^ thoug h the only authentic évidence regarding his personal history tends to con- nect him^ by the ties either of marriage, or of blood^ with a family of reputed flemish origin^ unless Freskin of Kerdal be held to be a native of Moray. That Freskin of Kerdal and William of Douglas were brothers cannot be decided on the évidence non extant ».

.Ibid., pp. 35, 36.

«... The question of origin^ it is tobe feared^ must remain in obscu- rity ».

Ibid., pp. 34, 35.

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