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Les Forces japonaises en 1909

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LES FORCES JAPONAISES
EN 1909
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Quelle est la puissance militaire actuelle du Japon ? L’augmentation considérable de son armée est-elle en rapport avec ses ressources ? Quelles sont ses tendances ? Est-il pour les peuples de l’Orient, le Soleil levant dont son drapeau est l’emblème, ou seulement le météore apparaissant soudain mais dont l’éclat s’évanouit aussitôt ? Les clans féodaux détruits, qui pendant tant de siècles ont constitué son état social, vont-ils reparaître sous la forme plus moderne de partis politiques se déchirant entre eux, tels que nous les montrent certaines nations européennes ? Le socialisme sera-t-il la conséquence du développement industriel ? Alors la cohésion de l’Empire et sa force d’expansion ne seraient bientôt plus qu’un souvenir.

Notre étude ne saurait prétendre résoudre ces questions. Elle se propose seulement d’exposer certains points de vue permettant de les examiner sous un jour spécial.

Il est universellement admis que la mentalité des peuples de l'Orient est différente de la nôtre ; cependant, nous conservons l'habitude de raisonner sur leurs actes avec notre logique helléno-latine. Les Orientaux ne la comprennent pas et, avec bonne foi, leurs conclusions y sont souvent diamétralement opposées. Nous restons enclins à des analogies qui ne peuvent pas exister. Parfois les conséquences sont graves. Ainsi, la Russie s’est trouvée surprise par l’attaque des torpilleurs japonais à Port- Arthur le 8 février 1904. Elle était convaincue que le Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/345 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/346 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/347 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/348 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/349 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/350 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/351 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/352 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/353 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/354 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/355 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/356 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/357 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/358 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/359 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/360 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/361 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/362 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/363 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/364 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/365 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/366 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/367 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/368 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/369 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/370 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/371 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/372 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/373 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/374 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/375 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/376 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/377 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/378 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/379 Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 52.djvu/380 de la nation. Nous pouvons donc concevoir que l’évolution du Japon s’opérera d’une manière continue, sans crise sociale, par l’action prévoyante du gouvernement. Les trois ou quatre mille intellectuels de l’Empire n’exercent leur influence que dans un sens anti-européen, et s’ils essayaient de devenir un parti révolutionnaire, la nation, blessée dans ses sentimens les plus chers, se soulèverait contre eux. Certes, la presse discute les actes et la politique du gouvernement avec une grande indépendance, mais elle respecte absolument le principe impérial. Ses cautionnemens répondent du moindre écart. En outre, une censure vigilante est exercée sur toutes les publications. N’est-il pas téméraire de croire qu’un Japon nouveau vient de naître qui va travailler au déclin de la cohésion de l’Empire ? »

En résumé, le vrai vainqueur de Tsoushima, de Port-Arthur et de Moukden, c’est le vieux Japon. Son triomphe lui a donné une énergie nouvelle, il a confiance et croit à sa destinée de régénérer les peuples de l’Orient. Quand de telles ambitions s’emparent d’un peuple guerrier de 52 millions d’habitans, des changemens dans la géographie politique du monde en sont la conséquence probable.

Quoi qu’on en dise, le vieux Japon n’est pas mort. Qu’importe le changement de costume, qu’importe l’usage des procédés les plus scientifiques, si la mentalité ne se modifie pas ? Son âme, imprégnée de loyalisme, reste la même, et l’histoire de sa dernière guerre ne sera pas l’épitaphe héroïque que certaines nations voudraient graver sur sa tombe.

NÉGRIER