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Les Fouteries chantantes/10

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LE SONGE.


Air : Si je meurs, que l’on m’enterre.


Un con rongé de vérole,
En songe hier m’apparut ;
Il m’adressa la parole,
Et me parla comme un cul :
Ses grosses lèvres enflées
Étaient pleines de boutons,
Et ses règles débordées
Regorgeaient à gros bouillons.

Est-ce ton heure dernière,
Lui criai-je en sanglottant ?
Et ton âme prisonnière,
Fuit-elle avec ce torrent ?
« Oui, bientôt vers l’Élysée,
» Je vais diriger mes pas,
» Puisque la voûte éthérée
» De foutre n’abonde pas ».

Te faut-il une prière.
Pour fléchir les immortels ?

« Je ne veux qu’un luminaire ;
» Tous les vits sont mes autels :
» Que les fouteurs de la terre
» M’élèvent un monument,
» Et que la Nature entière
» Bande à mon enterrement.

» Qu’un mausolée à ma gloire
» Soit élevé par les vits ;
» Qu’on y lise à ma mémoire,
» Ces mots par le foutre écrits :
» Sous cette masse de pierre,
» Repose un vieux con pourri :
»Passant, dis-lui ta prière,
En te polluant le vi ».


Les Fouteries chantantes, 1791 - Fleuron - Rayons