Les Grandes Chroniques de France/IV/Introduction

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Texte établi par Jules ViardHonoré Champion, libraire de la Société de l’histoire de France (tome 4p. i-xvi).

INTRODUCTION


Avec Charlemagne, l’Empire carolingien était parvenu à son apogée. Pour le maintenir dans son éclat, une tête énergique et une main ferme eussent été nécessaires. Louis le Débonnaire ne possédant ni l’une ni l’autre, son règne fut donc comme le crépuscule du règne précédent. L’Empire était encore debout grâce à sa puissante organisation ; mais on sent qu’il commence à vaciller. Les divisions survenues entre les fils de Louis, le partage de l’Empire, les luttes intestines, les invasions des Normands achevèrent de le faire crouler.

Au xe siècle, l’autorité a complètement échappé des mains des représentants de la dynastie carolingienne, et l’on peut prévoir qu’elle ne tardera pas à s’effondrer. Le chaos dans lequel est alors plongée la France se reflète dans le récit des événements exposé par Primat. Après avoir eu la pensée de grouper autour des rois qui se succédèrent jusqu’à la fin du règne de Philippe ier les faits accomplis pendant cette période[1], il se rendit probablement compte du peu de place qu’ils occupaient et des maigres renseignements que les contemporains donnaient sur leurs personnes. Frappé, au contraire, du grand rôle que les Normands jouèrent dans notre histoire à la fin du ixe siècle et au début du xe, il n’hésita pas à emprunter à Guillaume de Jumièges la longue digression que nous relevons à la fin de l’histoire des Carolingiens. On sent qu’alors les pâles représentants de cette dynastie sont passés au second plan. Leur action dans le gouvernement du pays ne se fait plus sentir. Débordés par les événements, jouets des intrigues des grands qui les entourent, ils semblent être des épaves flottantes de l’Empire de Charlemagne qui s’est disloqué.

Pour faire connaître dans ses principales lignes le règne de Louis le Débonnaire et pour retracer la physionomie de cet empereur, Primat trouva un bon guide dans l’historien anonyme appelé l’Astronome. Ce surnom fut donné à ce dernier à cause du soin qu’il prit de consigner dans son œuvre les comètes, les éclipses et les différents phénomènes météorologiques survenus de son temps. De sa personne et de sa vie, on ne connaît rien. Tout ce que l’on peut dire d’après son œuvre, c’est que, contemporain de Louis le Débonnaire, et homme d’église, il dut passer une partie de sa vie à la cour au rang des familiers de l’empereur[2]. Admirateur de ses vertus et connaissant bien son caractère, il lui resta toujours fidèle au milieu des dissensions qui agitèrent son règne. S’il fut témoin d’un grand nombre de faits qu’il rapporte, il n’écrivit cependant pas son ouvrage au fur et à mesure que les événements se produisaient. Ce fut même seulement après la mort de Louis (840), au moment des guerres civiles entre ses fils, qu’il le composa. Dans son histoire, il suit chronologiquement son héros depuis sa naissance jusqu’à sa mort.

La première partie, qui va de la naissance de Louis jusqu’à son avènement à l’Empire (778-814), fut écrite à l’aide du récit[3] d’un moine qu’il nomme Adhémar, qu’il qualifie très noble et très pieux et présente comme contemporain de cet empereur et élevé avec lui. Ce récit fut-il une relation verbale ou écrite, nous ne saurions le dire ; il n’en constitue pas moins une source très précieuse pour l’histoire de l’Aquitaine à cette époque. De 814 à 829, l’auteur, tout en relatant ce qu’il vit, fait encore souvent appel, sans les citer, aux Annales regii. De 830 à 840, il devient vraiment original ; il raconte alors simplement, avec calme et sans se laisser aller à des invectives comme Thégan, les faits dont il fut témoin. Il commence l’année à Noël, ainsi que ses contemporains.

C’est presque exclusivement d’après l’Astronome que Primat retrace la vie de Louis le Débonnaire. Laissant de côté le prologue[4] mis par l’auteur en tête de son œuvre et les deux premiers chapitres qui concernent Charlemagne, il donne la traduction de tout le reste de la Vita Hludowici à partir du chapitre iii consacré à la naissance et aux premières années de Louis[5]. Cependant, comme on le verra à la page 112 de notre édition, il intercala dans cette Vita une complainte, conservée dans l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, qui nous fait connaître un épisode de la détention de Louis le Débonnaire à Saint-Médard de Soissons[6].

Outre cette complainte attribuée à Odilon, moine de Saint-Médard de Soissons, Primat donne encore à la fin de l’histoire de Louis le Débonnaire[7] une courte mention, tirée d’un Fragmentum historiae francicae a Ludovico pio usque ad Regem Robertum Hugonis Capeti filium[8], pour nous apprendre que sous cet empereur les reliques de saint Hippolyte et de saint Tiburce furent apportées à Saint-Denis[9].

Si, pour le règne de Louis le Débonnaire, Primat puisa presque exclusivement dans la Vita Hludowici, la meilleure source historique de cette époque, il n’agit pas de même à l’égard du règne de Charles le Chauve. Il semble avoir ignoré ou complètement négligé Nithard, l’historien si complet et si bien informé des dissensions qui agitèrent les années 840 à 843. Plus des trois quarts de ce règne, soit les vingt-neuf premières années sur trente-sept, sont résumés en quelques pages[10] d’après l’Historia regum Francorum monasterii Sancti Dyonisii[11] et d’après la Chronique d’Adon, archevêque de Vienne[12], avec un petit emprunt aux Annales Fuldenses[13]. Ces annales, qui embrassent les années 680 à 901, sont, surtout pour les parties orientales de l’ancien empire de Charlemagne, la continuation des Annales Laurissenses majores. Plusieurs auteurs y travaillèrent. De 680 à 838, elles seraient l’œuvre d’un certain Einhardus, qui semble différent de celui qui composa la Vita Karoli. De 838 à 863, elles furent écrites par Ruodolfus, écolâtre de Fulda, confesseur de Louis le Germanique. On attribue d’une manière incertaine la troisième partie (863-882) à Maginardus, disciple de Ruodolfus. Une partie, de 882 à 887, hostile à Charles le Gros, aurait été écrite par un anonyme, à Fulda ; une autre partie, enfin, allant de 882 à 901, aurait été écrite en Bavière[14].

Les huit dernières années du règne de Charles le Chauve sont tirées des Annales de Saint-Bertin, auxquelles on peut ajouter quelques mentions puisées dans la Continuation d’Aimoin[15].

Les Annales de Saint-Bertin sont ainsi appelées, non parce qu’elles furent composées dans cette abbaye, mais parce qu’elles y furent découvertes par le Père jésuite Herbert van Rosway. Formant comme la continuation des Annales royales, on y reconnaît trois parties : la première, qui va de 741 à 835 ; la deuxième, de 835 à 861, et la troisième, de 861 à 882[16]. Dans la première partie, les années 741-814 et 814-829 ne sont que la transcription, avec quelques additions, des Annales Laurissenses et de la continuation dite d’Éginhard[17]. Le reste de l’ouvrage jusqu’en 835 est l’œuvre d’un anonyme, qui, partisan de Louis le Débonnaire, habita le nord de l’Empire, probablement la Belgique actuelle, et semble contemporain des événements.

La deuxième partie (835-861) est l’œuvre de saint Prudence, évêque de Troyes. Prudence, dit Galindo, d’origine espagnole, mourut évêque de Troyes en 861. Il a laissé dans sa chronique un récit très exact et généralement très impartial des événements survenus pendant les dernières années de Louis le Débonnaire et sous ses successeurs immédiats, non seulement en France et en Allemagne, mais souvent aussi en Espagne et en Italie. Écrite dans un latin correct et parfois élégant, elle est très précieuse pour cette période.

Hincmar, archevêque de Reims, qui avait corrigé au moins certains passages de l’œuvre de Prudence, est l’auteur de la troisième partie des Annales de Saint-Bertin comprenant les années 861 à 882. Partisan de Charles le Chauve, il a laissé dans cette dernière partie une chronique officielle du gouvernement royal jointe à une sorte de journal de sa vie et de ses œuvres. Écrite, semble-t-il, au jour le jour, elle forme une des plus précieuses sources historiques du ixe siècle[18].

Avant d’étudier la Continuation d’Aimoin, qui fut une des sources à laquelle Primat puisa plusieurs fois pour l’histoire des derniers Carolingiens, nous voudrions attirer l’attention sur les trois derniers chapitres du règne de Charles le Chauve. Ces chapitres, tout à fait étrangers aux Annales Carolingiennes, et qui n’existent pas non plus dans le manuscrit latin 5925 de la Bibliothèque nationale, forment comme un appendice au règne de Charles le Chauve. Ce fut très probablement dans le manuscrit latin actuel 12710 de la Bibliothèque nationale que Primat puisa la matière des chapitres xii et xiii et du premier paragraphe du chapitre xiv[19]. Pour justifier cette assertion, il suffit, d’une part, d’évoquer le rôle important que joua ce manuscrit dans l’historiographie à Saint-Denis[20], et, d’autre part, de rapprocher le texte latin du manuscrit du texte français des Grandes Chroniques. De plus, Charles le Chauve étant considéré comme un des grands bienfaiteurs de l’abbaye de Saint-Denis, il parut légitime à Primat d’illustrer sa mémoire à l’aide de récits légendaires d’apparition et de vision[21]. Le chapitre xiv est consacré aux libéralités de Charles le Chauve envers l’abbaye de Saint-Denis, à la description des joyaux qu’il lui donna et à l’énumération des principales reliques qu’elle possède. Pour le composer, l’auteur des Grandes Chroniques n’eut qu’à puiser dans le chartrier de son monastère et à consulter l’inventaire du trésor de son église[22].

Comme nous l’avons déjà fait remarquer[23], Aimoin fut l’auteur que Primat suivit le plus fidèlement pour établir son texte antérieurement à 654. Après cette date, il emprunte son récit à différentes sources, soit contemporaines, soit très rapprochées des événements qu’il veut faire connaître. Il suit alors le Liber historiae Francorum, les continuations de Frédégaire, Éginhard, l’Astronome, les Annales de Saint-Bertin, fait des emprunts à Paul Diacre, au Liber Pontificalis, etc. Les Annales de Saint-Bertin, qu’il avait traduites depuis la fin du premier chapitre du règne de Charles le Chauve, s’arrêtant à l’année 882[24], il dut ensuite, pour l’histoire générale, recourir de nouveau à Aimoin ou plutôt à sa continuation[25]. Avant 882, les emprunts sont peu nombreux et peu importants[26]. Mais après cette date, n’ayant plus les Annales pour le guider, Primat fait de plus fréquents et plus importants emprunts à la Continuation d’Aimoin[27].

Ce fut sans doute aussi la pénurie des renseignements sur les derniers Carolingiens, Charles le Simple, Louis IV d’Outre-mer, Lothaire, etc., qui l’amena à modifier son plan primitif et à intercaler dans l’histoire de ces rois l’histoire des Normands et de quelques-uns de leurs princes, comme Rollon, Guillaume Longue Épée, Richard ier. En effet, si nous nous reportons à la table des sommaires des chapitres placée en tête du règne de Louis le Bègue[28], nous constatons qu’à partir du chapitre viii Primat change complètement le plan adopté quand il fit ses sommaires, sans doute d’après le manuscrit latin 5925. Jusqu’au chapitre vii inclus, qu’il consacre au soi-disant Louis le Fainéant, les sommaires de la table sont bien d’accord avec le contenu de chaque chapitre. Après le chapitre vii, au lieu de donner le chapitre viii destiné à Louis d’Outre-mer, il interrompt son récit et emprunte à Guillaume de Jumièges l’histoire de Rollon et des premiers ducs de Normandie, ses successeurs. Le titre donné à cette partie des Grandes Chroniques[29] montre bien que Primat la considérait comme une adjonction à l’histoire des rois de France. La manière dont, après les deux premiers chapitres consacrés à Rollon, Primat intercale les histoires de Charles le Simple, de Raoul, puis celles de Louis IV d’Outre-mer et de Lothaire au milieu de l’histoire des ducs de Normandie est la preuve que, sans abandonner ni son idée première ni le manuscrit latin 5925, il voulut, en puisant dans Guillaume de Jumièges, donner plus de vie et plus d’ampleur à son travail.

On comprend très bien aussi qu’à cette période de notre histoire, se trouvant sans cesse en face des redoutables pirates venus de la Scandinavie et du Danemark pour ravager l’ouest de la France et s’établir ensuite dans l’ancienne Neustrie, il ait éprouvé le désir de faire connaître leur origine et leurs chefs. Dans ce dessein, il utilisa l’Historia Normannorum de Guillaume de Jumièges, surnommé Calculus.

On n’a que fort peu de renseignements sur la vie de ce dernier. Simple moine de l’abbaye de Jumièges, où il rédigea son histoire après y avoir fait profession, il dut l’écrire après 1070 et avant 1087, date de la mort de Guillaume le Conquérant, auquel il la dédia. Cette œuvre, dont les quatre premiers livres sont un résumé du De moribus et actis primorum Normannorum de Dudon de Saint-Quentin, comprenait primitivement sept livres. Avant 1154, Robert de Torigny, prieur du Bec, interpola l’ouvrage entier et y ajouta un huitième livre consacré au règne de Henri ier, roi d’Angleterre[30]. Orderic Vital, qui loue beaucoup Guillaume et lui fit des emprunts, interpola aussi quelques chapitres[31].

On doit reconnaître que, malgré ses défauts, l’Historia Normannorum n’en est pas moins une source précieuse pour l’histoire des Normands. L’auteur accueillit, il est vrai, avec trop de crédulité les fables de Dudon ; mais ces fables nous font connaître l’état d’esprit de ces hommes du Nord et souvent nous éclairent sur leurs mœurs et sur leurs coutumes. Il ne faut pas oublier, enfin, que nous trouvons dans Guillaume de Jumièges la principale et presque l’unique source de l’histoire de quelques-uns des premiers ducs de Normandie[32].

Après Guillaume de Jumièges, auquel l’auteur des Grandes Chroniques fit de larges emprunts, nous ne pouvons passer sous silence une autre œuvre de laquelle il tira également quelques faits. Nous voulons parler de l’Historia Francorum Senonensis. Utilisée par le compilateur Hugues de Fleury ou de Sainte-Marie, qui mourut au commencement du xiie siècle, vers 1120, elle est publiée par Migne au milieu de ses œuvres[33] et par Waitz[34] à la suite de son Historia ecclesiastica. Ce fut cependant ce dernier qui démontra que cette fin de la deuxième rédaction de l’Histoire ecclésiastique de Hugues de Fleury était en réalité une chronique allant de 688 à 1015 et lui donna le nom d’Historia Francorum Senonensis[35]. Composé sans interruption peu après 1015 et avant 1034[36], cet ouvrage est surtout intéressant de l’an 1000 à l’an 1015, parce que l’auteur put être témoin des faits racontés. Avant l’an 1000, il tire son récit d’annales ecclésiastiques de Sens, maintenant perdues, des Gesta Pontificum Remorum et de traditions orales ou de souvenirs personnels quelquefois peu exacts. Primat lui emprunta seulement quelques mentions concernant les derniers Carolingiens[37] et le récit des expéditions de Lothaire contre l’empereur d’Allemagne Otton II et d’Otton II contre Lothaire[38]. Nous ne voulons pas terminer cet examen des sources utilisées par l’auteur des Grandes Chroniques sans signaler au moins un emprunt qui semble avoir été fait aux Annales Mettenses[39]. Ces annales sont une compilation de la fin du xe siècle, dans laquelle, outre des sources aujourd’hui perdues, on utilisa ou on copia Frédégaire, Éginhard, Thégan, Réginon, Widukind, les chroniques de Fontenelle et de Moissac, les annales de Saint-Bertin et de Fulda[40], etc. Un tel ensemble de renseignements condensés dans ces annales pourrait être des plus précieux ; mais, malheureusement, l’auteur ne sut pas toujours tirer un bon parti de toutes ces sources, et il ne faut utiliser ce recueil qu’avec beaucoup de précautions[41].

L’étude des sources de ce quatrième volume continue à justifier la vogue dont les Grandes Chroniques jouirent non seulement pendant le moyen âge, mais encore pendant les temps modernes. De plus, l’examen de la rédaction des sommaires nous éclaire sur la méthode de travail de Primat. Suivant le manuscrit latin 5925 et établissant son plan d’après ce manuscrit, il devait ensuite, au cours de sa rédaction, introduire dans son récit les faits et les épisodes intéressants qu’il relevait dans d’autres manuscrits. Une inadvertance de Primat ou du copiste, inadvertance que nous voyons persister encore plus tard dans le manuscrit 16 G VI de Londres, fait saisir cette méthode sur le vif. Dans la rédaction des sommaires qui devaient lui servir comme de canevas pour établir son texte, à partir de Louis le Bègue, il avait prévu qu’il pourrait aller jusqu’à la mort de Philippe ier, ou, comme il le dit, « jusques au gros roi Loys[42] ». Mais, frappé sans doute de l’intérêt qu’offrait Guillaume de Jumièges pour l’histoire des Normands, qui tinrent une si grande place dans l’histoire de France aux ixe et xe siècles, il n’hésita pas à modifier son plan primitif pour faire connaître ce peuple à ses lecteurs. C’est ce qu’il avait déjà fait dans l’histoire de Charlemagne pour la légende du voyage de cet empereur à Jérusalem, qui n’existe pas dans le manuscrit latin 5925 et que, néanmoins, il insère entre Éginhard et la chronique du faux Turpin.

  1. Voir p. 260-262.
  2. On a la preuve qu’il vivait au palais dans l’entourage de l’empereur par ce qu’il dit à la fin de son prologue : « Posteriora autem quia ego rebus interfui palatinis quae vidi et comperire potui stilo contradidi », et lorsqu’il rapporte la conversation qu’il eut avec lui à propos de l’apparition d’une comète (Monumenta Germaniæ historica, Scriptores, t. II, p. 643, § lviii. Cf. infra, p. 142-143).
  3. « Relatione didici. »
  4. Ce prologue, qui fut également supprimé dans certaines éditions (cf. Marquardt Freher, Corpus Franciæ historiæ veteris et sinceræ, p. 445), existe cependant dans le ms. lat. 5925 de la Bibl. nat., fol. 149 vo.
  5. La première édition de l’Astronome fut donnée par Pierre Pithou, sous le titre de Vita et actus Hludowici imperatoris Karoli M. filii incerto auctore, dans Annalium et historiæ Francorum, ab anno Christi DCCVIII ad annum DCCCCXC scriptores coætanei XII, nunc primum editi ex bibliotheca P. Pithoei. Paris, G. Chappelet, 1588, 2 tomes en un vol. Les principales éditions qui suivirent sont celles de Marquardt Freher, Vita Hludowici pii imp. Karoli M. F., incerto auctore, sed tamen coætaneo et astronomiæ perito, hactenus pro libro quinto Aimonii credita et edita, dans son Corpus Francicæ historiæ veteris et sinceræ, p. 445 ; — d’André Duchesne, Vita Hludowici pii imp. Karoli M. F. incerto auctore, sed qui se professione Astronomum et in palatio ipsius imperatoris versatum testatur, dans ses Historiæ Francorum scriptores, t. II, p. 286 à 320 ; — du Recueil des historiens des Gaules et de la France, t. VI, p. 87-125 : Vita Hludowici pii imperatoris Caroli Magni filii ; — des Monumenta Germaniæ historica, Scriptores, t. II, p. 604-648 : Vita Hludowici imperatoris. Migne, dans sa Patrologie latine, t. CIV, col. 927 à 978, a reproduit l’édition de Duchesne.
  6. Voir, sur cette complainte, infra, p. 112, note 2. Le texte latin en est publié dans les Acta Sanctorum, janvier, t. II, p. 293-294, et dans les Acta Sanctorum ordinis sancti Benedicti, sæc. IV, pars I. p. 407-408.
  7. Voir p. 160.
  8. Ce Fragmentum est publié intégralement dans Fr. Duchesne, Historiæ Francorum scriptores, t. III, p. 334-346, et, avec quelques suppressions, dans le Recueil des historiens des Gaules et de la France, t. VI, p. 231-232 (années 816-840) ; t. VII, p. 224-225 (années 841-877) ; t. VIII, p. 300-307 (années 877-986, avec une mention, p. 302, se rapportant à l’année 994), et t. X, p. 213-214 (années 987-1004).
  9. Primat a encore emprunté à ce Fragmentum historiæ Francicæ plusieurs passages des Grandes Chroniques (voir p. 306-311).
  10. P. 164-170.
  11. Cette historia, qui va de la ruine de Troie à 1108, avec une continuation jusqu’à 1137, est publiée dans les Monumenta Germaniæ historica, Scriptores, t. IX, p. 395-406 ; dans Migne, Patrologie latine, t. CLXIIl, col. 911-940, qui reproduit l’édition des Monumenta avec ses notes, et par fragments dans le Recueil des historiens des Gaules et de la France, t. VI, p. 238 (années 823-840) ; t. VII, p. 255 (années 840-875) ; t. X, p. 226 (années 987-1031) ; t. XI, p. 213 ; t. XII, p. 67 (années 1072-1137).
  12. Voir au t. III des Grandes Chroniques, p. xxi, la notice que nous avons déjà consacrée à la Chronique universelle d’Adon.
  13. P. 165.
  14. Les principales éditions de ces Annales sont celles de Pierre Pithou, Annales sive Gesta Francorum ab a. 714-882, incerti sed vetusti auctoris, dans Annalium et historiæ Francorum ab a. 708, ad a. 990 scriptores coætanei XII ; — de Marquardt Freher, dans Germanicarum rerum scriptores aliquot insignes, t. I, p. 1-55, sous le titre : Annales Francorum Fuldenses (714-900) ; — du Recueil des historiens des Gaules et de la France, t. II, p. 673 (années 714-752) ; t. V, p. 326 (années 751-814) ; t. VI, p. 206 (années 814-840) ; t. VII, p. 159 (années 840-877) ; t.VIII, p. 38 (années 877-901) ; — de Pertz, dans Monumenta Germaniæ historica, Scriptores, t. I, p. 343 (années 680-901) ; — de Fr. Kurze, dans Scriptores rerum Germanicarum in usum scholarum, sous le titre : Annales Fuldenses. Hanovre, in-8o, xiii-152 p.
  15. P. 187 et 244. — Les chapitres xii, xiii et xiv qui terminent le règne de Charles le Chauve, et dont nous parlerons plus loin, forment des appendices.
  16. Sur les Annales de Saint-Bertin, voir abbé Lebeuf, Examen critique des trois dernières parties des « Annales de Saint-Bertin », avec les preuves démonstratives que Prudence de Troyes est auteur de la pénultième partie et Hincmar de Reims auteur de la dernière, dans Dissertations sur l’histoire ecclésiastique et civile de Paris, suivies de plusieurs éclaircissemens sur l’histoire de France. Paris, 1739, p. 432-499.
  17. Dans son édition des Annales de Saint-Bertin (Monumenta Germaniæ historica, Scriptores, t. I, p. 423-515), Pertz ne donne pas la partie antérieure à 830, mais renvoie à son édition des Annales Laurissenses et de la continuation d’Éginhard (Ibid., p. 134-218), dans laquelle il ajoute en note les quelques additions fournies par les Annales de Saint-Bertin.
  18. Les principales éditions des Annales de Saint-Bertin sont les suivantes : Fr. Duchesne, Historiæ Francorum scriptores, t. III, p. 150 à 261, sous le titre : Annales regum Francorum a tempore quo, Carolo Martello defuncto, Carlomannus et Pippinus regnum adepti sunt, usque ad annum Christi DCCCLXXXII, ex codice vetustissimo monasterii Sancti Bertini, cujus exemplar cura R. P. Heriberti Rosweidi societ. Jesu descriptum est et a Joanne Bolando ejusdem societ. Antverpia transmissum. — Cette édition, très défectueuse, a été reproduite par Muratori dans les Scriptores rerum italicarum, t. II, p. 495 à 570, avec le même titre. — Le Recueil des historiens des Gaules et de la France en donna une nouvelle édition aux t. VI, p. 192 à 204 (années 830-840) ; t. VII, p. 59 à 124 (années 840-877) ; t. VIII, p. 26 à 37 (années 877-882), avec des corrections faites par dom Josce Cléty, bibliothécaire de l’abbaye de Saint-Bertin. — Pertz, dans les Monumenta Germaniæ historica, Scriptores, t. I, p. 423 à 515, a réédité ces Annales d’après le texte du Recueil des historiens des Gaules et de la France, en faisant quelques corrections. Au t. II des mêmes Scriptores, il ajoute encore des variantes et des corrections relevées dans le ms. de Bruxelles. — La deuxième partie de l’édition de Pertz fut reproduite par Migne dans sa Patrologie latine, t. CXV, col. 1377 à 1420, et la troisième partie au t. CXXV, col. 1203 à 1302. — Une nouvelle édition plus correcte a été publiée par l’abbé C. Dehaisnes pour la Société de l’histoire de France, sous le titre : les Annales de Saint-Bertin et de Saint-Vaast, suivies de fragments d’une chronique inédite. Paris, 1871, in-8o, xviii-472 p. — Enfin, G. Waitz en donna encore une dans les Scriptores rerum Germanicarum in usum scholarum. Hanovre, 1883, in-8o, x-173 p. — M. René Poupardin a signalé un nouveau manuscrit de ces Annales commençant au milieu de l’année 839 et finissant au milieu de l’année 863 (Notes carolingiennes. Un nouveau manuscrit des « Annales de Saint-Bertin » , dans la Bibliothèque de l’École des chartes, t. LXVI, 1905, p. 390-400).
  19. Voir p. 245-259.
  20. Jules Lair, Mémoire sur deux chroniques latines, dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. XXXV (1874), p. 543. Selon M. Lair, ce manuscrit serait « le cahier de notes d’un de ces auteurs qui, vers le xiie siècle, prirent à tâche de composer une histoire de France », et, ajoute-t-il, les compilations qu’il renferme jouirent d’un grand crédit au moyen âge, et l’auteur des Grandes Chroniques les utilisa souvent.
  21. L’auteur des Grandes Chroniques attribua même à Charles le Chauve la vision rapportée au chapitre xiii, qui ne peut convenir qu’à Charles le Gros (voir p. 247, note 1).
  22. Voir p. 254 à 258.
  23. T. I, Introduction, p. xxv, et t. II, Introduction, p. ii à iv.
  24. Voir p. 299.
  25. L’Historia Francorum d’Aimoin, composée avant 1004, embrasse l’histoire de France depuis les origines jusqu’à 654. Au xie siècle, elle reçut une première continuation, qui va de 654 à 1015, et enfin au xiie siècle une seconde continuation assez courte qui s’arrête à la naissance de Philippe-Auguste en 1165. Voir Siméon Luce, la Continuation d’Aimoin et le manuscrit latin 12711 de la Bibliothèque nationale, dans Notices et documents publiés pour la Société de l’histoire de France, à l’occasion du cinquantième anniversaire de sa fondation, p. 57-70. — Dans les premières éditions, l’œuvre d’Aimoin fut publiée avec ses continuations. La première édition est de Guillaume Petit, sous ce titre : Annonii monachi Ben… de regum. procerumque Francorum origine gestisque… usque ad Ph. Augustum libri V, 1514, in-fol. — Jean Nicot en donna une nouvelle édition in-8o en 1567 sous le titre : Aimoini monachi, qui antea Annonii nomine editus est hist. Francorum libri V. Dans l’édition de Jacques Du Breul, Aimoini Monachi inclyti cœnobii D. Germani a Pratis libri quinque de gestis Francorum, 1603, in-fol., l’œuvre originale d’Aimoin va jusqu’à la fin du chap. xl du livre IV ; la première continuation va jusqu’au milieu du chap. xlvii du livre V, et la seconde continuation termine le livre V au chap. lvii. — Des fragments de la continuation d’Aimoin ont été publiés dans le Recueil des historiens des Gaules et de la France, t. XI, p. 274-276, et t. XII, p. 122-123, et dans Monumenta Gernianiæ historica, Scriptores, t. XXVI, p. 151-152, par Waitz.
  26. Voir p. 187, 202, 244, 263, 293, 296.
  27. Voir p. 299 à 301, 303 à 304, 317 à 320, 325 à 327, 350 et 351, 364 à 367.
  28. P. 260 à 262.
  29. Voir p. 305.
  30. L. Delisle, Mélanges de paléographie, p. 180 et 186.
  31. Voir L. Delisle, Lettre à M. Jules Lair sur un exemplaire de Guillaume de Jumièges copié par Orderic Vital, dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. XXXIV (1873), p. 267, et l’introduction à l’édition d’Orderic Vital publiée par Leprévost pour la Société de l’histoire de France.
  32. La première édition de l’Historia Normannorum de Guillaume de Jumièges fut donnée en 1603 par Guillaume Camden dans les Angliæ scriptores. Francfort, in-fol. Duchesne en donna une nouvelle et meilleure édition dans ses Historiæ Normannorum scriptores, p. 215 à 317. Migne reproduisit ensuite cette dernière édition dans sa Patrologie latine, t. CXLIX, col. 779 à 910. Le Recueil des historiens des Gaules et de la France en publia des fragments aux t. VIII, p. 254 à 269 ; t. X, p. 184 à 192 ; t. XI, p. 34 à 58 ; t. XII, p. 570 à 575, et les Monumenta Germaniæ historica au t. XXVI des Scriptores, p. 4 à 11.
  33. Patrologie latine, t. CLXIII, col. 853 à 864.
  34. Monumenta Germaniæ historica, Scriptores, t. IX, p. 364 à 369.
  35. Voir, sur cette chronique, Ferdinand Lot, les Derniers Carolingiens, p. 338 à 345.
  36. F. Lot, op. cit., p. 344.
  37. Voir p. 350-352.
  38. Voir p. 362. — Les éditions de l’Historia Francorum Senonensis sont celles de Fr. Duchesne au t. III des Historiæ Francorum scriptores, p. 349 à 354, sous le titre : Chronicon auctoris incerti ab anno Christi DCLXXXVIII usque ad annum M XV, ex vetusto codice qui est in bibliotheca viri clarissimi Alexandri Petavii senatoris Parisiensis ; — de Waitz, dans Monumenta Germaniæ historica, Scriptores, t. IX, p. 364 à 369. Elle est publiée à la suite de l’Historia ecclesiastica de Hugues de Fleury, sous le titre de : Historia Francorum Senonensis ; — de Migne, dans Patrologie latine, t. CLXIII, col. 853 à 864 ; c’est la reproduction de l’édition de Waitz.
  39. Voir p. 301.
  40. Pertz, Monumenta Germaniæ historica, Scriptores, t. I, p. 314-315.
  41. Les éditions des Annales Mettenses sont celles de Fr. Duchesne au t. III des Historiæ Francorum scriptores, p. 262 à 333, sous ce titre : Annales rerum Francicarum ab anno Christi DCLXXXVII usque ad annum DCCCCIV, in monasterio Sancti Arnulfi Metensis scripti ; — du Recueil des historiens des Gaules et de la France, sous le titre : Annales Mettenses, t. II, p. 676-689 (années 687-749) ; t. V, p. 335-358 (années 750-813) ; t. VI, p. 212 (années 829-830) ; t. VII, p. 184-203 (années 840-877) ; t. VIII, p. 61-79 (années 878-908) ; — de Pertz, dans Monumenta Germaniæ historica, Scriptores, t. I, p. 316-336 (années 687-768). Enfin, Waitz (Ibid., t. XIII, p. 26-33) donna pour les années 769-805 des fragments de ces Annales sous le titre : Annalium veterum fragmenta partim ex Mettensibus desumpta.
  42. Louis VI.