Les Patriotes de 1837-1838/16

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Librairie Beauchemin, Limitée (Laurent-Olivier Davidp. 79-90).

jean-joseph girouard.


« Nous devons à nos lecteurs comme à la mémoire de celui qui fait le sujet de cette notice, de consigner dans nos pages quelques détails sur la vie de ce citoyen vénéré. Si sa carrière a été remarquable par le patriotisme et le talent, elle ne l’a pas été moins par les qualités morales et par l’exercice des vertus chrétiennes. C’est un exemple de plus à présenter à nos compatriotes dans la fortune comme dans les malheurs ; c’est aussi un encouragement puissant en faveur de ceux qui, n’ayant pas eu dans leur jeunesse l’avantage d’études collégiales, ont cependant en M. Girouard une preuve qu’on peut y suppléer par l’étude et la persévérance, et s’élever ainsi à une hauteur intellectuelle qu’il est donné à peu d’hommes d’atteindre. »

Tel est l’éloge que faisait de M. Girouard, dans la Minerve du mois de septembre 1855, son ami, l’hon. A.-N. Morin, et son émule en talents et en vertus. Cet éloge flatteur était l’écho fidèle des sentiments d’affection et de respect de la population canadienne-française. Quoique M. Girouard n’ait pas joué dans la politique un rôle aussi brillant que les Viger et les Morin, l’influence qu’il a exercée sur son époque par ses conseils et ses exemples, lui donne droit d’être placé à côté de ces hommes dans le Panthéon canadien.

À Québec appartient l’honneur d’avoir donné au pays cet excellent citoyen. M. Girouard y naquit, le 11 novembre 1795, d’une famille acadienne. Son père, qui commandait un petit bâtiment sur le fleuve Saint-Laurent, périt dans une tempête vis-à-vis de Saint-Valier, le laissant orphelin à l’âge de cinq ans. Sa mère, restée veuve avec trois enfants, sans aucun moyen d’existence, eut le bonheur d’être recueillie par un vénérable prêtre, M. Gatien, l’aîné, alors curé de Sainte-Famille. Le bon prêtre ayant été appelé à desservir la paroisse de Sainte-Anne des Plaines, dans le district de Montréal, et plus tard celle de Saint-Eustache, la famille Girouard le suivit.

M. Gatien remarqua de bonne heure l’intelligence précoce et les bonnes dispositions du jeune Girouard, et s’appliqua à les développer. « On raconte même, dit M. Morin, que, surpris de l’ordre avec lequel son pupille arrangeait tout ce qui faisait le sujet de ses occupations, il l’avait comparé à un faiseur de lois. » La manière dont le jeune Girouard profita de ses leçons, le récompensa dès ici-bas de sa charité et de son dévouement pour une famille malheureuse.

Combien d’hommes utiles, de prêtres et de citoyens distingués nous devons au patriotisme et à la charité d’hommes, de prêtres généreux comme M. le curé Gatien ! C’est là une des plus grandes gloires du clergé canadien, l’un de ses titres les plus incontestables à la reconnaissance du pays.

Malheureusement, cette rosée du ciel qu’on appelle « la protection » ne tombe pas toujours sur une bonne terre, ne produit pas toujours les meilleurs fruits ; les Girouard ne poussent pas partout.

On remarquait dans le jeune Girouard une variété de talents et d’aptitudes remarquables ; il apprenait ce qu’il voulait : musique, peinture, architecture, mécanique, littérature et philosophie, rien ne semblait inaccessible à son esprit souple et privilégié. Livré, après la mort de M. Gatien, à ses seules ressources, n’ayant plus personne pour le faire vivre et cultiver son esprit, il ne se découragea pas et se lança avec la plus grande ardeur à la poursuite des connaissances humaines.

Il joignit heureusement au goût et au talent d’apprendre, un caractère tenace et persévérant.

En 1812, on le trouve à Sainte-Geneviève, étudiant la loi sous Me Mailloux, et en 1816 à Saint-Eustache, où il est admis à la pratique du notariat. Il va s’établir à Saint-Benoît, qui était alors un centre d’affaires important, s’y fait en peu de temps une excellente clientèle, et y épouse une demoiselle Félix, sœur du curé de l’endroit.

La sagesse de sa conduite et de ses conseils, l’habileté, le jugement et l’honnêteté dont il faisait preuve dans l’exercice de sa profession, le patriotisme ardent qu’il manifestait en toute occasion, étendirent bientôt sa réputation au-delà des limites de Saint-Benoît. On venait de loin lui confier des affaires importantes, le consulter sur toute espèce de choses : on le forçait d’être notaire, avocat et prêtre en même temps.

Lorsque les difficultés entre les gouverneurs et la Chambre d’assemblée commencèrent à agiter le pays, il fit preuve d’une vivacité et d’un esprit de résistance qui faisaient un contraste frappant avec sa modération ordinaire. Il ressemblait, sous ce rapport, à son ami Morin, si doux, si inoffensif dans les choses ordinaires de la vie, et, cependant, si énergique, si ardent lorsqu’il s’agissait de justice, de liberté ou de patriotisme. Natures d’élite, humbles et modestes, faibles même en apparence, mais inflexibles, que les nobles sentiments, les grandes questions d’intérêt politique ou national transforment et exaltent jusqu’à l’héroïsme !

M. Girouard contribua puissamment à répandre, dans la paroisse de Saint-Benoît et les paroisses environnantes, ses sentiments de résistance et d’indépendance patriotique.

Le Dr Labrie, qui représentait le comté des Deux-Montagnes, étant mort en 1830, on crut que l’homme le plus digne de le remplacer à l’Assemblée législative était M. Girouard. M. Girouard accepta, fut élu et continua de représenter le comté des Deux-Montagnes jusqu’en 1837, pendant l’époque la plus tourmentée de notre histoire politique.

Comme il n’aimait pas à parler, il ne prit pas une part considérable aux débats violents dont l’Assemblée législative fut le théâtre, mais n’en acquit pas moins une grande autorité auprès de ses collègues par l’étendue de ses connaissances, la fermeté de ses convictions et l’aménité de son caractère. Il rendit de grands services au pays en s’occupant de questions municipales et d’éducation dont il avait fait une étude spéciale, et qui étaient à cette époque généralement ignorées. Il fut fidèle à la cause libérale jusqu’à la fin, vota avec les patriotes en faveur des quatre-vingt-douze résolutions, du refus des subsides, et de toutes les lois qui avaient pour but de revendiquer les droits de la Chambre.

Lorsque le gouvernement anglais eut achevé d’exaspérer le pays en autorisant lord Gosford à prendre sans scrupule dans le coffre public, l’argent dont il aurait besoin, M. Girouard prit part aux assemblées qui eurent lieu dans un grand nombre de comtés pour protester contre cette violation des prérogatives de la Chambre. Il parcourut, avec M. Papineau et M. Morin, quelques-uns des comtés du district de Québec. Dans ses discours comme dans ses conversations, il se prononçait avec énergie contre les abus du gouvernement, démontrait la nécessité de protester contre la violation des droits du peuple : « Nous devons faire assez de bruit, disait-il, pour qu’on nous accorde ce que nous avons le droit d’obtenir comme citoyens libres. » Mais il ne voulait pas de résistance à main armée et n’y pensait même pas.

M. Girouard ne vit pas sans inquiétude les proportions que prenait l’agitation, mais convaincu qu’il était inutile d’essayer de tenir tête à l’orage, il se décida à le laisser passer.

Il est difficile maintenant, à une époque où les esprits et les caractères sont plus ou moins blasés par des luttes mesquines, de se rendre compte des sentiments et des pensées des hommes de cette époque. On oublie qu’ils avaient la fraîcheur, la naïveté même des sentiments, l’indépendance de pensée et l’amour de la liberté qu’on trouve à l’origine des sociétés, et qui enfantent les Washington, les Franklin et les Jefferson.

C’étaient des grande âmes que celles des Bédard, des Papineau, des Morin, des Viger, des Girouard, des Chénier ; des âmes où l’amour de la patrie et de la liberté devait naturellement produire de grands effets et faire naître le désir et l’espoir de donner l’indépendance à leur pays opprimé.

Quoi qu’il en soit, les patriotes ne se bercèrent pas longtemps d’illusions ; écrasés à Saint-Eustache comme à Saint-Charles, dans le Nord comme dans le Sud, ils comprirent que le courage et le patriotisme ne suffisent pas pour se battre contre des canons.

M. Girouard était occupé à visiter les avant-postes du camp de Saint-Benoît, quand il apprit que tout était perdu à Saint-Eustache et que Girod venait d’arriver chez lui à course de cheval. Il se rendit à la hâte à sa maison et trouva en effet le fameux Girod, qui essaya de lui faire croire qu’il venait à Saint-Benoît chercher du renfort. M. Girouard, indigné, l’apostropha dans des termes si sévères, que Girod, confus, écrasé par la honte, se retira sans rien dire pour aller trouver les MM. Masson, qui ne le reçurent pas mieux.

M. Girouard, voyant que la résistance était impossible, ne songea plus alors qu’à mettre les patriotes à l’abri de la vengeance de Colborne. Il leur conseilla de s’en aller chacun chez soi, de cacher leurs armes et d’éviter tout ce qui pourrait fournir à leurs ennemis un prétexte de leur faire du mal. Il avait lui-même l’intention de rester chez lui, mais les supplications de son épouse, et les instances des patriotes, le décidèrent à s’en aller ; on lui fit comprendre que, dans leur intérêt comme dans l’intérêt de la population, les chefs devaient disparaître. Ils partirent donc. M. Girouard se dirigea du côté des États-Unis, et s’arrêta au Côteau-du-Lac.

Sa tête était mise à prix ; une récompense de deux mille piastres étaient offerte pour son arrestation ; mais, au lieu de songer à le trahir, chacun cherchait les moyens de l’aider à s’échapper. Il se décida à accepter l’hospitalité d’un nommé Saint-Amand, un brave homme que toutes les richesses de la terre ou les supplices les plus cruels n’auraient pas fait parler. M. Girouard était en sûreté là, il pouvait y rester sans danger, et on lui offrait tous les jours de le conduire aux États-Unis. Mais quand il apprit que les Dumouchel et les Masson étaient arrêtés, il ne put résister à une pensée de générosité ; il crut qu’il devait partager le sort de ses amis, aller les rejoindre en prison. C’est ce qu’il écrivait à son épouse, le 16 janvier 1838 :

« Lorsque j’eus appris, disait-il, que tous, ou presque tous mes amis, les deux jeunes MM. Masson, M. Dumouchel père, et ses deux fils étaient en prison, j’ai tout de suite changé de détermination, et j’ai pensé que ce serait de ma part une espèce de lâcheté de les abandonner dans une circonstance aussi pénible où je pouvais leur être utile. Je résolus donc d’aller les rejoindre et de partager leur sort, quel qu’il fût. »

Ce fait démontre combien les hommes de 37 avaient l’âme grande, les sentiments élevés.

M. Girouard écrivit au colonel Simpson, qui commandait au Côteau-du-Lac, qu’il était prêt à se livrer entre ses mains et à partir pour la prison, s’il promettait d’empêcher qu’il fût maltraité sur la route comme tant d’autres patriotes l’avaient été. Le colonel Simpson, heureux de mettre la main sur un pareil homme, qui lui faisait gagner si facilement les deux mille piastres offertes pour son arrestation, promit tout, et conduisit lui-même, le même jour, M. Girouard à la prison de Montréal.

L’arrestation de M. Girouard fit beaucoup de bruit. Les journaux torys jubilèrent, et les patriotes le reçurent en prison avec attendrissement. On lui donna une cellule privée, et on ne lui permit pas de communiquer avec les autres prisonniers. Il fut cependant mieux traité que les autres ; il était mieux couché, avait plus d’air et d’espace ; sa nourriture, grâce à ses ressources personnelles et au dévouement de ses amis, fut toujours convenable. Il passait son temps à lire, à dessiner, à faire des calculs, à résoudre des problèmes scientifiques et surtout à dessiner au crayon les portraits de ses amis et de ses compagnons de prison.

Il envoyait ces portraits aux familles des pauvres prisonniers. Quel plaisir, quelle émotion quand on recevait le portrait d’un fils, d’un époux et d’un frère qu’on n’était pas sûr de revoir !

Il a fait de mémoire plusieurs de ces portraits, entre autres celui de Chénier.

Dans les lettres qu’il écrit à sa femme et à son ami M. Morin, il s’occupe constamment de ses parents, de ses amis, de ses compatriotes ; sa bonté, sa générosité et son patriotisme éclatent à chaque ligne.

Il y avait six mois que M. Girouard et les patriotes de 1837 étaient en prison, lorsque lord Durham arriva, chargé de la mission de pacifier le pays. Le brillant vice-roi s’occupa d’eux en arrivant, mais il fut fort embarrassé. Ne pouvant pas les mettre devant une cour militaire, et sachant que les procès par jury étaient impossibles dans ces circonstances, il songea et crut avoir trouvé un excellent moyen de sortir d’embarras, c’était d’obtenir des principaux patriotes, des chefs du mouvement, une confession, un plaidoyer de culpabilité, et d’amnistier les autres prisonniers. Il envoya donc d’abord le colonel Simpson auprès du Dr Nelson, de M. Girouard et de M. Bouchette, qu’il considérait comme les chefs, afin de les sonder à ce sujet, et de leur demander de signer un projet de déclaration ou de confession soigneusement préparé.

Le colonel Simpson fut très insinuant ; il épuisa toutes les ressources de son esprit pour faire accepter son document. Le Dr Nelson et M. Bouchette se laissaient gagner, lorsque M. Girouard, prenant la parole avec énergie, leur fit voir tous les dangers, les embûches que cachait cette habile déclaration destinée à fournir aux autorités la base qui leur manquait pour agir.

« Je me jetterai, s’il le faut, aux pieds de mes compagnons de prison, dit M. Girouard, pour les empêcher de signer un document qui les compromettrait inutilement, et fournirait à leurs adversaires les armes qui leur manquent. »

Il alla, en effet, les trouver, leur dit ce qui s’était passé, et les conjura de ne pas se laisser convaincre par personne. Cependant, MM. Nelson et Bouchette, croyant que c’était le seul moyen d’en finir, et se flattant que ce document serait suivi d’une proclamation d’amnistie générale, sauf peut-être quelques mois d’exil volontaire pour les signataires, ils s’efforcèrent de prouver qu’avec des modifications, ce document serait fort acceptable. Lorsque M. Girouard vit que leur opinion était partagée par MM. Masson, Marchesseault, Viger et quelques autres, il s’appliqua alors à faire biffer de la déclaration ce qu’il y avait de plus compromettant, « mais elle resta toujours, écrivait M. Girouard, le lendemain, encadrée des deux expressions suivantes : « Nous nous sommes révoltés » et « Nous plaidons coupables. » »

Ce fut grâce à ces mots, inoffensifs en apparence, malgré toutes les explications et atténuations du reste de la lettre, que lord Durham envoyait aux Bermudes, quelques jours après, les signataires du document. Ils comprirent alors la sagesse des conseils de M. Girouard ; mais c’étaient des hommes de cœur ; ils se dirent que le mal n’était pas aussi grand que M. Girouard l’avait prévu, puisque la lettre qui les faisait exiler faisait sortir de prison tous les autres prisonniers.

En effet, l’amnistie fut proclamée, et M. Girouard reprit le chemin de Saint-Benoît.

Il avait eu d’abord l’intention d’aller s’établir au loin ; mais les témoignages de respect et de sympathie qu’il reçut de toutes les parties du comté des Deux-Montagnes le décidèrent à rester au milieu de ses parents et de ses amis. Il se remit avec ardeur au travail ; ses succès étendirent sa renommée comme notaire, et refirent sa fortune épuisée. On s’adressait à lui de partout pour avoir son opinion dans des cas difficiles, on l’envoyait chercher pour régler les successions les plus embrouillées. Tout entier à sa profession, à sa famille et à ses études, il suivait les affaires du pays, exprimait son opinion quand on la lui demandait, mais refusa constamment de rentrer dans la politique.

Lors de la formation du ministère Baldwin-Lafontaine, en 1842, tous les moyens furent employés pour décider M. Girouard à accepter un portefeuille dans le nouveau gouvernement. Tout fut inutile. Il refusa en donnant pour raison qu’il n’avait ni la capacité, ni la santé, ni le goût nécessaire pour remplir les hautes fonctions qu’on lui offrait.

Les événements de 1837, les douleurs et les infortunes de tant de gens qui lui étaient chers, avaient produit une profonde impression sur son âme ; il avait promis de ne plus prendre une part active aux événements politiques. Peut-être n’avait-il pas pleine et entière confiance dans le succès et le fonctionnement du nouveau régime ; il ne croyait plus aux promesses des gouverneurs anglais.

Deux ou trois fois, les électeurs voulurent le renvoyer à la Chambre, mais il tint bon jusqu’à la fin ; sa profession et ses études absorbaient son temps et son esprit.

Son amusement favori était la pêche ; il passait des journées entières à pêcher, et quand il avait réussi à prendre du poisson, son plaisir était de le distribuer parmi ses amis.

Il aimait aussi à se délasser dans des réunions de famille et d’amis où il se montrait aimable. Ses connaissances variées, son esprit sérieux et artistique en même temps, rendaient sa conversation très-instructive et attrayante ; mais il n’était pas toujours disposé à parler, et désappointa plus d’une fois des personnes réunies exprès pour l’entendre.

Il était grand, mais courbé ; son teint était maladif, sa physionomie sérieuse, ses manières simples, modestes.

Il souffrit toute sa vie d’une maladie de foie qui réagissait parfois sur son caractère. D’un tempérament bilieux, il était très-prompt, mais il était contrôlé par son jugement et son cœur, aussi bons l’un que l’autre. Comme MM. Morin, Viger, Cherrier et plusieurs autres hommes de cette grande génération, il était aussi bon chrétien que bon citoyen, pratiquait ce qu’il croyait, et faisait aimer la vertu et la religion par la sincérité de ses convictions et la force de ses exemples. Ils savaient concilier, ces grands citoyens, leurs devoirs envers Dieu avec leurs devoirs envers la patrie, et manifestaient leur foi dans leurs œuvres et leur conduite.

Les familles qui avaient souffert dans les troubles de 1837, et les infortunés en général, trouvèrent toujours dans M. Girouard un ami, un protecteur. Saint-Benoît possède dans l’hospice d’Youville un monument qui atteste la générosité et la charité chrétienne de cet excellent citoyen.

M. Girouard avait perdu sa première épouse en 1847 ; quatre ans après, en 1851, il épousa en secondes noces Mlle Émilie Berthelot, sœur de M. le juge Berthelot, une femme digne de lui par l’esprit et le cœur, qui s’associa à ses bonnes œuvres et les continua quand il ne fut plus de ce monde.

Il put, grâce à une vie régulière et malgré un travail constant et excessif souvent, prolonger ses jours, vivre plus longtemps que sa santé délicate le faisait présager. Cependant, au commencement de l’année 1855, ses forces commencèrent à décliner visiblement ; il comprit que la fin était prochaine et vit arriver la mort avec la confiance et la paix que donne une vie pleine de mérites.

Il mourut, le 18 septembre 1855, et fut inhumé dans la chapelle qu’il avait fondée ; une pierre tumulaire, due au patriotisme et à la piété de son beau-frère, l’hon. juge Berthelot, indique l’endroit où reposent ses cendres.

« Sa mémoire vivra longtemps, nous écrivait, il y a quelques années, le Dr Dumouchel, dans cette bonne vieille paroisse de Saint-Benoît. Je le dis avec d’autant plus de confiance qu’il a laissé deux fils qui promettent de perpétuer la renommée de leur vénéré père, dont ils ont raison d’être fiers de porter le nom. »