Les Pleurs/Une Ondine

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Les PleursMadame Goullet, libraire (p. 321-325).

UNE ONDINE.

L’onde murmure, la vague s’élève.
La sirène l’attire par ses paroles ; elle le charme par ses chants.

— GOETHE. —

Reine de ces collines vertes,
Du sein des vagues entr’ouvertes
Une jeune ondine apparaît.
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— M. H. DE LATOUCHE. —

LVII.

La rivière est amoureuse,
Enfant ! n’y viens pas le soir ;
Près d’Angèle la peureuse
Va plutôt rire et t’asseoir.
Si l’eau jalouse en soupire,
Ferme l’oreille à sa voix ;

Car elle roule un empire
Doux et mortel à la fois.

Chaque soir, ses bras humides
Attirent quelque imprudent
Qui, sous ses perles liquides,
Vient plonger son cœur ardent :
Un miroir à la surface
Sourit, trempé de fraîcheur ;
Le pied glisse ; l’onde efface
Le sourire et le plongeur !

Et la vierge fiancée
Pleure au pied de l’élément
Qui, dans la couche glacée,
Berce à jamais son amant,
Cet amant, dont sa jeune ame
Croit entendre les sanglots
Murmurer : « Venez, ma femme,
Dormir aussi sous les flots. »

Par le doux pater d’Angèle,
Par ses yeux fervens d’amour.
Par la croix ! par la chapelle
Qui doit vous unir un jour,

Enfant ! l’onde est molle et pure ;
Mais elle a soif de nos pleurs ;
La rive ombreuse est plus sûre ;
N’en dépasse pas les fleurs !