Les Poëmes de l’amour et de la mer/Je meurs d’amour, je suis amoureux comme un chien

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XVIII.

Je meurs d’amour, je suis amoureux comme un chien.
Oh ! donne-moi ta bouche, et meure sur tes lèvres
Ton rire virginal ! — Non, rien au monde, rien
Au monde n’éteindrait tout le feu de mes fièvres.

Jusqu’ici, l’œil perdu au ciel, et triomphant
Si je pouvais au cœur me piquer une rose
Échappée à tes doigts, naïf comme un enfant,
Je t’aimai sans vouloir ni songer autre chose.

Mais à présent je veux t’adorer à genoux
Et rester devant toi le front dans la poussière,
Respirant le parfum si cruel et si doux
De ton merveilleux corps rayonnant de lumière.


Je veux baiser tes pieds comme les pieds des dieux
Et je veux sangloter d’amour sans fin ni trêve,
Et vendre à qui voudra ma place dans les cieux
Pour presser dans mes bras la chair qui fut mon rêve.