Les Poëmes de l’amour et de la mer/Madrigal

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XII.

MADRIGAL

Les royaumes des rois sont grands,
Si grands qu’on peut s’y perdre à l’aise,
Mais ils finissent — n’en déplaise
À la fureur des conquérants.

La mer est bien large sans doute
Et bien profonde, mais on peut
En trouver le fond, si l’on veut,
Et même la mesurer toute ;


Là-haut, le grand ciel éclatant
Vers qui l’œil ébloui s’élève
Paraît immense ; mais le rêve
En fait le tour en un instant.

Le rêve ! c’est que la pensée
Est plus vaste que l’univers,
Lorsque sur l’aile d’un beau vers
Elle est éperdument lancée.

Eh bien ! l’essor est limité
Des plus aventureux génies ;
Il n’est de choses infinies
Que mon amour et ta beauté.