Les Stromates/Livre quatrième/Chapitre I

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Texte établi par M. de GenoudeSapia (Tome cinquièmep. 269-270).
Livre quatrième

LIVRE QUATRIÈME.

CHAPITRE PREMIER.
Ordre des matières que l’auteur va traiter.

Il nous paraît convenable d’aborder maintenant la discussion du martyre et de la perfection. Tout ce que comporte la matière présente rentrera dans le cadre de ces deux questions, où la philosophie apparaîtra comme un devoir pour l’homme et pour la femme, qu’ils soient libres ou esclaves. La discussion qui roulera ensuite sur la foi et l’examen venant à se terminer, nous arriverons aux symboles, afin de montrer sommairement, après les rapides conclusions de notre partie morale, de quel secours a été pour les Grecs la philosophie barbare. À ce tableau mis sous les yeux du lecteur, succédera, dans le but de réfuter à la fois les Grecs et les Juifs, une exposition abrégée des Écritures ; puis viendront les développements que nous aurions voulu compléter dans un chapitre d’avant-propos, mais que nous n’avons pu renfermer dans les mélanges précédents, dominé que nous étions par l’abondance des matières à laquelle il a fallu sacrifier. Quand nous aurons atteint, selon nos forces, le but que nous nous proposons, il sera temps de passer en revue les opinions sur les principes naturels, telles que les Grecs et les autres barbares nous les ont transmises, et d’engager ensuite la discussion contre les principales doctrines des philosophes. Par une conséquence naturelle, un rapide coup-d’œil sur la théologie nous conduira aux traditions prophétiques, afin que les Écritures, sur la parole desquelles nous avons cru, une fois reconnues authentiques et revêtues d’une autorité toute divine, nous servent comme de point de départ pour éconduire pas à pas les hérésies, et prouver à chacune d’elles qu’il n’y a qu’un seul et même Dieu, un Seigneur tout-puissant, proclamé sans imposture par la loi, par les prophètes et par le bienheureux Évangile. Là, des luttes fréquentes contre les partisans de l’opinion contraire, attendent naturellement un écrivain dont tout le plan est de détruire, dans ses ouvrages, les énormités qu’introduisent les sectaires, et de les convaincre, en dépit d’eux-mêmes, par le moyen des Écritures. Notre tâche ainsi remplie dans son intégrité, dès que nous aurons répondu aux besoins du moment par tête commentaires que nous inspirera l’Esprit (car les prolégomènes sont indispensables pour attirer à la vérité), alors nous aborderons la véritable théorie gnostique de la nature, initiés déjà aux mystères de moindre importance avant d’arriver aux grands mystères, afin que dans la purification et la manifestation complète des principes préliminaires, rien ne fasse plus obstacle à la divine interprétation des choses saintes. La théorie de la nature, conforme aux règles de la vérité, ou pour mieux dire l’initiation aux secrets de l’univers, qui s’acquiert par la tradition gnostique, s’élève de la théorie cosmogonique à la contemplation de Dieu. Voilà pourquoi nous reportons, à bon droit, le berceau de la tradition à la création décrite par les prophètes, en rappelant sur notre chemin les doctrines des hétérodoxes, pour les confondre, s’il nous est possible. Mais tous ces développements toucheront bientôt à leur terme, avec la grâce de Dieu, et suivant son inspiration. Entrons maintenant dans notre sujet, et achevons ce qui nous reste à dire sur la morale.