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Les Tristes/Livre I

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Œuvres complètes, Texte établi par Nisard, J. J. Dubochet et Compagnie (p. 661-678).
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LIVRE PREMIER.
ÉLÉGIE I.

Va, petit livre, j’y consens, va sans moi dans cette ville où, hélas ! il ne m’est point permis d’aller, à moi qui suis ton père ; va, mais sans ornements, comme il convient au fils de l’exilé ; et malheureux, adopte les insignes du malheur. Que le vaciet (1) ne te farde point de sa teinture de pourpre ; celte couleur n’est pas la couleur du deuil ; que le vermillon(2) ne donne pas de lustre à ton titre, ni l’huile de cèdre à tes feuillets. Qu’on ne voie point de blanches pommettes (5) se détacher sur tes pages noires ; cet appareil peut orner des livres heureux, mais toi, tu ne dois pas oublier ma misère ; que ta double surface ne soit point polie par la tendre pierre-ponce (4) ; présente-toi hérissé de poils épars çà et là, et ne sois pas honteux de quelques taches : celui qui les verra y reconnaîtra l’effet de mes larmes. Va, mon livre, et salue de ma part les lieux qui me sont chers ; j’y pénétrerai ainsi par la seule voie qui me reste ouverte.

S’il est quelqu’un dans la foule qui pense encore à moi, s’il est quelqu’un qui demande par hasard ce que je fais, dis-lui que j’existe, mais que je ne vis pas, et que cependant cette existence précaire est le bienfait d’un dieu. Par prudence, et de peur d’aller trop loin, tu ne répondras aux questions indiscrètes qu’en te laissant lire. A ton aspect, le lecteur aussitôt se préoccupera de mes crimes, et je serai poursuivi par la clameur populaire, comme un ennemi public. Abstiens-toi de répliquer, même aux plus mordants propos ; une cause déjà mauvaise se gâte encore quand on la plaide. Peut-être trouveras-tu quelqu’un qui gémira de m’avoir perdu, qui

ELEGIA I.

Parve (nec in video) sine me, liber, ibis in urbeiii ;
Hei mihi I quo domino non licet ire tuo.
Vade, sed incultus, qualein decct exulis esse.
Infelix habitum tcmporis hujus habc.
Nec te purpureo velenl vaccinia succo ;
Non est convenieus luctibus ille color :
Nec titulus tninio, nec ccdro charta nohtur :
Candida nec nigra cornua fronle géras.
Felices ornent hæc instrumenta libellos ;
Fortunæ memoreni te decet esse meæ ;
Nec.fragili geminæ poliantur pumice frontes :
Hirsutussparsis utvideare comis.
Neve liturarum pudeat : qui viderit illas ,
De lacrymis factas sentiet esse meis.
Vade, liber, verbisque meis loca grata salula.
ContÎDgam certe quo licet ilia pede.
Si quis, ut in populo noslri nou immeraor illic.
Si quis, qui quid agam forte requirat, erit ;
Vivere me dices : salvum (aineu esse uegabis ;
Id quoque quod vivain, inunus habere dei.
Teque ita tu lacitus quærenti plura legeudum ,
Ne, quæ non opus est, forte loquore, dabis.
Protinus admonitus repetet mea criuiina leclor,
Et peragar populi publiais ore reus.
Neu, cave, defendas, quamvis mordebere dictis.
Causa patrocinio non bona major erit. 26

lira ces vers les joues mouillées de pleurs, et dont les vœux silencieux, de peur des oreilles malveillantes, invoqueront la clémence de César et le soulagement de mes maux. Quel qu’il soit, puisse-t-il n’être pas malheureux un jour, celui qui sollicite l’indulgence des dieux en faveur des malheureux ! Puissent ses vœux s’accomplir ! puisse le ressentiment du prince s’éteindre et me permettre de mourir au sein de la patrie !

Quelque fidèle que tu sois à mes ordres, peut-être, ô mon livre, seras-tu critiqué et mis bien au-dessous de ma réputation. Le devoir du juge est d’examiner les circonstances des faits aussi-bien que les faits eux-mêmes ; cet examen te sauvera. La poésie ne peut éclore que dans la sérénité de l’ame, et des malheurs soudains ont assombri mon existence ; la poésie réclame la solitude et le calme, et je suis le jouet de la mer ,*des vents et de la tempête ; la poésie veut être libre de crainte, et, dans mon délire, je vois sans cesse un glaive menacer ma poitrine. Mais ces vers devront encore étonner le critique impartial ; et, quelque faibles qu’ils soient, il les lira avec indulgence. Mettez à ma place un Homère, et l’entourez d’autant d’infortune que moi-même, tout son génie en serait bientôt frappé d’impuissance.

Enfin, mon livre, pars indifférent à l’opinion et ne rougis pas si tu déplais au lecteur. La fortune ne nous est pas assez favorable pour que tu fasses cas de la gloire. Au temps de ma prospérité, j’aspirais à la renommée, et j’en étais avide ; aujourd’hui, si je ne maudis pas la poésie, ce penchant qui m’a été fatal, cela doit suffire, puisque mon exil est aussi l’œuvre de mon génie. Va cependant, va pour moi, tu le peux du moins, contempler Rome. Dieux ! que ne puis-je, en ce jour, être mon livre !

Ne crois pas cependant, parce que tu arriveras étranger dans la ville immense, que tu puisses y arriver inconnu, sans titre même. Ta sombre couleur te trahirait, si tu voulais renier ton père. Ne t’introduis toutefois qu’avec mystère ; mes anciennes poésies pourraient te nuire, et je ne suis plus, comme jadis, le favori du public. Si quelqu’un, par cela seul que tu viens de moi, se fait scrupule de te lire et te rejette de son sein, dis-lui : « Regarde le titre ; je n’enseigne pas ici l’art d’aimer ; une peine était due à ce livre, et il l’a subie. »

Peut-être veux-tu savoir si je t’ordonnerai de gravir la colline où s’élève le palais de César ? Pardon, séjour auguste ; pardon, divinités de ce séjour ! Mais c’est de cette demeure redoutable que la foudre est tombée sur ma tête. Je connais, sans doute, la clémence des divinités qui y résident, mais je redoute celles qui m’ont frappé. Elle tremble au moindre bruit d’ailes, la colombe que les serres de l’épervier ont


Invenies aliquem, qui me suspiret ademptum,
Carmina nec siccis perlera t ista genis :
Et tacitus sccum, ne quis malus audiat, optet,
Sic mea, lenito Cssare, pœna minor.
Nos quoque, quisquis erit, ne sit miser ille, precamur,
Placatos misero qui volet esse deos.
Quæque volet, rata sint : ablataque principis ira
Sedibus in patriis det mihi posse mori.
Et perages mandata , liber, culpabere forsau,
Ingeniique minor laude ferere mei.
Judicis ofiicium est, ut res, ita tempora rerum
Quœrere ; quæsito tempore, tutus eris.
Carmina proveniuntanimo deducta sereno :
Nubila suntsuhitïs tempora nostra malis.
Carmina secessum scribenrtis et otia quærunt :
Me mare, me venti, me fera jactat hyems.
Carminibus metus omnis abest : ego perditus ensem
Hæsurum jngulo jam puto jamque meo.
Hæc quoque, quod facio, judex mirabitur æquus :
Scriplaque cum venia qualiacumque leget.
Da mibi Mæoniden, et tôt circumspiceeasus ;
Ingenium tantis cxcidet omne malis.
Denique securus famœ, liber , ire memenlo,
Nec tibi sit lecto displicuisse pudor.
Non ita se nobis præbet fortuna secundam,
Ut tibi sit ratio taudis ha ben d a tuæ.
Doneceram sospes, tituli tangebar amore,
Quœrendique mihi nominis ardor erat.
Carmina nunc si non studiumque, quod obfuit, odi,
Sit satis : ingenio sic fuga parta meo.
1 tamen, i pro me tu, cui licet, adspice Romain.
Di facerent, posses non meus esse liber 1
Nec te, quod venias magnam peregrinusin urbetn ,
Ignotuin populo posse venire pu ta.
Ut titulo careas, ipso noscere colore :
Dissimulare velis te licet esse meum.
Clam tamen intrato : ne te mea carmina lædant.
Non sunt, ut quondam plena favoris erant.
Si quis erit, qui te, quia sis meus, esse legendum
Non putet, e greinio rejiciatque suo ,
Inspire, die, titulum : Non sum prsceptor amoris :
Quas meruit pœnas, jam dédit illud opus.
Forsitan exspectes an in alta palatia missum
Scaudere te jubeam Cæsareamque domum.
Ignoscant augusta milii loca, dique locorura :
Venit in hoc ilia futmen ab arce caput.
Esse quidem memini mitissima sedibus illis
Numina, sed timeo qui nocuere deos. 74

blessée ; elle n’ose plus s’éloigner de la bergerie, la brebis arrachée à la gueule du loup ravisseur ; Phaéton, s’il revenait à la vie, fuirait le ciel, et poserait approcher de ces coursiers qu’il voulut follement conduire. Et moi aussi je crains encore, je l’avoue, après en avoir senti les atteintes, les traits de Jupiter, et je me crois menacé de ses feux vengeurs chaque fois que le tonnerre gronde. Celui des Grecs dont le navire a une fois évité les écueils de Capharée détourne ses voiles des eaux de l’Eubée ; ma barque aussi, déjà battue par une terrible tempêter, frémit d’approcher des côtes où elle fut maltraitée. Sois donc, livre chéri, sois timide et circonspect, et qu’il te suffise d’être lu des gens de condition médiocre. Icare, pour s’être élancé d’une aile trop faible vers les régions élevées de l’air, a donné son nom à la mer Icarienne. Il est difficile cependant de décider si tu dois foire usage de la rame ou des voiles ; tu consulteras le temps et les lieux. Si tu peux être présenté dans un moment de loisir, si tu vois le calme régner partout, si la colère a épuisé sa fougue, s’il se trouve un introducteur généreux qui, malgré tes hésitations et tes craintes, té présente, après avoir préparé en peu de mots ta réception, risque-toi. Puisses-tu, plus heureux que ton maître, arriver en temps opportun et soulager ma misère ; car nul autre que l’auteur de ma blessure, comme autrefois Achille, ne peut la guérir. Prends garde surtout de me nuire en voulant me servir : mon cœur, hélas ! craint plus qu’il n’espère. Ne va pas éveiller et ranimer cette colère qui sommeille, et ne sois pas pour moi la cause d !un châtiment nouveau.

Quand tu seras entré dans le sanctuaire de mes travaux, que tu auras trouvé la cassette arrondie, domicile qui t’est destiné, tu y verras rangés en bon ordre tes frères, autres enfants de mes veilles ; tous montreront leurs titres à découvert, et porteront fièrement leur nom inscrit en toutes lettres. Il en est trois seulement que tu découvriras cachés dans un coin obscur. Ceux-là enseignent un art que personne n’ignore, l’Art d’Aimer. Fuis leur contact, ou flétris-les, si tu l’oses, du nom d’Œdipe et de Télégone (5) ; si tu as de la déférence pour ton père, je te conjure de ne pas en aimer un seul des trois, quoi qu’il fasse pour t’apprendre à aimer. Il est aussi quinze volumes de métamorphoses, poésies échappées à mes funérailles ; je te charge de leur dire que ma fortune peut fournir une métamorphose de plus à celles que j’ai chantées, car elle a pris tout à coup un aspect bien différent de ce qu’elle était d’abord , aussi pitoyable aujourd’hui qu’elle était heureuse hier. J’aurais encore, si tu veux le savoir, beaucoup d’instructions à te donner, mais je crains d’avoir déjà trop retardé ton

Terretur minimo pennæ stridore columba,
Cnguibus, accipiter, saucia facta tais :
Nec procal a stabulis audet secedere, ai qua
Excussa est avidi dentibos agoa lupi.
Vitaret cœlaoi Phaetoa, si viveret ; et quos
Optant stulte, tangere collet equos.
Me quoque quo seusi fateor Jovis arma limere :
Me reor infesto, quum tonat, igne peti.
Quicumque Argolica déclassé Capharea fugit,
Semper ab Euhoicis vela retorquet aquis.
Et mea cymba semel vasta percussa procella,
Ilium, quo læsa est, horret adiré locum.
Ergo, care liber, timida circumspice mente,
Ët salie a media sit tibi plebe legi.
Dum petit infirmis nimium sublimia pennis
Icarus, Icariis nomina fecit aquis.
Difficile est tamen bic remis utaris an ann ,
Dicere, consifium resque locusque dabunÇ
Si poteris vacuo tradi, si enncta videbis
Milia, si vires fregerit ira suas.
Si quis erit qui te dubitantem et adiré timentem
Tndat, et ante tamen pauca loqnatur ; adi.
Luce bona doroinoque tuo felidor ipse
Pervenias ilRro, ètmalà nostra lèves.

Namque ea, vel nemo, vel qui mihi vulnera fecit,
Solua Acbilleo tollere more potest.
Tantum ne uoceas, dum vis prodesse, videto ;
Nam spes est animi nostra timoré minor.
Quæque quiescebat, ne mota resæviat ira ,
Et pœn« tu sis altéra causa, cave.
Quum tamen in nostrum fueris pénétrais reœptus,
Contigerisque tuam scrinia curva domum ;
Adspicies illic positos ex ordine fratres,
Quos studium eunctos evigilavit idem.
Caetera turba palam titulos ostendet apertos,
Et sua détecta nomina fronts geret.
Très procul obscura la titan tes parte videbis,
Hi quoque, quod nemo nesdt, amare docent.
Hos tu vel fugias ; vel, si satis oris habebis,
OEdipodas facito Telegonosque voces.
Deque tribus moneo, si qua est tibi cura parentis,
Nequemquam, quamvis ipsedocebit, âmes.
Sunt quoque mutatæ terquinque volumina forma*.
Nuper ab exsequiis carmina rapta meis :
His mando dicas, inter mutata referri
Fortunæ vultumcorpora posse meo.

Namque ea dissimilis subito est effecta priori :
Flendaque nunc, aliquo tempore lttta fuit. 122

départ ; si d’ailleurs je te chargeais de tout ce qui oppresse mon âme, tu deviendrais toi-même un fardeau trop lourd à transporter ; le voyage est long ! hâte-toi donc. Pour moi, je resterai confiné aux extrémités du monde, sur une terre bien éloignée de celle qui m’a vu naître !
ÉLÉGIE II.

Dieux de la mer et du ciel (car il ne me reste plus maintenant qu’à faire des vœux !), n’achevez pas de mettre en pièces ce navire, déjà si maltraité, et ne vous associez pas à la vengeance du grand César. Souvent un dieu protège ceux qu’un autre persécute. Si Vulcain prit parti contre Troie, Apollon se déclara pour elle. Vénus favorisa les Troyens, quand Pallas leur était contraire ; Junon, si propice à Turnus, haïssait Énée, mais celui-ci était en sûreté sous la sauvegarde de Vénus ; souvent Neptune en courroux a attaqué le prudent Ulysse, et souvent Minerve le déroba aux coups du frère de son père. Et nous aussi, malgré la distance qui nous sépare de ces héros, qui empêche qu’une divinité ne nous protège contre les agressions d’une autre divinité ? Mais, infortuné que je suis ! mes vœux impuissants se perdent dans les airs ! d’énormes vagues couvrent la bouche qui les profère. L’impétueux Notus disperse mes paroles et ne permet pas d’arriver jusqu’aux dieux les prières que je leur adresse. Ainsi les mêmes vents, comme si c’était trop peu pour moi d’un seul dommage, emportent je ne sais où et mes voiles et mes vœux !

Ô malheur ! quelles vastes montagnes d’eau roulent les unes sur les autres et semblent vouloir s’élancer jusqu’au ciel ! Quelles vallées profondes , quand les flots s’abaissent, s’entr’ouvrent sous nos pieds, et semblent toucher au sombre Tartare ; de quelque côté que se portent les regards, partout la mer et le ciel, l’une grosse de vagues amoncelées, l’autre de nuages menaçants. Au milieu de ces deux éléments, les vents se déchaînent en tourbillons furieux. La mer ne sait à quel maître obéir : tantôt c’est l’Eurus qui s’élance de l’orient embrasé ; tantôt le Zéphyr qui souffle de l’occident ; tantôt le froid Borée accourt avec furie de l’aride septentrion (1), et tantôt le Notus vient le combattre en l’attaquant de front. Le pilote éperdu ne sait plus quelle route éviter ou suivre ; dans cette affreuse perplexité, son art même est frappé d’impuissance.

Ainsi donc nous mourons ! plus d’espoir de salut qui ne soit chimérique ! Pendant que je parle, la vague inonde mon visage ; elle m’ôte la respiration, et ma bouche, ouverte en vain pour implorer l’assistance des dieux, se remplit d’une onde homicide.


Plura quidem mandare tibi, si qusris, habebain ;
Sed vereor tardæ causa fuisse moræ.
Quod si quæ subeuut tecum , liber , omnia ferres ;
Sarcina laturo magna futurus eras.
Longa via est ; propera nobis : habitabitur orbis
Ultimus, a terra terra remota mea.

ELEGIA II.

Di maris et cœli (quid enim nisi vota supersunt ?
Solvere quassats parcite membre ratis :
Neve, precor, magni subscribite Cæsarisirs ;
Sspe premente deo fert deus alter opem.
Mulciber inTrojam, pro Troja stabat A polio :
Æqua Venus Teucris, Pallas iniqua fuit.
ÜderatÆnean, propior Saturnia Turno :
Ille tamen Veneris numine tutus erat.
Sæpe ferox cautum petiit Neptunus Ulyssein :
Êripuit patruo sæpe Minerva suo.
Etnobisaliquod, quamvis distamus ab illis,
Quid velat irato n uni en adessc deo ?
Verba miser frustra non proficientia perdo :
Ipsa graves spargunt ora loquentis aquæ :
Terribilisque Notas jaclat mea dicta : precesque
Ad quos mittuntur non sinit ire deos.
Ergo idem venti, ne causa lædar in una,
Velaque nescio quo , votaque nostra feront1
Me miserum I quanti montes volvuntur aquarom !
Jam jam tacturos sidera summa putes.
Quantæ diducto subsidunt asquore va lies 1
Jam jam tacturas Tartara nigra putes.
Quocumque adspicias, nibil est nisi pontus eiaer,
Pluctibus hic tumidis, nubibus ille minax.
Inter utrumque fremunt immani turbine venti :
Nescit, cui domino pareat, unda maris.
Nam modo purpureovires capit Euros abortu :
Nunc Zepfayrus sero vespere missus adest :
Nunc gelidus sicca Boreas baccbatur ab Arcto :
Nunc Notus adverse prælia fronte gerit.
Hector in incerto est : nec quid fugiatve petatve
In venit : ambiguis ars stupet ipsa malis.
Scilicet occidimus, nec spes nisi vana salutis :
Dumque loquor, vultus obruitunda meos.
Opprime ! banc animam fluctus, frustraque precanti
Ore necaturas accipiemus aquas.
At pia nil aliud quam me dolet exsuie conjux : 57

Page:Ovide - Œuvres complètes, trad Nisard, 1838.djvu/689 Page:Ovide - Œuvres complètes, trad Nisard, 1838.djvu/690 Page:Ovide - Œuvres complètes, trad Nisard, 1838.djvu/691 Page:Ovide - Œuvres complètes, trad Nisard, 1838.djvu/692 Page:Ovide - Œuvres complètes, trad Nisard, 1838.djvu/693 Page:Ovide - Œuvres complètes, trad Nisard, 1838.djvu/694 Page:Ovide - Œuvres complètes, trad Nisard, 1838.djvu/695 Page:Ovide - Œuvres complètes, trad Nisard, 1838.djvu/696 Page:Ovide - Œuvres complètes, trad Nisard, 1838.djvu/697 Page:Ovide - Œuvres complètes, trad Nisard, 1838.djvu/698 Page:Ovide - Œuvres complètes, trad Nisard, 1838.djvu/699 Page:Ovide - Œuvres complètes, trad Nisard, 1838.djvu/700 Page:Ovide - Œuvres complètes, trad Nisard, 1838.djvu/701 la fougue de la mer indomptée, et mes tablettes elles-mêmes sont battues de flots azurés. La tempête acharnée lutte contre moi, elle s’indigne de ma persévérance à écrire au bruit de ses terribles menaces. Eh bien ! que la tempête triomphe d’un mortel ; mais, je le demande , qu’en même temps que je cesse d’écrire elle cesse aussi ses fureurs.


Jactor in indomito brumali luce profundo :
Ipttqne cœruleis charta feritnr aquis.
Ifnproba pugnat hyems, indignalurque qneê auaim
IScribere, se rigidas incutiente minas.
Vincathyems hominem ; sed eodem tempore, qucso,
Ipae modum ataluam carminia, ilia aui. 44