Les mausolées français/Quintin Craufurt

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Jolimont - Les mausolés français - 34.jpeg

QUINTIN CRAUFURD.



Ce monument, sous la forme d’une pyramide antique, et d’un aspect très-pittoresque, est consacré à la mémoire d’un homme que l’on peut regarder comme une sorte de phénomène dans son genre. Écossais d’origine, M. Craufurd, par une prédilection rare chez les étrangers, a consacré sa vie et ses travaux à l’étude de l’histoire, des mœurs, et particulièrement de la littérature française qu’il a même cultivé avec succès.

On lit, sur la porte de bronze qui ferme l’entrée du tombeau, l’inscription suivante, gravée au-dessous de ses armes :


QUINTIN CRAUFURD
GENTILHOMME ÉCOSSAIS
NÉ A KILWINNING,
LE 22 SEPTEMBRE 1749,
DÉCÉDÉ À PARIS,
LE 23 NOVEMBRE 1819.
ÉRIGÉ PAR SA VEUVE.




M. Quintin Craufurd fut possesseur d’une fortune immense qu’il a consacrée tout entière aux beaux-arts et aux lettres. Suivant son gout irrésistible pour notre belle France, il avait depuis long-temps fixé son domicile à Paris, et avait formé dans son hôtel une collection immense et très-curieuse des portraits des personnages les plus célèbres et les plus distingués de la France, peints par les plus habiles artistes.

Il connaissait à fond notre littérature sous le rapport grammatical et critique. Parmi les différents ouvrages qu’il a publiés, nous citerons, en français, Essai sur la Littérature Française, écrit pour l’usage d’une dame étrangère ; Essai sur Périclès et sur l’Influence des Beaux-Arts, etc. ; en anglais, Esquisses relatives à l’Histoire, la Religion, les Connaissances et les Mœurs des Indous ; Essais historiques sur Swift, et son influence dans le gouvernement de la Grande-Bretagne ; enfin, divers mélanges de littéerature et d’histoire, écrits dans ces deux langues. C’est lui qui communiqua au général Grimoard une suite de lettres de lord Bolingbroke à madame de Ferriol, que ce général à fait imprimer sous le titre de Lettres historiques et politiques de lord vicomte Bolingbroke à Madame de Ferriol.

M. Craufurd n’a fait imprimer ses ouvrages que pour en faire don à ses amis ou en employer le produit à des œuvres de bienfaisance.