Les poètes sont en paix

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AnonymeOdilon-Jean Périer

Les poètes sont en paix




 
                                           Midi, chez moi.
Comme une table de marbre,
Toute flamme et tout désir,
Comme de l’or dans un arbre,
Secoué par le plaisir,

Rions ! Si la poésie
Doit renaître dans mon sang,
C’est le ciel qui s’y allie
Par ce sanglot déchirant.

                                               6 heures.
Le ciel et de pauvres maisons
S’ouvrent au fond de ma fenêtre.
Divinités de la saison,
Ce sont des figures de neige.

Or, tout s’est tu pour me tenter.
— Ma voix n’est pas assez limpide.

Dieu vous a dit la vérité ;

Comme son poète est paisible !

                                           Minuit, ailleurs.
Oui, la Sagesse tient
Dans une de vos mains.

— Mais qu’allez-vous en faire ?

Je suis son colombier.
Elle aime à se poser
Dans une vie sévère.
— Philosophie, oiseau
Des lauriers, tente l’eau
Méditante, tranquille,
Où l’âme est immobile, —
— Comme un poète-enfant
Caresse, en s’y berçant,
Une ombre élyséenne..

Plumages pleins de jour !
Visages de l’amour !
Colombes léthéennes.

Sagesse, Poésie,
Me quittez-vous encor ?

Plus graves que la vie,
Plus pures que la mort...