Les sports de la neige/26

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Traduction par René Auscher.
Hachette & Cie (p. 124-127).


CONSEILS TECHNIQUES


Brisures des skis — Si un ski casse, il faut d’abord examiner la situation par rapport à l’heure de la journée, l’état de la neige et la distance de l’habitation la plus proche. Par un grand froid et une neige épaisse, il est difficile en effet de percer des trous et de manier le marteau. C’est pourquoi une spatule métallique de rechange, qu’on peut avoir dans tous les magasins de sports, est, malgré ses défauts, le plus rapide et le meilleur remède. On peut, quand il ne s’agit que de la cassure de la pointe, arriver ainsi jusqu’à l’habitation la plus proche, où alors il est possible de procéder plus facilement à une réparation plus convenable. Il ne faut pas évidemment avoir laissé la spatule cassée dans la neige, et avec deux bandes de métal de la largeur de la main, provenant d’une vieille boite de conserve, et des pointes fortes et courtes, on peut assez rapidement réparer de façon durable des cassures de spatules de skis.

L’« outil universel », qui se trouve également dans tous les magasins de sports, est indispensable. Le marteau doit être de grandeur moyenne.

S’il s’agit d’une cassure où les fragments ne se raccordent pas, on cloue simplement la pointe cassée en avant et sous le ski. Pour cette opération, il est nécessaire d’avoir des clous plus longs. Les têtes doivent être enfoncées du côté de la surface glissante et les pointes, rabattues. Les fabricants réparent aussi maintenant les skis cassés, d’une façon parfaite et durable.

S’il s’agit d’une cassure très rare du ski, celle qui se produit par son milieu, on renoncera à une réparation compliquée, en plein air, avec des bandages ou quelque chose d’analogue ; on fixera la partie antérieure au-dessous du pied avec une ligature de fortune, constituée par des courroies grasses et quelques clous. On arrivera ainsi à avancer lentement, certes, mais sûrement.

Un sac à réparations doit donc contenir un « outil universel », deux courroies graissées en cuir, de grands et de petits clous et deux larges bandes de fer-blanc, provenant de boites de conserves, par exemple.

Manière de ménager L’attache. — Les courroies en cuir, de chaque côté de leur logement, fatiguent beaucoup par suite du frottement de la neige. On les protège assez bien en enroulant, sur une longueur de 10 centimètres environ à partir de la sortie du logement, un fil de fer galvanisé.

RÉPARATION D’UNE RUPTURE DE COURROIE.

Courroies déchirées. — Quand elles sont humides, les courroies ne peuvent pas se rattacher au moyen des nœuds habituels. Une méthode très recommandée est indiquée par le croquis ci-contre.

Amas de neige sous les souliers. — Les mottes de neige qui s’attachent au talon ou sous les semelles peuvent entraîner bien des ennuis. Sous les semelles, on enlève la neige avec le long coutelas qu’on doit porter dans une poche placée derrière le pantalon.

D’ailleurs, ce couteau est utile en excursion dans toutes sortes de cas. La formation d’amas de neige aux talons devient impossible si on cloue sur le ski, au-dessous du talon, un morceau de fer-blanc mince, et sous le talon lui-même une légère feuille de caoutchouc.

Gauchissement des skis. — Ce fait peut se produire soit par suite de la mauvaise qualité du bois, soit parce que les skis ont été séchés avec trop peu de soin. Il n’y a qu’un remède à ce gros inconvénient, c’est de les envoyer à l’usine qui les façonnera à nouveau.

Freins. — Lorsque, pour une longue descente, il peut être commode d’avoir un frein à demeure, le système le plus pratique consiste à enrouler une cordelette autour des skis.

Cannes en bambou. — Ces cannes ne sont pas « indestructibles », ainsi qu’on l’a dit dans un ancien ouvrage sur le ski, mais au contraire elles se brisent facilement si l’on s’en sert pour faire tomber la neige des skis, à l’aide de coups répétés. Il suffit de heurter les pointes des skis l’une contre l’autre pour obtenir ce résultat, et l’on épargne les cannes.

Skis mal laqués. — Ils peuvent être rafraîchis avec un laquage à l’alcool.

Graisse de souliers. — La meilleure est la graisse de corne, qu’on peut avoir à bon marché chez un équarrisseur. Elle entre dans toutes les préparations qui conservent le cuir et ne le rongent pas.

Peaux. — Les peaux placées sous les skis pour faciliter les montées ne sont à recommander qu’aux personnes d’un certain âge et aux dames. Dans ce cas, on les fixera une fois pour toutes.

Conservation, et tendage des skis en été. — Souvent on néglige de prendre des précautions convenables en été et des greniers chauds ne conviennent pas aux bois. Les skis doivent, une ou deux fois, être sortis de l’abri frais et sombre où ils sont placés durant cette saison et, pendant quelques heures, être exposés au soleil et couverts d’huile de lin.

De plus, leur forme doit être maintenue au moyen de deux morceaux de bois et deux cordelettes.

Conduites chaudes et radiateurs. — Les conduites chaudes dans les wagons de chemin de fer ou les radiateurs dans les hôtels sont les plus grands ennemis des souliers. La graisse devient trop chaude à leur contact, le cuir ramollit et le lendemain, ou plus tard, on découvre dans le cuir un trou dont généralement on ignore la cause.

Lunettes à neige. — La lumière diffuse qui règne lorsque le soleil se trouve au-dessus d’un nuage, est très dangereuse et rend le port de lunettes indispensable, on pourrait être facilement aveuglé. Les lunettes de neige doivent être suffisamment grandes, pas trop foncées et munies d’un dispositif empêchant la lumière d’éblouir de côté.

Boussole et carte. — Une étude minutieuse de la carte est la condition préalable de l’emploi de la boussole dans le brouillard ou l’obscurité. Mais la connaissance exacte du pays est nécessaire aussi. Plus d’un exemple prouve que, même dans les montagnes moyennes, il peut devenir dangereux d’entreprendre une course en skis seul et sans connaissance des signes de la carte.

Cours de ski. — On ne commence à connaître le sport du ski que quand on croit qu’on le possède totalement. Bien des gens ont la conviction qu’ils savent faire du ski, mais un cours est, à cet égard, très révélateur !

Quand on apprend par soi-même, on gaspille beaucoup de forces.

Aussi faut-il conseiller de suivre un cours de ski à ceux qui veulent se déshabituer des fautes qu’ils commettent depuis plusieurs années ou à ceux qui dès le début tiennent à marcher correctement. Il est évident qu’une direction habile, mais sévère, presque militaire du cours est indispensable, sinon la leçon dégénère en simple distraction de quelques jours ; celui qui, le matin, s’exerce consciencieusement et l’après-midi fait de petites sorties, durant lesquelles il s’efforce de mettre en valeur ce qu’il a appris, acquiert en peu de temps plus de connaissances techniques que n’en aurait amassé en deux années un débutant livré à lui-même.

Un cours de ski ne doit pas durer plus de quatre jours si, par suite de la fatigue inévitable, on veut éviter l’indifférence des élèves.