Lettres (Baudelaire)/1841

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1841


À MONSIEUR AD. AUTARD DE BRAGARD


[Île de Bourbon.] Le 20 Octobre 1841.


Mon bon Monsieur Autard,

Vous m’avez demandé quelques vers à Maurice pour votre femme, et je ne vous ai pas oublié. Comme il est bon, décent, et convenable, que des vers, adressés à une dame par un jeune homme passent par les mains de son mari avant d’arriver à elle, c’est à vous que je les envoie, afin que vous ne les lui montriez que si cela vous plaît.

Depuis que je vous ai quitté, j’ai souvent pensé à vous et à vos excellents amis. Je n’oublierai pas certes les bonnes matinées que vous m’avez données, vous, Madame Autard, et M. B

Si je n’aimais et si je ne regrettais pas tant Paris, je resterais le plus longtemps possible auprès de vous, et je vous forcerais à m’aimer et à me trouver un peu moins baroque que je n’en ai l’air.

Il est peu probable que je retourne à Maurice, à moins que le navire sur lequel je pars pour Bordeaux (l’Alcide) n’y aille chercher des passagers.

Voici mon sonnet :

Au pays parfumé que le soleil caresse,
J’ai vu, dans un retrait de tamarins ambrés,
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Donc, je vais vous attendre en France.

Mes compliments bien respectueux à Madame Autard.