Lettres de Madame Roland de 1780 à 1793/Appendices/A

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Imprimerie nationale (p. 549-554).


APPENDICE A.




Les demoiselles Cannet

et leur famille.


Marie Phlipon avait connu Henriette et Sophie Cannet au couvent de la Congrégation, en 1765 (Mémoires, II, 39, 47). Lorsqu’elle en sortit, la première, en 1766, elle continua à y aller voir ses deux amies, et, après qu’elles furent rentrées dans leur famille à Amiens, en 1769, une correspondance intime et assidue s’établit entre elle. Une grande partie des lettres de Marie Phlipon a été conservée et publiée d’abord en 1841 par M. Auguste Breuil, puis, plus complète, en 1867 par M. Dauban.

Nous ne reproduisons, des 240 lettres de l’édition Dauban, que les huit qui sont postérieures au mariage de Madame Roland. Mais, bien qu’au point de vue de la Correspondance les demoiselles Cannet n’aient qu’une petite place dans le présent travail, elles en ont une trop grande dans la vie de Madame Roland pour qu’il ne nous ait pas paru nécessaire de donner ici tous les renseignements que nous avons pu rassembler sur elles et leur famille.

I. Leur père, Henri-François-Nicolas Cannet, écuyer, conseiller-secrétaire du Roi, maison et couronne de France (Inv. Arch. de la Somme, B, 86, 271), avait épousé Marie-Jeanne Opportune Perdu, dame du fief de Sélincourt, sis à La Houssaye.

Sa charge de secrétaire du Roi lui conférait la noblesse personnelle à des conditions qu’il parait avoir remplies, puisqu’on lui donnait le titre d’écuyer. Le prix réglementaire de sa charge (120,000 livres) prouve du moins qu’il devait avoir une belle fortune. Ces offices n’excluaient pas d’ailleurs le droit de faire le négoce. car nous voyons (Inv. Arch. de la Somme, B, 832) un autre membre de la famille, Alexandre Cannet, qualifié d’« écuyer, secrétaire du Roi, etc… », et en même temps de « négociant à Amiens, ». Nicolas Cannet était donc vraisemblablement de ces bourgeois demi-nobles qui s’élevaient par les emplois publics. Peut-être est-il ce Nicolas Cannet qui en 1737, avait acheté une charge de « maître-fauconnier au vol ». (Inv. Arch. d’Amiens, AA, 20, fol. 126). Nous voyons d’autre part qu’il commandait une des compagnies de la milice bourgeoise (ibid., AA, 23, fol. 7).

Il était déjà mort en janvier 1766 (ibid.). Quelques mois auparavant vers la fin de 1765 (Mémoires, II, 47 ), ses deux filles Henriette et Sophie avaient été mises en pension à Paris, au couvent de la Congrégation.

II. Un de ses, parents, dont nous avons déjà parlé, Alexandre-Nicolas-François Cannet, était, en même temps que négociant à Amiens, secrétaire du Roi, maison et couronne de France, et écuyer. Sa charge de secrétaire du Roi était probablement (puisqu’il n’y en avait qu’une à Amiens, voir Almanachs royaux) celle de Henry-François-Nicolas, achetée après le décès de celui-ci. Alexandre était en même temps receveur des tailles en l’élection de Picardie (Inv. Arch. de la Somme, B, 45, 832 ; C, 1124, 1762). Il est permis de présumer qu’il est ce « millionnaire Cannet. » dont parle Madame Roland dans ses Mémoires (II, 123).

III. Un autre parent, Nicolas Cannet d’Auvillé, écuyer, seigneur du fief d’Auvillé, sis à Hérissart, acquit en 1774 l’office de receveur des tailles à Amiens. Il vivait encore en 1789. (Inv. Arch. de la Somme, B, 271 ; C, 1717, fol. 73, et 1736, p. 78 ; Almanach de Picardie.)

C’est évidemment de lui que parle Marie Phlipon dans sa lettre à Sophie Cannet du 23 décembre 1778 : « …Ton frère avait chargé mon père de faire un cachet pour M. d’Hauvillé… Ton frère arriva le soir du même jour, sans savoir que son cousin était déjà venu… ».

C’est aussi de lui qu’il est question dans la correspondance de 1784 ; Roland écrit à sa femme, le 11 avril (ms. 6240, fol. 187-188) : « M. de Bray… me conseille de m’adresser à Dovillé, intime avec M. de Villedeuil, et celui-ci bien avec le contrôleur général. Va voir Dovillé, place Royale, chez M. de Villedeuil… », et elle répond, le 14 avril : « Je ne négligerai pas la connaissance et les moyens de M. d’Hauvillez… ».

Laurent de Villedeuil, depuis Intendant de Rouen, puis contrôleur général pendant quelques mois en 1787, mais alors seulement maître des requêtes, était le fils de l’ingénieur Laurent, célèbre par la construction des canaux de la Somme. Cela explique ses relations avec le receveur des tailles d’Amiens.

IV. Un autre Cannet, parent de ceux d’Amiens, était auditeur à la Chambre des comptes depuis 1768 et demeurait à Paris, rue du Jour-Saint-Eustache (Almanachs royaux).

« Ce bavard [le cousin Trude] était à la maison lorsque votre frère et M. Guérard vinrent m’annoncer le mariage de Sophie, la dernière fête de Pâques ; jaloux de montrer et de dire tout ce qu’il peut savoir, il a parlé récemment de ce voyage chez M. Cannet, l’auditeur, où il s’est trouvé pour affaire de son état. » (Lettre de Marie Phlipon aux deux sœurs, 29 mai 1778.)

V. Marie-Jeanne-Opportune Perdu, femme de Henry-François-Nicolas Cannet, mère des deux amies de Madame Roland, devenue veuve d’assez bonne heure, demeurait rue des Jeunes-Mâtins, près de l’Hôtel de ville (A. Breuil, note aux Lettres Cannet, 8 mars 1772). Elle vivait encore en 1789.

VI. Son frère, « l’avocat Perdu, qui avait mangé son bien à ne rien faire », et que Marie Phlipon appelait en plaisantant « le commandeur », vivait à Paris, en pension chez ses cousines les demoiselles de Lamotte (Mémoires, II, 119, 120, 335-336, 349). Il avait un fils. (Voir Lettres Cannet, édition Dauban, I, 247, 285, 318, 320 ; II, 369.)

Du mariage de Nicolas Cannet avec Mlle Perdu étaient nés quatre enfants :

VII. Un fils, Cannet de Sélincourt, avocat au Parlement de Paris depuis 1774. Il demeura d’abord rue du Fouarre, puis, à partir de 1787, rue des Fossés-Saint-Victor.

Son nom revient à chaque page des Lettres Cannet. On voit, par les lettres qu’a publiées M. Join-Lambert (Correspondance amoureuse, passim), qu’il avait formé le dessein de marier sa sœur Henriette avec Roland, mais qu’au commencement de 1779, rencontrant Roland chez Marie Phlipon, il n’avait pas tardé à soupçonner que son projet serait vain. Du moins il ne garda pas rancune à l’amie de ses sœurs et fut un des témoins de son mariage le 4 février 1780.

VIII. Une fille, dont nous ignorons le prénom, mariée à Pierre-Jean-Baptiste Guérard l’aîné, négociant à Amiens, qui devint en 1766 capitaine d’une des huit compagnies de la milice bourgeoise (inv. Arch. d’Amiens, AA 23, fol. 16). Il exerçait encore son commerce en 1769 (voir Inv. Arch. de la Somme, C, 293, sa requête à M. Trudaine « au sujet deux pièces de coffas saisies sur lui », 29 janvier 1769), mais il songeait sans doute à le quitter, car, le « 8 février, M. de Beaumont, Intendant des finances, écrit à l’Intendant de Picardie pour lui demander des renseignements sur le sieur Guérard Despinaux, qui postule l’office de lieutenant en la maîtrise particulière des eaux et forêts : et le subdélégué, M. Ducastel, répond le 11 mars : « Le sieur Guérard est fils d’un bon négociant de cette ville ; après la mort de ses père et mère, il a continué le commerce ; sa part héréditaire est de 80 à 90,000 livres ; il a des mœurs douces et honnêtes, on lui donne de l’intelligence… il a un frère trésorier de France, un autre curé de la paroisse de Saint-Firmin dit en Castillon [à Amiens], qui ont l’estime du public. » (Inv. Arch. de la Somme, C. 195.) Il obtint en effet cet office, puis s’en défît en 1779 (ibid., C, 1971, fol. 97).

Le mari et la femme allaient souvent à Paris. Dès 1776, ils y firent la connaissance de Marie Phlipon (voir Lettres Cannet, passim).

IX. Marie-Henriette, l’aînée des deux amies de Mlle Phlipon. M. A. Breuil (introd. aux Lettres Cannet) dit que, lorsqu’elle mourut le 27 janvier 1838, elle était âgée de quatre-vingt-neuf ans. Cela la ferait naître en 1749 ou 1748. Madame Roland(Mémoires, II. 48) dit qu’elle avait environ dix-huit ans, lorsqu’elle arriva au couvent de la Congrégation, à l’automne de 1765. Cette indication reporterait sa naissance à 1747.

Les lettres de Madame Roland nous la font assez connaître.

Elle épousa, non en 1783 comme le croit M. Breuil, mais en 1784 (Inv. Arch. de la Somme, B, 171), Pierre-François Muyart, seigneur de Vouglans, conseiller au Grand-Conseil depuis le 12 novembre 1774 (Almanachs royaux). Il avait alors 77 ans ! Veuf depuis 1782, il avait songé, en août 1783, à épouser une amie des demoiselles Cannet. Mlle d’Hangard qu’il avait souvent rencontrée à Paris chez les demoiselles de Lamotte ; mais elle refusa. C’est alors que Guérard entreprit de le marier avec sa belle-sœur henriette (voir lettre du 31 août 1783).

Marie Phlipon, elle aussi, l’avait connu chez les demoiselles de Lamotte : « Je vis M. de Vouglans ; c’est un vrai fanatique, tout plein de l’orgueil de dévot et d’auteur… » (Lettre des 13-19 novembre 1776, – adressée à Henriette !). Ce jugement, qui semble n’être que trop exact (cf. Mémoires, II, 122) n’empêcha pas Madame Roland, quand Guérard imagina ce mariage, de n’en point détourner son amie (voir lettre précitée du 31 août).

Henriette Cannet, devenue Mme de Vouglans en 1784, alla habiter Paris, rue de Vaugirard, près le Petit-Calvaire (Almanachs royaux). Le tableau des biens nationaux à vendre, publié par les Révolutions de Paris, n° 60 (28 août-4 septembre 1790), porte une maison, rue de Vaugirard, n° 142, provenant des religieuses du Petit-Calvaire, ayant pour locataire M. de Vouglans ; location, 1,000 livres ; prix d’estimation, 14,675 livres. — Son vieil époux, qui n’avait pas tardé à la brouiller avec sa sœur Sophie (voir lettre du 21 mai 1786), mourut au commencement de 1791. « J’ai été fort occupée ces jours-ci — écrivait Madame Roland à Bancal des Issarts, de Paris, le 22 mars 1791, — d’une amie de ma jeunesse qui réside ici et qui vient de devenir veuve… ». Elle revint alors à Amiens.

En 1793, lorsque Madame Roland fut prisonnière, Mme de Vouglans essaya de la sauver : « Henriette, libre, toujours vive et affectueuse, est venue me voir dans ma captivité, où elle aurait voulu prendre ma place pour assurer mon salut… (Mémoires, II, 148.)

Henriette Cannet a raconté elle-même à M. Breuil, bien longtemps après, cette dramatique entrevue. On en trouvera le récit dans l’Introduction de M. Breuil, d’après lequel M. Dauban l’a reproduite.

Deux passages des lettres de Madame Roland à Buzot semblent se rapporter à cet épisode : « Le pauvre X… [Roland]… m’a envoyé de trente lieues [c’est exactement la distance d’Amiens à Paris] une personne qu’il a chargée de tout tenter… »(lettre du 3 juillet). — « J’ai repoussé les projets qu’il avait formés à mon sujet et pour lesquels est encore à Paris une personne qu’il a envoyée… » (lettre du 6 juillet).

Si ce rapprochement paraît plausible, c’est dans les premiers jours de la captivité de Madame Roland à Sainte-Pélagie qu’Henriette serait venue la trouver, — et à la demande de l’homme qu’elle avait aimé vingt ans auparavant.

Mme de Vouglans avait peut-être elle-même déjà souffert de la Révolution. Nous lisons dans la Liste générale des émigrés, imprimée par ordre de la Convention : « Héritiers Vauglans [sic] ; – domicile, Amiens – Biens au district de Corbeil, à Soisy-sous-Étiolles, 24 septembre 1792 ; — la veuve Vauglans est en réclamation » Mais, en 1794, elle fut plus directement atteinte ; la Liste nominative des personnes emprisonnées à Amiens pendant la Terreur, publiée par M. Darsy, porte : « Cannet (Marie-Henriette), veuve Mayart [sic, pour Muyart] ; entrée à la Providence [prison] le 16 février 1794 ; à l’hospice national le 26 mars ; elle a dû être libérée presque aussitôt ».

L’orage passé, elle épousa en 1795 (à 47 ans), M. Bélot, juge et depuis président au tribunal de la Seine, devint veuve en 1803, et se remaria en 1814 (à 66 ans) avec M. Berville, secrétaire général de la préfecture de la Somme, veuf lui-même, et mourut à Amiens le 27 janvier 1838. Son troisième mari était père de Saint-Albin Berville, qui devait, en 1820, éditer avec Barrière, dans la Collection des Mémoires relatifs à la Révolution française, les Mémoires de Madame Roland.

X. ed. Marie-Sophie-Caroline Cannet, née en 1751 (A. Breuil, Introd. ; – Mémoires, II, 48). C’était l’amie préférée de Marie Phlipon.

Elle épousa à l’automne de 1789, à Amiens, Pierre Dragon de Gomiecourt, chevalier, seigneur d’Étouvy, de Sailly-le-Sec, etc. (Inv. Arch. d’Amiens, B, 168, 275 ; Breuil, Introd.), capitaine aux grenadiers de France. Entré au service à 13 ans, il avait fait les campagnes du règne de Louis XV et, comme on peut le présumer d’après cela, était beaucoup plus âgé que sa femme. Aussi Sophie Cannet, encore qu’elle eût déjà 31 ans, avait-elle eu quelque peine à se décider, et il avait fallu que Madame Roland lui prêchât le mariage (voir lettre du 1er août 1782).

M. de Gomiecourt mourut le 13 décembre 1788 (Breuil). Il laissait à sa femme deux enfants (Mémoires, II, 248).

L’amitié de Madame Roland et de Sophie Cannet, si vive durant de longues années, subit ensuite quelques éclipses. On voit déjà, par les Lettres Cannet et par la correspondance Join-Lambert, d’une part que Roland n’était pas bienveillant pour les amies de sa femme, d’autre part que Sophie avait été blessée du mystère que Marie Phlipon lui avait fait de ses engagements avec Roland ; on va voir aussi, dès les premières lettres de ce recueil, Madame Roland chercher à relâcher doucement l’ancien lien. Mais l’affection reprit d’abord le dessus : en 1789, c’est Madame Roland qui détermine Sophie à épouser le vieil officier ; en juin 1783, nous la trouvons en villégiature chez Mme de Gomiecourt, à Sailly-le-Sec. Puis, au moment où les Roland allaient quitter Amiens, survient une brouille, à la suite d’un « mauvais procédé » de M. de Gomiecourt (lettre du 12 août 1784). Mais, après la mort de M. de Gomiecourt, la correspondance se renoua, par l’entremise d’un ami commun, M. Deu. « Une ancienne amie de Mme de La Platière [c’est ainsi qu’alors on appelait Madame Roland] me prie de lui faire passer une lettre…, (lettre inédite de M. Deu à Bosc, du 13 Mars 1789, coll. Beljame). – « J’écris à Mme de Gomiecourt…, (lettre de Madame Roland à son mari, du 9 octobre 1790).

Ces indications concordent avec ce que Madame Roland nous dit elle-même dans ses Mémoires : « Roland avait désiré, au commencement de notre mariage, que je visse peu mes bonnes amies ; je me pliai à ses vœux, et je ne pris la liberté de les fréquenter davantage que lorsque le temps eût inspiré à mon mari assez de confiance pour lui ôter toute inquiétude de concurrence d’affection… » (II, 248).

« …Sophie est redevenue dévote ; et sa poitrine attaquée la rend très languissante et fait craindre pour ces jours, nécessaires à deux jolis enfants,… (Ibid., écrit en octobre 1793.)

D’après une tradition de la famille, elle aurait été incarcérée pendant la Terreur et cela aurait hâté sa fin, Nous ne la voyons pas figurer cependant sur la Liste des personnes emprisonnées à Amiens pendant la Terreur. Elle mourut en 1795, à 46 ans. C’est par erreur que M. Faugère, dans une note au passage des Mémoires que nous venons de citer, dit 42 ans.

De ses deux enfants, l’aîné, le chevalier de Gomiecourt, était né en 1784 (voir lettre du août 1784) ; il vivait encore en 1841 et habitait sa terre d’Agy, près Bayeux (Breuil). C’est lui qui confia alors à M. Breuil, pour la publier, la correspondance de Madame Roland avec sa mère et sa tante, que son oncle Sélincourt avait recueillie. En 1867, sa veuve et son fils, alors directeur des douanes à Tarbes, communiquèrent les autographes à M. Dauban gui put ainsi donner une édition beaucoup plus complète.

XI. Sur les demoiselles de Lamotte, vieilles cousines des Cannet, qui habitaient Paris, rue Saint-Dominique (Dauban, I, 279) et qui logeaient chez elles le vieil avocat Perdu, oncle des deux amies, nous ne savons rien en dehors de ce que nous apprennent les Mémoires (II, 119-124), et les Lettres Cannet (passim). Elles se ressemblaient peu ; l’une, « dévote atrabilaire » (Mémoires), « la grogneuse » (lettre du 12 décembre 1778) ; l’autre, « bonne personne » (Mémoires). L’une d’elles était morte vers la fin de 1779 (lettre du 2 mars 1780).

XII. Mlle d’Hangard, dont il est si souvent parlé dans les Lettres Cannet et qui se retrouve plusieurs fois au début de la correspondance que nous publions, était la parente des demoiselles de Lamotte, mais non (autant qu’il semble) de la famille Cannet.

« Elles avaient auprès d’elles une jeune personne, leur parente, dont elles se proposaient d’augmenter la petite fortune, pourvu qu’elle trouvât à épouser un gentilhomme » (Mémoires, II, 119).

Elle était fille de Pierre-François d’Incourt, chevalier, seigneur de Hangard et autres lieux, marié en 1742 à Marie-Jeanne Boitel, demeurant à Amiens, rue et chaussée de Noyon, paroisse de Saint-Michel, maire en charge de la ville d’Amiens du 25 septembre 1757 au 9 mai 1760, date de son décès (Janvier, Livre d’or de la municipalité amiénoise, p..279-280). Sa femme, qui lui survécut, mourut en 1783. (Lettres des 19 et 21 août 1783 : « Amiens pleure celle de ses habitants qui recevait le mieux du monde et qui tenait la seule maison ouverte de cette ville… » – Cf. lettre du 21 mars 1778 sur les vendredis de Mme Hangard.)

Nos renseignements nous font connaître quatre de leurs enfants : une fille, qui était restée à Amiens (lettre du 21 août 1783) ; deux fils, appelés l’un « de Metz », et l’autre « d’Abancourt » (Lettres Cannet, 13-19 novembre 1776, 21 juin 1777). L’un d’eux était instruit et avait une belle bibliothèque (lettres précitées et du 6 mars 1778). C’est l’un d’eux : Pierre-Antoine-François Dincourt, chevalier, seigneur d’Hangard, de Metz, d’Abancourt, etc. » qui reçut une assignation en 1789 pour les élections aux États-Généraux (Inv. Arch. de la Somme, B, 275) ; et enfin la fille que les demoiselles de Lamotte élevaient. Nous ignorons pourquoi sa mère la tenait éloignée d’elle ; lorsqu’elle alla à Amiens, au commencement de 1778, elle n’avait pas vu sa mère « depuis dix ans. » (lettre du 21 mars). Dans la maison des demoiselles de Lamotte, l’avocat Perdu lui rendait des soins ; mais elle aurait préféré son fils (lettres des 28 octobre et 12 décembre 1778). Lorsque la mort de sa mère la ramena à Amiens, elle déclina la recherche de M. de Vouglans ; « Il a demandé Mlle d’Hangard de Paris, qui n’en veut point et qui s’en rit » (lettre du 31 août 1783).