Lettres de Madame Roland de 1780 à 1793/Appendices/H

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Imprimerie nationale (p. 644-655).

Appendice H.



LES ACADÉMIES.

Un des faits les plus caractéristiques du xviiie siècle, c’est la multiplication et l’activité intellectuelle des Académies provinciales. Il ne peut être question ici de tenter même une simple esquisse de ce mouvement ; mais il y a intérêt, après l’avoir sommairement défini, de montrer la part que Roland y prit.

Cinq ou six de ces Académies dataient déjà de la fin du XVIIe siècle, et parmi elles une mention spéciale est due à la modeste Académie de Villefranche-en-Beaujolais, fondée en 1679 sous le haut patronage du duc d’Orléans, seigneur apanagiste de la petite province. Mais, au XVIIIe siècle, l’entraînement devient général : presque chaque province veut avoir la sienne ; de 1703 (Bordeaux) à 1784 (Orléans), nous en voyons surgir plus de vingt. Au début, ce n’était souvent que des assemblées littéraires privées. Mais la royauté les mit bien vite sous sa main, en leur octroyant des lettres patentes qui leur conféraient à la fois des privilèges et des obligations. Aussi était-ce presque toujours le 25 août, jour de la fête de Saint-Louis, qu’elles tenaient leur séance publique annuelle.

Il faut noter aussi que la plupart s’appelaient « Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts ». Les Sciences y avaient la première place, et les Arts, c’est-à-dire les Sciences appliquées, étaient une de leurs principales préoccupations. À Rennes, on s’intitulait « Société d’agriculture, de commerce et des arts » ; à Orléans, « Société royale de physique, d’histoire naturelle et des arts ». On voit que rien ne ressemblait moins aux frivoles Académies de la décadence italienne. Il se créait d’ailleurs, parallèlement, surtout dans la seconde moitié du siècle, des « Sociétés d’agriculture » (Lyon, Rouen, etc.).

On proposait des prix, quelquefois sur des sujets de littérature, de philosophie et de morale (comme à Dijon en 1749), mais souvent aussi pour des recherches scientifiques. La poussée économiste pénétrait là comme ailleurs.

Presque partout, ces Académies créaient auprès d’elles des établissements d’enseignement supérieur et professionnel à la fois, pour suppléer à l’insuffisance des Universités décrépites : à Rouen, une école de mathématiques ; à Dijon, des cours de botanique, de chimie (que professait Guyton de Morveau), de matière médicale, d’anatomie, d’astronomie ; à Amiens des cours de botanique, de chimie, puis de meunerie et de boulangerie ! etc.

Roland, originaire de Villefranche-en-Beaujolais, où son frère Dominique était académicien depuis 1752, élève et lauréat, dès 1759, de l’École de mathématiques fondée par l’Académie de Rouen, aspira toute sa vie à faire partie du plus grand nombre d’Académies possible ; la part faite à l’ambition, il faut reconnaître c’était un moyen d’étendre ses relations scientifiques, car toutes ces Académies correspondaient volontiers entre elles. Il semble bien qu’elles étaient plus vivantes que ne le sont, en général, les Sociétés analogues existant aujourd’hui dans nos provinces.

I. C’est sans doute dans son voyage en Italie qu’il se fit recevoir membre de la Société des Arcades de Rome. Ses Lettres d’Italie, publiées en 1780, portent en litre : « par M.****, de plusieurs Académies de France et des Arcades de Rome »..

On trouve d’ailleurs aux Papiers Roland (ms. 6243. f° 82) une note succincte sur l’histoire de cette Académie.

II. En 1779, nous le trouvons membre associé de l’Académie de Villefranche. (Alm. du Lyonnais, art. de Villefranche.) Ce titre d’associé était le seul auquel il put alors aspirer, ne résidant pas.

III. En 1780, il figure parmi les associés à adjoints de l’Académie de Rouen. (Il y avait, dans cet ancien régime si hiérarchisé, des catégories infinies. Ainsi, à Rouen, on comptait des académiciens titulaires, des associés libres, des adjoints, des associés à adjoints !)

IV. Déjà, sur la liste de l’Académie de Rouen, il était mentionné comme membre d’une des Académies de Paris, il était effectivement, sans doute pour ces mémoires dont M. de Montigny avait été plusieurs fois rapporteur, correspondant de l’Académie des Sciences de Paris. Mais nous ne saurions dire à quelle époque il obtint ce titre, le plus sérieux de tout son bagage académique. En tout cas, on ne peut guère le lui contester ; lorsqu’il devient membre de l’Académie de Lyon, il prend le titre de « correspondant des Académies des Sciences de Paris, Turin et Montpellier ». (Alm. du Lyonnais, 1786 ; art. Académie de Lyon.) Cela résulte d’ailleurs : 1° de sa lettre au roi de Prusse, du 25 décembre 1781 ; 2° de sa lettre à Osterwald, du 6 septembre 1781, deux documents dont nous allons parler plus loin ; 3° de son Mémoire des services, de 1781.

V. Vers la même époque, il fut de l’Académie des Sciences de Montpellier. Peut-être avait-il noué des relations avec elle dès l’époque de son séjour comme sous-inspecteur à Lodève, de 1764 à 1766. Quoi qu’il en soit, il écrit à Osterwald, le 6 septembre 1781 : « Je suis, comme vous le savez et le voyez, correspondant de l’Académie des Sciences de Paris, de sa sœur, la Société royale des Sciences de Montpellier, et associé de plusieurs autres ». C’était, en effet, une compagnie considérable : « Le Roi l’a mise toujours sous sa protection et a voulu qu’elle ne fît qu’un seul et même corps avec l’Académie des Sciences de Paris ». (Alm. royal de 1786. p. 537.)

VI. Il espéra un moment être nommé membre de l’Académie de Berlin, et s’avisa de s’adresser, pour cela, au banneret Osterwald, imprimeur à Neufchâtel (alors principauté prussienne), avec lequel nous l’avons vu (Appendice G, § 3) en relations suivies. Il lui écrivit la lettre suivante (ms. 6243, fol. 130) :


M. le Banneret Osterwald, à Neufchâtel, en Suisse.
Amiens, le 6 septembre 1781.

Si cela se peut, mon très cher Monsieur, sans qu’il vous en coûte et sans que cela vous compromette, vous m’obligerez sans doute. Voici ce dont il est question : je suis, comme vous le savez et le voyez, correspondant de l’Académie des Sciences de Paris, de sa sœur, la Société royale des Sciences de Montpellier, et associé de plusieurs autres ; ce ne serait plus chose difficile de l’être de plusieurs autres encore en France ; mais je voudrais tenir à quelques-unes dans l’étranger ; et, entre nous, je serais flatté que celle de Berlin fût du nombre. J’ai, comme vous le savez, mes Arts, que vous avez quelque intérêt à faire valoir, dont les papiers publics et surtout le Journal des savants ont parlé avec beaucoup d’éloges, et qui, je le sais, se vendent très bien avec avantage pour le libraire ; j’avais un discours sur l’éducation des moutons et la culture des laines. J’ai encore, dans le Journal de physique, de cette année, une lettre sur les teintures, qui n’est pas sans intérêt ; on imprime, et dans quinze jours l’édition sera enfin finie, le dernier des 6 volumes in-12 de mon Voyage d’Italie, que, par parenthèses, on traduit à mesure en anglais. Je suis chargé, et je m’en occupe, de toute la partie des manufactures dans l’Encyclopédie par ordre de matières, dont vous verrez dans peu le prospectus, et j’ai composé le discours que je vous envoie pour être mis en tête de la suite des traités, au mot manufactures.

Je me suis aussi proposé de décrire l’Art du tourbier, et j’en ai préparé les matériaux par beaucoup de recherches contenues au deuxième mémoire ci-joint. Faites-moi le plaisir de faire passer ces mémoires, avec recommandations, à quelques Académies. Faites faire les copies et autres frais nécessaires, à ma charge, comme de raison…

Puis il Jugea nécessaire d’écrire directement au roi de Prusse lui-même. Son brouillon (ms. 6243. fol. 59-60), daté d’Amiens, 25 décembre 1781, est de l’écriture de sa femme ; il n’y a de lui que des corrections marginales. La Correspondance nous prouve d’ailleurs que la lettre est bien d’elle (voir lettres 20 et 21). Elle est curieuse et vaut d’être publiée :


Au roi de Prusse.
Amiens, le 25 décembre 1781.

Sire.

J’ose m’adresser à Votre Majesté pour solliciter une faveur dont le désir m’est inspiré par mon admiration pour sa personne.

Persuadé que les favoris de la gloire en sont aussi les dispensateurs, et que celle qui résulte de l’approbation d’un grand homme est une des plus flatteuses, j’ambitionne d’être admis dans cette compagnie savante qui fleurit sous votre protection et doit son éclat à vos lumières.

Si l’amour des connaissances n’était pas un rapport qui fit correspondre ceux qu’il transporte, malgré la distance des rangs ; si le philosophe n’égalait en vous le Prince et ne faisait voir l’homme dont l’espèce s’honore dans le souverain qu’on doit respecter, j’aurais cru ma démarche inutile, ou plutôt, je n aurais pas songé à la faire. Mais la réunion de la supériorité personnelle aux grandeurs ne fut jamais plus complète et plus propre à donner cette confiance qui, en élevant l’âme, fait le plus bel éloge de celui qui l’inspire.

Je ne dois pas ces sentiments aux seuls témoignages de l’histoire ; j’ai vérifié ceux-ci par mes yeux ; j’ai considéré les prodiges du génie dans la sagesse d’une administration qui porte son empreinte et dont les effets m’ont frappé de toutes parts, en parcourant les États de Votre Majesté, en 1775[1]. Je visitai, dans ce même temps, plusieurs membres de l’Académie de Berlin, MM. Bitobé[2], Béguelin[3], Pernety[4], etc., auxquels j’étais adressé par quelques-uns de celle de Paris, et particulièrement recommandé à M. Formey[5] par l’un de ses confrères, j’assistai à des séances de ce corps illustre.

Avide d’instruction et dévoué particulièrement à l’étude des Arts, j’avais pour objet d’examiner leur état dans les diverses parties de l’Europe ; le résultat de mes observations, consigné dans beaucoup de mémoires particuliers, est aussi publié en partie dans quelques ouvrages dont l’un traite de l’éducation des troupeaux et de la culture des laines. Pénétré de l’esprit qui porte l’Académie des Sciences de Paris à encourager la publication des Arts pour l’extension des connaissances et l’utilité générale, j’en ai décrit différents qui font partie de cette belle collection ; on les traduit actuellement en allemand et on les réimprime dans les États de Votre Majesté. J’ai de nouveaux cahiers au rapport de la même Académie qui, sur les premiers, m’a pris au nombre de ses correspondants ; et je traite l’immense partie des manufactures dans la nouvelle Encyclopédie par ordre des matières.

Des contrées que j’ai visitées, l’Italie, que son heureux climat, ses antiquités précieuses, ses chefs-d’œuvre dans tous les genres rendent singulièrement intéressante, me présentait les objets les plus variés et les plus propres à fixer l’attention des observateurs.

Les riches montagnes de la Suisse, les plaines fertiles de la Lombardie, Venise, originale par son gouvernement, aimable par ses mœurs ; Bologne, savante et renommée ; Florence, offrant encore les monuments de la grandeur et du goût des Médicis ; Rome inépuisable dans ses trésors ; Naples, délicieuse par sa température, imposante par son Vésuve ; la Sicile, où l’histoire naturelle, les débris de toute espèce devraient attirer plus de voyageurs ; Malte enfin, où l’espèce est si belle et la trempe excellente, furent tour à tour le théâtre de mes courses et celui de mes observations, ainsi que la culture, les productions, le commerce, les arts, les mœurs, le langage, la poésie, les spectacles, etc. et l’influence du gouvernement sur toutes ces choses.

J’ai publié ce qui m’en a paru remarquable dans six volumes de Lettres qui viennent de paraître.

Heureux si ces divers ouvrages étaient jugés par Votre Majesté estimables et utiles, je croirais alors avoir un titre pour obtenir la distinction que j’envie à cause de la main de qui seule j’aimerais à la tenir.

Dans tous les cas, ce sentiment sera mon excuse, et j’aurai goûté la satisfaction de témoigner à celui qui l’excite une admiration trop méritée pour qu’elle soit suspectée de flatterie, vice dont j’aurais honte, mais qu’il n’appartient pas à tous les Princes de faire éviter aussi sûrement dans toutes les expressions que leur élévation exige.

Puisse Votre Majesté agréer cet hommage d’un homme simple, libre et vrai, qui justifie tous ces noms en se disant avec le plus profond respect,

Sire, De Votre Majesté, etc., etc…

Pourquoi Roland n’aurait-il pas été de l’Académie de Berlin ? Le littérateur Sélis venait bien d’y être admis. Le 30 décembre 1781, Madame Roland écrivait à son mari : « Sais-tu que M. de (sic) Sélis est nouvellement admis au nombre des associés étrangers de l’Académie de Berlin par Sa Majesté prussienne, à laquelle il avait envoyé ses ouvrages ? »

Faut-il croire que Frédéric II ne trouva pas assez de Sire et de V. Majesté dans la lettre, ou bien que les titres invoqués parurent insuffisants ? Toujours est-il que Roland ne fut pas académicien de Berlin, car nulle part il n’en prend le titre.

VII. Roland avait été plus heureux auprès de la « Société économique », de Berne, avec laquelle il avait pu nouer des relations lors de ses divers voyages en Suisse (1769, 1773. 1776). (Voir Voyage d’Italie, t. I, première lettre, p. 100.) Il en était dès 1781 : « la Société économique de Berne m’a nommé au nombre de ses honoraires » (Mém. de services, 1781). (Cf. Voyage en Suisse, éd. Champagneux, III, 315 : « La Société économique de Berne renferme, il est vrai, des hommes de mérite et quelques personnes instruites ; mais elle imprime peu. Ses travaux languissent faute d’émulation et du concours qui la fait naître ».)

Toutefois il semble qu’il y ait eu, là aussi, des degrés à franchir et que Roland, d’abord admis comme honoraire, soit entré plus tard dans une catégorie d’ordre plus élevé, car on trouve au ms. 6243, fol. 133, un brouillon de sa main, daté d’Amiens, le 4 septembre 1782, adressé à « M. le Président ou le Secrétaire de la Société économique de Berne », où il remercie « de son admission » en termes dithyrambiques.

VIII. En 1783. il fut nommé « associé non résidant » de l’Académie de Dijon. Nous avons (ms. 6243, fol. 102) sa lettre de remerciements, du 12 décembre 1783. « à M. Maret, secrétaire perpétuel de l’Académie de Dijon »[6]

IX. En 1784, il fut élu correspondant de l’Académie de Turin. Nous avons la lettre, datée d’Amiens, 10 juin 1784 (ms. 6243, fol. 118), où il remercie « M. de Saluces, secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences de Turin », pour son élection de membre correspondant, et lui adresse ses Lettres d’Italie.

Sur le même folio, est une lettre de lui « à M. le chevalier Lamanon », contenant des remerciements pour le même objet. Il lui rappelle « notre trop courte connaissance à Paris » et lui parle de « notre ami commun, M. d’Antic ». Il le charge en même temps d’offrir à l’Académie ses Arts, son mémoire sur les troupeaux, et ses Lettres d’Italie.

Nous avons aussi (fol. 118) la réponse du chevalier de Lamanon :


Turin, le 23 juillet 1784.

Vous ne devez, Monsieur, qu’à votre mérite la place de correspondant que l’Académie vous a donnée et vous auriez eu celle de membre s’il y en eût eu de vacante. Je vous remercie du beau présent que vous voulez bien me faire de votre Voyage en Italie. Je ne puis vous offrir en échange que quelques observations minéralogiques, si vous en faites une seconde édition. Les personnes impartiales trouvent que le bon Piémontais qui vous a critiqué n’est qu’un sot, et vous le reconnaîtrez vous-même en lisant sa brochure que Je vous envoie[7]. Les sciences sont cultivées à Turin, mais n’y sont pas en honneur ; cela tient à la constitution du gouvernement.

Je vois avec plaisir que vous vous rapprochez de la Provence, cela me mettra à même de cultiver plus facilement votre amitié que je suis jaloux d’acquérir et de conserver.

M. l’Ambassadeur de France[8] me charge de vous faire bien des compliments. Il m’a beaucoup fait l’éloge de Madame de La Platière ; il y a si longtemps que je l’entends louer partout que, sans avoir l’honneur de la connaître, je suis à demi amoureux d’elle, je vous en fais la confidence, ne me trahissez pas et faites-lui agréer les assurances de mon respect.

Je vais partir pour les Alpes et n’ai que le temps de vous dire adieu.


Le chevalier de Lamanon.

C’est par Bosc, comme on le voit (cf. lettre 151), que Roland avait été mis en relation avec M. de Saluces et M. de Lamanon. Nous ne savons rien du premier. Quant à l’autre, Robert-Paul de Lamanon, c’était un naturaliste provençal, né à Salon en 1752, qui s’embarqua avec Lapérouse en 1785 et fut massacré le 10 décembre 1787 dons une descente à l’archipel des Navigateurs.

La collection Étienne Charavay possédait une jolie lettre de lui à Bosc, datée de Mont-Dauphin, le 28 septembre 1784. Faujas de Saint-Fond était leur ami commun. Il existe, dans la collection Beljame, neuf lettres adressées à Bosc, en 1787 et en 1788, par Auguste-Paul de Lamanon, frère de l’infortuné naturaliste et naturaliste lui-même. Nous présumons qu’il faut l’identifier avec « le citoyen Paul Lamanon « , qui, en août 1793. s’offrait à la Convention « pour diriger les aérostats contre les ennemis de la République ». (Guillaume, II, 281, 284.)

X. Nous ignorons à quelle époque Roland fut de l’Académie de Marseille. Il en était déjà en 1785. (Alm. de Lyon, ann. 1786, art. Lyon, Académie.)

XI. En 1787 (Alm. de Lyon), il était « de l’Académie et Institut de Bologne ».

XII. En 1788 (ibid.), il est de l’Académie de Bordeaux.

XIII. Dès son retour en Beaujolais (1784), il fait changer son titre d’associé à l’Académie de Villefranche en celui d’académicien ordinaire.

XIV. Il avait déjà entrepris le siège de l’Académie de Lyon. Une lettre adressée par lui, de Paris, le 10 janvier 1782 (ms. 6243, fol. 99-100), à M. de La Tourette, secrétaire de cette Académie, fait allusion à un ajournement qu’il avait subi. Mais le 30 novembre 1784, après son retour au pays natal, il fut nommé, sur la recommandation de son ami, le savant astronome Dezach, membre associé (Registres de l’Académie), seul titre auquel il pût encore prétendre, ne résidant pas à Lyon. C’est ce que veut dire Madame Roland, en forçant d’ailleurs l’expression, lorsqu’elle écrit à Bosc, le 20 décembre suivant : « L’Académie de Lyon l’a mis au nombre de ses titulaires… ».

C’est seulement le 3 mai 1786 que, ayant établi sa résidence officielle à Lyon (place de la Charité), il fut élu académicien ordinaire, et c’est le 14 juin suivant qu’il prit séance, en lisant son discours de réception, discours qu’il lut de nouveau en séance publique le 6 décembre, et qui traitait de « l’influence des Lettres dans les provinces, comparées à leur influence dans la capitale ».

XV. Enfin, presque en même temps, il était reçu membre de la « Société d’agriculture de la généralité de Lyon » (Alm. de Lyon de 1776 ; cf. lettre 197).

XVI. Il se fit agréger en outre à la Société d’émulation de Bourg-en-Bresse, fondée par Lalande en 1755, réorganisée par Thomas Riboud[9] en 1783. Il avait des relations avec Bourg ; il y avait passé en septembre 1777 ; il connaissait Lalande et était son collaborateur dans la collection des Arts. Dès 1786, nous le voyons en relations avec Thomas Riboud (lettre 262, notes). Mais ce n’est qu’au commencement de 1789 qu’il fut nommé correspondant. La lettre 319, du 21 mars 1789, nous le montre en relation avec Varenne de Fenille, le membre le plus éminent de cette petite Société, et c’est le 20 avril suivant qu’il envoya à Bourg son discours sur « les causes qui peuvent rendre une langue universelle », sorte de contre-partie du célèbre discours de Rivarol. Un an après, en 1790, nous le trouvons encore en rapport avec Varenne de Fenille, dont il offre un opuscule à l’Académie de Lyon (Reg. de l’Acad. de Lyon, 23 mars 1790).

XVII. Mentionnons, pour terminer, qu’il était en 1790 « membre honoraire de la Société littéraire et philosophique et de la Société d’agriculture de Manchester, ainsi que de la Société d’agriculture de Bath » (Dict. des manufactures, t. III, titre), probablement par l’entremise de son ami le pasteur Frossard, membre lui-même de ces deux Sociétés.

XVIII. Membre de quinze Académies « Roland ne fut jamais de celle d’Amiens, malgré une résidence de vingt années et d’incontestables services. Nous avons dit pourquoi (lettre 93, notes). En revanche, dès que ses amis d’Amiens, Devin, Lamorlière, Flesselles, eurent fondé en cette ville, vers 1785, sous le titre de Musée, une Société plus ouverte, il se hâta d’entrer en relations avec elle. (Voir la fin de l’Appendice E.)

Être d’une société n’est rien. L’important, c’est le travail qu’on y fait et qu’on y provoque. En cela, Roland déploya une activité vraiment remarquable, surtout à l’Académie de Lyon. Nous ne croyons pouvoir mieux faire, pour en donner l’idée, que de transcrire ici les extraits des registres de cette Académie (registres nos 18, 19, 20 et 21), qu’a bien voulu faire pour nous M. Émile Viret, professeur au lycée de Lyon.

28 juin 1785. — M. de Montluel, commissaire avec M. Roland de La Platière relativement aux métiers dont le sieur Dardois dit l’inventeur, fait lecture de leur rapport[10]. L’examen de l’invention a été confié aux deux commissaires dans la séance du 17 mai.

4 avril 1786. — Roland est nommé avec deux autres académiciens pour l’examen du concours au prix sur les lichens (le sujet donné est celui-ci : Quelles sont les diverses espèces de lichens dont on peut faire usage en médecine et dans les arts ?). Rapport sur ce concours, d’après l’avis des commissaires, en séance du 1er août 1786[11].

23 avril 1786. — Le directeur (M. de Landine) lit des lettres de Roland, des 12 et 15 avril. Dans la première, Roland présente pour tribut le discours manuscrit qu’il se propose de mettre en tête de la deuxième partie de son travail sur les Arts pour l’Encyclopédie ; le discours renferme des recherches historiques critiques et philosophiques sur les objets qui restent à traiter par l’auteur. Dans la lettre, Roland fait hommage à l’Académie des volumes de l’Encyclopédie relatifs aux questions d’Arts qu’il a traitées, lui demandant toutefois la restitution des volumes au cas où elle acquerrait l’Encyclopédie complète. Le discours est lu par le même directeur en séance du 16 mai 1786 ; il traite des peaux et cuirs, des huiles et savons, des couleurs et vêtements.

18 juillet 1786. — Le secrétaire (M. de Bory) lit une lettre de Roland, en réponse à une observation qu’il lui a adressée conformément à la délibération du 11 juillet. Roland persiste à soutenir, malgré l’opinion contraire de l’Académie, que son discours de réception ayant été lu en séance publique et publié en partie dans les journaux, il avait pu prendre sur lui de le faire imprimer, en prenant le titre d’académicien, sans un consentement exprès de la compagnie. Il demande, en outre, à prendre ce même titre en tête de la partie de l’Encyclopédie qu’il publie. L’Académie laisse à Roland toutes facilités sur ce denier point.

8 août 1786. — Roland lit un « discours sur les femmes »[12].

22 août 1786. — Roland lit un rapport sur le concours au prix Christin, dont le sujet était : Quels sont les moyens de perfectionner le tissage des soies ? Son avis et celui des commissaires est de ne pas donner de prix et de changer le sujet. Celui qu’il propose est celui-ci ; Fixer par la teinture sur les matières végétales ou animales ou sur leurs tissus la couleur des lichens…

19 décembre 1786. — Roland lit un mémoire sur la nécessité de déclarer vacantes les places d’académiciens titulaires, absents depuis plusieurs années et obligés de résider loin de Lyon. L’Académie ne fait pas droit à sa requête, mais elle décide de prévenir ceux de ses membres absents depuis longtemps que leur cas a fait l’objet d’une délibération.

16 janvier 1787. — Roland lit ; 1° des « Réflexions sur Plutarque », dont il dépose le manuscrit[13] ; 2° des « Observations sur l’usage d’enterrer ou de brûler les morts »[14].

13 mars 1787. — Lecture d’observations envoyées à l’Académie par Roland sur une sentence rendue en 1244 par l’évêque d’Amiens contre le grand bailli de Miliaca (?). L’envoi de ces observations a été annoncé déjà dans la séance du 27 février. La copie de la sentence est annexée aux observations.

17 avril 1787. — Roland lit un mémoire intitulé : « Recherches sur un objet envisagé comme utile aux manufactures et aux arts ». Il s’agit de la marque des toiles, des tentatives faites pour rendre ces marques indélébiles.

26 juin 1787. — Roland présente à l’Académie, de la part de M. de Perthes, directeur des fermes[15], et de M. l’abbé Reynard, professeur de physique, tous deux de l’Académie d’Amiens, trois tableaux sur l’électricité, sur les gaz, sur la botanique. Il demande, au nom des auteurs de ces tableaux, l’association à l’Académie de Lyon.

11 septembre 1787. — L’Académie adopte pour le prix Christin un sujet présenté par Roland en ces termes : « Trouver le moyen de rendre le cuir imperméable à l’eau, sans altérer sa force ni sa souplesse, et sans en augmenter sensiblement le prix ».

13 novembre 1787. — Roland lit des réflexions sur les sujets les plus convenables à traiter dans les séances publiques des Académies et conclut que les sujets de morale sont les plus intéressants et les plus utiles pour le public.

29 janvier 1788. — Rapport verbal de Roland sur les dessins et la description d’une lampe économique inventée par M. Brusoni, mathématicien de Gênes. Roland lit également la traduction qu’il a faite d’un manuscrit italien, du même Brusoni, sur les affinités chimiques et la fermentation. Le directeur (Deschamps) informe l’Académie que MM. de Montluel, académicien de la section des Sciences, et Roland, de la section des Lettres, demandaient respectivement à passer d’une classe dans l’autre. Il est donné satisfaction à leur demande, par voie de scrutin, dans la séance du 12 février 1788.

1er juillet 1788, — Rapport de Roland sur des essais de teinture de MM. Teste et Donneau[16]. Nouveau rapport de Roland sur le même objet, en séance du 8 juillet. Un départ de Roland pour Villefranche est annoncé dans la séance du 15 juillet.

3 février 1789. — Roland, au moment de publier le 2e et le 3e volume du Dictionnaire des manufactures et des arts faisant partie de l’Encyclopédie, a témoigné le désir de prendre, au frontispice, le titre d’académicien. L’Académie nomme des commissaires pour examiner son ouvrage.

10 février 1789. — Roland lit un mémoire intitulé : Réflexions sur les seuls moyens efficaces contre le venin de vipère et celui de la rage.

3 mars 1789. — Roland dépose son rapport sur un ouvrage de M. Benaven, intitulé : Le Caissier italien (2 vol. folio), offert par M. Benaven à l’Académie.

31 mars 1789. — Roland nommé parmi les commissaires chargés d’examiner les mémoires du concours au prix sur les cuirs.

19 mai 1789. — Le secrétaire (Bory) fait part d’une lettre de Roland et présente un exemplaire imprimé d’un mémoire qu’il envoie à l’Académie et qui a pour titre : Mémoire sur l’Encyclopédie.

9 juin 1789. — M. Willermos fait part d’une lettre de Roland, commissaire avec lui pour le concours au prix sur les cuirs. Roland y a joint son rapport ; il y fait plusieurs demandes à l’Académie : 1° s’il peut faire usage, dans un volume qu’il destine à l’Encyclopédie, de deux mémoires couronnés par l’Académie en 1771, sur la manière de durcir les cuirs ; 2° s’il peut faire usage, dans le même volume, d’un procédé relatif à la même matière, dont l’auteur, qui s’est fait connaître à lui, ne concourt pas au prix que l’Académie va décerner, mais qu’il ne nommera pas afin de lui laisser la liberté de concourir ultérieurement si l’Académie proroge le prix. L’Académie, en effet, dans une séance ultérieure, vu l’insuffisance du concours, renvoie le prix à 1792 sans abandonner le sujet.

15 décembre 1789. — Roland offre à l’Académie, de la part de l’auteur, M. Cousin-Despéaux, le 16e volume de l’Histoire de la Grèce. Dans la même séance, Roland propose pour le sujet du prix, des arts la question suivante : Quel serait le moyen d’occuper les ouvriers à la laine au défaut de la soie, lorsque le travail de nos manufactures est suspendu[17] ?

23 février 1790. — Roland lit, sur les animaux qui fournissent les pelleteries, un mémoire devant servir de préface au traité sur l’Art du pelletier ; des critiques intéressantes sont faites dans ce mémoire, concernant la méthode de Buffon, à laquelle Roland préfère de beaucoup celle de Linné.

23 mars 1790. — Lecture d’une lettre de Roland, qui offre à l’Académie : 1° un mémoire imprimé de M. Thévenet[18], ancien laboureur dans nos provinces ; 2° une brochure intitulée : M. Lamiral réfuté par lui-même[19] ; 3° de réflexions de M. de Fenille[20] sur cette question : L’imposition directe également répartie.

6 juillet 1790. — Rapport défavorable de Roland sur un ouvrage imprimé, adressé à l’Académie par M. de Saint-Réal, intendant d’Aoste, en Piémont, et relatif au prix sur les cuirs, prorogé par l’Académie.

16 novembre 1790. — Le secrétaire (de La Tourrette) remet à l’Académie un nouvel ouvrage de dom Gourdin[21], envoyé par Roland et ayant pour titre ; De la traduction considérée comme moyen d’apprendre une langue et de se former le goût.

11 janvier 1791. — Le secrétaire des Sciences (de La Tourrette) fait part d’une lettre de M. Roland de La Platière, membre de la municipalité, chargé de la partie des finances ; à ce titre, Roland demande à l’Académie, un détail de ce qu’elle reçoit de la Ville et si elle pense qu’il lui fût possible de réduire ses dépenses. M. de La Tourrette a préparé le mémoire détaillé et conclut à la négative sur le deuxième point. Mémoire et réponse devront être remis par les secrétaires à M. Roland de La Platière.

18 janvier 1791. — Roland informe l’Académie que la municipalité s’occupe de ses intérêts et que, si la commune est obligée de déplacer la bibliothèque et les cabinets de l’Académie, elle a l’intention de réunir cette bibliothèque à celle qui tient au collège de la Trinité. L’Académie charge Roland de présenter ses remerciements à la municipalité.

1er février 1791. — Des observations sont présentées sur la translation projetée de la bibliothèque de l’Académie : les inconvénients de ce transfert sont tels, que le directeur présente à l’Académie un projet de pétition à l’Assemblée nationale. L’Académie décide de ne pas entreprendre cette démarche avant d’en avoir prévenu la municipalité. Elle nomme des commissaires qui se concerteront avec M. Roland de La Platière.

3 mai 1791. — Le secrétaire des Sciences présente des opuscules imprimés sur la dette de la Ville, que leur auteur, Roland, a adressé à l’Académie.

24 mai 1791. — Le directeur (Bollioud) annonce que M. Barletti de Saint-Paul s’est présenté ce jour même à l’Académie pour lui demander une lettre de recommandation auprès de Roland, député actuel de la municipalité de Lyon à l’Assemblée nationale. Après examen des titres de M. Barletti, l’Académie charge son secrétaire d’écrire en son nom à Roland, conformément au désir du citoyen, qui lui parait digne à tous égards, par ses malheurs et ses talents, de la bienfaisance des augustes représentants de la nation.

22 novembre 1791. — Roland offre quelques exemplaires de deux prospectus de l’Almanach de Gérard pour l’année 1792[22], et de la Chronique du mois ou Cahiers patriotiques[23], par MM. Clavière, Condorcet, Mercier, etc.

29 novembre 1791. ‑ Le secrétaire (La Tourrette) présente une lettre de Roland accompagnée des observations qu’il avait promises, pour servir de développement au sujet de prix sur les manufactures de lainage. Roland invite l’Académie, si elle adopte ses idées, à les rédiger sommairement.

6 mars 1792. — Le directeur (de Landine) fait part d’une lettre de Roland, dans laquelle cet académicien annonce sa détermination de publier un journal, uniquement réservé aux questions relatives aux arts et à l’agriculture[24]. Il se propose d’écrire à ce sujet à l’Académie, en lui adressant son prospectus aussitôt qu’il paraîtra, et d’inviter cette compagnie a le seconder dans sa nouvelle entreprise.

17 avril 1792. — Le secrétaire (La Tourrette) communique une lettre de Roland, ministre de l’Intérieur, en réponse à celle que le bureau de la compagnie lui avait écrite à l’occasion de sa promotion au ministère. Roland témoigne de son dévouement à l’Académie et de son attachement à toutes les sociétés Littéraires. La lettre est suivie d’une apostille de la main de Roland et accompagnée d’une lettre particulière de Roland au secrétaire de l’Académie[25].

14 août 1792. — Communication d’une lettre de Roland à l’Académie, à laquelle il fait hommage d’un nouveau volume faisant suite à son Dictionnaire des Arts, contenant celui de la pelleterie, et un vocabulaire des arts et métiers qui concernent les peaux et les cuirs[26]. Accusé de réception et remerciements sont adressés à Roland.

Voici d’ailleurs, d’après M. Dumas (Histoire de l’Académie de Lyon, t. I, ibid.), la liste des manuscrits de Roland conservés dans les archives de cette compagnie :

I. Aperçu des causes qui peuvent rendre une langue universelle, et observation sur celle des langues vivantes qui tend le plus à le devenir. — II. Réflexions sur le choix des sujets à traiter dans les séances publiques des académies de provinces. — III. Réflexions sur Plutarque.. — IV. De la connaissance de ses semblables. — V. Réflexions abrégées sur les affinités chimiques et sur la fermentation. — VI Recherches sur la préparation des peaux et cuirs[27], la fabrication des huiles et savons et des procédés des teintures anciennes. — VII. Recherches sur un objet utile aux manufactures. — VIII. Réflexions sur les seuls moyens efficaces contre le venin de la vipère et celui de la rage. — IX. — Avis motivé sur la nécessité de déclarer vacantes les places d’académiciens titulaires, absents de Lyon depuis plusieurs années. — X. Des causes de la décadence du commerce et de la population de Lyon. – XI. Recherches historiques et critiques sur divers animaux. — XII. Discours sur les femmes.

  1. Voir à l’Appendice précédent le récit de ce voyage.
  2. Sic, Bitaubé (1732-1808).
  3. Béguelin (1744-1789), directeur de l’Académie.
  4. Pernety, (1716-1801).
  5. Formey (1711-1797), secrétaire perpétuel de l’Académie.
  6. Hugues Maret (1726-1786), médecin, professeur aux cours publics fondés par l’Académie, père du publiciste qui devint, sous l’Empire, duc de Bassano.
  7. Nous ne savons rien de ce « bon Piémontais » et de sa brochure. Bosc, en transmettant à Roland cette lettre, a écrit au verso : « Je garderai l’ouvrage critique du Piémontais pour vous en régaler à votre arrivée ».
  8. M. le baron de Choiseul. Nous avons déjà mentionné des liens éloignés de parenté qui l’unissaient à Roland, et les marques de bienveillance qu’il lui avait données lors de son passage à Turin, à l’aller et au retour de son voyage en Italie. (Voir Lettres d’Italie, t. VI, lettre 39 ; cf. ms. 6241, fol. 217-218.)
  9. Thomas-Philibert Riboud (1755-1825) fut plut tard député de l’Ain à la Législative, aux Cinq-Cents, etc…
  10. Ce rapport est in extenso au Dictionnaire des manufactures, t. II, p. 125. — Fleury Dardois était maître fabricant d’étoffes d’or, d’argent et de soie à Lyon. Roland fit campagne pour lui avec ardeur.
  11. Ce rapport se trouve au ms. 9532, fol. 66-69.
  12. Ce discours fut publié par Delandine, en 1788, au t. II, p. 247-256, du Conservateur, espèce de petit magazine qu’il dirigeait à Lyon. C’est un morceau d’une candeur singulière. L’idée fondamentale est la suivante : « Pour juger des mœurs, du caractère, de l’esprit et des goûts d’une femme, il suffit de bien connaître les hommes dont elle fait sa société particulière et ses relations chéries. » !! Il y a au ms. 6243, fol. 83-88, une copie de ce discours, de la main de Madame Roland, et au ms. 8532, fol. 128-132, une autre copie de la main de Madame Champagneux.
  13. Le morceau se trouve au ms. 6243, fol. 89-90.
  14. C’est peut-être ces observations sur un sujet d’hygiène publique qui ont fourni à un pamphlétaire lyonnais, l’abbé Guillon de Montléon (Mémoires pour servir à l’histoire de la ville de Lyon, t. II, p. 55 et suiv.), une accusation absurde sur laquelle on trouvera une note à la fin de cet Appendice.
  15. C’est son ami d’Amiens M. Deu.
  16. Voir ms. 9532, fol. 72.
  17. On trouvera, au ms. 6243, fol. 110-114 et 116, divers sujets proposés par Roland, parmi lesquels figure celui qui est mentionné ici.
  18. Jean Thévenet, cultivateur à Mornant, près Lyon, qui fut, en 1791, député à la Législative.
  19. C’est une brochure que venait de publier Lanthenas, pour l’affranchissement des noirs, en réponse à un ouvrage publié l’année précédente par un voyageur lyonnais, Dominique Harcourt Lamiral.
  20. Varenne de Fenille. Voir, sur lui, la lettre 319, notes.
  21. Dom Gourdin (1739-1825), bibliothécaire de Rouen.
  22. Roland répandant les prospectus de l’Almanach du père Gérard, de Collet-d’Herbois ! Il faut me hâter de dire que rien n’est plus sage que cet almanach. À toutes les pages, le père Gérard explique et prêche aux paysans la Constitution de 1791.
  23. Tous les amis de Roland, Auger, Broussonet, Brissot, Lanthenas, et… Collot-d’Herbois, collaboraient à cette revue qui parut de novembre 1791 à juillet 1793.
  24. Voir lettre 467.
  25. La lettre de Roland à l’Académie de Lyon est du 6 avril 1792. Elle a été publiée par Dumas, Hist. de l’Acad. de Lyon, t. I, p. 339. Le post-scriptum, de la main de Roland, mérite d’être cité ici :

    « Mes chers confrères, mes amis, j’ai plus besoin que jamais de vos conseils. Je suis sûr de mes principes, de mon zèle et de mon activité : voilà ce dont je puis répondre. J’ajoute que je suis prêt à rentrer dans ma position précédente ; que je n’ai fait que suspendre mes travaux habituels, et que je rouvrirai mes cartons avec le même plaisir et la même constance à la première occasion où on ne me jugera plus utile dans le poste qu’on m’a confié. Je vous salue, mes chers confrères, et je vous embrasse du meilleur de mon cœur. »

  26. C’est le t. III du Dictionnaire.
  27. « Dans ses Mémoires sur le siège de Lyon, M. l’abbé Guillon parle d’un grand scandale causé dans le sein de l’Académie par la lecture d’un mémoire de Roland de La Platière, sur l’emploi de la peau humaine. Je n’ai trouvé aucune trace de ce fait dans ces longues recherches sur la préparation des peaux et cuirs, non plus que dans les procès-verbaux et portefeuilles académiques. » (Notes de M. Dumas.).