Lettres de Madame Roland de 1780 à 1793/Lettres/Incerto

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Lettres de Madame Roland : Anno Incerto
Imprimerie nationale (p. 543-546).

ANNO INCERTO.


557
[À BOSC, À PARIS[1].]
[ ? — du Clos.]

Nous allons faire rechercher des insectes pour vous en envoyer ; ce n’est pas petite besogne, car ils n’existent point dans notre canton et ils se tiennent cachés en terre tout le jour ; ce n’est que la nuit qu’ils sortent pour faire leurs ravages, et c’est alors qu’il faut les épier. Vous en aurez certainement, s’il y a moyen, mais dans l’état où on les trouvera, et je ne vous promets pas qu’ils soient À l’époque où vous les désireriez.

Notre ami vous prie bien fort de ne pas oublier ses vers de pelleterie ; nous sommes dans les fourrures jusqu’au cou. Je courais hier après ces loutres de mer du Kamtchatka que Buffon n’a pas connues et dont les mœurs sont curieuses. C’est grand dommage qu’il faille, pour les étudier, digérer de (sic) chiens de mots latins qui me mettent à la torture.

Peut-être bien aurez-vous un petit mémoire sur le…, dont vous nous avez envoyé la dénomination.

Adieu, nos bons amis, à la vie et à la mort.

558

[À BOSC, À PARIS[2].]
[? — du Clos.]

À vous aussi, bonjour et amitié. Dites-nous, je vous prie, de quel prix était le catalogue des médailles d’Ennery ? Si c’était dix ou douze francs, ce qui nous intéresse à savoir, parce qu’on nous le doit rembourser ?

Si vous pouviez aussi nous rappeler l’objet des neuftt du dernier compte, vous nous feriez plaisir, parce que nous ne pouvons nous en souvenir, et que ce ne peut être l’histoire du catalogue.

Nous sommes en l’air pour un cheval qui se meurt, nous le sommes pour des réparations de tout genre, et le froid et le rhume ne laissent pas que de tourmenter la famille.

Soyez plus heureux et aimez-nous toujours.


559

À BOSC, [À PARIS[3].]
[? — de Lyon.]

Notre ami avait oublié de répondre à votre lettre du 20, relativement aux boîtes de plantes et d’insectes que vous attendez de Savoie, que vous pouvez les faire adresser à M. Bouché, subdélégué général et premier secrétaire de l’Intendance, mais en faisant mettre sous son couvert pour M. de Laplatière.

Le Rosset d’ici est un libraire lié avec Nyon, chez qui il avait vu votre sœur ; elle est donc à Dijon. C’est presque notre voisinage. Vous me ferez grand plaisir de me dire un mot d’Agathe, je l’attends avec impatience.

Adieu, salut et amitié. Je viens d’embrasser ma petite fille et je suis plus enfant qu’elle.


560

[À BOSC, À PARIS[4].]
[? – de ?]

Huiles d’olives. — Quelles sont les meilleures de la France et particulièrement de la Provence ?…

Huiles de graines. — 3° Savons. — 4° Savonnettes, pommades, essences, etc. — 5° La tannerie et les apprêts des peaux et cuirs.

J’ai à décrire ces différentes parties ; je ne connais que les cahiers des Arts publiés par l’Académie, où toutes les parties sont médiocrement traitées ; et j’aurais le plus grand besoin de secours.


561

À…

Deux lettres aut. s. de 4 pages. — N° 770 de la collection Aimé Martin, vendu le 21 décembre 1848 et jours suivants, Techener, expert.


562

À M. DANTIC [BOSC].
L.a.s. – N° 1112 de la vente Monmerqué, 2 mai 1837.

563

À L’AUTEUR
du journal de lyon, [à lyon][5].
[Entre 1791 et 1793, — de …?]

(Analyse.)… habituée à des expressions plus nettes, dussent-elles être quelquefois un peu dures, parce que je n’ai que des sentiments vifs et distincts avec la volonté précise de n’en dissimuler aucun, je trouve dans ces tournures je ne sais quoi d’embrouillé que je ne m’amuserai point à démêler ; car, encore une fois, je n’ai pas eu à faire de justification, mais à témoigner un égard pour le bien des choses, et ce devoir rempli, je n’ai plus rien à exprimer…

  1. Collection Alfred Morrison. — Il y a en tête du folio : « M. Bosc ».
  2. Collection Alfred Morrisson.
  3. Collection Alfred Morrison. — Il y a en tête de la lettre : « M. D’Antic ».
  4. Collection Alfred Morrison, 2 fol. — il est évident que Madame Roland ne fait ici que servir de secrétaire à son mari dans une espèce de consultation technique, que nous croyons inutile, vu sa longueur (elle a plusieurs pages), de reproduire 'in extenso. Nous nous bornons à un court sommaire.
  5. N° 247 de la collection E… de Zurich, vendue le 18 mars 1843, et jours suivants, par J. Charavay. — Lettre écrite moitié par Madame Roland (ce sont les lignes ci-dessus), moitié par son mari, 2 p. in-4°.

    Il y a eu deux Journal de Lyon : 1° le Journal de Lyon, rédigé par Mathon de La Cour Lémontey, etc. du 8 janvier 1784 au 12 juillet 1792 ; 2° le Journal de Lyon ou Moniteur du département de Rhône-et-Loire, du 2 avril 1791 au 6 août 1793, qui, d’opinion très exaltée en 1791 (il était alors rédigé par Laussel), avait pris, dès février 1792 (renvoi de Laussel), une allure plus modérée et ne tarda pas à être subventionné par Roland (A. Vingtrinier, Histoire des journaux de Lyon, p. 25). C’est à cette dernière feuille, semble-t-il, que Madame Roland s’adresse.