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Louÿs — Littérature, Livres anciens, Inscriptions et belles lettres/Notes littéraires 7.

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Slatkine reprints (p. 187-188).

LES DÉCADENTS

(LVII. 450)

La question peut être résumée en quelques lignes.

Le nom de décadents a été donné par les critiques à un groupe de parnassiens dissidents et à leur école.

Ces parnassiens dissidents étaient Stéphane Mallarmé, Paul Verlaine, et Arthur Rimbaud. De ces trois hommes, il faut mettre à part Stéphane Mallarmé, qui, à l’écart du public, a exercé une influence considérable sur le style français d’aujourd’hui.

Ses principaux admirateurs (je les cite par rang d’âge) étaient Émile Verhaeren, Jean Moréas, Remy de Gourmont, Albert Samain, Jules Laforgue, Paul Adam, Maurice Maeterlinck, Jules Renard, Henri de Régnier, Ferdinand Herold, Maurice du Plessys, Paul Valéry, Henry Bataille, Paul Fort, Camille Mauclair, Charles Guérin.

Tous ont toujours repoussé l’épithète de « décadents » que la critique elle-même a cessé de leur donner depuis une quinzaine d’années. Ils ne constituaient d’ailleurs ni une école, ni un cénacle, et, à deux ou trois exceptions près, chacun d’eux a développé sa personnalité sans se préoccuper de son voisin.

Quant au journal Le Décadent, c’était une pauvre feuille ridicule, rédigée par un maître d’école nommé Anatole Baju, complètement étranger à la littérature.