Mémoires d’outre-tombe/Appendice/Tome 1/9

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IX

la cléricature de chateaubriand[1]


Il est parfaitement exact que Chateaubriand, en vue d’obtenir son agrégation à l’ordre de Malte, s’est fait donner par l’évêque de Saint-Malo la première tonsure cléricale. Sur un registre de l’ancien évêché de Saint-Malo, destiné à enregistrer les dispenses, démissions, lettres d’ordre, synodes, délibérations du clergé du diocèse et généralement les expéditions quelconques du secrétariat de l’évêché, on trouve, à la date du 16 décembre 1788, cette mention : Lettre de tonsure pour M. de Chateaubriand. Suit le texte de la lettre :


Gabriel Cortois de Pressigny miseratione divina et sanctæ sedis apostolicæ gratia Episcopus Macloviensis, etc. Notum facimus quod nos die datæ præsentium in sacello palatii nostri dilectum nostrum nobilem Franciscum-Augustum-Renatum de Chateaubriand, filium Renati-Augusti et dame Apollinæ-Joannæ-Suzannæ de Bedée conjugum, ex parochia et civitate Macloviensi laïcum de legitimo matrimonio procreatum, examinatum capacem et idoneum repertum, ad primam tonsuram clericalem promovendum duximus et promovimus. Datum maclovii sub signo sigillogue nostris et secretarii nostri suscriptione, anno Domini millesimo septingentesimo octogesimo die vero decembris décima sexta.

G. Epus Macloviensis.
De mandato.
Met, secret.

Voici la traduction :

Gabriel Cortois de Pressigny, par la miséricorde divine et la grâce du Saint-Siège apostolique, évêque de Saint-Malo, etc.

Nous faisons connaître que le jour de la date de ces présentes lettres nous avons promu et nous promouvons à la première tonsure cléricale, dans la chapelle de notre palais, notre cher fils noble François-Auguste-René de Chateaubriand, fils de René-Auguste et de dame Apolline-Jeanne-Suzanne de Bedée, son épouse, laïque de la ville et paroisse de Saint-Malo, procréé de légitime mariage, examiné et trouvé capable et idoine.

Donné à Saint-Malo sous notre seing et notre sceau et sous la signature de notre secrétaire, l’an du Seigneur mil sept cent quatre-vingt-huit, le 16e jour de décembre.

Signé : G., évêque de Saint-Malo.
PAR MANDEMENT :
Met, secrétaire.

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  1. Ci-dessus, p. 254.