Mémoires d’outre-tombe/Appendice/Tome 2/1

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I

le comte du plessix de parscau, beau-frère de chateaubriand[1]


Hervé-Louis-Joseph-Marie, comte du Plessix de Parscau, né à Landerneau le 31 mars 1762, était fils de Louis-Guillaume du Plessix de Parscau, lieutenant des vaisseaux du roi (mort chef d’escadre en 1786), et de Anne-Marie-Geneviève le Roy de Parjean.

À vingt ans — il était alors enseigne — il assista au siège de Gibraltar à bord du Guerrier, que commandait son père (1782-1783).

Il était lieutenant de vaisseau, lorsqu’il épousa à Saint-Malo, le 29 mai 1789, Anne Buisson de la Vigne, fille de feu Messire Alexis-Jacques Buisson de la Vigne et de Céleste Rapion de la Placelière.

Dès 1791, il émigra avec sa jeune femme et son fils âgé d’un an. Après avoir séjourné quelque temps dans le Hainaut autrichien, il entra dans le régiment d’Hector composé d’officiers de marine, fit, en qualité de capitaine la campagne de 1793-1794, et se retira en Angleterre.

En 1799, il fut envoyé par le comte d’Artois aux îles Saint-Marcouff, avec mission de recevoir, d’armer et d’équiper les royalistes qui voulaient passer en Normandie pour s’aller joindre aux troupes commandées par Frotté et le chevalier de Bruslart. De 1803 à 1807, le comte du Plessix de Parscau se fixe à Jersey où il continue de travailler pour la cause royale. En 1807 seulement, car tout espoir semblait désormais impossible, il revient en Angleterre, à Lymington. La chute de Napoléon lui rouvre les portes de la France. Il y rentre après une absence de vingt-trois ans, pendant laquelle il a perdu sa femme, morte à Lymington en 1813, et sept de ses enfants, qui tous dorment sur la terre étrangère ; il lui en reste encore six, qui voient la France pour la première fois. Pour remplacer auprès d’eux la mère morte en exil, il épouse en 1814 une femme de quarante ans, Mlle de Kermalun. Surviennent les Cent-Jours ; menacé d’être arrêté, il s’exile de nouveau, conduit sa famille à Lymington et se rend à Gand, où il présente au roi Louis XVIII deux de ses fils qui sont en état de servir, et où il retrouve son frère, le chevalier du Plessix de Parscau, et Chateaubriand, son beau-frère. Le second retour du roi met fin à son second exil. Nommé en 1816 capitaine de vaisseau, il reçoit le commandement des élèves de la marine à Brest. Chevalier de Saint-Louis depuis l’émigration, il est fait commandeur de Saint-Louis en 1823, grâce sans doute à l’appui de Chateaubriand, alors ministre. Les deux beaux-frères restèrent jusqu’à la fin dans les meilleurs termes.

Le comte du Plessix de Parscau fut promu en 1827 au grade de contre-amiral ; mais il dut bientôt prendre sa retraite, ses infirmités ne lui permettant plus de servir activement. Il est mort en son château de Kergyon le 11 octobre 1831, à l’âge de soixante-neuf ans.

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  1. Voir ci-dessus, p. 5.