Mémoires de John Tanner/28

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Traduction par Ernest de Blosseville.
Arthus Bertrand (2p. 111-129).


CHAPITRE XXVIII.


Culture du blé. — Inconduite et ivresse d’un prophète. — Établissement des Écossais à la rivière Rouge. — Les interprètes et les commis de la frontière. — Mœurs des colons écossais. — Prévention de sortilége. — Épidémie introduite par les Européens. — Guerre contre les Sioux. — Le fusil brisé. — Cérémonies de la salutation. — Vieilles inimitiés ravivées. — Jeux d’enfans et rixe sanglante.


Après cette réunion, nous nous dirigeâmes vers l’île, dans le lac des Bois, où nous avions résolu de planter du blé au lieu de cultiver nos anciens champs de Morte-Rivière. Dans notre route, nous campâmes quelque temps pour récolter du sucre ; puis nous allâmes visiter les traiteurs, laissant Ais-kaw-ba-wis avec nos femmes. En revenait au comptoir, nous aperçûmes une femme qui courait de toutes ses forces, poursuivie par un homme ; cette vue nous causa de vives alarmes. Notre première pensée fut que les Sioux massacraient nos femmes et nos enfans ; mais, en nous approchant, nous vîmes le prétendu prophète abandonner la poursuite de la femme de Gish-kau-ko, et venir s’asseoir près de nous pour boire du rhum que les Indiens apportaient : on lui en donna très libéralement.

De retour au camp, la femme, interrogée sur ce qui s’était passé, nous dit qu’Ais-kaw-ba-wis avait souvent cherché l’occasion de se trouver seul avec elle ; que la crainte l'avait empêchée d’en jamais rien confier à personne et de lui opposer d’autre résistance que la fuite. Elle avait oublié sa chaudière sur le lieu même de la récolte du sucre, à quelque distance de l’endroit où nos familles attendaient notre retour. Peu de temps après le départ des hommes, Ais-kaw-ba-wis, qui vivait seul dans une petite cabane, prétendant être trop saint pour habiter une maison commune et se mêler aux autres hommes dans les habitudes de la vie, avait mandé cette femme pour lui dire : « Le Grand Esprit n’approuve pas que vous ayez abandonné et perdu votre propriété. Allez donc chercher la chaudière que vous avez laissée sous les érables à sucre. » L’Indienne avait obéi. Peu d’instans après, armé de son fusil, sous prétexte d’aller à la chasse, il était sorti du camp dans une direction opposée, et à peine hors de la vue des cabanes, il avait couru, par une voie détournée, suivre les traces de la femme de Gish-kau-ko. Devinant à peu près les intentions du prophète, elle se tenait sur ses gardes ; aussi l’avait-elle aperçu de loin, et nous étions survenus fort à propos.

Cette découverte ne causa aucun trouble, et ne parut en rien diminuer l’influence d’Ais-kaw-ba-wis. Une grande partie du rhum rapporté du comptoir fut mise à part pour lui ; mais quand l’homme le plus considérable de notre bande l’envoya chercher pour venir prendre ce qu’on lui donnait : » Dites au chef, répondit-il, que s’il a quelque affaire à moi il peut venir dans ma cabane. » La liqueur lui fut donc portée. Les effets du rhum parurent bientôt rendre son humeur plus sociable et plus condescendante ; car, vers le milieu de la nuit, il entra, tout chancelant et entièrement nu, dans la cabane où je me trouvais. Cette apparition me parut souverainement burlesque, et je ne pus me défendre d’un fou rire.

Nous allâmes ensuite au lac des Bois, où je chassai pendant près d’un mois ; puis je retournai au pays que j’avais quitté, tandis que les Indiens restaient à Me-nau-zhe-taw-naung à défricher le terrain où ils devaient semer du blé. Je commençais à éprouver les effets de la mauvaise volonté d’Ais-kaw-ba-wis. Il prévenait si vivement contre moi les Indiens, et particulièrement la famille de ma femme, que ma situation à Me-nau-zhe-taw-naung n’était pas supportable, et qu’il me fallut retourner à la rivière Rouge.

Ce fut vers ce temps que les Écossais (11), au nombre de cent et quelques, vinrent s’établir à la rivière Rouge, sous la protection de la compagnie de la baie d’Hudson. Ce fut parmi eux que je vis une femme blanche pour la première fois depuis que j’avais atteint l’âge d’homme. Peu de temps après mon arrivée,je fus engagé au service de la compagnie, et M. Hanie m’envoya, avec M. Hess, interprète, et plusieurs autres hommes, à la chasse des bisons. Ces animaux étaient alors fort éloignés de l’établissement, et les Écossais souffraient beaucoup du manque de vivres. Je fus assez heureux pour tuer deux bisons à très peu de distance ; leur chair fut portée au comptoir et j’allai poursuivre les troupeaux.

Je ne tardai pas à être rejoint par quatre commis et environ vingt hommes. Ces derniers étaient employés à traîner jusqu’à ma cabane les bisons que je tuais. De là, leur chair était portée dans des chariots à l’établissement. Tous les blancs vivaient dans ma cabane, et l’un des commis, M. Macdonald, maltraitait continuellement ma femme et mes enfans. M. Hess le réprimanda plus d’une fois de sa conduite, et, comme il persistait, porta plainte à M. Hanie. Ce dernier lui donna ordre d’aller rejoindre, à quelque distance, des Indiens qui avaient tué vingt bisons, dont on ne pouvait pas encore transporter la chair. Il resta en ce lieu deux mois entiers, sans autre occupation, sans autre amusement, que d’effaroucher les loups. M. Mackenzie, l’un des trois commis restés auprès de moi, était si différent de M. Macdonald, qu’après quatre mois de résidence, lorsque la plupart des blancs furent rappelés à la colonie, il sollicita et obtint de M. Hanie la permission de rester plus longtemps auprès de moi, pour se perfectionner dans la langue des Ojibbeways : il ne me quitta même qu’après la saison du sucre.

Je tuai, dans les quatre mois que je passai à chasser pour la compagnie de la baie d’Hudson, une centaine de bisons ; mais il en fut consommé une grande partie dans ma cabane, et je ne livrai entièrement à la compagnie que quarante bisons gras ; M. Hanie me paya au printemps trois cent dix dollars. Les laboureurs écossais avec lesquels je vivais m’ont laissé le souvenir des hommes les plus grossiers et les plus bruts que j’aie jamais vus. Même quand l’abondance régnait, ils mangeaient comme des chiens affamés et ne manquaient jamais de se quereller à l’occasion de leur repas. Les commis les battaient et les punissaient souvent, mais ils se querellaient toujours.

M. Hanie et le gouverneur envoyé par la compagnie de la baie d’Hudson me proposèrent de m’élever une maison et de m’engager pour l’avenir à leur service ; mais j’ajournai mon acceptation, parce qu’il me semblait douteux que leur essai de colonisation pût se consolider. Quelques uns des Indiens que j’avais laissés au lac des Bois étaient venus passer l’hiver avec moi, et me quittèrent vers cette époque. Je passai quelque temps encore à la rivière Rouge, et là, Wa-ge-to-te, revenant de Me-nau-zhe-taw-naung, m’apporta des nouvelles de mon beau-père et de ma belle-mère. Ils avaient vu mourir plusieurs de leurs enfans, et ils m’appelaient pour consoler leur douleur solitaire.

Ce fut ainsi que me parla Wa-ge-to-te en présence des traiteurs et de plusieurs autres personnes ; mais, se trouvant ensuite seul avec moi, il me dit : « Ne croyez pas que votre beau-père vous attende à Me-nau-zhe-taw-naung dans des intentions bienveillantes et pacifiques. Pendant la maladie de ses enfans, il a prié Ais-kaw-ba-wis de venir à leur secours, et le prophète, après avoir fait un chees-suk-kon, lui a dit qu’il vous avait appelé dans son enceinte et fait confesser que vous aviez donné une mauvaise médecine aux enfans, quoique vous fussiez alors à la rivière Rouge. Il a fait accroire à votre beau-père que vous avez pouvoir de vie et de mort sur ses enfans, et la famille de votre femme persiste à penser, avec la plupart des Indiens de notre bande, que c’est votre médecine qui les a tués. Soyez donc bien sûr qu’on ne vous appelle que pour vous tuer à votre tour … » Malgré cet avertissement, je me mis en route aussitôt, car je savais que, par une autre conduite, je ne ferais que les confirmer dans leur absurde prévention.

J’avais acheté une chemise de l’un des Écossais de la rivière Rouge, et je m’en couvris au moment de mon départ. Ce fut d’elle probablement que je gagnai une maladie de peau, maladie assez douloureuse et assez violente pour me contraindre à m’arrêter au bord du Be-gwi-o-nus-ko. J’y restai un mois, presque tout ce temps hors d’état de me mouvoir. Dès les premiers instans de mon arrivée, j’avais placé ma cabane le plus près possible de la rivière. Incapable de marcher, je me fis étendre dans mon canot, et de là je pêchais pour la nourriture de ma famille. Je restai plusieurs fois trois ou quatre jours de suite dans ce canot, sans être changé de place ; la nuit, je me couvrais d’une natte. Ma femme, quoique fort malade ; ne fut pas aussi sérieusement atteinte ; elle ne cessa jamais de pouvoir marcher. Quand je commençai à me trouver un peu mieux, j’essayai de tous les remèdes que je pus me procurer ; nul ne me soulagea autant que la poudre à canon légèrement humectée et frottée sur les plaies, qui étaient très étendues. Cette maladie, introduite par les Écossais, se répandit parmi les Indiens et en fit périr un grand nombre.

Après ma guérison, je remontai le Be-gwi-o-nus-ko jusqu’à un petit lac du même nom, sur les bords duquel je m’arrêtai pour chasser. J’y tuai beaucoup de gibier. Pendant cette station, je vis un jour entrer dans ma cabane quatre jeunes hommes de notre village de Me-nau-zhe-taw-naung. Dans l’un d’eux, tout couvert de peinture noire, je reconnus mon beau-frère. Le chagrin d’avoir vu mourir les trois autres enfans l’avait déterminé à quitter son père et à se mettre à la recherche de quelque parti de guerriers, pour exposer noblement une vie qui lui était devenue insupportable. Les trois autres jeunes gens n’avaient pas voulu le laisser partir seul, et s’étaient offerts volontairement pour l’accompagner. Je lui donnai mon cheval, et j’allai passer quelques jours au lac des Bois près de mon beau-père. Comme c’était le temps où les oies sauvages perdent leurs plumes et ne peuvent plus voler, nous en tuâmes en abondance.

Après quatre jours de chasse, je dis aux vieux parens : « Je ne puis rester ici pendant que mon jeune frère est parti en pleurant, sans personne pour le protéger. Je sais qu’il y a du danger dans le sentier qu’il suit, je dois l’aller rejoindre pour le mettre en garde. Il désire se réunir à un parti de guerre pour courir des hasards ; mais il s’en rencontre souvent où on les cherche le moins. » Je savais que Wa-me-gon-a-biew pourrait tomber sur cet enfant et l’insulter, peut-être même le tuer, à cause ou sous prétexte de sa parenté éloignée avec l’homme qui avait blessé Taw-ga-we-ninne à Mackinac. Sha-gwaw-koo-sink, entendant ma résolution et les motifs dont je l’appuyais, voulut m’accompagner. A notre arrivée à la rivière Rouge, nous apprîmes que Wa-me-gon-a-biew avait enlevé le cheval donné par moi, et menaçait de tuer mon beau-frère. J’allais à lui aussitôt ; une querelle s’engagea au sujet du jeune homme, et si la vieille Net-no-kwa ne s’était pas interposée entre les deux frères, nous en serions venus aux coups.

Il fut convenu que nous irions tous ensemble nous joindre aux Crees et aux Assinneboins pour marcher contre les Sioux, et j’avertis mon jeune beau-frère de se tenir, pendant toute cette campagne, en garde contre Wa-me-gon-a-biew. A notre départ de la rivière Rouge, nous étions à peu près quarante ; mais notre nombre s’accrut en traversant les camps et les villages des Crees et des Assinneboins : aussi étions-nous plus de deux cents hommes long-temps avant d’arriver à Turtle-Mountain. Pendant notre campement près d’un village de Crees, Wa-ge-to-te et les principaux chefs s’y étant rendus à un festin, Wa-me-gon-a-biew se remit à parler de mon beau-frère, et comme ses paroles me déplaisaient, j’allai me promener à quelque distance du camp.

Lorsque je crus les chefs de retour, je rentrai aussi, et à une expression d’intérêt bien visible dans la physionomie de tous ceux qui m’entouraient, je compris à l’instant même qu’il s’était passé quelque chose d’extraordinaire, Je me mis à chercher le jeune homme, car c’était sur son sort que je concevais des inquiétudes ; et, l’ayant trouvé sain et sauf, je revenais à ma place quand j’aperçus mon fusil neuf en éclats et en fragmens entre les mains d’un vieillard qui cherchait à le rajuster. Je n’eus pas de peine à comprendre la nature de l’accident qui venait de mettre mon fusil hors de service, au moment où il allait me devenir si nécessaire ; et, dans le premier moment d’irritation, saisissant le canon, je courus pour en frapper Wa-me-gon-a-biew ; mais Wa-ge-to-te s’interposa entre nous, quoiqu’il exprimât, comme tous les autres chefs, le plus grand mécontentement d’une pareille action.

Cependant, malgré la perte de mon fusil, je ne voulus pas rétrograder ; armé de son canon, en guise de massue et de lance, je marchai avec les autres. Deux jours après, nous arrivâmes, au nombre d’environ quatre cents hommes, au sommet de Turtle-Mountain. C’était le rendez-vous assigné à tous ceux qui voudraient se joindre à nous, et, selon nos calculs, nous ne devions y trouver que des forces bien inférieures à celles de notre bande ; aussi fûmes-nous un peu surpris d’y rencontrer mille guerriers Assinneboins, Crees et Ojibbeways.

Nous fimes halte à une petite distance, et les chefs eurent quelques pourparlers pour régler le cérémonial de la salutation. Il est d’usage, pour les partis engagés dans une même expédition ou alliés les uns des autres, d’échanger, lorsqu’ils se rencontrent, quelques coups de fusil, en simulacre de combat, avec tous les bonds, tous les cris, tous les hurlemens d’une bataille réelle. Mais, dans cette occasion, les deux bandes étaient si nombreuses, et l’une surtout tellement supérieure à l’autre, que les chefs jugèrent plus prudent de s’écarter des formes ordinaires. Malch-a-to-ge-wub (plusieurs aigles en repos), le principal chef, convint que ses jeunes hommes resteraient dans leurs cabanes, et que vingt guerriers de notre bande salueraient leur camp en simulant l’attaque d’un village.

Une grande hutte fut élevée pour être mise en pièces par leur fusillade. Je fus au nombre des vingt hommes choisis pour cette cérémonie, car j’avais acheté le fusil d’un Indien qui s’était séparé de nous. Ce ne fut pas sans faire plus que mes forces, que je restai de pair avec mes compagnons, courant, sautant, faisant feu, et hurlant. Malgré quatre haltes, lorsque nous en vînmes à renverser la cabane du chef, j’étais entièrement épuisé de fatigue. Un homme de notre parti, imprudemment et sans aucune autorisation, s’aventura dans le village pendant cette cérémonie ; mais ses habits furent déchirés et arrachés de son dos, et sa personne très maltraitée. Comme il s’était exposé de gaieté de cœur, et que le traitement subi par lui avait plutôt quelque chose d’honorable que de fâcheux, il n’eut pas à se plaindre.

Dans la première nuit de notre réunion, deux Ojibbeways furent tués ; la nuit suivante, deux chevaux appartenant aux Assinneboins eurent le même sort, et trois autres furent encore tués la troisième nuit. Quand des hommes viennent de si loin et de tant de cantons s’assembler en aussi grand nombre, il s’en rencontre inévitablement quelques uns qui nourrissent, au fond du cœur, de vieilles inimitiés. Il n’est pas surprenant que l’influence et le pouvoir si mal assurés des chefs soient impuissans à prévenir des troubles et l’effusion du sang.

Dans cette circonstance, des hommes de sentimens et de dialectes divers s’étaient rassemblés de tous les points d’une vaste étendue de pays ; et de ces quatorze cents guerriers, nul ne voulait reconnaître aucune autorité supérieure à sa volonté. Il est vrai de dire que, d’ordinaire, ils accordent une sorte de déférence, un certain degré de soumission au chef sous les ordres duquel ils se sont mis en marche ; mais, le plus souvent, cette obéissance ne dure qu’autant que la volonté du chef correspond entièrement aux inclinations de ses guerriers. Dans notre corps d’armée, il se trouvait des hommes dont la marche avait duré une année entière ; quelques uns même étaient venus avec leurs familles ; il y avait des femmes dans deux cents cabanes.

Peu de temps après cette jonction de nos divers corps à Turtle-Mountain, un Cree du fort de la Prairie m’adopta pour membre de sa famille, s’emparant de mes bagages, et m’invitant à vivre dans sa cabane ; il m’appela constamment Ne-je (mon ami), et me traita avec une grande bonté. Beaucoup d’autres guerriers qui, comme moi, n’avaient point de cabanes, furent admis, de la même manière, dans les familles qui en avaient.

Très peu de jours s’étaient écoulés, lorsque les petits enfans, en bien faible nombre d’abord, engagèrent dans leurs jeux une sorte de combat ; mais malheureusement, d’un côté, se trouvaient seulement les enfans des Assinneboins, de l’autre, ceux des Crees et des Ojibbeways. Des enfans plus âgés, puis des adolescens, puis des guerriers vinrent successivement prêter mainforte à chaque parti, et un jeu enfantin tourna bientôt en une lutte sanglante. Match-a-to-gewub se jeta au milieu des combattans ; Wa-ge-to-te et les autres principaux chefs suivirent son exemple, mais les jeunes guerriers parurent à peine les apercevoir. L’ardeur qui les dévorait devint une véritable rage, et les chefs s’y dérobèrent tout palpitans de douleur et de crainte.

Soudain une apparition inattendue s’éleva au plus fort de la mêlée. C’était un vieillard (12) à la tête blanche comme la neige, si courbé par l’âge qu’il ne pouvait se traîner qu’en s’appuyant sur deux bâtons. Il ressemblait plus à un chien qu’à un homme, et sa voix était trop faible pour se faire entendre à quelque distance ; mais, à son seul aspect, tous les Assinneboins s’arrêtèrent et le combat fut terminé. Deux hommes seulement, parmi tous ceux qui avaient été blessés, succombèrent immédiatement ; mais beaucoup avaient été assez violemment maltraités pour qu’il fût nécessaire de les renvoyer dans leur pays. Si la plupart des combattans n’étaient point entrés sans armes dans la querelle, ses résultats auraient été bien plus douloureux. Malgré des questions réitérées, je ne pus rien apprendre de satisfaisant sur l’histoire du vieillard, dont l’heureuse intervention s’était fait sentir si à propos ; on ne me dit pas même son nom. Il circulait parmi nous, à son égard, des rapports aussi vagues qu’extravagans.



(11) M. Balbi donne quelques détails sur cet établissement à la page 1153 de son Abrégé de Géographie. (p. 115)


(12) Il y a une scène à peu près analogue dans le chapitre vingt-huitième de la Prairie de Cooper. (p. 128)