Mémoires de John Tanner/Notes 2

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Traduction par Ernest de Blosseville.
Arthus Bertrand (2p. 327-336).


NOTES.


(1) C’est une des espèces de psoralea qui abondent, dans les contrées ouvertes du Missouri. Bouillies ou rôties, ses racines sont fort agréables au goût et très nourrissantes ; mais leur usage exclusif cause, d’ordinaire, des dérangemens d’entrailles.

(Note de l’éditeur américain.) (p. 3)


(2) Pemmican. — Essence de viande séchée à un feu de chêne et d’orme, opération dans laquelle on réduit six livres de meilleur bœuf en une seule. Ces viandes réduites ont l’apparence et peut-être même un peu le goût des saucisses allemandes, avec cette différence que le prix en est, en Angleterre, de 17 schellings la livre. — Parry, dans son voyage de 1827, en avait deux mille livres.

« Il fallut nous arrêter deux ou trois jours pour sécher et réduire en poudre la chair de quelques bœufs musqués. N’importe quel soit l’animal, sa chair, ainsi préparée, offre un aliment sain et appétissant, toujours prêt et d’un transport facile. Il est connu dans la baie d’Hudson sous le nom de Thew-Agon, et parmi les Indiens du nord, sous celui d’Achées. »

(Voyage de Samuel Hearne, v. I, p. 60. )

On coupe les parties maigres de l’animal en petites tranches que l’on fait sécher au soleil ou à un feu modéré, pour les broyer ensuite entre deux pierres et les réduire en une poudre grossière.

( Notes du Voyage de Hearne. ) (p. 3)


(3) « Plusieurs de nos chasseurs, exposés plusieurs heures à la réverbération des rayons du soleil sur la neige, revenaient, le soir, avec une inflammation douloureuse aux yeux, connue, en Amérique, sous le nom d’aveuglement de neige : on y éprouve alors la même irritation que s’ils étaient remplis de poussière et de particules de sable. »

(Voyage de Parry, p. 175.) (p. 27)


(4) La rivière du Bison. (p. 27)


(5) « Je fus rendre visite au chef des Miamis : c’est un grand homme, bien fait, mais fort disgracié, car il n’a point de nez ; on m’a dit que ce malheur lui était arrivé dans une débauche. »

(Charlevoix, journal, 22, t. 6, p. 26.)

« Ces sauvages, après avoir fait leur emplette, boivent excessivement... ; ils se querellent, se battent, se mangent le nez. »

La Hontan, Nouveaux Voyages, t. I, p. 64.

« Ceux d’entre nous qui sont tarez, comme borgnes, lousches, camus, etc., sont aussi tost remarqués par eux, et mocqués largement, spécialement par derrière, ( et quand ils sont entr’eux, car ils sont bons compagnons et ont le mot et sobriquet à commandement. »

Le père Biard. (Relation de la Nouvelle-France, p. 38.)

On trouve, dans l’Histoire des nations civilisées, des traits semblables à cet acte de véritables barbares. En voici un qui appartient aux annales du bas empire ; il s’agit d’un combat très populaire entre une reine et la maîtresse du roi son mari.

« Finalement, après plusieurs coups de griffes, de pieds et de dents (armes propres des femmes colères), la Royne (Hélène paléologue), faschée outre mesure pour la grande résistance que luy faisoit sa partie adverse, et se voyant près d’estre vaincue, se délibère de jouer à quitte ou à double, et rassemblant en un toute sa force, jalousie et rage, elle se rua d’une telle animosité sur ceste pauvrette, qu’à faulte de cousteau, de ses propres dents elle luy tronçonna le nez : qui fut cause de la fin de tant cruel, brave, furieux et chevaleureux combat. Depuis, pour ce qu’en ceste meslée la concubine y perdit son nez, elle fut appellée par les Cypriots Eomomutène, qui vault autant que nez couppé. »

Le père Etienne de Lusignan. (Histoire générale de l’isle et royaume de Cypre, p. 156.) (p. 34)


(6) Pluriel, Muzzyneneenug. — Ne croirait-on pas lire une anecdote française contemporaine des Valois ? (p. 58)


(7) On le nomme aussi le lac du Diable, et sur la carte de la compagnie du Nord-Ouest le lac de Dieu (god’s lake).

(Note de l’éditeur américain.) (p. 70)


(8) Spring deer. C’est le cervus Virginianus, cerf de Virginie, ou, selon quelques auteurs, le Guazoupoucou, ou cervus paludosus de d’Azara. Nous penchons pour la première opinion (p. 70)


(9) « Le serpent a quelque chose de mystérieux chez tous les idolâtres des Indes orientales, de la Chine et du Japon, comme chez tous les anciens païens ; c’est aussi la même chose chez tous les sauvages de l’Amérique. »

(Lafitau, t. I, p. 247.) (p. 95)


(10) Me-nau-zhe-taw-naun. (p. 100)


(11) M. Balbi donne quelques détails sur cet établissement à la page 1153 de son Abrégé de Géographie. (p. 115)


(12) Il y a une scène à peu près analogue dans le chapitre vingt-huitième de la Prairie de Cooper. (p. 128)


(13) « Il s’y trouve quantité de grozelles rouges, vertes et bleues. »

(Lescarbot, Hist. de la Nouvelle-France, p. 343.)

« Les bluets sont de certains petits grains, comme de petites cerises, mais noirs et tout à fait ronds ; la plante qui les produit est de la grandeur des framboisiers... : le» sauvages du Nord en font une moisson durant l’été, qui leur est d’un grand secours, et surtout lorsque la chasse leur manque. »

(La Hontan, Mémoires de l’Amérique, t. 2, p. 65. )

« Le bluet est un arbuste qui excède de peu nos plus grands groseilliers, que l’on laisserait croître sans les arrêter. Ses fruits sont bleus et de la forme de la groseille, mais détachés les uns des autres et non par grappes. Les grains ont un goût de groseille sucrée ; on en fait une liqueur très agréable en la mettant dans de l’eau de vie, même sans sucre. On lui attribue plusieurs vertus que je ne connais pas assez pour en répondre. Cet arbuste se plaît dans une terre maigre et graveleuse. » (Lepage du Pratz, Histoire de la Louisiane, t. 2, p. 22.)

Bossu (Nouveaux Voyages dans l’Amérique septentrionale, p. 237) définit le bluet un petit fruit qui croît dans les bois et qu’ils font sécher, comme nous faisons sécher le raisin.

Ce fruit, dit Samuel Hearne (t. II, pJ 325 de la Traduction française), est de la grosseur d’une mûre, et croît sur des buissons qui ont quelquefois dix-huit à vingt-quatre pouces de haut. Il mûrit rarement avant septembre, époque où les feuilles de l’arbuste qui le produit prennent une belle teinte rouge. Le fruit, quoique petit, est précédé d’une fleur dont la beauté égale celle du premier, et qui est très estimée pour son parfum. (p. 145)


(14) Quelques circonstances de ce meurtre semblent se rapporter à celui de Keveny, pour lequel Charles de Reinhard et Archibald Maclellan furent traduits eu justice à Québec en 1818, et le premier condamné à mort ; de Reinhard, Mainville et Jose ou Joseph Indien, nommé aussi le fils de la perdrix blanche, semblent avoir été les acteurs de ce crime. Il ne serait pas surprenant que Tanner, qui était alors avec les Indiens les plus sauvages, eût estropié des noms étrangers, ou se fût mépris sur le rang et l’importance de quelques hommes de la race européenne.

Note de l’éditeur américain, (p. 157)


(15) La relation de l’expédition de lord Selkirk a été traduite en français et imprimée à Montréal (Canada), en 1818. Elle forme un in-8° de 222 pages.

Lord Selkirk, en 1814, a traité en fief absolu d’un territoire situé aux abords de la rivière Rouge, contenant environ 116000 milles carrés. C’est deux fois la superficie de l’Angleterre.

M. Adrien Balbi donne, dans son Abrégé de Géographie, p. 1153, des détails fort curieux sur cet établissement. (p. 159)


(16) Selon M. Isidore Lebrun (Tableau statistique et politique des deux Canadas), ou les appelle quelquefois les brûlés. (p. 169).


(17) Presque tous les noms des blancs cités dans ce récit sont grossièrement estropiés : tous ont été écrits tels que se les rappelait le narrateur, chaque fois que son éditeur ne les connaissait pas assez pour les rectifier avec certitude. Codman a été mis vraisemblablement pour Coltman ; dans d’autres passages, Maveen pour Mainville ; Tussenon pour d’Orsonnens, etc. Il est même probable que plusieurs noms se sont confondus dans la mémoire de notre chasseur lui-même, qui paraît tenir plus souvent ses détails des Indiens que des blancs. C’est ainsi que, dans sa narration du meurtre du gouverneur pour la compagnie de la baie d’Hudson, il donna à cet agent le nom de Mac-Donald ou Mac-Dollond, tandis que les faits semblent se rapporter à la fin tragique de M. Semple, l’une des victimes de la rivalité sanglante survenue entre les deux compagnies. De telles erreurs, dues presque toutes à un défaut de prononciation, ne sont pas de nature à affaiblir l’authenticité de cette humble narration. — Note de l’éditeur américain. (p. 182)


(18) « Autant ces peuples sont heureux à guérir les plaies et les fractures, autant sont-ils peu habiles à traiter les maladies internes. »

(Charlevoix, t. I, p. 316.) (p. 209)


(19) Ce nom veut dire ours, dans la langue des Ojibbeways, un ours était le totem d’Oto-pun-ne-be.

Note de l’éditeur américain, (p. 210)


(20) Ce même Kish-kau-ko, dont Tanner prononce le nom Gish-gau-go, a été très connu dans le Michigan et sur d’autres points de la frontière du nord-ouest par le nombre de ses meurtres et de ses déprédations. Il est mort en prison à Détroit, dans l’automne de 1825.

Note de l’éditeur américain . (p. 219)

(21) Le père Charlevoix dit, dans la lettre dix-neuvième de son Journal, t. 5, p. 427 :

« On n’appelle jamais un homme par son nom propre, quand on lui parle dans le discours familier ; ce serait une impolitesse. »

Plusieurs passages des mémoires de Tanner, et cette partie surtout de son récit, contredisent l’observation de Charlevoix ; mais la fréquentation des blancs et la vie de la frontière ont dû altérer cet usage. (p. 223)


(22) Pottawatameh de M. Adrien Balbi ; Poutéouatamis de la Hontan et de Charlevoix. (p. 226)


(23) Les lois chez les Indiens ne recherchent point l’homicide : la vengeance de ce crime est abandonnée aux familles.

(M. de Chateaubriand, Natchez, t. 1, p. 122.) (p. 228).


(24) « Il s’en trouve qui refusent de le recevoir, pour ne pas avoir toujours devant les yeux un objet aussi désagréable que doit l’être, par exemple, pour une mère, l’assassin de son fils ; mais le plus grand nombre des femmes adoptent véritablement ces sortes d’esclaves, et commencent à les regarder, dès qu’ils leur sont livrés, avec les mêmes yeux qu’elles regardaient cet enfant qu’elles ont perdu, qui était tout ce qu’elles avaient de plus cher, et tout le soutien de leur cabane ; et elles ont pour eux dans la suite les mêmes égards que si c’était leur propre fils. »

Le père Lafitau. (Mœurs des Sauvages amériquains, comparées aux Mœurs des premiers temps, t. 1, p. 494.) (p. 230)

(25) « Peu importe au hardi driver américain que les voyageurs qu’il conduit arrivent sains et saufs ; pourvu que le mail, grand sac de cuir qui contient les lettres et les journaux, vienne à bon port, c’est là pour lui le point important ; le reste n’est qu’accessoire. »

Eugène Ney. {Revue des Deux-Mondes, mars 1833, p. 541.)

« J’ai parcouru une partie des frontières des États-Unis sur une espèce de charrette découverte qu’on appelait la malle ; nous marchions grand train nuit et jour par des chemins à peine frayés, au milieu d’immenses forêts d’arbres verts : lorsque l’obscurité devenait impénétrable, mon conducteur allumait des branches de mélèze, et nous continuions notre route à leur clarté. De loin en loin, on rencontrait une chaumière au milieu des bois : c’était l’hôtel de la poste. Le courrier jetait à la porte de cette demeure isolée un énorme paquet de lettres, et nous reprenions notre course au galop, laissant à chaque habitant du voisinage le soin de venir chercher sa part du trésor. »

Alexis de Tocqueville. (De la Démocratie en Amérique, t. 2, p. 245. ) (p. 249)


(26) Aux États-Unis d’Amérique, le titre de colonel équivaut à peu près à la valeur du même rang dans nos gardes nationales. Les Américains, malgré leur prétention à l’amour de l’égalité, tirent une grande vanité de cette puérile distinction. (p. 258)


(27) « Après avoir logé le cadavre, on fait une voûte presque au niveau du sol avec des écorces et des pieux qu’où charge de terre et de pierres à une certaine hauteur... On enferme après cela tout cet espace, en bâtissant au dessus une loge avec des planches, ou bien on l’entoure avec des perches qu’on assujettit par le haut, où elles se réunissent en forme conique ou pyramidale. »

Le père Lafitau. (Mœurs des Sauvages amériquains, comparées aux Mœurs des anciens temps, t. 2, p. 41.) (p. 260)


(28) Ces mémoires ont été publiés à New-York, en 1830. (p. 274)


(29) Voici un abus de la force tout à fait analogue, rapporté par Samuel Hearne (p. 163, t. I de la traduction française) :

« Souvent, lorsque les femmes des plus forts se trouvent surchargées, en route, de fourrures ou de provisions, ceux-ci ne se font aucun scrupule de faire porter une partie de leurs bagages par les femmes de leurs camarades moins robustes. » (p. 293)


(30) « C’est un droit et une coutume chez tous les sauvages de l’Amérique, que les enfans appartiennent à leur mère. Si deux Indiens, après avoir long-temps vécu ensemble comme mari et femme, viennent à se séparer, ayant plusieurs enfans, tous suivent la mère, même si elle prend un second mari, et pas un seul ne reste avec le père. »

Lawson. (History of Carolina, p 185.) (p. 293)