Mémoires du cardinal de Richelieu/Sommaires des vingt-neuf livres

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche


SOMMAIRES
DES VINGT-NEUF LIVRES DES MÉMOIRES
DU
CARDINAL DE RICHELIEU.


LIVRE PREMIER. [1600 à 1610]

Mariage de Henri iv avec Marie de Médicis. — Qualités de cette princesse. Son arrivée en France. — Cause des querelles domestiques des deux époux. — Eléonore Galigaï et son mari Conchini partagent les bonnes grâces de la Reine. — Marie de Médicis implore en vain la clémence du Roi en faveur du maréchal de Biron. — Demande inutilement la place de Saint-Maixent pour le duc de Sully. — Opinion du Roi sur le caractère de la Reine. — ll lui fait part de ses projets sur l’ltalie et sur le duché de Juliers. — Préparatifs pour les mettre à exécution. — Conseils du Roi à la Reine sur la conduite qu’elle aura à tenir pendant la régence qu’il doit lui confier. — Ses vues pour l’établissement de ses enfans. — Préparatifs pour le sacre de la Reine. — Le Roi est assassiné par Ravaillac. — Consternation dans Paris. — Douleur de la Reine. — Elle est déclarée régente par le parlement. — Le comte de Soissons veut s’opposer à cette déclaration. — Il est gagné et se soumet. — Procès et supplice de Ravaillac. — Prédictions sur la mort du Roi. — La Reine-mère fait renouveler l’édit de Nantes en faveur des Protestans. — Le parlement condamne un livre de Mariana, auteur espagnol, et un autre de Barclay. — Le prince de Condé résiste aux sollicitations des Espagnols, et revient en France. — Le duc d’Epernon se rend maître de la citadelle de Metz. — Quatre aspects différens que présente l’administration de la régence. — La Reine-mère poursuit le projet de Henri iv, et envoie une armée dans le duché de Juliers. — Funérailles du Roi. — La Reine-mère décharge le peuple de quelques impôts. — Ses largesses aux princes et seigneurs. — Le maréchal de Bouillon travaille à réunir M. le prince et le comte de Soissons. — Projet de mariage entre les enfans de France et d’Espagne. — La Reine-mère fait sacrer le jeune Roi à Reims. — Union des princes du sang. — Les ministres projettent de se débarrasser de Sully. — Union du comte de Soissons avec le marquis d’Ancre. — Les Maurisques sont chassés d’Espagne. — Humanité du gouvernement français envers eux.

LIVRE II. [1611]

Sully remet la charge de surintendant des finances et le gouvernement de la Bastille. — Le duc de Savoie s’arrange avec l’Espagne, et entreprend d’assiéger Genève. — La Reine-mère négocie auprès de lui et le fait renoncer à son projet. — Assemblée générale des huguenots à Saumur. — Intrigues de M. de Bouillon à cette occasion. — Comment elles échouent. — Commcnt se termine l’assemblée de Saumur. — La Sorbonne condamne le livre intitulé : Histoire de la papauté. — La Reine-mère pardonne à l’auteur d’un autre livre intitulé : De la monarchie aristocratique. — Dissension à la faculté de Théologie au sujet du livre d’Edmond Richer. — Tumulte à Troyes contre les jésuites. — Arrêt contre les académies de jeu et contre les duels. — La demoiselle Descouman est condamnée par le parlement pour avoir accusé le duc d’Epernon d’avoir trempé dans l’assassinat de Henri iv. — Ambition du marquis d’Ancre. — Il obtient le gouvernement d’Amiens. — Se brouille avec les ministres. — Le chevalier de Guise attaque en plein jour le marquis de Cœuvres. — Mort du duc du Maine ou Mayenne. — Sa fidélité depuis sa soumission au roi Henri. — Mort du duc d’Orléans, frère de Louis xiii. — Mécontentemens qu’elle occasionne à la cour. — La Reine-mère apaise le tumulte survenu à Aix-la-Chapelle. — Les jésuites reçoivent défense d’enseigner. — Mort de Charles xi, roi de Suède. — Mort d’Antonio Perez, ancien ministre du roi d’Espagne ; son histoire.

LIVRE III. [1612]

Tentatives pour désunir M. le prince et le comte de Soissons. — La Reine-mère conclut les mariages de France et d’Espagne. — Elle se refuse aux demandes que lui font le marquis d’Ancre et le duc de Bouillon. — M. le prince et le comte de Soissons reviennent à la cour avec l’intention d’abaisser l’autorité des ministres. — Ils donnent leur consentement aux articles des deux mariages. — Affaire d’Edmond Richer. — Le comte de Soissons obtient le gouvernement de Quillebeuf. — Le duc de Bellegarde a recours à des moyens illicites pour supplanter le marquis d’Ancre. — Affaire de Moysset. — Mort du comte de Soissons. — Le marquis d’Ancre cherche à s’appuyer de M. le prince. — Révolte de Vatan apaisée. — Révolte de Saint-Jean-d’Angely suscitée par le duc de Rohan. — Comment la Reine-mère parvient à l’étouffer. — Orage formé contre les jésuites à l’occasion du livre de Becanus. — Mort de l’empereur Rodolphe. — Gustave, roi de Suède, contraint le roi de Danemarck à faire la paix. — Mort du duc de Mantoue. — Le roi d’Angleterre marie sa fille à Frédéric, comte Palatin.

LIVRE IV. [1613]

Le chevalier de Guise met en duel le baron de Luz ; chagrin de la Reine-mère. — Son mécontentement envers le chancelier. — Le marquis d’Ancre empêche qu’il soit congédié. — Il appuie les prétentions de M. le prince. — Court risque de perdre la faveur de la Reine-mère. — Le fiis du baron de Luz est tué en duel par le chevalier de Guise. — Le marquis d’Ancre propose aux princes de se retirer tous de la cour. — Les princes s’éloignent ; cet éloignement produit peu d’effet. — Affaire du livre de Becanus. — Projet de mariage du marquis de Villeroy avec la fille du marquis d’Ancre. — Le duc de Savoie renouvelle les vieilles querelles et ses prétentions sur le Montferrat. — Il entre en armes dans ce pays qu’il met à feu et à sang. — Le marquis d’Ancre fait revenir les princes à la cour. — Sujets de refroidissement entre lui et le duc de Bouillon. — La Reine-mère se décide à défendre le duc de Mantoue. — Le duc de Savoie remet toutes les places qu’il a prises dans le Montferrat. — Le mariage de Frédéric, comte Palatin, avec la fille du roi d’Angleterre, est célébré à Londres. — Sigismond Battory perd ses États, sa gloire et sa liberté pour s’être fié à l’Empereur. — Le mariage de M. de Villeroy avec la fille du marquis d’Ancre est publié et signé à Fontainebleau. — Le duc d’Epernon se retire à Metz. — Soulèvement du peuple à Nîmes. — Le siége présidial de cette ville est transféré à Beaucaire. — Établissement de plusieurs congrégations religieuses. — Constructions et jardins du Luxembourg. — Projet de réunir les deux mers par les rivières d’Ouche et d’Armancon. — Froideur entre le marquis d’Ancre et M. de Villeroy. — Le marquis de Cœuvres est envoyé en Italie auprès du duc de Mantoue. — Mort de Gabriel Battory, prince de Transsylvanie. — Gabriel Bethelin lui succède.

LIVRE V. [1614]

Les princes s’éloignent de la cour. — Livres séditieux répandus dans le public. — La Reine-mère fait revenir le duc d’Epernon. — M. de Vendôme se sauve du Louvre où il étoit gardé. — Le duc de Nevers s’empare du château de Mézières. — La Reine-mère veut se démettre de la régence. — Division dans le conseil à ce sujet. — Elle se décide à arranger les affaires par la douceur. — Manifeste de M. le prince. — Réponse victorieuse faite par le conseil aux plaintes qu’il renferme. — Mort du vieux connétable de Montmorency. — Négociations entamées à Soissons. — Comment la Reine-mère s’arrange avec les princes. — La paix est signée à Sainte-Menehould. — Résultat de la mission du marquis de Cœuvres en Italie. — Mort du chevalier de Guise. — Le parlement fait brûler un livre du jésuite Suarez. — La ville de Poitiers refuse l’entrée à M. le prince. — La Reine-mère se décide à mener le Roi dans cette ville et en Bretagne. — Opiniâtreté de M. de Vendôme. — Le Roi tient les états à Nantes ; pacifie le Poitou et la Bretagne. — Est déclaré majeur. — Il pose la première pierre du Pont Marie. — M. le prince propose secrètement à la Reine-mère de ne point convoquer les états dont les princes avoient demandé la rénnion. — Cette assemblée s’onvre le 27 octobre aux Augustins à Paris. — Le château d’Amboise est donné à M. de Luynes. — Détails sur la famille de ce favori du Roi. — Le maréchal d’Ancre contribue à son élévation. — Le duc d’Épemon fait sortir de force un soldat mis dans les prisons de Saint-Germain. — Sa conduite insolente envers le parlement. — Le maréchal d’Ancre fait créer des offices de trésoriers des pensions. — Le duc de Savoie refuse de désarmer, malgré les instances que lui en font les Espagnols. — Troubles en Italie. — Le marquis de Spinola prend Aix-la-Chapelle, au nom de l’Empereur. — Les Hollandais s’emparent de Juliers et d’Emmerick.

LIVRE VI. [1615]

Délibérations des trois chambres des états. — Discussions au sujet de la paulette, de la vénalité des offices, de la commission pour les recherches du sel, du concile de Trente, d’un projet de loi fondamentale proposé par la chambre du tiers. — Discours du cardinal du Perron dans cette chambre à cette occasion. — La chambre du clergé demande au Roi un édit contre les duels. — Le parlement condamne par contumace un député de la noblesse qui a donné des coups de bâton à un député du tiers. — Il décrète de prise de corps un agent de M. le prince pour avoir donné des coups de bâton à Marsillac. — Le maréchal d’Ancre fait attaquer en plein jour Riberpré, du parti de M. de Longueville. — Les trois chambres présentent au Roi leurs cahiers de doléances. — Réponse que leur fait Sa Majesté. — Les députés sont congédiés. — Résultat de cette assemblée. — Mort de Marguerite de Valois, première femme de Henri IV. — Son éloge. — Le Roi casse un arrêt du parlement portant couvocation de toutes les chambres pour délibérer sur les affaires de l’État. — Le parlement présente au Roi des remontrances. — Nouvel arrêt du conseil qui annule ces remontrances. — M. le prince se retire à Crcil et refuse d’accompagner le Roi en Guienne. — Le maréchal d’Ancre incline toujours à la paix. — Plaintes de la Reine-mère contre M. de Villeroy. — M. le prince refuse une troisième fois d’accompagner le Roi. — M. de Longueville essaie en vain de soulever le peuple d’Amiens et de s’emparer de la citadelle. — Le duc de Savoie est contraint de signer les articles concertés entre la France et l’Espagne par le marquis de Rambouillet. — Substance de ces articles. — Punition d’une religieuse de Naples, nommée Julia. — Lettre de M. le prince au Roi, en forme de manifeste. — Plaintes du duc de Bouillon contre le duc d’Epemon, le chancelier, et nommément contre le maréchal d’Ancre. — Quel est le genre de crédit dont ce maréchal jouit auprès de la Reine. — Il reçoit l’ordre de se retirer à Amiens. — L’abbé de Saint-Victor, coadjuteur de Rouen, vient supplier le Roi, au nom du clergé, de recevoir le concile de Trente. — Sa harangue est mal reçue. — Les remontrances de l’ambassadeur d’Angleterre sont ainsi mal accueillies. — Leurs Majestés partent pour la Guienne. — Le président Le Jay est conduit au château d’Amboise. — Le duc d’Epernon, en crédit auprès de la Reine, accompagne Leurs Majestés. — La maréchale d’Ancre est du voyage. — Lettre de l”assemblée des huguenots tenue à Grenoble, adressée au Roi ; demandes qu’elle contient. — Le Roi étant à Poitiers déclare le prince de Condé et ses adhérens criminels de lèse-majesté. — Déclaration de M. le prince en réponse à celle du Roi. — Le maréchal Bois-Dauphin rassemble à Paris une armée pour l’opposer à celle des princes. — Comment la maréchale d’Ancre rentre dans sa familiarité première avec la Reine. — L’armée des princes s’empare de Château-Thierry et passe la Seine à Bray. — Leurs Majestés arrivent à Bordeaux où se font les fiançailles de Madame et du prince d’Espagne, et le mariage du Roi avec l’infante. — Le cardinal de Sourdis délivre des prisons, à main armée, un huguenot condamné pour plusieurs crimes par le parlement de Bordeaux. — L’assemblée de Grenoble se transporte à Nîmes contre l’avis du maréchal de Lesdiguières. — Elle avoue la prise d’armes du duc de Rohan, et exhorte toutes les provinces à le seconder. — Le Roi déelare criminels de lèse-majesté tous les huguenots qui, dans un mois, ne se soumettront pas. — M. le prince ravage avec son armée le Berri, la Touraine et le Poitou. — Convention passée à Parthenay entre lui et les députés de l’assemblée de Nîmes. — Le Roi nomme le duc de Guise général de ses deux armées. — La Reine consent à négocier avec M. le prince. — Le duc de Nevers offre de s’entremettre pour la paix. — Mort du cardinal de Joyeuse.

LIVRE VII. [1616]

Opinions diverses dans le conseil du Roi. — Sentimens divers parmi les princes. — M. le prince se résont a la paix. — Sa lettre au Roi qui accorde que l’assemblée de Nimes soit transférée à La Rochelle. — Sa Majesté arrive à Poitiers. — Suspension d’armes. — Conférences de Londun. — Le Roi envoie l’ordre au duc de Vendôme de poser les armes. — Il consent à toutes les demandes des princes. — Le commandement de la citadelle d’Amiens est ôté au maréchal d’Ancre. — Les princes recoivent de grands dons et des récompenses du Roi. — Les sceaux sont donnés au sieur du Vair, premier président de Provence. — Le président Le Jay est remis en liberté, de même que M. le comte d’Auvergne. — Le maréchal d’Ancre est dédommagé de la perte d’Amiens. — Mécontentement des princes les uns envers les autres. — Changement dans le ministère. — Du Vair fait congédier Villeroy à qui il doit son élévation. — La Reine-mère demande au Roi à quitter les soins de l’administration ; le Roi s’y refuse. — Elle commence à se défier des sentimens de Luynes. — Envoie l’évêque de Luçon auprès de M. le prince pour l’engager à venir à la cour. — Le duc de Bouillon et M. de Mayenne concoivent le dessein de se défaire du maréchal d’Ancre. — Ils rallient tous les ennemis du maréchal. — Imprudences de ce dernier. — M. le prince arrive à Paris et y est recu avec joie. — Le maréchal d’Ancre et sa femme se livrent entièrement à lui. — M. le prince partage l’autorité de la Reine et devient tout puissant. — Il se joint au dessein de perdre le maréchal. — Conseils secrets tenus pour en hâter l’exécution. — Projet du duc de Nevers de séparer l’ordre du Saint-Sépulcre de celui de Saint-Jean de Jérusalem, et de se faire empereur d’Orient. — Représentations du grand-maître de Malte contre ce projet. — M. de Longueville enlève Péronne au maréchal d’Ancre. — La Reine envoie M. le comte d’Auvergne investir cette place. — Moyen qu’elle prend pour s’attacher M. de Luynes. — Diversité d’opinions dans le conseil des princes sur la manière de ruiner le maréchal d’Ancre. — Proposition de M. le prince contre la Reine-mère ; le duc de Guise s’y montre tout contraire. — M. de Sully instruit le Roi et la Reine des mauvais desseins des princes. — Conférence de M. le prince avec le ministre Barbin. — Le duc de Bouillon fait changer de résolution à M. le prince, qui envoie dire au maréchal d’Ancre qu’il n’est plus son ami. — Frayeur du maréchal et de sa femme. — Le maréchal quitte Paris. — Le Roi et la Reine-mère font arrêter M. le prince au Louvre. — Les autres princes se rendent à Soissons. — La maison du maréchal d’Ancre à Paris est pillée par le peuple. — La Reine-mère fait rétablir l’ordre dans la ville. — M. de Vendôme s’enfuit à La Fère. — Le duc d’Épernon arrête les mauvais desseins des huguenots de La Rochelle. — Foiblesse de M. le prince ; ses agitations. — Le Roi se rend au parlement où il fait connoître les motifs qui ont provoqué les mesures qu’il a prises. — Ordre donné à tous les domestiques et suivans des princes de sortir de Paris dans les vingt-quatre heures s’ils ne viennent déclarer qu’ils veulent vivre et mourir dans l’obéissance du Roi. — Conférence tenue à Coucy ; résolution prise par les princes de marcher sur Paris. — M. de Longueville traite avec le Roi et lui remet Péronne. — M. de Guise propose divers projets. — M. de Nevers se joint aux princes. — Conférence à Cravausson entre les députés du Roi et les princes. — L’armée du Roi s’avance jusques à Villers-Cotterets. — M. de Guise se rend à la cour. — Le Roi consent à quelques-unes des demandes des princes. — Le duc de Nevers excite de nonveaux troubles, et résiste aux sollicitations de la Reine. — Essaie de s’emparer de Reims ; fait occuper le château de Sy appartenant au marquis de La Vieuville. — Son insolence envers Barenton, exempt des gardes, envoyé par le Roi. — Le garde des sceaux du Vair est congédié, et Richelieu fait secrétaire d’État. — Celui-ci refuse de se démettre de son évêché. — Le maréchal d’Ancre revient à la cour et continue à se mêler des affaires. — M. de Luynes s’attache à le perdre dans l’esprit du Roi. — Le duc de Nevers surprend Sainte-Menehould et met garnison dans le château. — Le maréchal de Praslin l’en fait sortir peu après. — Lettre hardie du duc de Bouillon au Roi ; réponse ferme et vigoureuse de Sa Majesté. — M. le prince est gardé de plus près. — Boursier, un de ses chevau-légers, est condamné à mort pour avoir voulu tuer la Reine-mère. — M. le prince est conduit à la Bastille. — Affaires d’Italie. — Le maréchal de Lesdiguières va au secours du duc de Savoie. — Le duc de Nemours fait des levées contre lui. — Ses troupes sont mises en déroute. — Il termine par un accord ses différends avec le duc de Savoie. — Mort du président de Harlay. — Son caractère ferme, son intégrité. — Mort du cardinal de Gondy, ancienne créature de Catherine de Médicis.

LIVRE VIII. [1617]

Le Roi envoie des ambassadeurs en Angleterre, en Hollande et en Allemagne, pour éclairer ces puissances sur la conduite des princes révoltés. — Le duc de Nevers continue ses préparatifs de guerre. — Messieurs du Maine et de Bouillon adressent au Roi des lettres où ils témoignent leur mécontentement. — Réponse du Roi à M. du Maine. — Déclaration du Roi contre M. de Nevers. — Réponse des princes au nom de M. de Nevers. — Nouvelle déclaration du Roi contre eux. — Armées levées pour les soumettre. — Le comte d’Auvergne assure au Roi plusieurs places du Perche et du Maine. — Les huguenots s’assemblent à La Rochelle malgré le refus qui leur en a été fait. — Déclaration des princes contre le maréchal d’Ancre et ses adhérens. — Peu d’effet qu’elle produit dans l’esprit des peuples. — Un arrêt du conseil réunit tous les biens des princes au domaine du Roi. — Succès du duc de Guise contre les révoltés. — Pareils succès obtenus en Berri et au Nivernais par le maréchal de Montigny, et dans l’Île de France par le comte d’Auvergne. — Caractère du maréchal d’Ancre. — Comment il s’attira tant d’ennemis. — Son imprudence égale à son ambition. — Pourquoi il devient l’ennemi de Richelieu. — Celui-ci veut par deux fois se retirer des affaires ; la Reine-mère le retient. — Le maréchal d’Ancre forme le dessein de se remettre en possession de la citadelle d’Amiens. — Par quels moyens M. de Luynes aigrit l’esprit du Roi contre le maréchal, et le porte enfin à le faire arrêter. — Le baron de Vitry tue le maréchal. — Le Roi écrit dans les provinces pour calmer les esprits et annoncer qu’il veut prendre en main l’administration de ses États, à l’exclusion de tout autre. — Richelieu paroît au Louvre devant le Roi, en reçoit des paroles obligeantes, et par son ordre assiste au conseil. — Barbin est gardé chez lui. — La maréchale d’Ancre est arrêtée. — Le baron de Vitry est fait maréchal de France. — Opinion de l’auteur sur l’assassinat du maréchal d’Ancre. — Le corps du maréchal est exhumé par la populace qui l’accable d’outrages. — Présence d’esprit de Richelieu qui le sauve du danger qu’il court en passant le Pont-Neuf. — Le baron de Vitry est pourvu de l’office de conseiller au Parlement. — Le Roi remet en charge tous les anciens officiers chassés par la Reine-mère. — Richelieu refuse de rester au conseil et veut suivre la fortune de la Reine. — Les nouveaux ministres se conduisent tout autrement que ceux qu’ils ont remplacés. — Les princes sont appelés et bien accueillis à la cour. — La Reine-mère est reléguée à Blois. — Le prêtre Travail projette d’assassiner M. de Luynes. — Il est condamné à mort comme coupable d’avoir voulu assassiner la Reine. — Discours de cette princesse au Roi avant son départ. — Détails sur ce départ. — La maréchale d’Ancre est traduite devant le parlement. — Le Roi fait publier une déclaration en faveur des princes. — Pardonne à l’assemblée de La Rochelle et la congédie. — Remontrances de l’assemblée générale du clergé sur la situation malheureuse de l’Église du Bearn. — Un arrêt du conseil ordonne que l’exercice de la religion catholique sera rétabli dans ce pays, et que les biens du clergé seront rendus aux ecclésiastiques. — Les édits contre les duels sont remis en vigueur. — Arrêt du parlement contre la maréchale d’Ancre. — Principaux chefs sur lesquels elle est condamnée. — Sa résignation, son courage. — Naissance de Conchini. — Son élévation, son caractère. — Naissance de Léonore Galigaï. — Comment elle parvient à gagner la confiance de Marie de Médicis. — Sa santé et son esprit s’altèrent. — Causes de ses querelles avec son mari. — Richelieu est fait chef du conseil de la Reine-mère. — Sa prudence dans cet emploi. — Sa correspondance avec M. de Luynes. — Le Roi lui écrit qu’il est bien aise de la résolution qu’il a prise d’aller en son évêché, et lui commande d’y rester jusqu’à nouvel ordre. — Réponse soumise de Richelieu. — La Reine-mère se plaint au Roi de cet ordre. — Elle en écrit à M. de Luynes. — Presse Richelieu de revenir auprès d’elle. — Richelieu s’y refuse. — Il est relégué dans son évêché. — Pourquoi le maréchal de Vitry devient son ennemi. — Il compose un écrit contre la lettre des quatre ministres de Charenton. — Mortifications dont la Reine-mère devient l’objet. — On veut lui arracher l’aveu qu’elle s’est mal gouvernée dans l’administration des affaires de l’État. — M. le prince est transféré à Vincennes. — M. de Luynes se marie avec la fille du duc de Montbazon ; est fait lieutenant général au gouvernement de Normandie. — La correspondance entre Barbin et la Reine-mère passe sous les yeux de M. de Luynes. — Assemblée des princes protestans d’Allemagne à Hailbronn. — Le duc de Saxe fait célébrer les cent ans révolus depuis la première publication des hérésies de Luther. — Affaires d’Italie. — Succès du maréchal de Lesdiguières. — Traité de Pavie. — Assemblée des notables à Rouen. — Mort de M. de Villeroy. — Son caractère. — Mort de l’historien de Thou. — Son incapacité dans les affaires.

LIVRE IX. [1618]

La Reine-mère projette d’aller trouver le Roi. — Les mauvais traitemens qu’elle endure lui regagnent les esprits. — Richelieu, son frère et son beau-frère, reçoivent ordre d’aller à Avignon. — Barbin est plus étroitement gardé et interrogé sur ses lettres à la Reine. — M. de Luynes fait supprimer la paulette et permettre aux jésuites d’onvrir un collége à Clermont. — Le Roi tient ferme à l’exécution de son arrêt en faveur des ecclésiastiques du Béarn. — Déclare criminels de lèse-majesté tous ceux qui se trouveront à l’assemblée d’Orthez. — Fait rendre Verceil par les Espagnols. — M. de Luynes travaille à l’établissement de sa maison, et fait poursuivre le procès de Barbin. — Condamnations. — Emprisonnemens. — Barbin obtient d’être ouï au grand conseil. — Il est condamné au bannissement. — Cette peine est changée en une prison rigoureuse. — La Reine-mère reçoit défense de sortir de Blois. — Ses promenades sont bornées. — Déelaration qu’on la force de signer. — Le cardinal de Savoie vient en France demander en mariage Madame, sœur du Roi, pour le prince de Piémont. — Soulèvement en Bohême. — Le roi Ferdinand et l’archiduc Maximilien font arrêter le cardinal Klezel. — Mort du cardinal du Perron ; son éloge.

LIVRE X. [1619]

La Reine-mère songe à sortir de sa captivité. — Chanteloube travaille auprès des princes pour les intéresser à sa liberté. — Les ducs de Bouillon et d’Epernon s’engagent à la délivrer. — Le dernier part de Metz pour aller à Loches recevoir la Reine-mère et la conduire à Angoulême. — Comment la Reine sort du château de Blois pendant la nuit. — Elle se rend à Montrichard, où le cardinal de La Valette la reçoit et la conduit au duc d’Epernon son père. — Lettre qu’elle écrit au Roi pour lui annoncer les motifs qui l’ont forcée à quitter Blois. — Réponse du Roi. — Nouvelle lettre de la Reine. — Autre réponse du Roi. — Richelieu reçoit ordre du Roi d’aller trouver la Reine-mère et de calmer son esprit. — Il part, est arrêté à Vienne, puis relâché et arrive à Angoulême. — Détails sur ce qui s’y passe à son sujet. — Situation dans laquelle s’y trouve la Reine-mère. — Traité qui s’y conclut. — Le Roi l’approuve et part pour aller en Touraine. — Propositions extravagantes de Russelay à la Reine. — Russelay quitte la Reine et se rend à la cour. — Le frère de Richelieu est tué par le marquis de Thémines. — Lettre de protestations de M. de Luynes à la Reine. — Réponse. — Autre lettre pour l’inviter à venir à la conr. — M. de Luynes traite en même temps pour surprendre les places qui sont au pouvoir des serviteurs de la Reine. — Barneveldt est condamné à mort et exécuté. — Le Roi s’intéresse vainement à lui. — Richelieu est envoyé à Tours ; sa conférence avec M. de Luynes. — Entrevue du Roi et de la Reine. — Nouveaux sujets de plaintes de la Reine-mère. — Elle se rend à Angers. — M. le prince est délivré. — Barbin sort de la Bastille et du royaume. — Déclaration du Roi en faveur de M. le prince. — Lettre de la Reine-mère an Roi sur le tort que lui fait cette déclaration. — Richelieu conseille à la Reine de se rendre à la cour. — Chanteloube l’en détourne. — Nouvelles plaintes de la Reine-mère sur l’inexécution du traité d’Angoulême. — Suite du soulèvement de la Bohême. — Le roi Ferdinand est élu empereur. — L’électeur Palatin est couronné roi de Bohême. — Le Roi envoie une ambassade solennelle en Allemagne, pour travailler à un accommodement entre les princes.

LIVRE XI. [1620]

La Reine-mère, retirée à Angers, se plaint de l’inexécution du traité d’Angoulême. — Des négociations s’entament entre elle et Louis xiii. — Elle refuse les offres de service que lui font les huguenots. — Pendant les négociations le Roi envoie des ambassadeurs en Allemagne. — Il vient à Orléans pour se rapprocher de la Reine-mère. — Le duc de Luynes le fait retourner à Fontainebleau. — Richelieu veut dissuader la Reine-mère de prendre la voie des armes pour obtenir satisfaction. — La guerre est décidée dans son conseil. — Le Roi marche sur Rouen où il fait son entrée ; il pacifie la Normandie et part pour le Pont-de-Cé. — Les seigneurs du parti de la Reine n’opposent qu’une foible résistance et se dispersent. — Traité de paix entre le Roi et sa mère. — Modération du duc de Luynes. — Le Roi se rend à Bordeaux, soumet les protestans du Béarn, fait rendre aux évêques les biens dont ils étoient privés. — Il revient à Paris. — Les protestans du Béarn excitent de nouveaux troubles. — Affaires d’Allemagne. — Bataille de Prague. — L’Empereur soumet la Bohême.

LIVRE XII. [1621]

Projet de mariage entre madame Henriette, troisième sœur du Roi, et le prince de Galles ; pourquoi il échoue. — Assemblée des huguenots à La Rochelle ; ils font de vaines protestations de fidélité, et se révoltent en plusieurs provinces ; ordres donnés et mesures prises pour les réprimer. — Réunion de la Navarre à la couronne. — Le Roi se prépare à la guerre contre les rebelles. — Le duc de Luynes est fait connétable. — Conduite de ce dernier envers la Reine-mère ; bruits calomnieux répandus contre elle ; affronts qu’elle reçoit. — Elle refuse de recourir à la voie des armes. — Différend survenu entre le cardinal de Guise et M. de Nevers ; comment la Reine-mère s’y trouve compromise. — Ses plaintes et ses conseils au Roi. — Insolence de l’assemblée de La Rochelle. — Sédition à Tours apaisée. — Le Roi se rend à Saumur, dont il ôte le gouvernement à du Plessis-Mornay. — Organisation politique des églises protestantes. — Prise de plusieurs places sur les huguenots. — Siége et capitulation de Saint-Jean d’Angely. — Prise de Nérac et autres villes. — Mort du garde des sceaux du Vair ; son caractère. — Siége de Montauban ; le duc du Maine y est tué. — Son portrait. — Le Roi convertit le siége de Montauban en blocus. — La Reine-mère est accusée d’être à la tête d’un tiers parti qui n’existe pas. — Forfanterie et hauteur du duc de Luynes. — Le Roi se rend à Toulouse. — Le père Arnoult fait ombrage au connétable. — Mort de ce dernier ; prédictions sur sa mort ; son ambition désordonnée et extravagante ; son caractère, ses procédés envers la Reine-mère. — Situation de cette princesse au moment de la mort du connétable. — Lettre du Roi en lui annonçant cette mort. — Affaires d’Allemagne. — Mort du pape Paul V et de Philippe iii, roi d’Espagne. — Leur caractère. — Du duc de Lerme et de son fils le duc d’Uzède.

LIVRE XIII. [1622]

La Reine-mère offre au Roi Angers, Chinon et le Pont-de-Cé, pour récompenser ceux qui l’ont servi. — Efforts de M. le prince et des ministres pour empêcher le Roi de revoir sa mère. — Elle envoie Richelieu à son fils pour lui exprimer toute sa tendresse et les bons sentimens qui l’animent. — Les ministres ne veulent pas qu’elle entre au conseil. — Moyens qu’ils emploient pour l’en écarter, ou au moins pour prévenir l’influence qu’elle pourrait y prendre. — Conversation de la Reine-mère avec son fils à ce sujet et à l’occasion d’une insulte de Russelay. — Son explication avec M. le prince. — Son opinion dans le conseil du Roi sur le parti à prendre envers les huguenots. — M. le prince fait décider la guerre. — La Reine-mère déclare qu’elle suivra le Roi. — Nouvelle explication avec M. le prince sur cette résolution. — Entreprises des huguenots. — Le Roi part de Paris pour marcher contre eux. — Il reçoit à Orléans la nouvelle de la soumission de plusieurs places sur le Rhône. — Il se rend à Nantes d’où il veut aller en bas Poitou à la poursuite du duc de Soubise. — La Reine-mère essaie de s’opposer à cette résolution. — Le duc de Soubise se sauve le long des Dunes. — Le Roi le poursuit et déploie un grand courage. — La Reine-mère tombe malade et va aux eaux de Pougues. — Ses ennemis essaient de profiter de cette circonstance pour calomnier ses intentions. — Le Roi assiége et prend Royan, s’achemine vers le Languedoc, prend Négrepelisse, soumet Saint-Antonin, se rend à Toulouse. — Il fait vérifier au parlement les lettres patentes qui déclarent le duc de Rohan criminel de lèse-majesté. — Il nomme le maréchal de Lesdiguières connétable. — Soumission de plusieurs petites villes aux environs de Montpellier. — Les frontières de la Champagne menacées par le comte de Mansfeld. — Gonzalès poursuit Mansfeld qui se retire en Westphalie. — Siége de Montpellier entrepris par M. le prince. — Russelay vient auprès de lui. — Mort du cardinal de Retz ; son caractère. — Richelieu est nommé cardinal. — Capitulation de Montpellier ; M. le prince ne pouvant empêcher cette capitulation se rend en Italie. — Conseils de la Reine-mère au Roi sur les moyens de terminer la guerre. — Mort de Russelay ; son histoire. — Bataille navale où les Rochelois sont défaits. — Richelieu vient à Tarascon remercier le Roi du chapeau de cardinal. — Le Roi revoit les Reines à Lyon ; il entretient sa mère des desseins de M. le prince. Conseils de la Reine-mère à l’égard de la Valteline. — Le Roi retourne à Paris. — Rétractation du jésuite Antonio de Dominis.

LIVRE XIV. [1623]

Le Roi envoie des commissaires dans toutes les provinces pour rétablir l’exercice de la religion catholique. — Les Rochelois font de vaines instances pour la démolition du fort Louis. — Le chancelier Sillery et son fils de Puisieux entreprennent de faire éloigner du ministère M. de Schomberg. — Il est congédié ; se bat en duel avec le comte de Candale. — Le chancelier obtient les sceaux par le crédit de la Reine-mère. — Le duc de Rohan reçoit ordre de se retirer de Montpellier. — Déclaration du Roi qui défend aux huguenots de tenir aucune assemblée. — Conduite du chancelier et de son fils envers la Reine-mère. — Ils essaient de brouiller le Roi et la Reine. — La Reine-mère s’offre de parler à la Reine sur la légèreté qu’elle met dans quelques-unes de ses actions. — Elle réconcilie les deux époux. — Le Roi envoie assurer M. le prince, de retour d’Italie, de sa bonne volonté et du désir qu’il a de le voir. — D’après les avis de la Reine-mère, le Roi se décide à ne point rompre le projet de mariage de Monsieur, mais d’en différer l’exécution. — Comment elle empêche l’entrée au conseil du prince de Joinville et de Bassompierre. — Le prince de Galles passe incognito en France pour se rendre en Espagne, afin d’accélérer son mariage avec l’Infante. — Remontrances de la Reine-mère au Roi à cette occasion. — Intrigues des ministres auprès d’elle. — Mort du président Jeannin ; son caractère. — Mort du duc de Bouillon ; son ambition, son esprit turbulent. — Remontrances du parlement. — La Reine-mère est accusée d’avoir sollicité le gouvernement de Saumur. — Sa conduite dans cette affaire ; le Roi lui donne pleine satisfaction. — Elle se charge de nouveau de parler à la Reine sur sa conduite. — Nouvelles intrigues des ministres. — La Reine-mère projette d’aller aux eaux de Pougues ; raisons qui l’y font renoncer. — Elle se rend à Monceaux où le Roi va la visiter, puis la Reine. — Madame de Chevreuse est éloignée de la cour. — La Reine-mèrc se justifie d’être la cause de cet éloignement. — Ses avis au Roi sur la formation d’un conseil que lui proposent les ministres, et sur l’offre du roi d’Espagne d’assister Louis xiii d’une armée navale pour prendre La Rochelle. — Intrigue de Puisieux découverte. — Les habitans de Montpellier obtiennent la construction d’une citadelle. — Mort du pape Grégoire xv ; son caractère. — Mort de du Plessis-Mornay ; son portrait. — Confrérie de los Alumbrados. — Les Roses-Croix et les Invisibles.

LIVRE XV. [1624]

La Vieuville, qui dirige le ministère, fait résoudre le Roi à admettre le cardinal de Richelieu en ses conseils. — Le cardinal s’en défend par plusieurs raisons. — Le Roi le lui ordonne ; il obéit, en présentant diverses considérations politiques et personnelles. — Le roi d’Angleterre demande madame Henriette pour le prince de Galles. — Opinion du cardinal dans le conseil du Roi sur ce mariage ; conditions d’après lesquelles il conclut qu’il se fasse. — Négociations et débats entre les ambassadeurs d’Angleterre et le conseil. — Le mariage est arrêté. — Négociations avec la cour de Rome à ce sujet. — Les Hollandais demandent secours au Roi contre la maison d’Autriche. — Opinion du cardinal dans le conseil, tendante à contracter avec eux une amitié aussi étroite que du temps du feu Roi. — Articles importans pour l’État et la religion ajoutés à l’ancien traité. — Menées et intrigues de La Vieuville ; raisons qui déterminent le Roi à le renvoyer. — Le cardinal et le garde des sceaux essaient de l’excuser. — Il est congédié. — Discours du cardinal au Roi avant ce renvoi. — D’après ses conseils Schomberg est rappelé au ministère. — La Vieuville est arrêté et envoyé prisonnier à Amboise. — Le cardinal loue le Roi de s’être défait de ce ministre ; il lui conseille de gouverner d’après un autre plan. — On écrit aux provinces, aux gouverneurs, aux parlemens, aux ambassadeurs, pour les informer des résolutions du Roi et du changement qui vient de se faire. — Le colonel Ornano est rappelé auprès de Monsieur. — Le cardinal propose l’établissement d’une chambre de justice pour poursuivre ceux qui ont malversé dans les finances ; développemens dans lesquels il entre à cet égard ; moyens qu’il offre. — Le Roi ordonne l’érection de cette chambre ; plnsieurs financiers sont emprisonnés, d’autres prennent la fuite. — Affaire de la Valteline ; détails historiques à ce sujet ; le cardinal fait rejeter le projet de traité proposé par le Pape ; exposé des motifs qu’il en donne ; ses conclusions sont adoptées par le Roi. — Négociations entre l’ambassadeur de France et la cour de Rome. — Le cardinal prouve la nécessité et la justice de recourir à la voie des armes ; il fait approuver les mesures qu’il propose. — Le maréchal de La Force est envoyé avec quelques troupes en Picardie, le duc d’Angoulême en Champagne, le connétable de Lesdiguières en Bresse. — Le marquis de Cœuvres, secondé par les ligues grises, occupe la Valteline, et renvoie au marquis de Bagny, commandant pour Sa Sainteté, les officiers et les soldats qu’il a faits prisonniers.

LIVRE XVI. [1625]

Révolte des ducs de Soubise et de Rohan. — Soubise s’empare de six vaisseaux du Roi ; le duc de Vendôme lui fait quitter la ville de Blavet. — Le Roi demande des vaisseaux au roi d’Angleterre et en obtient. — Nouveaux obstaeles à la conclusion du mariage de madame Henriette avec le prince de Galles ; comment ils sont enfin levés. — Cérémonie des fiancailles ; fête que donne le cardinal en cette occasion. — La Rochelle, Castres et Montauban se déelarent pour Soubiseec. — Opinion du cardinal sur le parti à prendre dans ces circonstances. — Le sieur de Toiras force Soubise à quitter la rivière de Bordeaux. — Le Roi demande aux Hollandais un secours de vingt vaisseaux, et obtient que ces vaisseaux soient montés et commandés par des Français ; il en est de même des vaisseaux anglais. — Comment les huguenots sont amenés à envoyer des députés à Fontainebleau pour solliciter la paix. — Ils obtiennent la plupart des choses qu’ils demandent, à l’exception de la démolition du fort Louis. — Conduite perfide de Soubise envers l’amiral hollandais Haustein. — Moyens dont se sert le cardinal pour gagner les Rochelois. — La flotte du Roi reprend l’île de Ré sur les troupes de Soubise qui se retire à Oleron ; huit de ses vaisseaux sont pris à la suite d’un combat opiniâtre. — Soubise s’enfuit en Angleterre. — Affaires de la Valteline ; siége de Vérue ; le sieur de Vignoles bat les Espagnols devant cette place. — Le cardinal fait faire de nouvelles levées. — D’après ses conseils le Roi envoie des troupes en Hollande pour la défense de Bréda. — Mansfeld rentre en Westphalie, et les Français dans leur pays. — Le Pape envoie en France le cardinal Barberin pour se plaindre de ce qu’on lui a enlevé les forts de la Valteline. — Lord Buckingham vient proposer au nom du roi d’Angleterre une ligue offensive ; réponse du conseil à cette proposition. — Opinion du cardinal sur la conduite à tenir avec l’Angleterre ; le Roi se rend à son avis. — Madame Henriette part pour l’Angleterre. — Débats entre le légat Barberin et le conseil du Roi au sujet des forts de la Valteline. — Lettre du cardinal au Roi, dans laquelle il lui conseille de convoquer une assemblée de notables pour prendre leur avis sur cette affaire. — L’assemblée est convoquée ; résolutions qui y sont prises d’après l’avis du cardinal. — Bassompierre est envoyé ambassadeur extraordinaire en Suisse ; instructions dont il est chargé. — L’Espagne fait faire des ouvertures de paix ; réponse qu’y fait le Roi. — Comment madame Henriette est reçue et traitée en Angleterre. — L’ambassadeur de France en fait le rapport au Roi, et lui demande des instructions. — Le sieur de Blainville est envoyé ambassadeur extraordinaire pour se plaindre des contraventions faites au traité d’alliance ; instructions que lui adresse le cardinal. — Lord Buckingham fait un traité d’alliance avec les Hollandais et le roi de Danemarck. — Comment le cardinal prévient une rupture avec l’Angleterre. — Les Rochelois et les huguenots du Languedoc envoient demander la paix au Roi ; à quelles conditions le cardinal propose de la leur accorder. — Le livre intitulé Mystères politiques est censuré par l’assemblée générale du clergé.

LIVRE XVII. [1626]

L’ambassadeur de France en Espagne signe, avec le comte d’Olivarès, un traité de paix qui n’obtient pas l’assentiment du Roi. — Opinion du cardinal dans cette occasion. — Instructions envoyées à l’ambassadeur. — Les ambassadeurs d’Angleterre recherchent une alliance défensive avec le Roi, et sollicitent les huguenots à s’accommoder. — Le Roi accorde la paix aux huguenots ; conditions de cette paix. — Prudence et courage du cardinal dans la conduite de cette affaire. — Arrêt du parlement au sujet de la censure du livre intitulé Mystères politiques. — Le Roi, de l’avis du cardinal, évoque cette affaire à son conseil et la termine. — Orage formé contre les jésuites à l’occasion d’un livre du père Santarel ; comment le cardinal parvient à l’apaiser. — L’ambassadeur de France signe un nouveau traité de paix avec l’Espagne qui est ratifié. — M. de Bullion est envoyé auprès du duc de Savoie pour le lui faire agréer, et le sieur de Châteauneuf à Venise et auprès des Grisons pour le même sujet ; instructions dont ils sont chargés. — Promesses du Roi aux ambassadeurs d’Angleterre de concourir avec eux à procurer la liberté de l’Empire. — Nouvelles mesures proposées par le cardinal et adoptées par le Roi pour arrêter la fureur des duels. — Succès qu’elles obtiennent. — Conspiration du maréchal d’Ornano ; combien elle est étendue ; rangs et qualités des personnes qui y trempent ; preuves et détails. — D’Ornano est arrêté avec plusieurs complices ; il est enfermé à Vincennes. — Le cardinal conseille au Roi de diviser la faction. — Entrevue de M. le prince avec le cardinal ; son heureuse issue. — Entrevue de Monsieur avec le même ; ses protestations de fidélité. — Déclaration écrite et signée du Roi, de la Reine-mère et de Monsieur. — Le duc de Vendôme et son frère sont arrêtés. — Voyage du Roi à Nantes. — Chalais est arrêté. — Le Roi fait l’ouverture des États de Bretagne. — Inquiétudes de Monsieur sur l’arrestation de Chalais ; ses résolutions aussitôt abandonnées que prises ; ses aveux ; il demande un apanage. — Discours du cardinal au Roi sur la nécessité de terminer le mariage de Monsieur ; quelles personnes s’y opposent. — Par le conseil du cardinal, madame de Chevreuse est éloignée de la cour ; sa colère en recevant l’ordre de la quitter. — Lettres patentes du Roi concernant l’apanage de Monsieur. — Son mariage est célébré par le cardinal. — Instruction du procès de Chalais ; il est condamné et exécuté. — Lit de justice du Roi au parlement de Rennes. — Le comte de Soissons reçoit ordre du Roi de rester à Paris. — D’Ornano meurt de chagrin en prison ; preuves de ses crimes ; aveux de Monsieur contre lui. — Desseins des conjurés contre le Roi et contre le cardinal. — Difficultés apportées à l’exécution du traité de paix conclu avec l’Espagne de la part de quelques puissances intéressées. — Traité entre les rois de France et d’Espagne sur la démolition des forts de la Valteline. — Détails sur les mauvais procédés des Anglais envers leur reine, madame Henriette. — Menées et intrigues de Buckingham ; son portrait. — Discours de Richelieu au Roi sur les moyens de rétablir la balance politique en Allemagne. — Ce projet échoue par les fautes que commettent les Anglais. — Après quelques succès Mansfeld et le roi de Danemarck sont vaincus et entièrement défaits. — Le cardinal met le Roi et son conseil en garde contre des ouvertures spécieuses faites par la cour d’Espagne. — Le maréchal de Bassompierre est envoyé en Angleterre pour se plaindre de la conduite tenue envers la Reine. — Sa première audience auprès du Roi. — Le cardinal fait supprimer les charges de connétable et d’amiral. — Le Roi, sur son avis, ôte à Liancourt ses charges pour avoir provoqué en duel le duc d’Halluin. — Baradas est disgracié. — Le maréchal de Bassompierre obtient en partie satisfaction de la cour d’Angleterre.

LIVRE XVIII. [1627]

Résultat de l’ambassade extraordinaire du sieur de Châteauneuf auprès des Grisons. — Le Roi consent à la révocation et cassation des traités de Lindau, de Coire et de Milan, en ce qu’ils ont de contraire au traité de Monçon. — Dissensions à l’occasion du livre de Santarel ; le Roi y met fin par deux arrêts. — L’évêque de Verdun essaie par des excommunications d’empêcher la construction de la citadelle de cette ville ; puni de son audace, il se retire en Allemagne. — Le duc de Vendôme reconnoît et avoue ses fautes, et implore la clémence du Roi ; à quelles conditions le Roi lui pardonne. — Le cardinal est nommé grand-maître et surintendant général de la navigation et commerce de France. — Il fait approuver par une assemblée de notables son projet de rétablissement de la marine française. — Éloge que fait M. le prince des grandes vues d’administration du cardinal ; il demande au Roi de reparoître à la cour et de le servir, protestant de sa fidélité et de son dévouement ; il donne son avis sur Monsieur, sur le duc de Vendôme et sur le grand-prieur. — Représentations au Roi de la part du cardinal sur l’ambassade extraordinaire du maréchal de Bassompierre et sur la politique peu loyale des Anglais. — Le Roi empêche le duc de Buckingham de venir en ambassade auprès de lui. — Les Anglais prennent tous les vaisseaux français qu’ils rencontrent en mer ; favorisent Soubise et Rohan qui cherchent à brouiller en France. — L’ambassadeur du Fargis signe à Madrid un traité d’alliance défensive avec l’Espagne. — Le roi de France l’approuve et l’exécute de bonne foi ; l’Espagne n’agit qu’avec lenteur. — Duel de Bouteville et de Deschapelles ; rapport du cardinal au Roi sur cette affaire ; ils sont condamnés et exécutés ; en quoi le parlement de Paris manque à ses devoirs dans l’arrêt qu’il rend contre eux. — Mort de Madame. — Supplice du libelliste Fancan. — Le roi d’Angleterre envoie Montaigu en Lorraine pour gagner le duc, puis en Savoie et à Venise dans le même but. — Buckingham descend sur la côte de France avec une armée de mer et menace l’île de Ré ; il publie un manifeste, s’empare de Saint-Martin sans résistance. — Le cardinal, pendant la maladie du Roi, pourvoit à ses dépens à l’approvisionnement et à la défense de l’île de Ré. — Il accepte les propositions de l’ambassadeur d’Espagne sans trop se fier à ses promesses. — Opérations de Buckingham dans l’île de Saint-Martin ; efforts du cardinal pour conserver l’île de Ré ; il y fait introduire des vivres, des provisions et des hommes. Le Roi, d’après son avis, rejette la proposition honteuse que fait Buckingham de se retirer à condition que le fort Louis sera rasé. — La citadelle de l’île de Ré est ravitaillée. — Armement de l’empereur d’Allemagne contre la France. — Six mille hommes débarquent dans l’île de Ré malgré la flotte anglaise ; le maréchal de Schomberg bat les Anglais, et les force à se retirer avec une perte considérable. — Le comte de Tilly enlève au roi de Danemarck tout ce qu’il possédoit en Allemagne. — Montaigu est arrêté en Lorraine. — Détails à ce sujet. — Le Pape autorise le clergé de France à donner au Roi les secours d’argent dont il a besoin. — Le duc de Rohan publie un manifeste en Languedoc ; le prince de Condé est envoyé contre lui. — Entrevue de ce prince avec le cardinal. — Le duc de Rohan est déclaré ennemi de l’État ; il est enjoint au parlement de Toulouse de lui faire son procès. Le Roi, sur l’avis du cardinal, se décide à faire le siége de La Rochelle. — Mort du duc de Mantoue.

LIVRE XIX. [1628]

Le cardinal entretient le Roi sur l’état présent de ses affaires et lui donne son avis sur la conduite qu’il doit tenir pour triompher de ses ennemis. — Les députés des Rochelois font un traité avec le roi d’Angleterre. — Le parlement attaque Buckingham. — Savignac, député de La Rochelle, est arrêté dans l’Albigeois. — Ses papiers sont saisis ; aveux qu’on tire de lui. — Valquier, écossais, est ainsi arrêté, et fait également des révélations. — Le duc de Rohan échoue dans une entreprise contre Montpellier. — Le parlement de Toulouse rend des arrêts contre les rebelles, déclare le duc de Rohan déchu des titres de duc et pair, et le condamne à être tiré à quatre chevaux. — Le prince de Condé poursuit les révoltés dans le Languedoc, et persiste à faire la guerre à sa manière. — La Milletière, agent du duc de Rohan, est arrêté et envoyé à la Bastille, puis conduit à Toulouse. — Le marquis de Spinola va trouver le Roi au camp de La Rochelle. — Vains efforts du cardinal pour retenir devant cette ville la flotte espagnole. — Il rejette les propositions qui lui sont faites de la part de l’Angleterre. — Le Roi s’ennuyant au camp retourne à Paris peu content du cardinal. — Celui-ci reste au siége de La Rochelle auquel il donne tous ses soins. — La mort du duc de Mantoue fait naître aux Espagnols l’envie d’envahir l’Italie. — Intérêts de l’Empereur dans l’affaire de la succession de ce duché qui revient au duc de Nevers. — Le duc de Savoie se lie avec l’Espagne à cette occasion. — Tentative du cardinal pour surprendre La Rochelle. — Pourquoi elle échoue. — Relations des Rochelois avec l’Angleterre découvertes. — Montaigu dévoile au Roi les causes de la mésintelligence entre le roi d’Angleterre et Sa Majesté. — Le cardinal conseille au Roi de faire revenir en France madame de Chevreuse et de délivrer Montaigu. — Le Roi revient au camp de La Rochelle. — Le cardinal lui fait en plein conseil un rapport sur l’état présent de ses affaires, et insiste sur la réduction de La Rochelle. — Le Roi fait à cette ville une sommation qui reste sans effet. — Ordres donnés par le cardinal à toute l’armée navale pour maintenir la discipline et surveiller l’arrivée de la flotte anglaise. — Mesures prises pour empêcher que la ville ne soit secourue. — État de la flotte française et de la flotte anglaise. — Retraite honteuse de cette dernière. — Extrémité où la ville est réduite. — Le comte de Soissons demande à rentrer dans les bonnes grâces du Roi, en renonçant à tous ses projets. — Le duc de Savoie offre de renouer avec le Roi. — Négociations du comte d’Olivarès avec le conseil du Roi au sujet du duché de Mantoue. — Portrait de la nation espagnole par le cardinal. — Le Roi charge le marquis de Créqui d’aller à la défense de Casal. — Conduite du marquis. — Les Rochelois pressent les Anglais de leur envoyer des secours. — État désespéré où ils se trouvent réduits. — Buckingham est assassiné. — Arrivée d’une nouvelle flotte anglaise. — Description de la digue construite par ordre du cardinal. — Les vaisseaux anglais se retirent à l’île d’Aix. — Les Rochelois demandent grâce et se soumettent au Roi, qui fait son entrée dans la ville, et en fait démolir les fortifications et les murs. — Factions et cabales à la cour et dans l’État contre le cardinal. — Le Roi fait négocier auprès de l’Empereur et du roi d’Espagne, au sujet du duché de Mantoue. — Instructions données à ses négociateurs. — Arrivée de Bautru en Espagne ; ses conférences avec le comte d’Olivarès. — Le Roi fait marcher des troupes vers l’Italie d’après les conseils du cardinal.

LIVRE XX. [1629]

Apologie de la justice du Roi dans la défense du duc de Mantoue. — Discours du cardinal dans le conseil, sur la nécessité de secourir promptement Casal. — Entretien remarquable du même cardinal, dans lequel il donne à Sa Majesté, en présence de la Reine-mère et du père Suffren, des conseils sur sa conduite à l’égard des affaires de l’État et sur sa conduite privée. — Le cardinal demande à se retirer des affaires, offrant de rester auprès du Roi pour l’aider quelquefois de ses avis. — Le Roi refuſe de lui accorder sa retraite. — Il tient un lit de justice où il fait lire et publier un recueil de diverses ordonnances. — Longs débats entre le parlement et le garde des sceaux au sujet de l’enregistrement de ces lois. — Comment ils se terminent. — Nouveau débat du parlement à l’occasion de l’entérinement des lettres d’abolition accordées par le Roi en faveur du duc de Vendôme. — Mort du grand-prieur. — Le cardinal refuse les deux abbayes de Marmonticr et de Saint-Lucien de Beauvais, que le Roi veut lui donner ; honorable motif de son refus. — Le Roi part pour se rendre en Piémont. — Il permet à M. le prince de le venir voir à Bray. — Détails sur cette entrevue. — Résultat des négociations de Bautru en Espagne. — La conduite ferme de ce négociateur déconcerte le comte d’Olivarès. — Propositions inadmissibles faites par l’Espagne. — Le Roi force le pas de Suse. — Le cardinal qui l’accompagne se voit chargé seul de pourvoir à tous les besoins de l’armée. — Négociations entamées avec le duc de Savoie pour obtenir le passage des troupes du Roi. — Le duc cherche tous les moyens de retarder ce passage qu’il n’ose refuser ouvertement. — La fermeté du cardinal rend tous ses efforts inutiles. — La ville de Suse est emportée d’assaut ; le château est rendu. — Le duc de Savoie fait un traité avec le Roi, et s’engage à le seconder dans son entreprise. — Conditions du traité. — Projet de ligue entre le Roi et les puissances de l’Italie pour se soustraire à l’oppression des Espagnols. — La ville de Casal est délivrée. — Le Roi refuse de faire aucune conquête en Italie. — Propositions du duc de Savoie rejetées. — Opinion du cardinal sur le projet de soumettre Gênes. — Le Roi force les Espagnols à quitter quelques places voisines de Casal. — Ruses et artifices du duc de Savoie pour engager le Roi à une grande guerre avec l’Espagne. — Le Roi fait assembler et tenir des forces à l’entrée de la Savoie pour tenir le duc en respect. — Il se rend en Languedoc. — Le cardinal lui donne en partant des conseils sur les moyens de soumettre les huguenots de cette province. — Il reste en Italie avec plein pouvoir. — Il termine par un traité tous les différends des ducs de Savoie et de Mantoue. — Pourvoit à la sûreté de l’Italie et va rejoindre le Roi en Languedoc. — Tous les États de l’Europe se rapprochent du Roi et recherchent son alliance. — L’Angleterre fait la paix. — Le Danemarck s’arrange avec l’Empereur. — La ville de Privas est assiégée et emportée d’assaut. — Le fort de Colon est pris et brûlé. — Marillac obtient le grade de maréchal par le crédit du cardinal. — Les Cevennes se soumettent au Roi. — Efforts du duc de Rohan pour soutenir les huguenots dans leur rebellion. — Raisons qui déterminent le cardinal à écouter les propositions des rebelles. — Comment le duc de Rohan, après avoir été bercé d’espérances et de promesses par l’Angleterre, l’Espagne et le duc de Savoie, se voit réduit à implorer le pardon du Roi. — La paix est conclue ; à quelles conditions. — Le Roi fait son entrée à Nîmes et autres villes soumises, et retourne à Paris. — Le duc de Rohan s’embarque à Toulon d’où il écrit au Roi une lettre pleine de repentir. — Le cardinal se rend à Montpellier où il établit des élus et réunit en un seul corps la chambre des comptes et la cour des aides. — Il dissout les états réunis à Pésenas. — Entre successivement à Alby et à Montauban où il est reçu avec de grands honneurs et fait bénir sa présence. — Les ministres des huguenots viennent de toutes parts le complimenter. — Tous les évêques viennent le visiter. — Le cardinal s’attache à faire respecter l’autorité du Roi et à lui gagner tous les cœurs en publiant partout sa gloire. — Mécontentement de Monsieur. — Nommé lieutenant général de l’armée d’Italie, il refuse d’aller la commander. — Sa jalousie contre le Roi ; par qui elle est entretenue. — Il veut épouser la princesse Marie, fille du duc de Mantoue, qui se retire auprès de madame de Longueville sa tante. — Ces deux dames sont envoyées par la Reine-mère au donjon de Vincennes. — Intrigues à l’occasion de ce projet de mariage. — Lettre du cardinal de Richelieu au cardinal de Berule sur ce sujet. — Les conseillers de Monsieur demandent pour lui le gouvernement de la Bourgogne et de la Champagne. — La Reine-mère se refroidit pour le cardinal. — Lettre qu’il lui adresse. — Monsieur évite la rencontre du Roi et se retire en Lorraine. — Le cardinal demande au Roi à quitter les affaires. — Il écrit à la Reine-mère pour lui exprimer son chagrin de lui avoir déplu. — Le cardinal de Berule soupçonné d’être la cause de cette brouillerie. — Conduite équivoque de ce cardinal dans les affaires. — Négociations entamées pour ramener Monsieur en France. — À quelles conditions il y revient. — Son éloignement pour le cardinal. — Mission du baron de Charnacé auprès des électeurs et du roi de Danemarck. — Il est envoyé auprès des rois de Suède et de Pologne. — Détails sur cette mission. — Il devient le médiateur de la paix entre eux. — Sa fermeté à soutenir la dignité du Roi. — Sujets de mécontentement du roi de Suède de la part de l’Empereur. — Tentative de Charnacé pour engager le roi de Suède à faire un traité d’alliance avec la France. — Affaires de Hollande. — Politique du cardinal envers les Hollandais. — Ceux-ci surprennent Wesel et chassent les Espagnols de Bois-le-Duc. — Négociations pour renouveler le traité d’alliance entre la France et la Hollande. — Ambassade de Châteauneuf en Angleterre. — Difficultés et pointilleries qu’il y éprouve. — Négociations au sujet des prêtres attachés à la chapelle de la reine d’Angleterre. — De quelques articles concernant la liberté du commerce, et de la restitution de vaisseaux. — Expédition de Cahusac dans l’île de Saint-Christophe. — Châteauneuf essaie d’amener les Anglais à un traité d’alliance avec la France contre l’Espagne. — Désespoir d’Olivarès et du conseil d’Espagne en apprenant la capitulation de Casal. — Éloge que le peuple espagnol fait du roi de France. — L’Empereur, à la sollicitation du cabinet de Madrid, lève des troupes qu’il fait entrer en Italie. — Le duc de Savoie principal auteur de la guerre qui s’y renouvelle. — Ses intrigues. — Ambassade de Sabran auprès de l’Empereur, peu de succès qu’il y obtient. — Le Pape est sollicité par les puissances d’Italie de se déclarer contre les ennemis de la paix. — Conduite du Pape et des Vénitiens. — Le duc de Savoie redemande la ville de Suse et se met en état d’hostilité avec la France. — Lettre du cardinal au commissaire Marini. — Préparatifs de guerre ordonnés par le Roi. — Le maréchal de La Force est envoyé avec une armée sur les frontières de Savoie. — Effort des Espagnols auprès des Treize-Cantons pour les engager à ne pas s’opposer aux entreprises de l’Empereur. — Efforts du roi de France pour les mettre dans son parti. — Spinola attaque ouvertement le Mantouan et entre dans le Montferrat. — Lettre du duc de Savoie au Roi. — Projet de suspension d’armes. — Instructions données par le cardinal à Barault, ambassadeur en Espagne. — Toute voie d’accommodement est rejeté par les Espagnols et les Allemands. — Nouvelles tentatives du Roi pour prévenir la guerre. — Il envoie le cardinal à l’armée. — Discours du cardinal avant son départ. — Terreurs des Pays-Bas. — Craintes du duc de Savoie. — Le cardinal envoie Deshayes en Moscovie pour y traiter de la liberté du commerce. — Mort de Betlem Gabor ; son histoire. — Edmond Richer, auteur d’un livre pernicieux, abandonne ses erreurs après avoir argumenté avec le cardinal.

LIVRE XXI. [1630]

Le cardinal se rend à Fontainebleau, où il reçoit des lettres du maréchal de Créqui sur l’état des négociations en Italie. — Instructions envoyées par le cardinal au maréchal sur la conduite qu’il doit tenir avec le duc de Savoie. — Correspondance suivie entre ces deux personnages, dans laquelle on voit d’un côté les délais, les artifices et la mauvaise foi du duc de Savoie, et de l’autre la pénétration et la ferme résolution du cardinal de forcer le duc à se déclarer ouvertement. — Lettre du cardinal au Roi pour l’engager à pourvoir à la sûreté de la Picardie et de la Champagne, et à donner à Monsieur le gouvernement de Paris pendant son absence. — Le cardinal arrive à Lyon où il reçoit une lettre du duc de Rohan qui l’instruit des dispositions des ennemis. — Réponse du cardinal aux propositions que lui fait faire le prince de Piémont. — Ses mesures pour faire entrer l’armée en Italie et pourvoir à son entretien. — Moyens employés par le Pape pour subvenir à l’entretien de ses gens de guerre. — Il manifeste à l’ambassadeur de France le désir qu’il a de rester neutre. — Nouvelles instructions du cardinal au maréchal de Créqui. — Il arrive à Grenoble, et dépêche à Chambéry au prince de Piémont pour l’exhorter, lui et son père, à demeurer fidèles au traité de Suse. — Il écrit au Roi pour lui donner des conseils sur la manière de soutenir la guerre en Italie et en France. — Nouvelles dépêches du maréchal de Créqui sur la conduite ambiguë du duc de Savoie. — Propositions de paix faites par le cardinal. — Levées de troupes ordonnées d’après son avis. — Tentatives de l’Empereur sur les villes de l’Alsace. — Opinion du cardinal à ce sujet. — Sa réponse aux demandes faites par le duc de Savoie. — Comment il parvient à faire ravitailler Casal et à prendre le duc dans ses propres piéges. — Avis qu’il reçoit du dessein où est ce duc d’amuser le Roi par des négociations et de ruiner son armée. — Autre avis sur le projet d’attenter à sa personne. — Voyage de Monsieur à Paris ; détails à ce sujet. — Le cardinal étant sur le point d’entrer en Italie écrit au Roi pour lui faire part des difficultés qu’il prévoit. — Il descend à Suse. — Son entrevue avec le prince de Piémont ; conditions qu’il exige de lui. — Nouvelle lettre au Roi sur la conduite du duc de Savoie, et sur la nécessité de rompre avec lui. — Mesures que prend le cardinal pour commencer la guerre. — Nouvelles conférences rendues inutiles par la mauvaise foi du duc. — Le cardinal passe la Doire à la tête de l’armée, et se rend maître de Pignerol par composition, ainsi que du fort de La Pérouse. — Il envoie au maréchal d’Estrées des dépêches et des instructions pour l’état de Venise. — Prise du château de La Luzerne et de celui de Baignols. — Le marquis de Spinola et le duc de Savoie demandent la paix à condition qu’on rende Pignerol. — Discours du maréchal de Bassompierre à la diète helvétique. — La diète ordonne une levée de six mille Suisses. — Dispositions du duc de Lorraine. — Incertitudes des Hollandais. — Le Roi se rend à Troyes. — Le cardinal refuse une suspension d’armes qui lui est demandée. — Sa lettre au Roi à ce sujet. — Le Pape approuve la conduite et les raisons du cardinal. — Instances de ce dernier auprès des Vénitiens pour les engager à seconder le Roi. — Conduite pusillanime des Vénitiens. — Comment elle leur devient funeste. — Le duc de Toscane donne des secours aux Espagnols. — Le duc de Lorraine se range du côté de l’Empereur. — La garnison française de Pondesture se rend à Spinola qui se dispose à assiéger Casal. — Le cardinal, sur le point d’aller à Lyon, laisse d’amples instructions aux maréchaux de La Force et de Schomberg. — Détails sur la réconciliation de Monsieur avec le Roi. — Lettre du garde des sceaux Marillac au cardinal. — Commencement de leur mésintelligence. — Le Roi réprime une sédition à Dijon. — Il se rend à Lyon et ordonne l’attaque de la Savoie. — Il va à Grenoble où le cardinal lui fait un rapport sur le fait des négociations relatives à la paix. — Le Roi lui ordonne d’aller à Lyon faire le même rapport à la Reine-mère. — Le garde des sceaux opine devant la Reine pour la paix ; réplique du cardinal. — La Reine est d’avis qu’on poursuive la guerre. — Le cardinal retourne auprès du Roi qui se rend maître de Chambéry. — Mazarin vient de la part de Spinola et du duc de Savoie faire des propositions de paix. — Le Roi consent à la restitution de Pignerol. — Notice sur cette place. — Le Roi réduit Annecy sous son obéissance. — Retraite du prince Thomas. — L’armée du Roi prend de force Saint-Maurice. — Travaux ordonnés par le Roi pour empêcher les ennemis d’y rentrer. — Mesures prises par le cardinal pour fortifier Pignerol. — Spinola se décide à attaquer Casal. — Faux rapport de Toiras qui y commande sur la situation et les besoins de cette place. — Conduite du duc de Savoie. — Rapport du cardinal au Roi sur les mesures à prendre pour fortifier Casal. — La Reine-mère refuse de se rendre en Italie auprès du Roi. — Assiduité du garde des sceaux auprès d’elle. — Sa conduite envers le cardinal. — Lettre de ce dernier à la Reine sur la situation des affaires en Italie. — Le garde des sceaux refuse de s’y rendre. — Raisons qui portent les ennemis à retarder les moyens de faire la paix. — Relation de Mazarin. — Rapport de Bouvart, premier médecin de Sa Majesté, sur la santé du Roi. — Traverses qu’éprouve le cardinal par rapport à la continuation de la guerre. — Sa lettre à la Reine-mère à ce sujet. — Le duc de Montmorency est envoyé au secours de Casal. — Mouvemens du duc de Lorraine. — Il fournit de l’argent aux Allemands, — Le maréchal de Marillac a ordre de fortifier Toul et du Louart. — Mort du prince d’Orange. — L’armée du Roi marche en avant et s’empare de plusieurs places du Piémont. — Bataille de Veillane. — Les ennemis y sont tous défaits. — L’armée s’avance vers Casal. — Caractère des généraux qui la commandent. — Elle arrive à Saluces, prend Revel. — Prise de Mantoue par les Impériaux, causée par la lâcheté des Vénitiens. — Prise de l’île et de la principauté de Rugen par le roi de Suède. — Mort du duc de Savoie. — Tentatives du cardinal auprès de son fils pour l’amener à faire la paix. — Discours et plaintes du garde des sceaux sur l’état des affaires. — Ses lettres de soumission apparente au cardinal. — Le Roi retourne à Lyon. — Le duc de Montmorency demande à se retirer. — Ordres du Roi envoyés par Soudeilles à ses généraux. — Conseil tenu en même temps par les généraux français d’un côté, et de l’autre par les généraux ennemis sur la place de Casal. — Instructions du cardinal sur les moyens de la secourir. — Prise de Villefranche, Pancalier et Vigon. — Combat et prise de Carignan. — Relation de Mazarin sur ses négociations avec le feu duc de Savoie, le marquis de Spinola et le comte de Colalte. — Conditions offertes par le Roi. — Nouvelles négociations entamées. — Lettres du cardinal au marquis d’Effiat. — Celui-ci négocie avec l’abbé de La Mante pour ramener le duc de Savoie au service du Roi. — Le maréchal de Schomberg reçoit le commandement de la nouvelle armée envoyée en Italie. — Le cardinal lui donne des instructions pour sa conduite envers M. de Piémont. — Le maréchal attaque Veillane et s’en rend maître. — Suspension d’armes en Piémont. — Mazarin propose une trève générale à des conditions déraisonnables. — Détails sur ces nouvelles négociations. — Récit de ce qui se passe à la diète de Ratisbonne, et des ouvertures de paix qui s’y font. — Toiras ne cesse de demander de l’argent pour se maintenir à Casal. — Le Roi défend à ses généraux d’accorder une prolongation de trêve. — État des négociations à la diète de Ratisbonne. — Dernières résolutions du Roi envoyées à son ambassadeur auprès de cette diète. — Dispositions des maréchaux en Italie pour marcher en avant après l’expiration de la trêve. — L’armée se met en marche. — Mazarin apporte un projet de traité. — Les maréchaux, nonobstant le traité conclu à Ratisbonne, continuent leur marche. — Les deux armées se trouvant en présence et prêtes à combattre, une suspension d’armes qui assure la paix est conclue. — Casal est rendu à M. le duc de Mantoue. — Le Roi désapprouve le traité de Ratisbonne. — Le maréchal de Marillac remet dans Casal deux régimens français. — Conduite peu franche du duc de Savoie. — Détails sur les défauts du traité de Ratisbonne et sur les moyens qu’on emploie pour les réparer. — Traité conclu avec le duc de Savoie, en vertu duquel les Français s’obligent à quitter Casal, après que les Espagnols auront quitté le Montferrat. — Comment ce traité s’exécute de part et d’autre. — Le maréchal de Schomberg revient en France, — Le Roi envoie en Italie le président Servien avec des instructions pour l’entière exécution de la paix. — Détails sur les négociations de Charnacé auprès du roi de Suède. — Traité d’alliance entre les rois de France et de Suède. — Ce prince s’empare de l’île de Rugen, d’où il publie un manifeste contre l’Empereur. — Complot formé contre le cardinal. — La Reine-mère déclare qu’elle n’assistera plus aux conseils du Roi, tant que le cardinal y sera. — Le Roi prend la défense du cardinal, et fait arrêter le maréchal de Marillac. — Monsieur quitte le parti de la Reine-mère.

LIVRE XXII. [1631]

La princesse de Conti et les dames d’Ornano et d’Elbeuf animent la Reine-mère contre le cardinal. — Elle promet de revenir assister au conseil, mais n’y vient point. — Le Roi essaie de retenir Monsieur en donnant des dignités à ses conseillers Le Coigneux et Puylaurens. — Ceux-ci exigent davantage, et font prendre à Monsieur la résolution de quitter la cour. — Il se retire à Orléans et envoie au Roi faire ses excuses. — Le Roi veut en vain le ramener et apaiser la Reine-mère. — Elle refuse obstinément de reparoître au conseil. — Opinion du cardinal sur la cabale de la Reine-mère et de Monsieur. — Le Roi se décide à reléguer la Reine-mère à Moulins. — La princesse de Conti et les dames d’Ornano, d’Elbeuf et de Lesdiguières, ont ordre de se retirer chacune chez elles. — Le médecin Vautier, le maréchal de Bassompierre et l’abbé de Foix, sont envoyés à la Bastille. — Le père Chanteloube reçoit l’ordre de se rendre à Nantes, et va trouver Monsieur à Orléans. — Déclaration du Roi envoyée aux partemens et aux gouverneurs de provinces. — Monsieur fait faire des amas de blé, des achats d’armes et de munitions de guerre. — Le cardinal de La Valette est envoyé auprès de lui pour le détourner de ses projets. — Monsieur veut se fortifier à Orléans. — Le Roi tente de nouveau de le ramener. — Lettre injurieuse de Monsieur qui sort du royaume. — Le comte de Moret, les ducs d’Elbeuf, de Roanez et de Bellegarde, Le Coigneux, Puylaurens, Monsigot et le père Chanteloube, sont déclarés criminels de lèse-majesté. — Le parlement de Paris refuse d’enregistrer cette déclaration. — Arrêt du conseil du Roi et nouvelle déclaration à ce sujet. — Nouvelle lettre injurieuse de Monsieur. — Réponse du Roi. — La Reine-mère retirée à Compiègne refuse de se rendre à Moulins. — Vains efforts du Roi pour vaincre sa résistance. — Levées de troupes ordonnées par Sa Majesté pour prévenir les desseins de la Reine-mère et de Monsieur. — La Reine-mère quitte subitement Compiègne et se rend à Avesnes. — Sa lettre au Roi. — Nouvelle déclaration contre les conseillers de Monsieur qui essaient de lever des troupes dans le Luxembourg. — La Louvière, leur agent, est arrêté et a la tête tranchée. — Le duc de Guise est remplacé dans le gouvernement de la Provence par M. le prince. — Il se retire en Italie avec la permission du Roi. — Chambre de justice créée pour juger les faux monnoyeurs, les criminels de lèse-majesté, et les faiseurs de pronostics sur la vie du Roi. — Le duc de Bouillon est sommé de prêter un nouveau serment de fidélité au Roi. — Le duc de Savoie se conforme au traité conclu entre le Roi et l’Empereur. — Il consent à remettre en dépôt la place de Pignerol. — Vaines tentatives des Espagnols dans l’Italie. — Le roi de Suède descend en Allemagne. — Il s’empare du fort de Mervitz sur l’Oder. — Signe le traité conclu avec Charnacé, ambassadeur de France, et le rend aussitôt public. — L’électeur de Bavière, sollicité de se joindre au roi de Suède, veut garder la neutralité. — Le roi de France essaie d’engager les princes d’Allemagne à s’accorder ensemble et à contraindre l’Empereur à la paix. — Admonitions de l’Empereur contre les résolutions prises par les princes protestans dans l’assemblée de Leipsick. — Progrès du roi de Suède en Allemagne. — Il assiége et prend Francfort sur l’Oder. — Défait l’armée de Tilly près de Leipsick ; se rend maître de tout l’archevêché de Mayence. — Le duc de Lorraine menacé recourt au roi de France. — Justes reproches que lui fait le Roi. — Il s’accorde néanmoins avec lui. — Il s’empare du fort de Moyenvic. — Entrevue du Roi et du duc de Lorraine. — Soumission du duc. — Le Roi rend à l’évêque de Metz les places qu’on lui a enlevées. — Il nomme le cardinal duc et pair, et lui donne le gouvernement de Bretagne.

LIVRE XXIII. [1632]

Opinion du cardinal sur la manière dont le Roi doit se conduire envers le duc de Lorraine. — Traité signé entre Sa Majesté et le duc. — Promesses faites par ce dernier. — Offres faites par le Roi à Monsieur pour l’engager à rentrer dans le devoir. — Comment elles sont reçues. — Projet d’empoisonner le cardinal. — Mariage de Monsieur fait contre la volonté du Roi. — Extrémité où se trouve l’Empereur par suite des victoires du roi de Suède. — Conditions auxquelles Walstein se charge du commandement de ses troupes. — Le Roi négocie la neutralité de la Bavière et de la ligue catholique avec le roi de Suède. — L’Empereur et le roi d’Espagne forment une autre ligue pour s’y opposer. — Le marquis de Brezé est envoyé en qualité d’ambassadeur auprès du roi de Suède pour lui donner avis du traité conclu avec le duc de Lorraine. — À quelles conditions le roi de Suède accepte la neutralité de la Bavière et de la ligue catholique. — Opinion du cardinal sur l’état des affaires d’Allemagne et sur le parti à prendre dans les circonstances présentes. — Assemblée tenue à Francfort des députés des électeurs catholiques pour achever le traité de neutralité. — Progrès du roi de Suède en Allemagne. — Assemblée à Torgau des princes protestans confédéres avec ce Roi. — La Bavière est envahie par les Suédois. — Monsieur se retire à Bruxelles. — Le duc de Lorraine, onbliant sa foi et son honneur, recommence ses négociations avec ce prince et avec la maison d’Autriche. — Le Roi tient conseil à Saint-Germain-en-Laye sur ce qu’il doit faire à l’égard du duc et de Monsieur. — Opinion du cardinal dans ce conseil. — Procès du maréchal de Marillac. — Il est condamné et exécuté. — Son caractère. — Sa conduite envers le cardinal. — Le Roi se rend à Calais et y met une bonne garnison. — Avis du cardinal au Roi sur les moyens d’éviter les troubles qu’on veut exciter en France. — Le Roi se rend en Lorraine, où il reçoit des plaintes des grandes levées faites par le duc contre les Suédois, et des secours qu’il donne aux Espagnols. — Négociations entamées entre le Roi et le duc de Lorraine. — Ce prince donne passage à Monsieur à travers ses États. — Le marquis de Mirabel, ambassadeur d’Espagne, reçoit ordre de sortir de France. — Le Roi entre dans le Barrois. — Nancy est investi par l’armée de Sa Majesté. — Traité de Liverdun conclu avec le duc de Lorraine. — Conditions de ce traité. — Entrevue de ce duc avec le Roi à Seichepré. — Conseil du cardinal au Roi sur les moyens de s’opposer aux entreprises de Monsieur, de terminer les affaires d’Allemagne, et de profiter des troubles des Pays-Bas. — Le maréchal de Schomberg est envoyé contre Monsieur, et le maréchal d’Effiat au secours de l’électeur de Trèves. — Instructions dont ce dernier est chargé. — Ses succès en Allemagne. — Sa mort. — Son caractère. — Le maréchal d’Estrées, qui lui succède, s’empare de Trèves. — Plaintes portées contre lui. — Proclamations de Monsieur contre le gouvernement du Roi. — Il brûle un des faubourgs de Dijon, passe en Auvergne. — Défection de M. de Montmorency. — Sa conduite dans le Languedoc. — Il fait des levées d’hommes, tente de s’assurer de la ville de Nîmes, s’empare de Béziers et d’Alais. — Les ministres protestans résistent à ses sollicitations. — Il se joint à Monsieur à Lunel. — Beaucaire résiste courageusement aux troupes rebelles. — Le cardinal opine dans le conseil du Roi pour qu’on n’abandonne aucune des entreprises qu’on a résolues. — Déclaration du Roi lue au parlement contre la rebellion de Monsieur. — Arrêts de la chambre de justice, séant à l’Arsenal, contre divers fauteurs de la révolte. — Bataille de Castelnaudary, où M. de Montmorency est blessé et fait prisonnier par le maréchal de Schomberg. — Le Roi fait offrir à Monsieur des conditions raisonnables. — Il envoie à son ambassadeur auprès du prince d’Orange des instructions sur la conduite qu’il doit tenir. — Négociations avec Monsieur. — Le Roi ratifie à Montpellier les articles signés par Son Altesse. — Les sieurs Le Coigneux, Monsigot, Estissac et de Valençay, sont déclarés convaincus du crime de lèse-majesté par le parlement de Dijon. — Monsieur se rend à Tours, et demande au Roi la liberté du duc de Montmorency ; elle lui est refusée. — Le cardinal conseille au Roi de faire faire le procès au duc, et propose de surseoir à l’exécution du jugement tant que Monsieur restera dans le devoir. — Le Roi se décide à faire une justice exemplaire. — Le duc est condamné par le parlement de Toulouse, et exécuté. — Le maréchal de Schomberg est pourvu du gouvernement de Languedoc. — Deshayes est condamné et exécuté à Béziers. — Bautru est envoyé en Espagne pour se plaindre de la conduite du gouvernement de ce pays à l’égard de la France. — Plaintes du comte d’Olivarès sur la mort du duc de Montmorency. — Le Roi fait consentir le duc de Savoie à l’échange de Pignerol et autres places. — Légitimité de cet échange. — Conduite équivoque de Toiras, gouverneur de Casal. — Il accepte le gouvernement d’Auvergne. — Assemblée des députés de Flandre à La Haye pour moyenner une trève entre le roi d’Espagne et les Pays-Bas. — Mort du maréchal de Schomberg. — Son caractère. — Ses belles actions. — Monsieur quitte de nouveau la France, et se retire dans les Pays-Bas. — Le roi de Suède attaque les États du duc de Saxe, puis se porte en Franconie. — Bataille de Lutzen. — Le roi de Suède y est blessé, tué et dépouillé. — Le duc de Weimar gagne la bataille, et prend le commandement des troupes suédoises. — Il reprend Leipsick et toutes les places de la Misnie où Walstein a laissé garnison. — Portrait du roi de Suède.

LIVRE XXIV. [1633]

Avis du cardinal sur la nécessité de faire continuer la guerre en Allemagne et en Hollande, sans que le Roi soit obligé de se mettre ouvertement de la partie. — Envoi d’ambassadeurs vers l’Empereur, l’électeur de Bavière, les trois électeurs catholiques, les princes protestans et les états des Pays-Bas. — Instructions dont ils sont chargés séparément. — Le garde des sceaux de Châteauneuf est renvoyé des conseils du Roi. — Causes de ce renvoi. — Madame de Chevreuse est éloignée de la cour. — Condamnations portées contre plusieurs conseillers de Monsieur. — Déclaration du Roi concernant les arrêts de contumace obtenus contre Le Coigneux et Monsigot. — Édits de suppression et de création d’un office de président et de conseiller. — Abolition générale en faveur des rebelles du Languedoc. — Les sieurs d’Elbeuf et de La Vieuville sont déclarés, par arrêt, dégradés des ordres du Roi. — Assemblée tenue à Hailbronn par les princes et États protestans des cercles supérieurs d’Allemagne. — Résolutions qui y sont prises. — Le chancelier Oxenstiern est chargé de continuer et d’entretenir la guerre. — L’ambassadeur Feuquières renouvelle avec le chancelier le traité d’alliance conclu avec le feu roi de Suède. — L’assemblée d’Hailbronn confirme le traité. — L’électeur de Saxe refuse d’y accéder. — L’électeur de Brandebourg y souscrit. — L’ambassadeur Charnacé fait tous ses efforts pour empêcher la trève prête à se conclure entre le roi d’Espagne et les Hollandais. — Comment la trève est rompue. — Mort de l’infante Isabelle-Claire-Eugénie, gouvernante des Pays-Bas. — Le duc de Lorraine se déclare de nouveau contre le Roi de France. — Ses intrigues, ses armemens, ses intelligences avec Monsieur. — Le Roi lui envoie le sieur de Guron pour lui faire ses plaintes. — Le duché de Bar est réuni à la couronne par arrêt du parlement. — Le Roi se décide à aller en Lorraine. — Opinion du cardinal sur la conduite à tenir envers le duc. — Les troupes de ce duc sont défaites par les Suédois. — Entrevue du cardinal de Lorraine avec le cardinal de Richelieu. — Reproches de ce dernier sur la conduite déloyale du duc. — Réparations offertes par le cardinal de Lorraine et refusées par le cardinal de Richelieu.— Le Roi se décide à faire le siége ou le blocus de Nancy. — Conseils donnés an Roi par le cardinal contre le duc de Lorraine. — Prise de Lunéville et autres places. — Siége de Nancy. — Traité conclu avec le cardinal de Lorraine. — Rupture de ce traité. — Reddition de Mirecourt. — Nouveau traité. — Entrevue du duc de Lorraine avec le Roi. — Le duc est retenu à Charmes, et forcé d’exécuter le traité. — Le Roi entre dans Nancy. — Procès d’Alfeston, accusé d’avoir attenté à la vie du cardinal. — Le Roi envoie auprès de la Reine-mère, malade à Gand, ses médecins pour la soigner. — Elle refuse obstinément de répondre aux offres de service du cardinal. — Les Espagnols promettent de grands secours à Monsieur. — Inutiles négociations entre le Roi et la Reine-mère. — Opinion du conseil sur la Reine-mère et sur la seule manière de la faire rentrer en France. — Négociations onvertes avec Puylaurens, intime conseiller de Monsieur. — Opinion du cardinal dans le conseil du Roi sur la conduite à tenir envers Son Altesse. — Le duc de Lorraine fait de nouvelles levées contre le Roi, et se joint aux Espagnols qui passent le Rhin. — L’armée suédoise s’oppose à leurs entreprises. — Conférence de Bantru avec le comte d’Olivarès sur la conduite de Monsieur. — La garnison de Casal est changée, et Toiras est forcé de se retirer. — Le duc de Mantoue se soumet aux volontés du Roi. — Dépit des Espagnols de voir Pignerol au pouvoir du roi de France. — Intrigues du comte d’Olivarès auprès des états d’Italie. — Le Roi fait fortifier et approvisionner Pignerol. — La douairière de Mantoue se soulève contre le duc. — Elle reçoit l’ordre de sortir du duché. — Le duc de Parme refuse de s’allier avec l’Espagne. — Le Pape refnse d’entrer comme chef dans la ligne défensive cl offensive proposée par l’Empereur. — Le Roi euvoie le duc de Créerai en ambassade à Rome avec un£ lettre écrite (le sa propre main.— Le doc prête au nom du Roi le serment d’obédience filiale à Sa Sainteté.— Démêlés entre le Pape et les Vénitiens. — Le Roi met la réforme dans l’abbaye de Saint-Denis. — Chambre ecclésiastique établie pour juger les évêques qui ont pris part à la révolte du duc de Montmorency. — Dispositions du comte d’Olivares pour continuer la guerre.

LIVRE XXV. [1634]

Le Roi, dans un lit de justice, déclare qu’il est résolu à faire rentrer Monsieur dans le devoir par la voie de la force et par celle de la clémence. — Supprime plusieurs impositions, décharge le peuple d’un quartier des tailles, révoque un grand nombre de priviléges. — Conditions offertes à Monsieur, qui, loin de les accepter, se lie avec l’Espagne par un traité. — Puylaurens est blessé d’un coup de carabine. — La Reine-mère est soupçonnée de cet attentat. — Effort inutiles de d’Elbène pour ramener Monsieur à la raison. — Opinion unanime dans le conseil du Roi sur la conduite à tenir envers Monsieur. — Avis particulier du cardinal. — Le nommé Passart, envoyé à Rome par Monsieur avec des instructions pour le Pape, est arrêté et conduit à la Bastille, où il avoue sa mission. — Le Roi fait donner avis au roi d’Angleterre que les Espagnols se flattent de l’attirer au traité qu’ils ont fait avec Monsieur. — Il envoie ordre au maréchal de La Force de désarmer les villes de Lorraine. — Prend des mesures pour la sûreté de l’intérieur. — Ordonne à la duchesse de Guise d’aller rejoindre son mari en Italie. — Sujets de mécontentement de la Reine-mère de la part de Monsieur. — Elle essaie de se rapprocher du Roi, et fait consulter à cet effet les Espagnols, le roi et la reine d’Angleterre et le duc de Savoie. — Lettres interceptées qui font connoître ses vrais sentimens. — Laleu, porteur d’instructions de la Reine-mère, est entendu à Ruel en présence du cardinal, du garde des sceaux, Bullion, Saint-Chamont et Bouthillier. — Le Roi consent à le voir. — Conditions qu’il lui propose. — Lettre du cardinal à la Reine-mère, en réponse à celle qu’elle lui a adressée. — Autre lettre du même au père Suffren. — Chavagnac est condamné à mort par le parlement de Metz, comme coupable d’avoir vonlu attenter à la vie du cardinal. — Le père Chanteloube est condamné par contumace à être rompu vif comme convaincu du crime de lèse-majesté. — Divers attentats médités contre le cardinal. — La Reine-mère accepte les conditions proposées par le Roi, mais refnse de livrer le père Chanteloube. — Le duc de Lorraine fait une feinte donation de ses États au cardinal son frère, et avec deux mille hommes de pied et huit cents chevaux va joindre les armées impériales. — Il est repoussé par le maréchal Horn. — Le cardinal de Lorraine se marie sans dispense avec sa cousine germaine. — Le comte de Salins remet sous la protection du Roi les places de Haguenau, Saverne et le château d’Imbar. — Le maréchal de La Force s’assure de Lunéville et envoie à Nancy le nouveau duc et les princesses qui sont gardés à vue. — Le Roi rejette les propositions du duc Charles de Lorraine. — Le duc François s’échappe de Nancy avec son épouse, et se retire à Florence. — Madame de Lorraine sur les offres du Roi se rend à Paris et va demeurer à Fontainebleau. — Sa réponse au duc François de Lorraine qui l’a sollicitée de quitter la France. — Le maréchal de La Force prend Bitche, La Mothe et Wildenstein.—Manifeste du duc Charles à ses anciens sujets. — Le Roi écrit au parlement pour qu’il ait à juger la validité du mariage de Monsieur et la question de rapt, dont le duc de Lorraine s’est rendu coupable. — Témoins entendus dans cette affaire. — Le parlement déclare le mariage non valablement contracté et le duc Charles criminel de lèse-majesté ; ordonne en mémoire de cet attentat l’érection d’une pyramide dans la principale place de la ville de Bar. — Le Roi déclare par lettres patentes que la Lorraine sera administrée en son nom et sous son autorité. — Monsieur se décide à rentrer dans le devoir. — Conditions offertes par le Roi et acceptées par Monsieur. — Comment Son Altesse quitte Bruxelles et est reçue en France. — Son entrevue avec le Roi. — Il va à Ruel chez le cardinal ; déclarations qu’il y fait. — Puylaurens épouse la seconde fille du baron de Pont-Château et est reçu duc et pair. — Walstein est calomnié auprès de l’empereur ; il est assassiné par les siens. — Sa naissance, son élévation, ses services, son caractère. — Avantages des Suédois en Allemagne. — Le cardinal Infant détourne le prince Thomas du service du duc son frère, et le fait résoudre à aller en Flandre servir le parti de l’Espagne. — Les Espagnols mettent ordre en Flandre au soulèvement des grands. — Traité entre le Roi et les Provinces-Unies pour sept ans. — Clauses de ce traité. — Instructions envoyées au sieur de Charbonnières pour traiter de la paix avec l’Empereur. — Instructions au comte de Barault pour traiter avec la cour d’Espagne. — Autres instructions au sieur de Feuquières, ambassadeur extraordinaire en Allemagne. — Le sieur d’Avaux est envoyé en ambassade en Danemarck, Suède et Pologne pour le même sujet. — Instructions dont il est chargé. — Menées des Espagnols pour empêcher la conclusion de la paix générale. — Leurs intrigues auprès du Pape contre la France. — L’archevêque de Trèves nomme pour son coadjuteur le cardinal de Richelieu ; cette nomination n’est pas approuvée par le Pape. — Les Espagnols envoient un ambassadeur en Danemarck pour l’opposer au sieur d’Avaux. — Le cardinal Infant entre en Allemagne avec une armée considérable ; prend Ratisbonne. — Défait les Suédois à Nordlingen. — Fait le maréchal Horn prisonnier. — Se rend dans le pays de Juliers et arrive à Bruxelles. — Discours du cardinal pour soutenir le courage du Roi dans cette circonstance. — Le Roi fait un nouveau traité avec la Suède et les princes conféderés, et leur promet secours et protection. — Les généraux français reprennent Heidelberg sur les Impériaux commandés par le duc Charles de Lorraine. — Le Roi ordonne et fait publier des grands jours dans la ville de Poitiers. — Par sa justice il remédie aux désordres du royaume. — Affaire d’Urbain Grandier et des religienses de Loudun. — Violences exercées par M. le duc d’Epernon sur l’archevêque de Bordeaux. — Arrêt du conseil du Roi qui révoque une ordonnance du duc et lui enjoint de recourir au Pape pour l’absolution des actes dont il s’est rendu conpable. — Bref du Pape qui ordonne au duc de demander pardon à l’archevêque de Bordeaux. — Décision des commissaires de Sa Sainteté contre les évêques révoltés. — Le Roi pourvoit à la défense de la Provence contre une armée navale de Naples. — Manifeste du duc de Lorraine contre le Roi. — Le premier méridien est fixé par une ordonnance à l’île de Fer. — La clôture de la ville de Paris est commencée. — Le château de Bicêtre est fondé pour les soldats estropiés. — L’ambassadeur français à Constantinople est renvoyé précipitamment sur un vaisseau par le Grand-Seigneur.

LIVRE XXVI. [1635]

Puylaurens renoue ses intelligences avec les Espagnols. — Il est arrêté avec quelques autres de sa cabale. — Les Espagnols préparent une armée navale destinée pour la Provence. — Ils tentent une entreprise sur Philisbourg et s’en rendent maîtres, ainsi que de Spire qui est reprise par les maréchaux de La Force et de Brezé. — Le duc de Rohan fait tête au duc de Lorraine. — L’archevêque électeur de Trèves est fait prisonnier par les Impériaux. — Le Roi essaie de raffermir ses confédérés et de leur faire reprendre courage. — Instructions données au sieur de Feuquières chargé de mission auprès d’eux.—Autres instructions données au sieur de Rorté, résident auprès des électeurs de Saxe et de Brandebourg. — Le Roi fait un traité de ligue offensive et défensive avec les Hollandais contre les Espagnols. — Le baron de Charnacé est chargé de s’accorder avec les États sur le lieu où les armées pourront se joindre, et sur ce qu’elles auront à faire après leur jonction. — Le sieur de Senneterre est envoyé en Angleterre pour essayer de faire consentir le Roi à la neutralité. — Le sieur de Mélian, ambassadeur en Suisse, est chargé d’apaiser les différends survenus en ce pays pour cause de religion. — Instructions qui lui sont données à cet effet. — Le duc de Rohan est envoyé avec une armée chez les Grisons pour se saisir de la Valteline. — Le Roi se lie par un traité avec les ducs de Mantoue, de Parme et de Savoie. — Il fait désarmer les habitans de Nancy, et envoie le prince de Condé en qualité de son lieutenant général en Lorraine. — Sa Majesté pourvoit à la défense du Languedoc et de la Provence, de la Picardie et de la Champagne. — Elle fait défense à tous ses sujets d’aller trafiquer en aucun lieu de l’obéissance d’Espagne. — Abolition de la chambre de justice établie contre les financiers. — Ordonnances pour réprimer le luxe. — Le cardinal envoie au baron de Charnacé des instructions sur le plan de campagne à suivre contre les Espagnols. — Le Roi envoie demander au cardinal Infant d’Espagne et au marquis d’Aytonne la liberté de l’électeur de Trèves. — Sur le refus du cardinal Infant, le Roi déclare la guerre à l’Espagne. — Motifs de cette déclaration. — Commencement des hostilités ; lenteurs du prince d’Orange. — Bataille d’Avein où les Espagnols sont battus et défaits. — Lettre du cardinal au baron de Charnacé sur la nécessité de poursuivre la guerre avec vigueur. — La conduite du prince d’Orange fait perdre les avantages de la victoire. — La ville de Tirlemont est prise et brûlée. — Piccolomini se joint au cardinal Infant. Le fort de Schench est surpris par les Espagnols. — Instructions données par le Roi au baron de Charnacé sur les affaires de Flandre. — Le prince d’Orange assiége le fort de Schench. — Manifeste du cardinal Infant. — Mesures prises contre le duc Charles de Lorraine. — Succès de l’armée du Roi dans ce pays. — Le duc de Saxe fait sa paix avec l’Empereur. — Le chancelier Oxenstiern vient en France. — Il fait à Paris un nouveau traité avec le Roi. — Le marquis de Saint-Chamont est envoyé pour animer les confédérés à la continuation de la guerre. — Effroi et découragement du chancelier Oxenstiern. — Son entrevue à Wismar avec le marquis de Saint-Chamont. — Efforts de ce dernier pour ranimer les confédérés. — L’Empereur avoue hautement l’injuste détention de l’électeur de Trèves. — Nouvelles armées levées par le Roi. — Discours du cardinal à Sa Majesté pour la détourner d’aller à l’armée. — Opérations militaires du cardinal de La Valette sur le Rhin. — Il se rend maître de Bingen. — Le landgrave de Hesse refuse de se joindre à l’armée française et se retire dans son pays. — Le cardinal de La Valette et le duc de Weimar se retirent du côté de Metz. — Difficultés qu’ils éprouvent dans cette retraite. — Motifs qui déterminent le Roi à se rendre à Bar près de l’armée. — Il prend Saint-Mihiel par composition. — Mesures sévères contre les Lorrains. — Le Roi revient à Paris, après avoir donné ses ordres aux généraux de l’armée. — Lettre de la Reine-mère au Roi contre la guerre qu’il fait à l’Espagne. — Réponse victorieuse du Roi à cette lettre. — Clausel, agent des Espagnols et de la Reine-mère, est arrêté, condamné à mort et exécuté. — Instructions envoyées par le Roi aux généraux de son armée de Lorraine et d’Alsace. — Précautions prises par le cardinal pour mettre la fortune du Roi à l’abri de tout événement. — Le cardinal de La Valette prend Dieuzc, Vaudemont et autres petites places. — Le Roi prend à sa solde le duc de Weimar. — Traité conclu à cet effet. — Opérations militaires en Italie du maréchal de Créqni et du duc de Savoie. — Ce dernier se plaint à l’ambassadeur de France de la défiance qu’on lui témoigne. — Les Français fortifient Brème et s’emparent de Candie. — Succès du duc de Rohan dans la Valteline. — Les Grisons sont remis en possession de cette vallée. — Foibles efforts du Pape pour éteindre le feu de la guerre. — Avis du clergé de France touchant le mariage de Monsieur. — La Reine-mère écrit au Pape pour le supplier de ne pas approuver cet avis. — Représentations du Roi à Sa Sainteté à ce sujet. — Propositions de paix faites par le Pape. — Artifice des Espagnols en cette occasion. — Le prince d’Orange négocie secrètement avec l’Espagne pour faire sa paix. — Détails sur ces négociations. — Reproches du Roi adressés au prince et aux États-Généraux sur leur procédé. — Séditions apaisées dans quelques villes. — La foudre tombe près du Roi. — Augures favorables tirés de cet accident. — Mémoire de l’ambassadeur extraordinaire des États-Généraux sur le lieu le plus propre à tenir des conférences pour traiter de la paix générale. — Réponse du cardinal à ce mémoire. — Le Roi renouvelle la paix faite avec le roi de Maroc.

LIVRE XXVII. [1636]

Conduite de l’électeur de Saxe envers les Suédois. — Négociations entre le chancelier Oxenstiern et le sieur de Saint-Chamont. — Les Espagnols sollicitent les Suédois et les princes d’Allemagne de s’accommoder avec l’Empereur. — Le landgrave de Hesse conclut un traité avec le sieur de Saint-Chamont. — Celui-ci obtient du roi de Danemarck qu’il gardera la neutralité avec les Suédois. — Bataille de Vistoc gagnée par le général suédois Bannier. — La tête de Saint-Chamont est mise à prix par les Espagnols. — Instructions envoyées par le Roi à ses ambassadeurs extraordinaires en Hollande sur le projet de négociation entre les États-Généraux et l’Espagne. — Observations particulières sur le lieu le plus convenable pour tenir les conférences relatives à la paix. — Les Espagnols refusent de traiter conjointement avec les États et le roi de France. — La prise du fort de Schench relève le courage des Hollandais. — Les Espagnols essaient en vain de détacher la France des Hollandais. — Le Pape est reconnu pour médiateur entre les puissances belligérantes. — Cologne est choisi pour le lieu des conférences. — La diète de l’Empire élit le roi de Hongrie pour roi des Romains ; vices et nullité de cette élection. — Le comte d’Arundel est envoyé à la diète par le roi d’Angleterre pour demander la restitution du Palatinat à son neveu. — Condition qu’on lui propose pour cette restitution. — Projet de paix présenté par l’Empereur. — Le roi de France se décide à gagner par la force des armes ce qu’il ne peut obtenir de la justice de ses ennemis. — Il donne au duc de Savoie le commandement de ses troupes en Italie, prend le duc de Parme sous sa protection ; soutient le maréchal d’Estrées son ambassadeur auprès du Pape. — Voyage du duc de Parme en France. — Accueil qu’il y reçoit. — Il est renvoyé en Italie avec un commandement de douze mille hommes de pied. — Les États de ce prince sont envahis par les Espagnols. — Plaisance est assiégée. — Mésintelligence entre le duc de Parme et celui de Modène. — Le duc de Savoie, sur les instances du Roi, marche au secours du duc de Parme. — Dissentiment entre le duc de Savoie et le maréchal de Créqui sur les opérations de la guerre. — Bataille du Tésin, où les Espagnols sont vaincus. — Soulèvement des Grisons contre le duc de Rohan. — Le Roi arrête le cours des rigueurs du Pape envers le duc de Parme, et s’entremet pour apaiser le différend élevé entre Sa Sainteté et les Vénitiens. — Le Pape approuve la décision de l’assemblée du clergé à l’égard du mariage de Monsieur. — Le cardinal de Savoie quitte la protection de la France et accepte celle de l’Empire. — Succès du cardinal de La Valette et du duc de Weimar en Alsace. — Troubles dans la Franche-Comté. — Siége de Dôle par le prince de Condé. — Les Espagnols entrent en Picardie. — Manifeste du cardinal Infant. — Le Roi demande des secours aux Hollandais. — Les Espagnols s’emparent de La Capelle et de Corbie. — Terreur dans Paris. — Le Roi fait un appel à tous ses sujets. — Mesures prises pour la défense de Paris. — Fermeté du cardinal. — Sévérité du Roi envers le parlement. — Sa Majesté va visiter tous les passages de la rivière de l’Oise. — Nouveau traité conclu avec le prince d’Orange et les États-Généraux. — Une armée de trente mille hommes de pied et de douze mille chevaux part de Paris pour la délivrance de la Picardie. — Faute de Monsieur commise à Roye. — Le cardinal soutient la proposition du maréchal de Châtillon d’attaquer Corbie de force. — Les Espagnols rendent cette place par capitulation. — Opposition de M. le comte de Soissons pendant la campagne de Picardie. — Ses discours, ses fausses insinuations. — Opérations de M. le prince de Condé dans la Bourgogne. — Saint-Jean-de-Losne est bloqué par les troupes de l’Empereur qui sont forcées de s’éloigner avec perte. — Succès du cardinal de La Valette et du duc de Weimar. — Gallas, commandant de l’armée impériale, se retire en Allemagne. — Monsieur et M. le comte de Soissons abandonnent l’armée et s’en vont, le premier à Blois, le second à Sedan. — Efforts du Roi pour ramener l’un et l’autre à leur devoir. — Négociations à ce sujet. — Sa Majesté promet à Monsieur de consentir à son mariage avec la princesse de Lorraine. — Le prince d’Orange et les États-Généraux refusent de donner un asile à M. le comte de Soissons. — Le cardinal conseille au Roi de fermer à Monsieur tous les passages pour prévenir sa sortie du royaume. — Ordres du Roi envoyés à cet effet aux gouverneurs de provinces. — Le cardinal conseille au Roi de composer une armée navale assez puissante pour empêcher les Espagnols de ravitailler les îles de Sainte-Marguerite et de Saint-Honorat, et pour les en chasser. — Plan propose à cet effet. — Les Espagnols forment le projet d’assiéger Bayonne. — Ils entrent dans le royaume par Fontarabie. — Manifeste du Roi catholique. — Les Basques arrêtent les progrès de l’ennemi.

LIVRE XXVIII. [1637]

Continuation des négociations avec Monsieur et M. le comte de Soissons. — Opinion du cardinal dans le conseil du Roi, sur les mesures à prendre envers eux. — Le Roi envoie des troupes vers Blois, et se rend lui-même à Fontainebleau. — Monsieur prend la résolution d’aller trouver le Roi, et congédie ses mauvais conseillers. — Le cardinal se rend auprès de Monsieur, qui vient ensuite joindre le Roi à Orléans. — M. le comte de Soissons demande la permission de sortir du royaume. — Dépêches interceptées entre M. le comte et le cardinal Infant. — Avis du cardinal au Roi sur cette affaire. — M. le comte accepte les conditions offertes par Sa Majesté, et renonce à tous les traités faits avec la Reine-mère. — Progrès des Suédois en Allemagne. — Belle retraite du général Bannier. — Diversion opérée par les armées du Roi en Flandre, en Bourgogne, en Alsace et en Lorraine. — Le sieur de Saint-Chamont obtient des rois de Pologne et de Danemarck qu’ils resteront neutres. — Honorable capitulation des sieurs de Bussy et de La Saludie. — Saint-Cbamont parvient à détourner les Suédois de traiter séparément avec l’Empereur. — Assurances données par le Roi qu’il ne traitera jamais sans ses alliés. — Le landgrave de Hesse reste constamment fidèle au Roi. — Sa mort donne une fausse espérance au parti impérial. — Le roi d’Angleterre propose vainement aux Suédois de se liguer avec lui. — Les Allemands sont forcés d’abandonner le siége de Montbelliard. — Le duc de Rohan fait un traité honteux avec les chefs de la sédition des Grisons. — Détails à ce sujet. — Il se retire à Genève. — Il reçoit ordre de s’en aller à Venise. — Réflexions sur la conduite du duc de Rohan. — Succès du duc de Weimar dans la Bourgogne et sur le Rhin. — Bataille livrée près de Brisach, où les Impériaux sont défaits. — Nouveau combat près du fort Capelle, où Jean de Wert est mis en fuite. — Le Roi envoie des secours d’hommes et d’argent au duc de Weimar. — Succès du maréchal de Châtillon dans la Lorraine. — Siége de Damvilliers. — Le maréchal reçoit cette place à discrétion. — Succès en Flandre. — Capitulation de Cateau-Cambrésis, de Landrecies, de Maubeuge, du château d’Aimeries et autres. — Désagrément qu’éprouve la Reine-mère à Bruxelles. — Le cardinal de La Valette assiége La Capelle. — Mécontentement du Roi contre ce cardinal. — Excuses de ce dernier, qui rejette la cause de son inaction sur le grand-maître de l’artillerie. — Le grand-maître se justifie. — La Capelle capitule. — Le cardinal de La Valette, attaqué par le cardinal Infant, le repousse et le force à se retirer à Mons ; lui-même abandonne Maubeuge malgré les ordres du Roi. — Les Hollandais se rendent maîtres de Bréda. — Le duc de Savoie demande qu’on examine s’il seroit plus avantageux de faire une guerre offensive ou défensive, ou une suspension d’armes en Italie, où seraient compris tous les princes. — Le Roi, après avoir tout bien examiné, se décide à continuer l’offensive. — Le duc de Parme fait son accord avec l’Espagne. — Le Roi demande aux Vénitiens qu’ils veillent à la conservation de Mantoue. — Il fortifie Casal. — Le duc de Savoie montre un violent désir d’obtenir le titre de roi. — Le jésuite Monot, son ambassadeur en France, emploie tous ses soins à cet effet. — Le duc de Savoie désavoue ensuite sa conduite. — Monot se mêle dans les intrigues de cour ; il se lie avec le père Caussin, confesseur du Roi. — Succès en Italie. — Combats particuliers où les troupes du Roi ont le dessus. — Mort du duc de Savoie ; caractère de ce prince. — Mort du duc de Mantoue ; sa reconnoissance envers le Roi. — Difficultés qu’éprouve Sa Majesté pour maintenir la Savoie et le duché de Mantoue dans son alliance. — Intrigues du père Monot auprès de Madame, veuve du duc de Savoie. — Instructions adressées à l’ambassadeur d’Hémery. — Le cardinal de Savoie part de Rome, et, malgré les instances de sa belle-sœur, se rend en Piémont. — Elle se décide à le voir, et, nonobstant les observations de l’ambassadeur de France, elle consent à ce que le cardinal revienne en Savoie. — Intrigues du prince Thomas pour détacher la duchesse du parti de la France. — Sur les instances du Roi, la duchesse éloigne d’auprès d’elle le père Monot, et défend à ses frères de venir dans ses États. — Le maréchal d’Estrées fait consentir le Pape à ce que le cardinal Antoine reçoive la comprotection de France, malgré les oppositions de l’ambassadeur d’Espagne. — Le cardinal de Richelieu est élu abbé général de Citeaux. — Le Pape, à la sollicitation des Espagnols, refuse les bulles de confirmation, et renvoie pour la décision de cette élection à la congrégation des affaires consistoriales. — Il refuse également de nommer cardinal le père Joseph. — Artifices des Espagnols pour éluder le traité de paix que Sa Sainteté poursuit, et celui d’une suspension d’armes ou trève générale. — Les Suédois consentent à recevoir les Vénitiens comme médiateurs de la paix. — Ceux-ci acceptent, non sans peine, la médiation. — Les Suédois ne veulent point traiter à Cologne. — Difficultés élevées par les Espagnols sur la délivrance des passe-ports et saufs-conduits des députés à l’assemblée de Cologne. — Négociations infructueuses à cet égard. — Nouvelles difficultés au sujet d’un projet de trève générale. — Efforts du Roi pour y arriver. — Sa Majesté met sa personne, ses états et sa couronne, sous la protection de la Vierge ; elle ordonne des prières dans tout le royaume et se décide à poursuivre la guerre. — Libelle publié contre le cardinal par les Espagnols. — Réfutation de ce libelle. — Les îles de Sainte-Marguerite et de Saint-Honorat sont reprises et enlevées par l’armée navale de France. — Le maréchal de Vitry est mis à la Bastille pour sa conduite dans cette expédition. — Les Espagnols font le siége de Leucate. — Le duc d’Halluin les force à l’abandonner après un combat très-meurtrier. — Il est fait maréchal et prend le nom de Schomberg qu’avoit eu son père. — Soulèvement de quelques paysans du Périgord apaisé. — Les Espagnols quittent la Biscaye où ils s’étoient emparés de plusieurs postes. — Le Roi réduit le parlement à l’obéissance. — Le père Caussin, confesseur du Roi. — Découverte d’une correspondance de la Reine épouse du Roi, avec madame de Chevreuse, le cardinal Infant et autres ennemis de la France. — Le Roi pardonne à la Reine. — Conduite du père Caussin dans cette affaire. — Il est éloigné de la cour. — Le père Sirmond est choisi pour le remplacer. — Le cardinal trace lui-même la règle des devoirs dans laquelle un confesseur du Roi doit se renfermer. — Son avis sur la conduite à tenir envers madame de Chevreuse. — Cette dame quitte furtivement la France. — La Reine-mère s’adresse à plusieurs princes pour obtenir du Roi sa rentrée en France. — Le Roi refuse de l’accorder.

LIVRE XXIX. [1638]

Le Roi envoie un secours extraordinaire d’argent au duc de Weimar, et réunit des troupes dans la Franche-Comté. — Il fait un nouveau traité avec les Suédois. — La reine de Suède accepte la médiation des Vénitiens. — Siége de Saint-Omer par les troupes françaises. — La lenteur du maréchal de Châtillon en empêche le succès. — L’armée levée en Guienne fait le siége de Fontarabie. — La mauvaise conduite du duc de La Valette fait manquer cette entreprise. — Perte qu’y éprouve l’armée du Roi. — Le prince de Condé demande que le duc de La Valette soit éloigné de l’armée et le duc d’Épernon de la Guienne. — La flotte française remporte une grande victoire sur les galères d’Espagne entre Savone et Vado. — La Meilleraie, grand-maître de l’artillerie, assiége et prend Renty. — Le Castelet est emporté d’assaut. — Le prince d’Orange entreprend le siége de Gueldres qu’il est forcé de lever. — Grands progrès du duc de Weimar le long du Rhin. — Le vicomte de Turenne repousse le duc Charles de Lorraine de la frontière de Bassigny, et reprend les places tenues en Lorraine par les ennemis. — Le duc de Weimar bat le duc Charles et le met en fuite. — Il défait les troupes de Gents et de Lamboy, et se rend maître de Brisach. — Succès du duc de Longueville en Bourgogne et en Lorraine. — Le Roi refuse aux cantons suisses la neutralité qu’ils lui demandent pour la Bourgogne. — Obstacles aux succès des armes du Roi en Italie, causés par la légèreté et la foiblesse de la duchesse de Savoie. — Aveuglement de cette princesse pour le père Monot qui la trompe et qu’elle ne peut renvoyer. — Plaintes du Roi à sa sœur. — Le marquis de Leganez assiége le château de Moncalve. — Le maréchal de Créqui est tué d’un conp de canon en arrivant au secours de cette place. — Le Roi envoie pour le remplacer le cardinal de La Valette. — La princesse de Mantoue abandonne le parti de la France. — Trahison de Monteil, gouverneur du château de Milan. — Vains efforts du Roi pour retenir la princesse dans son alliance. — Le marquis de Leganez publie un manifeste par lequel il déclare que le roi d’Espagne prend sous sa protection le jeune duc de Savoie et sa maison. — Il assiége Verceil et s’en rend maître. — Le cardinal de Savoie refuse de se ranger du parti de la France, et entreprend de régner à Turin. — Complot tramé contre sa belle-sœur. — Démêles du Roi avec la cour de Rome au sujet de la vacance des évêchés, de la réunion de Cluny à la congrégation de Saint-Maur, et des plaintes des capucins. — Démêlés du roi de Hongrie avec la même cour. — Le roi d’Angleterre poursuit avec instance l’alliance de mademoiselle de Rohan avec le prince Robert, frère du prince Palatin. — Négociations à ce sujet. — Le comte d’Alais, gouverneur de Provence, fait prisonnier le prince Casimir, frère du roi de Pologne. — Louis xiii approuve cette détention. — Le roi d’Angleterre sollicite l’élargissement de ce prince et la liberté du chevalier de Jars. — Révolte en Écosse au sujet de la religion. — La Reine-mère s’ennuyant à Bruxelles passe en Angleterre. — Détails sur cet événement. — Comment elle est reçue à Londres. — L’ambassadeur de France a ordre de la saluer une fois et de ne plus la revoir. — Rapport du cardinal sur la conduite du duc de La Valette à Fontarabie. — Ce duc refuse de venir rendre compte au Roi de ses actions et passe en Angleterre. — Continuation des négociations pour la paix. — Nouvelles difficultés pour les passe-ports et les saufs-conduits. — Nouvelles ruses des Espagnols pour éloigner le traité de paix. — Ils amusent le roi d’Angleterre par l’espoir de rendre le Palatinat à son neveu. — Grandes réjouissances en France à l’occasion de la naissance du Dauphin. — Sévérité du Roi envers le parlement.