SUR L’INTÉGRATION
DES
ÉQUATIONS À DIFFÉRENCES PARTIELLES
DU PREMIER ORDRE.
(Nouveaux Mémoires de l’Académie royale des Sciences et Belles-Lettres
de Berlin, année 1772.)
1. Lorsqu’on a une fonction
de plusieurs variables
on appelle différences partielles de
celles qui résultent de la différentiation de
en y faisant varier chacune des quantités
à part ; ainsi, supposant que la valeur complète de
soit représentée par

les différents termes

de cette différentielle seront les différences partielles du premier ordre de
On a coutume de représenter les coefficients
des différences
dans la différentielle de
par
de sorte que la valeur complète de
sera représentée par

Ainsi, si l’on a une équation entre
et
ce
sera une équation à différences partielles du premier ordre ; et c’est sur l’intégration de ce genre d’équations que je me propose ici de donner quelques nouveaux principes.
2. Supposons que
soit une fonction de
et de
seulement, et que l’on ait pour la détermination de cette fonction une équation en
si l’on fait pour plus de commodité
on aura

et l’équation donnée sera entre les cinq variables
en sorte qu’on pourra par cette équation déterminer, par exemple,
en
la quantité
sera donc encore indéterminée, et la question se réduira à la déterminer de façon que l’équation

soit intégrable, ou d’elle-même, ou étant multipliée par un facteur quelconque.
Soit en général.
le facteur que la différentiation aura pu faire disparaître, en sorte que la quantité

soit une différentielle exacte d’une fonction de
que nous désignerons par
on aura donc

et de là

d’où l’on tire les conditions suivantes

par lesquelles il faudrait déterminer
et
La dernière de ces équations
donne celle-ci

laquelle, en substituant pour
et
leurs valeurs données par les deux premières, devient

c’est-à-dire, en effaçant ce qui se détruit et divisant le reste par 

or, comme
est (hypothèse) une fonction donnée de
et
cette équation ne contiendra plus que l’inconnue
et la difficulté sera réduite à déterminer par son moyen la valeur de
en 
3. Quoique de cette manière on ait trouvé l’équation qui doit servir à déterminer
il paraît qu’on n’a guère avancé dans la solution du Problème proposé ; car au lieu qu’on avait une équation entre
,
pour la détermination de
on en a maintenant une entre
pour la détermination de
laquelle, à la considérer, en général, doit être au moins aussi difficile à résoudre que celle-là, si même elle ne l’est pas davantage à cause qu’elle contient une variable de plus. Il y a cependant une circonstance qui doit la faire regarder comme plus simple que la proposée, c’est que les différentielles
et
n’y paraissent que sous une forme linéaire ; d’ailleurs nous remarquerons qu’il ne sera pas nécessaire de résoudre cette équation d’une manière complète, mais qu’il suffira de trouver une valeur quelconque de
qui y satisfasse, pourvu qu’elle contienne une constante arbitraire ; car nous ferons voir bient\delta t comment, à l’aide d’une telle valeur de
on pourra néanmoins parvenir à la solution générale et complète de l’équation proposée.
4. Pour faire voir d’une manière encore plus directe comment l’équation que nous venons de trouver pour la détermination de
peut servir à résoudre le Problème dont il s’agit, reprenons l’équation

dans laquelle
est une fonction donnée de
et où
est supposé une fonction de
telle, que l’équation soit intégrable, soit d’elle-même, soit à l’aide d’un multiplicateur quelconque. Qu’on suppose que l’une des trois variables
devienne constante, par exemple
en sorte qu’on ait l’équation à deux variables

soit
le facteur qui rendra la différentielle
intégrable (facteur qu’on peut toujours trouver à posteriori dès qu’on aura intégré l’équation
) ; on aura donc

étant une fonction de
et de
dans laquelle
entrera aussi comme constante ; par conséquent on aura

mais en regardant
et
comme variables à la fois, on a, pour la valeur complète de la différentielles 

donc on aura

ainsi l’équation

étant multipliée par
deviendra celle-ci

qui devra donc être intégrable. Or comme

est une fonction connue de

on aura réciproquement

égale à une fonction connue de

de sorte qu’on pourra introduire la variable

à la place de la variable

qu’on fasse donc cette substitution dans la quantité

et comme l’équation ne contient que les deux différentielles

et

il est clair qu’elle ne pourra être intégrable à moins que la variable

ne disparaisse entièrement de la quantité

Supposons, pour abréger, cette quantité égale à

et il faudra qu’en substituant dans

à la place de

sa valeur en

et

la variable

s’en aille en même temps que

donc aussi si, dans la différentielle

on substitue pour
sa valeur tirée de l’équation

il faudra que la différentielle
disparaisse ; mais, la substitution faite, on a

savoir

donc il faudra qu’on ait

Or

donc on aura cette équation de condition

mais on a déjà

donc on aura

donc l’équation précédente deviendra

savoir, en ôtant ce qui se détruit,

De plus les mêmes équations

donnent

savoir

donc, retranchant de cette équation la précédente multipliée par
et divisant le reste par
on aura celle-ci

qui est, comme on voit, la même qu’on a trouvée plus haut.
5. Ainsi, dès qu’on aura satisfait à l’équation précédente par le moyen de la valeur de
on sera assuré qu’en chassant
de la quantité

par l’introduction de la variable

la quantité

s’en ira en même temps, de sorte qu’on aura alors l’équation à deux variables

Soit donc
la fonction de
et de
par laquelle il faudra multiplier maintenant la différentielle

pour la rendre intégrable (fonction qu’on pourra toujours trouver par l’intégration de l’équation
), et comme

sera une différentielle exacte d’une fonction de
et
si l’on remet à la place de
sa valeur en
et
ce qui, à cause de

transforme la différentielle dont il s’agit en celle-ci

il est évidént que cette dernière différentielle sera pareillement une différentielle exacte d’une fonction de
et
d’où il s’ensuit que
sera le facteur propre à rendre intégrable la différentielle

et qu’ainsi l’on aura (2)

de sorte que connaissant
et
on connaitra sur-le-champ le facteur
et de là par l’intégration on pourra connaître la valeur de la fonction finie

6. On voit donc clairement par l’analyse précédente que la solution du Problème ne dépend que de la recherche de la quantité
à l’aide de l’équation de condition

laquelle est connue depuis longtemps ; car, dès que cette condition sera remplie, on pourra toujours trouver le multiplicateur
qui rendra intégrable l’équation

et l’intégration donnera ensuite la valeur cherchée de
en
et 
Si la valeur de
qui satisfait à l’équation de condition, a toute la généralité que cette équation comporte, on aura par son moyen la valeur complète de
mais si la valeur de
n’est que particulière, on ne trouvera d’abord qu’une valeur particulière et incomplète de la fonction cherchée
cependant si la valeur particulière de
est telle, qu’elle renferme une constante arbitraire, on pourra compléter la valeur de
de la manière suivante.. On cherchera d’abord, d’après cette valeur particulière de
le multiplicateur
qui rendra intégrable la différentielle

et l’on aura, en intégrant, l’équation

Désignons, pour plus de simplicité, par
la quantité

qui sera nécessairement une fonction finie de
et
soit de plus
la constante arbitraire qui entre dans la valeur de
et il est clair que cette constante entrera aussi comme telle dans l’expression de
supposons maintenant que cette même quantité
au lieu d’être constante, soit aussi une fonction variable, et il est visible que dans ce cas la différentielle
complète de

ne sera plus simplement

mais

de sorte qu’on aura, dans l’hypothèse de la variabilité de 

et par conséquent

Donc, si pour satisfaire aux conditions du Problème on veut que la différentielle

soit intégrable d’elle-même, il faudra que la différentielle
le soit aussi en particulier ; ce qui ne saurait évidemment avoir lieu, à moins que
ne soit une fonction quelconque de 
Que
dénote donc une fonction quelconque de
et supposant
on fera

équation par laquelle on pourra déterminer
Ensuite on aura

donc

de là on aura l’équation intégrale

ou bien simplement

[à cause que la constante peut être censée renfermée dans la fonction
], laquelle servira à trouver la valeur de la fonction
et il est clair que cette valeur de
sera complète, puisqu’elle contiendra une fonction arbitraire.
7. On voit donc aussi par là que toute équation de la forme

où
est supposée une fonction quelconque donnée de
est telle, que si l’on connaît seulement une valeur particulière de
mais qui renferme une constante arbitraire
on pourra toujours trouver la valeur complète de
car il n’y aura qu’à tirer la valeur de
de l’équation

et la substituer ensuite dans la valeur particulière et connue de 
8. Pour montrer maintenant l’application du Théorème précédent, nous allons parcourir les principaux cas dans lesquels l’équation de condition est facile à remplir par le moyen d’une valeur particulière de
qui se présente naturellement, et nous en verrons naître les solutions de la plupart des Problèmes de ce genre qui n’ont été résolus jusqu’ici que par des méthodes particulières.
Premier Cas. — Lorsque
est une fonction de
seul.
Soit
une fonction quelconque de
et supposons qu’on ait

l’équation de condition (6) deviendra, en faisant 

à laquelle il est visible que satisfait cette valeur

On aura donc ainsi

(
étant ce que devient
lorsque
), d’où l’on voit que la différentielle

deviendra

laquelle est évidemment intégrable d’elle-même. Intégrant donc un aura

de là, en faisant varier
on aura

(
étant égal à
) ; donc

équation d’où l’on tirera la valeur de
, qui étant ensuite substituée dans l’équation

ou bien

donnera la valeur complète de 
Deuxième Cas. — Lorsque
est une fonction de
et de
Soit
une fonction de
et de
en sorte que

et supposons

l’équation de condition deviendra la même que ci-dessus, à cause que

ainsi l’on y pourra satisfaire en prenant de même

ce qui rendra
égal à une fonction de
seul ; de sorte que la quantité

savoir

sera intégrable d’elle-même, et l’on aura

de là on tirera

par conséquent on aura l’équation

laquelle servira à déterminer
ensuite de quoi on aura
par l’équation

ou bien

Troisième Cas. — Lorsque
est une fonction de
et de
Dans ce cas il est clair que la valeur de
sera réciproquement exprimée par une fonction de
et
donc regardant
comme l’inconnue, et supposant
une fonction de
et
on aura

et l’équation de condition deviendra, en supposant

à laquelle on peut satisfaire en prenant
égal à une constante
ce qui rendra
égal à une fonction de
seul, en sorte que la quantité

ou bien

sera intégrable d’elle-même. Ainsi l’on aura

et de là

d’où l’on tirera
qu’on substituera dans l’équation

Quatrième Cas. — Lorsqu’une fonction de
et
est égale à une fonction de
et
.
Soit
une fonction de
et
et
une fonction de
et
, en sorte qu’on ait

il est clair que si l’on prend une constante
et qu’on fasse

on aura, par la première de ces équations,
exprimé par une fonction de
seul, et par la seconde on aura
exprimé par
seul ; en sorte que les différentielles
seront nulles d’elles-mêmes ; ainsi l’équation de condition se trouvera remplie, et il est visible que la quantité

sera intégrable sans aucune préparation ; on aura donc

et de là

d’où l’on tirera la valeur de
pour la substituer dans l’équation
laquelle deviendra donc

Cinquième Cas. — Lorsqu’il y a entre
et
une équation dans laquelle
et
ne montent qu’à la première dimension.
Soient
et
des fonctions quelconques de
et
et supposons qu’on ait

substituant donc cette valeur dans l’équation de condition, elle deviendra

Il est d’abord clair que si l’on suppose que
ne contienne point
cette équation se simplifiera beaucoup, car elle deviendra, en faisant pour plus de simplicité
et 

Mais cette équation est encore trop compliquée pour qu’on puisse trouver facilement une valeur particulière de
qui y satisfasse. Considérons donc plutôt la quantité même

ou bien, en mettant
à la place de 

laquelle doit être une différentielle exacte, ou d’elle-même, ou étant multipliée par un facteur convenable

et il est d’abord clair que, comme

est une fonction donnée de

et

si l’on cherche le facteur

qui rendra intégrable la quantité

et qu’on suppose ensuite

on aura à rendre intégrable cette quantité plus simple

où
est une fonction inconnue, et
une fonction connue de
et de
ou bien de
et de
en substituant à la place de
sa valeur en
et
tirée de l’équation

or on sait que la quantité dont il s’agit sera intégrable si l’on a

ce qui donne, en intégrant suivant 

étant une constante arbitraire ; ainsi l’on a une valeur particulière de
laquelle donne

donc

ce qui servira à déterminer
ensuite de quoi on aura l’équation

Or comme on a

il est clair que
sera une fonction quelconque de
de sorte que l’équation qui sert à déterminer
pourra être représentée plus simplement ainsi

Au reste on aurait pu voir d’abord par l’équation

que la constante
pouvait être une fonction quelconque de
puisque l’intégrale
est censée prise en faisant varier
seul, et
demeurant constante ; de sorte que la valeur de
étant complète, on aurait eu sur-le-champ par son moyen la valeur complète de
mais nous avons cru qu’il n’était pas inutile de faire voir comment on y pouvait parvenir aussi par le secours de notre méthode, en supposant que la quantité
ne fût regardée d’abord que comme une constante indéterminée.
Sixième Cas. — Lorsqu’il y a entre
une équation telle, que
et
ne remplissent ensemble aucune dimension.
Faisant
on aura donc une équation entre
d’où l’on tirera

étant une fonetion de
et
seulement. Or en considérant immédiatement l’équation

ainsi qu’on l’a fait dans le cas précédent, elle deviendra, par les substitutions,

savoir

et l’on voit que cette équation peut devenir intégrable en supposant
une fonction de
seul (ce qui rendra pareillement
une fonction de
), pourvu qu’on ait

savoir

ou bien

équation différentielle entre
et
d’où l’on pourra, par l’intégration, tirer la valeur de
en
laquelle contiendra une constante arbitraire
De cette manière on aura, par l’intégration,

et ensuite

d’où l’on tirera
qu’on substituera ensuite dans l’équation

Au reste, comme on doit avoir dans ce cas
étant une fonetion de
et
on pourra le résoudre aussi plus simplement par la Remarque suivante, à l’aide de laquelle on peut le réduire au cinquième Cas ci-dessus.
Remarque. — Tels sont les principaux cas résolubles, en générale, lorsqu’il y a une équation entre
et
sans
et où par conséquent
et
peuvent être des fonctions de
et
seuls ; il faut cependant y ajouter encore ceux dans lesquels il y aura entre ces quatre quantités mêmes équations, mais en échangeant
en
et réciproquement ; car, à cause de
et
l’équation de condition est

laquelle, en regardant maintenant
et
comme des fonctions de
et q, peut se mettre également sous la forme

où
et
ont pris la place de
et
, et vice versâ. Ainsi il n’y aura qu’à traiter ces cas de la même manière que les cas analogues résolus ci-dessus, en supposant qu’au lieu de chercher
et
en
et
on cherche au contraire
et
en
et 
Septième Cas. — Lorsque
est une fonction de
et
Soit
une fonction de
et
en sorte que

et soit

l’équation de condition deviendra

il est clair qu’on peut supposer que
soit une fonction de
seul, sans
ni
ce qui réduira l’équation à celle-ci

or comme
et
sont des fonctions données de
et
il est clair que l’équation précédente ne sera qu’entre ces deux variables, en sorte qu’elle pourra s’intégrer par les méthodes ordinaires ; ainsi l’on aura
en
et comme l’intégration introduira une constante arbitraire
dans la valeur de
on pourra en déduire la valeur générale et complète de 
En effet, l’équation

ou bien

donnera celle-ci

où le second nombre étant une fonction de
et
seuls, sera nécessairement intégrable ; de sorte qu’on aura

et de là on tirera la valeur de
qui étant supposée égale à
servira à déterminer celle de
, qu’on substituera ensuite dans l’équation intégrale

Huitième Cas. — Lorsque
étant une fonction de
et
, et
une fonction de
et
Au lieu de considérer l’équation de condition par laquelle on doit déterminer
je considérerai d’abord, ainsi que j’en ai déjà usé plus haut, dans un cas analogue à celui-ci (cinquième Cas), la quantité

qui doit être une différentielle complète, ou dans l’état où elle est, ou après la multiplication par un facteur quelconque
Or, mettant
à la place de
elle devient

et cherchant le multiplicateur
qui rendra
égale à une différentielle exacte
on aura

quantité où
est une fonction inconnue, et où
est une fonction
connue de

ou bien de

en mettant à la place de

sa valeur tirée de l’équation

Supposons donc que cette quantité, étant multipliée par
devienne une différentielle exacte ; il faudra que

soit la différentielle d’une fonction de
donc, en regardant d’abord
comme constante, il faudra que

soit la différentielle d’une fonction de
et
ainsi il n’y aura d’abord qu’à chercher le multiplicateur
qui rendra intégrable la quantité
considérée comme fonction de
et
seuls. Soit donc

il est clair que
contiendra aussi
comme constante ; de sorte que si l’on veut maintenant traiter
comme variable, on aura, pour la différéntielle complète de
la quantité

donc

de sorte que la quantité qui doit être une différentielle exacte deviendra

Or il est visible que pour que cette condition ait lieu il n’y aura qu’à supposer

ce qui donnera une valeur particulière de

qui, contenant la constante arbitraire

conduira, à l’aide de notre méthode, à la solution générale du Problème. On aura en effet

d’où

et de là

D’où l’on voit que
sera une fonction quelconque de
en sorte que l’équation, qui donnera la valeur complète de
pourra se mettre sous cette forme plus simple

Au reste on peut faire ici une remarque analogue à celle qu’on a faite ci-dessus dans la solution du cinquième Cas, dont celui-ci n’est qu’une généralisation.
Neuvième Cas. — Lorsque
étant une fonction de
une fonction de
et
une fonction de
Je considère encore immédiatementla quantité

laquelle, par la substitution de la valeur de
devient

je fais

étant une fonction de
et j’ai

je suppose maintenant
ce qui donne
![{\displaystyle v={\sqrt[{m-1}]{\frac {1}{\mathrm {U} }}},}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/86a6de2cc777713ee4ecf77a038cb4bf26bb06ad)
et divisant ensuite toute la quantité précédente par

j’ai

il est clair que cette quantité sera intégrable si l’on fait

étant une constante, car elle deviendra
![{\displaystyle {\frac {du}{v}}-{\sqrt[{m}]{\frac {\alpha }{\mathrm {X} }}}dx-\alpha \mathrm {Y} dy,}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/792aaed96bf8c885989048a7b4bbd925168e1080)
dont l’intégrale sera
![{\displaystyle \mathrm {N} =\int {\frac {du}{v}}-{\sqrt[{m}]{\alpha }}\int {\frac {dx}{\sqrt[{m}]{\mathrm {X} }}}-\alpha \int \mathrm {Y} dy\,;}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/56e46180edf281c0c3ceeaa5ba93d002e04d73d2)
de là on tirera donc la valeur de
qu’on fera égal à
et il n’y aura plus qu’à substituer la valeur de
qui résultera de cette dernière équation, dans celle-ei

Remarque. — Si l’on a une équation entre
et
on pourra regarder
et
comme des fonctions de
et
seuls, et le Problème rentrera dans le cas où l’équation est entre
en prenant
à la place de
à la place de
et
à la place de
car il est visible que l’équation

peut se mettre aussi sous la forme

qui résulte de la précédente, en changeant
en
en
en
Il en sera de même, mutatis mutandis, du cas où l’on aura une équation entre
et 
9. Les cas que nous venons d’examiner renferment d’une manière générale à peu près tout ce qu’on sait sur l’intégration des équations du premier ordre entre trois variables ; d’où l’on voit combien peu on est encore avancé dans cette matière. Le principe que nous avons donné, pour trouver l’intégrale complète d’après une intégrale particulière, est, comme on voit, très-fécond, et suffit seul pour résoudre la plupart des cas où l’intégration réussit. Nous remarquerons cependant sur ce sujet que si, au lieu d’avoir une valeur particulière de
laquelle renferme une constante arbitraire, on avait une valeur particulière de
renfermant de même une constante arbitraire, on ne pourrait cependant pas trouver par son moyen l’intégrale complète ; mais on pourrait y parvenir si la valeur particulière de
renfermait à la fois deux constantes arbitraires.
10. Pour démontrer cette proposition et donner en même temps le moyen de déduire la valeur complète de
d’une valeur particulière renfermant deux constantes arbitraires, supposons que cette valeur soit déterminée par une équation entre
et
laquelle renferme outre cela deux constantes
et
qui ne se trouvent pas dans l’équation différentielle il est visible que, si l’on différentie cette équation en sorte que l’une des constantes comme
disparaisse, on aura une équation différentielle qui sera nécessairement comparable à la proposée

et d’où l’on pourra tirer par la comparaison une valeur de
laquelle renfermera encore une constante arbitraire
en sorte qu’on pourra ensuite en déduire la valeur complète de
Mais si l’équation en
et
ne renfermait qu’une constante arbitraire, alors il est visible qu’en faisant évanouir cette arbitraire par la différentiation, l’équation différentielle qui en résultera ne renfermera plus de constantes arbitraires ; ainsi l’on ne trouvera qu’une valeur particulière de
qui n’aura point de constante arbitraire, et qui sera par conséquent inutile pour la recherche de la valeur complète de 
11. Il ne doit point au reste être étonnant qu’une solution particulière, qui renferme deux constantes arbitraires, soit suffisante pour en déduire la solution complète ; car en y regardant de plus près on voit que cette solution remplit presque en entier les conditions de l’équation différentielle, puisqu’on ne peut faire évanouir les deux constantes arbitraires sans tomber dans une équation qui renferme à la fois les différences partielles
et
en effet, comme il y a deux quantités à éliminer, il faudra avoir trois équations ; ainsi il en faudra encore deux outre la proposée, et ces deux ne peuvent venir que de deux différentiations différentes, l’une en faisant varier
et l’autre en faisant varier
.
On peut prouver de la même manière que, si l’on a une fonction
de trois variables
laquelle dépende d’une équation différentielle du premier ordre entre
et
et qu’on ait une valeur particulière de
laquelle renferme trois constantes arbitraires
cette valeur remplira presque en entier les conditions du Problème ; car on ne pourra éliminer les trois constantes qu’au moyen de trois différentiations, l’une relative à
l’autre à
et la troisième à
Et ainsi de suite.
12. En général, soit
une fonction de plusieurs variables
et soit donnée une équation entre

par laquelle il faille déterminer la valeur de
. Supposons que l’on ait une valeur particulière de
laquelle renferme les constantes arbitraires
dont le nombre soit égal à celui des variables
qu’on en tire la valeur d’une de ces constantes comme
en sorte que l’on ait

étant une fonction de
et de
qu’on différentie cette équation, et supposant

on aura, en divisant par

l’équation

en sorte que

et ces valeurs seront telles, qu’elles satisferont par l’hypothèse à l’équation donnée. Maintenant, comme la solution du Problème dépend uniquement de ce que l’équation précédente devient intégrable étant multipliée par le facteur
c’est-à-dire de ce que

est une différentielle complète de
il est clair que la solution aura lieu de même si les quantités
au lieu d’être constantes, sont variables, pourvu que la même différentielle continue à être complète or l’intégrale de cette différentielle, tant que
sont constantes, est
en sorte qu’on a dans cette hypothèse

mais si l’on regarde comme variable, alors on aura

donc

donc comme
est par elle-même une différentielle complète, il faudra que
soit aussi une quantité intégrable d’elle-même, ce qui ne peut avoir lieu à moins que
ne soit égal à une fonction quelconque de
Ainsi supposant

et tirant de cette équation la valeur de
on pourra la substituer à la place de
et l’on aura, au lieu de l’équation
celle-ci


étant égal à

où il faut remarquer que les quantités

peuvent entrer d’une manière quelconque en qualité de constantes dans la fonction

et par conséquent aussi dans la fonction

Maintenant on pourra rendre de même variable la quantité

contenue dans

et

en prenant

ce qui détermine
et substituant ensuite cette valeur de
on aura l’équation

où
et ainsi de suite.
Par ce moyen l’intégrale incomplète

deviendra de la forme

et sera nécessairement complète, puisqu’elle contiendra autant de fonctions arbitraires qu’il y a de variables
moins une[1].
13. Pour faire voir l’usage de cette méthode par un exemple très général, supposons que
soit une fonction de
et
que
en soit une de
et
que
en soit une de
et
et ainsi de suite, et que l’on ait une équation donnée entre
d’où il faille tirer la valeur de
comme le Problème consiste à faire en sorte que la quantité

soit intégrable ou par elle-même ou étant multipliée par un facteur quelconque, en supposant

il est clair que la condition du Problème sera remplie si
est une fonction de
seul,
de
seul,
de
seul, etc. ; or c’est ce qui aura lieu si l’on fait
égales à des quantités constantes ; car alors l’équation donnée servira à déterminer une de ces constantes par toutes les autres, en sorte qu’il restera autant de constantes arbitraires,
qu’il y aura de variables
moins une. De cette manière on aura

pour l’équation qui détermine la valeur particulière de
et, comme cette valeur de
contient les constantes arbitraires
on pourra compléter la solution par la méthode exposée ci-dessus.
14. Il est clair qu’on peut généraliser encore le cas précédent, en supposant que
soit une fonction quelconque de
et que l’on ait
égal à une fonction de
et
une fonction de
et
,
une fonction de
et
car en faisant
constantes, on aura
égal à une fonction de
seul divisée par
égal à une fonction de
seul divisée de même par
de sorte que la quantité

étant multipliée par
deviendra intégrable.