Mémoires historiques/26

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Les Huit Traités
Quatrième Traité
Le calendrier

CHAPITRE XXVI

Quatrième Traité : Le calendrier


p.320 Autrefois, si l’on part de ce qui existait dans l’antiquité, [ (101) le principe institué par le calendrier était celui du commencement du printemps (102). En ce temps, la glace fond ; p.321 les animaux hibernants se mettent en mouvement ; les cent sortes de plantes s’élancent et prospèrent ; (l’oiseau) tse-koei (103) crie le premier. Les êtres accomplissent entièrement leur destinée dans l’année ; ils naissent à l’est (104) ; ils se conforment successivement aux quatre saisons ; ils périssent à la saison d’hiver qui marque la séparation (105). — Lorsque le coq a chanté trois fois, c’est le jour (106) ; on parcourt les douze divisions pour finir à tch’eou (107). — Le soleil et la lune existent et c’est pourquoi il y a la clarté (108). La clarté, c’est le commencement ; p.322 l’obscurité, c’est la jeunesse (109) ; l’obscurité et la clarté, c’est (l’élément) femelle et (l’élément) mâle. (L’élément) femelle et l’élément mâle prédominent tour à tour et se conforment à la totalité du principe parfait (110). Le soleil s’en va vers l’ouest et élève sa clarté du côté de l’est ; la lune s’en va vers l’est et élève sa clarté du côté de l’ouest. — Lorsque le principe (du calendrier) ne se guide pas sur le Ciel et qu’en outre il n’émane pas de l’homme (111), alors toutes choses tournent à leur perte et la réussite est difficile. — ] Lorsque les rois changent de nom de famille et reçoivent le mandat (céleste) (112), il leur faut examiner avec soin comment ils institueront le commencement, comment ils changeront le premier jour du premier mois, comment ils modifieront la couleur des vêtements, comment ils feront évoluer l’origine (qui vient) du Ciel fondamental et comment ils recevront sa pensée pour s’y conformer (113).

Le duc grand astrologue dit : Avant Chen-nong, c’est la haute antiquité (114). Mais Hoang ti examina et détermina p.323 les étoiles et le calendrier (115) ; il institua et établit les cinq éléments ; il mit en mouvement la mort et la naissance (116) ; il rendit corrects les intercalations et les restes (117). Alors il y eut les fonctionnaires préposés au Ciel et à la Terre, aux dieux du Ciel et de la Terre, et aux divers classes d’êtres, ce fut ce qu’on appela les cinq (classes de) fonctionnaires (118). Tous observaient leurs rangs respectifs et ne se troublaient pas les uns les autres. Par là, le peuple put être fidèle à son devoir ; par là, les dieux purent avoir une vertu évidente ; le peuple et les dieux eurent chacun une tâche distincte ; ils s’en acquittèrent avec soin et ne furent pas négligents ; c’est pourquoi les dieux faisaient descendre (sur terre) d’excellentes moissons ; le peuple jouissait de l’abondance ; les calamités p.324 et les fléaux ne se produisaient pas ; ce qu’on demandait ne faisait pas défaut.

Lors de la décadence (qui marqua le règne) de Chao-hao (119), les neuf Li (120) bouleversèrent la vertu ; le peuple et les dieux se confondirent et se firent du tort ; il fut impossible de se conformer aux êtres (121). Les fléaux et les calamités survinrent en foule ; nul ne put atteindre jusqu’au bout de sa destinée.

Tchoan-hiu reçut (la succession de Chao-hao) ; il ordonna au directeur du sud, Tchong, de s’occuper du ciel et d’avoir ainsi sous son administration les dieux ; il ordonna au directeur du feu, Li (122), de s’occuper de la p.325 terre et d’avoir ainsi sous son administration le peuple. Il fit que (les dieux et le peuple) observèrent de nouveau l’ancienne règle, n’empiétèrent plus les uns sur les autres et ne furent plus négligents (123).

Dans la suite, les trois Miao (124) imitèrent la rébellion des neuf Li. C’est pourquoi les deux fonctionnaires manquèrent à leurs devoirs et les intercalations et les restes (125) violèrent l’ordre de succession. Le premier (mois) Tseou fut aboli ; (la constellation) Cho-t’i ne servit plus de règle ; les nombres du calendrier perdirent leur ordre.

Yao réintégra dans leur dignité les descendants de Tchong et de Li ; ceux qui n’avaient point oublié les anciens principes, il les chargea derechef de les mettre en vigueur ; il institua donc les charges de Hi et de Ho (126) ; il rendit claires les saisons et rectifia les mesures ; alors le yn et le yang furent en harmonie ; le vent et la pluie p.326 furent bien réglés ; l’abondance et les bonnes influences survinrent ; le peuple ne souffrit plus de morts prématurées ni de maladies. (Yao) étant devenu vieux céda (l’empire) à Choen et lui donna cet avertissement (dans le temple de) Wen-tsou (127) : « Les nombres du calendrier du ciel vous sont confiés. » Choen à son tour remit le décret (céleste) à Yu.

Par là on voit ce qui était tenu pour important par ceux qui furent rois.

Le principe des Hia fut le premier mois ; celui des Yn fut le douzième mois ; celui des Tcheou fut le onzième mois (128). Ainsi les principes des trois dynasties furent comme un cycle qui, une fois terminé, revient à son point de départ. Lorsque l’empire était dans la droite voie, on ne perdait point la règle ni l’ordre de succession ; lorsqu’il n’était pas dans la droite voie, le premier mois et le premier jour du mois n’étaient pas observés par les seigneurs.

Après (les rois) Yeou et Li (129), la maison des Tcheou se pervertit ; ceux qui étaient doublement sujets exercèrent le gouvernement ; les astrologues ne tinrent plus le compte des saisons, les princes ne déclarèrent plus le premier jour du mois (130). C’est pourquoi les descendants des hommes dont la fonction était héréditaire (131) se p.327 dispersèrent : les uns restèrent en Chine (132), les autres se rendirent chez (les barbares) I et Ti ; aussi les pronostics surnaturels dont ils s’occupaient furent-ils négligés et on ne les coordonna plus. La vingt-sixième année (626 av. J.-C.) du roi Siang de (la dynastie) tcheou, il y eut un troisième mois intercalaire et le Tch’oen-ts’ieou condamne cela (133) (en disant) :

« D’après la méthode suivie par les anciens rois pour régler les saisons, on plaçait le début au commencement ; on établissait l’exactitude au milieu ; on renvoyait les surplus à la fin (134). Quand on avait placé le début au commencement, l’ordre de succession n’était pas en défaut ; lorsqu’on avait établi l’exactitude au milieu, le peuple n’était pas incertain ; lorsqu’on avait renvoyé les surplus à la fin, les affaires n’étaient pas contraires (à l’ordre naturel) .

Dans la suite, les royaumes combattants entrèrent tous en lutte ; on se trouva plongé dans les attaques et les rivalités des royaumes puissants, dans les secours apportés aux (princes) en détresse, dans les désunions et les combinaisons et ce fut là tout ; comment aurait-on eu le loisir de songer à ces choses (135) ? En ce temps-là il p.328 n’y eut que le seul Tseou Yen (136) qui fut instruit dans l’évolution des cinq vertus et qui divulgua la distinction de la mort et de la naissance de manière à se rendre illustre parmi les seigneurs. Et de même, lorsque Ts’in eut anéanti les six royaumes, les armes défensives et offensives purent très fréquemment être mises en usage. Quoique (Ts’in Che-hoang-ti) ne soit monté au rang suprême que pendant peu de jours et quoiqu’il n’ait pas encore eu de loisir, il ne laissa pas que de faire avancer (la succession des) cinq triomphes (des vertus élémentaires) (137) ; estimant que lui-même avait obtenu le présage favorable de la vertu de l’eau (138), il changea le nom du (Hoang) Ho qu’il appela l’eau efficace (139), puis il prit pour principe le dixième mois ; parmi les couleurs, il mit en honneur le noir. Cependant pour ce qui concernait le calendrier, les mesures, les intercalations et les restes, il ne put point encore voir clairement ce qui était la vérité.

Les Han arrivèrent au pouvoir. Kao-tsou dit :

— Le lieu saint du nord m’attendait pour être mis en honneur (140).

Il estima que, lui aussi, il avait obtenu le présage favorable de la vertu de l’eau ; même ceux qui étaient versés dans la connaissance du calendrier ainsi que Tchang Ts’ang (141) et ses collègues, furent tous de ce même avis. En ce temps, l’empire venait d’être raffermi et c’est tout juste si l’on avait mis l’ordre dans la grande p.329 fondation (142). L’impératrice (femme de) Kao(-tsou) (143) fut une femme sur le trône. Tous (ces souverains) n’eurent point encore de loisir et c’est pourquoi ils adoptèrent le principe du calendrier et la couleur des vêtements des Ts’in. Au temps de (l’empereur) Hiao-wen, un homme du pays de Lou, Kong-suen Tch’en (144), fit, au sujet du cycle des cinq vertus, une requête au trône dans laquelle il disait :

« Les Han ont obtenu la vertu de la terre ; il faut modifier l’origine, changer le premier jour du premier mois, transformer la couleur des vêtements ; il doit y avoir un présage favorable ; le présage favorable sera l’apparition d’un dragon jaune.

L’affaire fut déférée au grand conseiller Tchang Ts’ang. Tchang Ts’ang avait lui-même étudié les tuyaux sonores et le calendrier ; estimant que (la théorie de Kong-suen Tch’en) était contraire à la vérité, il la repoussa. Dans la suite, un dragon jaune parut à Tch’eng-ki (145). Tchang Ts’ang donna de lui-même sa démission ; ce qu’il avait désiré prouver ne s’était pas confirmé. Puis Sin-yuen P’ing (146), à cause qu’il percevait de loin les émanations, fut reçu en audience (par l’empereur) ; il ne laissa pas que de discuter sur les matières concernant le calendrier correct et la couleur des vêtements ; il fut honoré et jouit de la faveur impériale ; dans la suite, il fit des troubles ; c’est pourquoi l’empereur Hiao-wen le renvoya et ne l’interrogea plus.

Quand l’empereur actuel eut pris le pouvoir, il manda p.330 auprès de lui le savant T’ang Tou (147) et lui assigna le ministère du ciel. Puis Lo-hia Hong (148), originaire (du pays) de Pa, fit avancer les calculs et progresser le calendrier. Alors les mesures du soleil et des constellations zodiacales coïncidèrent avec le principe des Hia ; (l’empereur) modifia donc l’origine ; il changea les titres des fonctionnaires ; il accomplit le sacrifice fong sur le T’ai-chan ; puis il adressa au yu-che un édit en ces termes :

« Il est de fait que des officiers ont déclaré que les mesures des étoiles n’étaient point encore certaines ; j’ai mandé de nombreuses personnes et j’ai fait une enquête étendue, afin de rendre conformes à la raison les mesures des étoiles ; mais on n’a point encore pu en vérifier l’exactitude (149). Or, j’ai appris que, dans l’antiquité, Hoang-ti trouva l’accord (150) et ne mourut pas. Les dénominations furent contrôlées et les mesures furent vérifiées. (Hoang-ti) détermina le pur et le trouble (151) ; il établit les cinq départements (152) ; il institua les divisions et les nombres des vapeurs et des êtres. Cependant cela remonte à la haute antiquité ; les livres font défaut et la musique s’est p.331 relâchée ; j’en suis très affligé ; je n’ai point encore pu parvenir à la conformité et à l’intelligence. En combinant ensemble minutieusement les divisions du soleil, en somme on se trouve répondre à ce qui triomphe de la vertu de l’eau (153). Aujourd’hui, on est d’accord avec le solstice d’été (154). Le (tuyau) hoang-tchong rend (la note) kong ; le (tuyau) lin-tchong rend (la note) tche ; le (tuyau) t’ai-ts’eou rend (la note) chang ; le (tuyau) nan-lu rend la note yu ; le (tuyau) kou-sien rend (la note) kio (155). Dorénavant, les divisions de l’année (156) sont de nouveau correctes ; la note yu est de nouveau pure ; les dénominations sont de nouveau modifiées exactement ; (cette harmonie va) si loin qu’au jour tse a dû se produire le solstice d’hiver (157) ; alors la façon régulière dont (les principes) yn et yang se séparent et s’unissent est en vigueur. Le onzième mois, au jour kia-tse qui était le premier jour du mois, au matin, est survenu p.332 effectivement (158) le solstice d’hiver. Je change donc la septième année (159) et j’en fais la première année t’ai-tch’ou. Le nom de l’année est Yen-fong Cho-t’i-ko ; le nom du mois est Pi-tsiu (160). Quand le jour marqué du signe kia-tse est arrivé, au milieu de la nuit qui est le matin du premier jour du mois, c’est le solstice d’hiver (161).



Tableau de la méthode du calendrier disposé d’après le cycle kia-tse


La première année t’ai-tch’ou, le nom de l’année est Yen-fong Cho-t’i-ko ; le nom du mois est Pi-tsiu ; quand le jour kia-tse est arrivé, au milieu de la nuit qui est le matin du premier jour du mois, c’est le solstice d’hiver.

[tableau p.333-337 ] (Image du tableau du calendrier, page 333)

p.338 Dans le tableau ci-dessous du calendrier, les grands restes sont des jours, les petits restes sont des mois (162). Toan (-mong) ou Tchan- mong est le nom d’une année. Parmi les branches (terrestres), tch’eou a pour nom tch’e-fen jo et yn a pour nom cho-t’i-ko. Parmi les troncs (célestes), ping a pour nom yeou-tchao. — Nord franc ; Ouest franc ; Sud franc ; Est franc (163).




Notes


(101. ) Cf. Ta Tai li : § 70. Kao tche.

(102. ) Le commencement du printemps est le premier mois du printemps ; ce mois est marqué du signe qui est le troisième dans la série des douze caractères cycliques tse, tch’eou, yn, mao... Le calendrier qui commençait au mois yn passait pour avoir été celui de l’empereur Tchoan-hiu et de la dynastie Hia. Dans les lignes qui suivent, Se-ma Ts’ien reproduit, d’après les fragments qui furent réunis après lui (cf. tome I, Introduction, p. CXLIII) dans les Rites de Tai l’aîné (§ 70 ou 71 suivant les éditions), quelques indications relatives à ce calendrier. — Hoang-ti, la dynastie Tcheou et les princes de Lou avaient un calendrier qui commençait au onzième mois, marqué du signe tse. Le calendrier des Ts’in commençait au dixième mois, marqué du signe hai. Les Han adoptèrent d’abord le système des Ts’in ; mais en l’année 104 avant J,-C., l’empereur Ou décréta l’adoption d’un nouveau calendrier (le calendrier tai-tch’ou), qui prit pour point de départ des calculs le onzième mois, mais fit commencer l’année au premier mois marqué du signe yn.

(103. ) L’oiseau tse-koei est appelé ti-koei dans les Élégies de Tch’ou et joei-tche dans les Rites de Tai l’aîné ; certains commentateurs (S. H. T. K. K., chap. DCCCXXIX. p. 13 r°) du Ta Tai li identifient ce « faisan précieux » avec le fameux joyau de Tch’en (cf. tome II, n. 05.151).

(104. ) C’est-à-dire au printemps.

(105. ) La séparation entre l’année écoulée et l’année à venir.

(106. ) L’expression [] signifie « le point du jour » et désigne l’heure yn, de 3 à 5 heures du matin. Le chant du coq a lieu à l’heure tch’eou, de 1 à 3 heures du matin ; immédiatement après commence l’heure yn qui est le début de l’année nouvelle.

(107. ) Les douze divisions dont il est ici question paraissent être les douze mois de l’année ; le dernier mois de l’année est celui qui est marqué du signe tch’eou. Tout ce passage est d’ailleurs obscur ; la suite des phrases n’est pas la même dans le Ta Tai li que dans les Mémoires historiques.

(108. ) Le Ta Tai li écrit : « le soleil et la lune réalisent l’année » ; c’est-à-dire que l’année est calculée sur les jours et les mois que déterminent le soleil et la lune.

(109. ) Il y a certainement ici un jeu de mots sur les mots … qui sont respectivement homophones. On a vu que les penseurs chinois ne craignent pas de faire intervenir dans leurs spéculations ces analogies phonétiques.

(110. ) C’est-à-dire que l’évolution de ces deux éléments est d’accord avec l’univers harmonieux qui découle du principe parfait du calendrier. Le mot [], que nous traduisons par « principe » désigne dans ces textes le point de départ du calendrier.

(111. ) L’homme est ici l’homme en soi, l’humanité conçue comme un des termes de la trinité : ciel, terre, homme.

(112. ) C’est-à-dire : lorsqu’un changement de dynastie se produit.

(113. ) Ces rois devront avoir soin de rechercher quelle est la pensée ou l’intention du Ciel, car c’est le Ciel qui est le principe fondamental auquel doivent se conformer toutes les réformes dans le calendrier et dans les choses qui en dépendent.

(114. ) Sous-entendez : Et par conséquent on ne peut rien connaître sur cette époque.

(115. ) Cf. tome I, n. 01.129. Se-ma Ts’ien, résumant les données éparses dans le Che pen et dans le Lu li tche (XXIe chapitre du Ts’ien Han chou ) dit : Hoang ti chargea Hi-ho (ou, suivant une autre explication, Hi et Ho) d’observer le soleil, Tch’ang-i d’observer la lune, (Koei) Yu-kiu d’observer les étoiles et leurs émanations, Ling-luen de fabriquer les tubes musicaux, Ta-nao de faire (le cycle) kia-tse, Li-cheou de faire les calculs et les nombres : Jong-tch’e rassembla ces six méthodes et rédigea le calendrier t’iao (c’est-à-dire le calendrier harmonieux ; c’est le nom du calendrier de Hoang ti).

(116. ) Ces deux termes symbolisent ici les principes yn et yang.

(117. ) Les mois intercalaires sont constitués par l’addition des restes de jours qui tendent constamment à mettre en désaccord le calendrier lunaire et le calendrier solaire.

(118. ) Hoang ti qui régnait sous les auspices d’une nuée avait donné à ses fonctionnaires des noms de nuée (cf. tome I, n. 00.118). Les cinq catégories de ses fonctionnaires portaient les noms suivants : les fonctionnaires du printemps s’appelaient les nuées vertes ; ceux de l’été, les nuées rouges ; ceux de l’automne, les nuées blanches ; ceux de l’hiver, les nuées noires, ceux du centre, les nuées jaunes.

(119. ) Cf. tome I, n. 01.164. et n. 01.287. .

(120. ) Sur la légende des neuf Li, cf. le texte du Kouo yu traduit et discuté par Legge, Chinese Classics, vol. III, p. 593-594.

(121. ) C’est-à-dire que les diverses créatures ne trouvèrent plus un état de choses conforme à leur nature.

(122. ) Sur Tchong et Li, cf. tome II, n. 05.511. — Tchong est appelé ici le directeur du sud et Li le gouverneur du feu ; les deux épithètes ne se correspondent pas ; le commentateur Tsan doit avoir raison quand il dit que [] est un caractère erroné et qu’il faut lire [] ; avec cette correction de texte, Li devient « le gouverneur du nord ». Se-ma Tcheng prétend cependant conserver la leçon que nous avons ici : dans le Tso tchoan, dit-il, Tchong est appelé Keou-mang (cf. Li ki, chap. Yue ling, 1er mois du printemps) et a le titre de directeur du bois ; Li est appelé Tchou-yong (cf. tome I, n. 00.133 et Li ki, chap. Yue ling, 1er mois de l’été) et a le titre de gouverneur du feu. L’élément feu a pour nombre correspondant le nombre deux ; or deux est le symbole du principe yn, de la terre et du nord ; on peut donc donner indifféremment au directeur de la terre le nom de gouverneur du feu ou de gouverneur du nord. De même l’élément bois symbolise le principe yang, le ciel et le sud. On peut répondre à ces explications de Se-ma Tcheng que dans la théorie régulière des cinq éléments, le bois correspond à l’est et le feu au sud ; nous sommes en présence de deux traditions distinctes, l’une qui donne à Tchong et Li les titres de gouverneur du bois et de gouverneur du feu, l’autre qui les appelle gouverneur du sud et gouverneur du nord ; c’est se donner une peine inutile que de tenter de concilier, à force d’arguties, ces deux légendes.

(123. ) Cf. Chou King, chap. Lu hing, § 5-6 (Legge, C. C., vol. III, p. 592-593). D’après ce texte de Se-ma Ts’ien, le sujet de la phrase dans le Chou King doit être l’empereur Tchoan-hiu.

(124. ) Cf. tome I, n. 01.249.

(125. ) Cf. n. 117.

(126. ) Cf. tome I, n. 01.176.

(127. ) Cf. tome I, n. 01.221.

(128. ) Cf. n. 102 et n. 110.

(129. ) Cf. tome I, pp. 268-274 et p. 278-285.

(130. ) D’après les rites, le prince devait chaque mois venir proclamer le premier jour du mois dans le temple ancestral ; on célébrait alors un sacrifice qui était appelé « l’offrande dans le temple ancestral ».

(131. ) Remarquer l’expression [] qui s’est conservée jusqu’à nos jours pour désigner les astronomes et les mathématiciens ; cf. le Tch’eou jen tchoan de Yuen Yuen (Wylie, Notes on chinese literature, p. 31).

(132. ) La Chine, par opposition aux pays barbares, est désignée ici sous le nom de tchou Hia, c’est-à-dire « tous les Hia ». L’origine de cette expression est obscure ; mais, comme elle se retrouve souvent dans la littérature chinoise, il est intéressant de remarquer qu’elle était en usage dès l’époque de Se-ma Ts’ien.

(133. ) Cf. Tso tchoan, 1e année du duc Wen ; Legge, C. C., vol. V, p. 229.

(134. ) C’est-à-dire que l’origine des calculs du calendrier coïncidait avec un commencement naturel, comme par exemple un solstice d’hiver tombant sur le premier jour du onzième mois, — que le milieu du mois était exactement au moment de la pleine lune, — enfin que les restes de jours étaient tous renvoyés au mois intercalaire.

(135. ) C’est-à-dire au calendrier.

(136. ) Cf. tome I, Introduction, n. 229. On trouvera un aperçu des curieuses théories de Tseou Yen dans le LXXIVe chapitre des Mémoires historiques.

(137. ) A l’époque des Ts’in, on admettait que les cinq éléments se succédaient en triomphant les uns des autres.

(138. ) Cf. tome II, n. 06.216.

(139. ) Cf. tome II, p. 130.

(140. ) Cf. Traité sur les sacrifices fong et chan.

(141. ) Cf. tome II, p. 479.

(142. ) La dynastie des Han venait à peine d’être établie et c’est pourquoi on n’avait guère le temps de s’occuper du calendrier.

(143. ) L’impératrice Lu. Cf. Mém. hist., chap. IX.

(144. ) Cf. tome II, p. 479-480. La réforme du calendrier introduite en 163 avant J.-C. par Kong-suen Tch’en consista à faire considérer comme embolismique la 7e, et non plus la 8e année de la période tchang (cf. Journal asiatique, nov.-déc. 1897, p. 543).

(145. ) Cf. tome II, n. 10.199.

(146. ) Cf. tome II, p. 481-482.

(147. ) C’est auprès de T’ang Tou que Se-ma T’an, père de Se-ma Ts’ien, s’initia à l’astrologie. Cf. tome I, Introduction, p. VII.

(148. ) Hong avait pour appellation Tchang-kong.

(149. ) Le mot [] est ici l’équivalent du mot [] dans son sens de « vérifier, contrôler ».

(150. ) Cf., dans le traité sur les sacrifices fong et chan, la légende de Hoang-ti telle qu’elle fut racontée par Kong-suen K’ing à l’empereur Ou. Le mot [] indique que Hoang-ti avait su réaliser l’accord entre le Ciel et la Terre grâce à un calendrier parfait. L’immortalité avait été sa récompense. L’empereur Ou n’était pas sans espérer parvenir à la vie éternelle en faisant, comme Hoang-ti, un calendrier exact.

(151. ) Ces épithètes se rapportent aux sons des tuyaux sonores.

(152. ) Les cinq éléments qui, dans l’ordre où ils triomphent les uns des autres, sont la terre, le bois, le métal, le feu et l’eau.

(153. ) Une observation attentive des mouvements du soleil révèle qu’on doit se trouver sous l’influence de l’élément terre qui triomphe de l’élément eau.

(154. ) Le calendrier t’ai-tch’ou fut institué le cinquième mois (21 juin-20 juillet 104 av. J.-C.) de l’année qui prit alors le nom de première année t’ai-tch’ou. D’après ce texte, l’édit de l’empereur relatif au nouveau calendrier paraît avoir été rendu le jour même du cinquième mois où se produisit le solstice d’été. On sait que six mois auparavant, le premier jour du onzième mois (25 décembre 105 av. J.-C.) avait coïncidé avec le solstice d’hiver.

(155. ) Cf. pp. 313-314.

(156. ) Le mot [] doit être ici l’équivalent de [] et désigner les vingt-quatre divisions de l’année.

(157. ) Cette harmonie est si parfaite que le solstice d’hiver doit coïncider avec un jour marqué du premier signe cyclique de la série duodénaire tse, tch’eou, yn, mao,.. ; c’est en effet ce qui est arrivé, comme l’empereur le fait remarquer quelques lignes plus bas, et le solstice d’hiver est tombé sur le jour kia-tse qui était le premier du onzième mois.

(158. ) « a été vérifié ». Cf. n. 149.

(159. ) L’année avait été jusqu’alors comptée comme la septième année yuen-fong.

(160. ) Cf. Appendice III, § 10.

(161. ) Après avoir rappelé le décret par lequel l’empereur Ou instituait le nouveau calendrier t’ai-tch’ou, Se-ma Ts’ien va exposer ce qu’était l’ancien calendrier t’ai-tch’ou des Yn. L’erreur dans laquelle sont tombés la plupart des commentateurs a été de croire que le tableau qui va suivre représentait le nouveau calendrier t’ai-tch’ou de l’empereur Ou ; les noms des périodes d’années sont vraisemblablement une interpolation de Tch’ou Chao-suen, et Se-ma Ts’ien avait dû se borner à donner le schéma d’une période de 76 années comptée à partir d’une origine première appelée t’ai-tch’ou. Cf. Appendice III, § 11.

Dans le tableau pp. 333-337, j’ai corrigé la disposition typographique des Mémoires historiques qui est fautive en quelques endroits. En effet, les indications des quatre points cardinaux et les nombres de mois qui sont inscrits dans le texte de Se-ma Ts’ien au-dessous de certains noms d’années doivent toujours être attribués à l’année suivante, et non à celle au-dessous de laquelle ils sont inscrits.

J’ai essayé de donner dans l’Appendice III toutes les explications nécessaires à l’intelligence de ce tableau.

(162. ) Cela est faux. Voyez, dans l’Appendice III, § 4, l’explication des grands restes et des petits restes.

(163. ) Cf. Appendice III, § 3.