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Modernités/Les Montreurs/La Voix d’or

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E. Giraud et Cie, éditeurs (p. 4).


II

LA VOIX D’OR


Le fifre s’exaspère et « Zim-Boum », la cymbale
Tonitrue et voilà qu’au milieu des hoquets,
Des cris, des beuglements, au halo des quinquets,
La divine apparaît.
La divine apparaît.Sa traîne triomphale
Est d’un satin si blême et sa chair idéale
Si frêle, qu’au milieu des énormes bouquets,
Outrageusement blancs des Grelotteux coquets,
On dirait un rayon de lune.
On dirait un rayon de lune. Sidérale
La divine s’avance et givrée, en mica
Elle parle et soudain sa voix d’harmonica
Tinte fausse et voilà qu’au-dessus de la foule
La neige en flocons blancs tombe lente : en éclats
De verre sa voix craque et le public s’écoule,
S’éloignant lentement de l’actrice Verglas.