Modorf-les-bains/12

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Imprimerie Joseph Beffort (p. 83-84).

La cachexie paludéenne.

L’anémie produite par le poison de la malaria, est une des plus sérieuses auxquelles on puisse avoir affaire. Elle coexiste ordinairement avec un fort gonflement de la rate, et souvent encore avec des accès de fièvre. Ces différentes complications cèdent généralement au bout d’un certain temps à la réunion des agents de la cure de Mondorf. S’il existe de la fièvre, on débute naturellement par la prescription de fortes doses de quinine, le vrai contrepoison de la malaria, qu’on fait prendre à la dose de 1 à 2 grammes en lavements. La douche froide fait rapidement diminuer le gonflement de la rate, et l’eau minérale, à l’intérieur, se charge de relever, l’appétit, de rétablir les fonctions nutritives. La statistique de Mondorf compte un joli nombre de guérisons brillantes, obtenues dans des cas d’une malaria rapportée des colonies ou des pays marécageux.

M. H...... 40 ans, a rapporté d’un séjour de plusieurs années à Rome, une santé extrêmement délabrée. Le teint est blafard, cachectique, l’appétit nul, les muscles amaigris. La rate est visiblement augmentée de volume ; elle fait bomber le flanc gauche ; à la palpation elle présente le volume d’une grande assiette de 20 centim. de diamètre. Il y a un léger accès fébrile tous les trois jours.

Le traitement consista en lavements de quinine, deux douches froides par jour, et un litre d’eau minérale toutes les 24 heures. Au bout de dix jours, on put déjà constater une diminution de la rate, et après trois semaines cet organe ne fut plus accessible à la palpation. Plus d’accès fébrile. En même temps, l’état général s’était très heureusement modifié, l’appétit était devenu normal et les forces revenaient insensiblement. Au bout de six semaines, tout était rentré dans l’ordre et M. H quitta Mondorf entièrement guéri, sa rate offrant à la percussion des dimensions normales.

La cachexie luétique forme encore un bon objectif pour la cure de Mondorf, surtout à la période tertiaire, quand l’organisme montre des signes indubitables de dépérissement. Non que l’eau de Mondorf agisse comme spécifique ; aucune eau ou cure minérale ne peut prétendre à cette qualification ; car il n’y a que deux médicaments connus dont l’emploi judicieux et énergique produise la guérison. Mais l’état général du patient, déprimé, soit par l’influence du mal même, soit par l’usage de cures débilitantes, réclame dans presque tous les cas le correctif d’un traitement tonique, fortifiant.