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Nietzsche, David Strauss

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Nietzsche, David Strauss
Anonyme

Revue critique d’histoire et de littérature, 1874


169. — Unzeitgemæsse Betrachtungen von Dr Friedrich Nietzsche, Erstes Stück. David Strauss, der Bekenner und der Schriftsteller. Broch. in-8°, 101 p. Leipzig. E. W. Fritzsch. 1873. — Prix : 4 fr.

« De toutes les conséquences fâcheuses que la dernière guerre avec la France a amenées, la plus fâcheuse, dit M. N., est peut-être cette erreur si répandue, on peut dire cette erreur universelle, que la culture allemande elle aussi a remporté la victoire dans cette guerre.....» — « Cette illusion est détestable, car elle est capable de transformer notre victoire en un désastre complet qui est l’extirpation de l’esprit allemand au profit de l’empire allemand. » Il ne saurait d’ailleurs être question d’une victoire de la culture allemande, au moins pour cette bonne raison « que la culture française continue d’être comme auparavant et que, comme auparavant, nous en dépendons. » — « Parler de la victoire remportée par la civilisation et la culture allemandes, n’est qu’un quiproquo qui vient de ce qu’en Allemagne l’idée pure de la culture a été perdue » (p. 1, 2, 5). Ce défaut d’une culture nationale, continue M. N., nos hommes instruits ne le voient pas ; au contraire ils témoignent d’une satisfaction qui, depuis la dernière guerre, s’épanche bruyamment et à tous propos. Ces hommes méritent le nom de Bildungsphilister. Ce qui distingue la nouvelle espèce de philistins, c’est la prétention qu’affichent ses membres d’être des « fils » des Muses et des hommes de culture (Kulturmensch). » Strauss en est l’exemplaire le plus parfait.

Le curieux pamphlet de M. N. est donc consacré au célèbre écrivain (encore vivant alors) à l’occasion de la publication de son dernier ouvrage qui eut un si grand retentissement, La foi ancienne et la foi nouvelle. Il ne peut être question ici de l’analyser, encore moins de l’apprécier. Nous nous bornons à attirer l’attention sur cette publication originale, écrite avec une verve extraordinaire. La critique de M. N., il est bon d’en prévenir, n’est point inspirée par son point de vue théologique, mais, — ce qui fait l’intérêt principal du premier morceau des Considérations inopportunes, — par le point de vue littéraire et philosophique que nous avons indiqué plus haut. M. N. s’est en particulier attaqué au style de Strauss avec la même animosité qu’il montre pour sa doctrine.