Nouveaux contes berbères (Basset)/99

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Ernest Leroux, éditeur (Collection de contes et de chansons populaires, XXIIIp. 83-84).

99

Pourquoi Alger est penchée vers la mer (181).
(Béni Menacer).

Au temps jadis, Sidi Brahim el Ghobrini l’errant alla du côté d’Alger. Il se rencontra avec Sidi ’Abd er Rah’mân eth Tha’âlebi. Mais, à cette époque, Sidi Brahim faisait semblant d’être fou. Au milieu de la ville, les gens se mirent à rire de sa folie, à lui lancer des railleries et même à le frapper à coups de pierres. Ils le firent tomber à terre, et chacun s’efforçait de soulever ses vêtements. À ce moment, Sidi Brahim se leva furieux et, sur-le-champ, porta sa main à sa tête pour enlever sa chéchia et, par là, renverser Alger de fond en comble dans la mer. Mais alors Sidi ’Abd er Rah’mân eth Tha’âlebi était avec lui ; il lui prit la main pour qu’il ne jetât pas sa chechia à terre : toutefois Sidi Brahim l’avait déjà penchée et la ville d’Alger se pencha également (182).