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Nouvelle Biographie générale/Agamemnon

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Firmin-Didot (1p. 357-358).

AGAMEMNON, roi de Mycènes, et d’Argos, fils de Plisthène, petit-fils ou neveu d’Atrée, et frère de Ménélas et d’Anaxibie, fut assassiné 1183 ans avant J.-C. Sa mère, d’après les uns, s’appelait Ériphyle ; d’après les autres, Airope. Homère, en désignant les deux frères du nom d’Atrides, a fait supposer généralement qu’ils étaient fils d’Atrée. Une destinée ennemie poursuivit impitoyablement cette race depuis Tantale, leur aïeul, jusqu’à Agamemnon et ses enfants. Agamemnon régnait sur Mycènes, et son empire s’étendait sur une partie de l’Achaïe, sur l’Argolide et sur les îles voisines. Son épouse Clytemnestre lui avait donné Iphigénie, Electre, Chrysothémis et Oreste, lorsque éclata la guerre de Troie, dont il fut un des instigateurs, et dont sa puissance et son autorité lui firent confier la conduite. Il arma lui seul cent vaisseaux, et en céda soixante aux Arcadiens. L’armée se rassembla en Aulide. Diane, en arrêtant les vents, retarda le départ de la flotte jusqu’à ce qu’Agamemnon résolût de sacrifier sa fille Iphigénie, pour rendre favorable à l’expédition qu’il commandait la déesse, qui avait d’abord demandé ce sacrifice, et qui ensuite sauva elle-même Iphigénie.

Les Grecs arrivèrent devant Troie ; Agamemnon soutint avec éclat la supériorité de son rang parmi les autres chefs de l’armée grecque, pendant les longues années du siège de la ville de Priam, et durant les combats multipliés dont la fortune fut tour à tour si changeante. Il provoquait les plus braves guerriers, et s’exposait courageusement à tous les dangers. Dans les conseils, il parlait avec prudence et dignité. Ses démêlés avec Achille ont été immortalisés par Homère. Après une absence de dix ans et la prise de Troie, il rentra dans ses foyers, où la trahison de sa femme lui fit trouver la mort. Égisthe, fils de Thyeste, à qui, à son départ, il avait confié le soin de sa famille, le surprit pendant son repos, et l’égorgea. Ainsi le raconte Homère ; mais, d’après d’autres témoignages, Clytemnestre elle-même l’égorgea dans son bain, après l’avoir traîtreusement enveloppé dans une chemise qu’elle avait jetée sur lui. Les uns attribuent cet assassinat à ses liaisons coupables avec Égisthe ; d’autres, à sa jalousie contre Cassandre.

Les combats intérieurs entre l’ambition et la tendresse paternelle d’Agamemnon, ses derniers malheurs et sa fin déplorable, ont excité la verve des poètes dramatiques modernes, après avoir été l’objet des poétiques récits de l’immortel chantre d’Ilion et des admirables productions des grands tragiques athéniens. L’Iphigénie en Aulide, de Racine, a transmis à l’admiration des siècles la peinture fidèle du roi des Grecs. Le triste sort d’Agamemnon, rentrant dans ses foyers et tombant dans les embûches d’Égisthe et de Clytemnestre, a donné lieu à la meilleure tragédie de Lemercier. La peinture s’est aussi em-


parée de ce sujet : on connaît le tableau de Guérin, dans lequel Égisthe guide son amante vers le lit où repose Agamemnon, et lui montre l’usage qu’elle doit faire de son poignard. (Enc. des g. du m.)

Homère, Thucydide, Plutarque, Denys d’Halicarnasse, Eusèbe, Pausanias, Ovide, Apollodore. — Eschyle, Agamemnon. — Euripide, Iphigenia in Aulida. — Sophocle, Electra.