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Nouvelle Biographie générale/ORLÉANS Charles, duc d’

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Texte établi par Firmin-Didot,  (38p. 403-406).

ORLÉANS (Charles, duc d’), poète français, fils du précédent, né le 26 mai 1391, mort le 4 janvier 1465. Il naquit au palais royal de Saint-Paul, où ses parents partageaient La demeure de son oncle Charles VI, et reçut d’abord le titre de comte d’Angouléme. Louis, duc d’Orléans, pour célébrer là naissance de ce fils, institua l’ordre du Porc Épic, emblème qui se conserva dans la famille d’Orléans jusqu’à Louis XII, roi de France. Isabelle de France, douairière d’Angleterre, qu’il avait épousée, le 29 juin 1406, mourut en couches, à Blois, le 13 septembre 1409. Louis, duc d’Orléans, périt assassiné, le 23 novembre 1407. Valentine de Milan ne lui survécut guère plus d’une année, et mourut à Blois, le 4 décembre 1408. Charles, comte d’Angoulême, âgé de dix-sept ans, se trouva l’alné de cinq orphelins et chef de famille. Il fut émancipé par le roi, et succéda comme duc d’Orléans à son père.

Charles, duc d’Orléans, quoique richement doué sous le rapport de l’esprit, n’avait aucune des qualités nécessaires pour se tirer avantageusement des circonstances difficiles où sa naissance l’avait placé. Le ressort, l’énergie du politique, du grand baron, du guerrier, lui manquaient totalement[1]. Après avoir vainement imploré la justice du roi contre le meurtrier de son père, il subit, en 1409, le traité de paix de Chartres. Mais cette paix fourrée n’était qu’une trêve ou un entr’acte de guerre civile. Les hostilités se rallumèrent entre les ducs d’Orléans et de Bourgogne : Charles et Jean sans Peur. Charles d’Orléans s’allia d’abord avec le comte d’Armagnac, dont il épousa la fille, Bonne d’Armagnac, en 1410. Dès 1408 il avait armé ses vassaux et ses forteresses ; mais il ne présida que comme prince à ces préparatifs de guerre, s’en reposant, pour le soin de les diriger activement, sur son frère Philippe, comte de Vertus, qu’il nomma son lieutenant général. Les parties belligérantes se rencontrèrent en 1411, aux portes de la capitale. Au mois de novembre, le duc se rendit à Saint-Denis, où les orléanistes s’emparèrent des biens de l’abbaye, qui fut pillée par les soldats. Parmi ces biens se trouvaient des joyaux que la reine y avait clandestinement déposés. Parmi ces objets précieux (au rapport d’une chronique nouvellement découverte) était une couronne royale. Bernard d’Armagnac, suivant le même auteur, prit cette couronne et la posa sur la tête de Charles, duc d’Orléans, en le proclamant roi de France, et il promit de le faire sacrer à Reims[2]. Déclaré rebelle et ennemi de l’État, Charles d’Orléans ne tarda pas de rentrer en grâce, à la faveur de la politique louvoyante et incertaine que suivaient la reine et les autres conseillers ou lieutenants de Charles VI. Le 29 janvier 1414 le duc d’Orléans et Isabeau de Bavière signaient ensemble un traité d’alliance offensive et défensive. Lorsque le roi d’Angleterre envahit la France, Charles se rendit au mandement royal, avec un contingent de cinq cents lances ou bassinets, qu’il conduisit en personne à la bataille d’Azincourt (25 octobre 1415). Le duc fut fait chevalier sur le champ du combat, la veille de cette action mémorable. Le jour même il commandait l’avant-garde, avec le duc de Bourbon, sous les ordres du connétable. Le corps que guidait le prince Charles fut des premiers culbuté, dans ce désastre. Le prince, tombé au pouvoir de l’ennemi, se vit emmener peu de jours après en Angleterre.

De 1415 à 1440, Charles d’Orléans dut passer les plus belles années de sa vie dans une désolante captivité. À peine eut-il mis le pied sur le sol de l’exil, qu’il perdit sa seconde femme. Déjà le duc Charles avait été précédé en Angleterre par son frère Jean[3], comte d’Angoulême, otage des Anglais depuis 1412. Son autre frère, Philippe d’Orléans, comte de Vertus, mourut à Baugency, le 1er septembre 1420. Henri V, roi d’Angleterre, veillait à retenir le duc Charles dans une étroite captivité. La possession de ce prince était pour lui le gage de la faiblesse du pouvoir royal en France. Par ses ordres, Charles fut donc traîné de prison en prison, aucune geôle à cet effet ne lui semblant assez sûre. C’est ainsi que le duc habita successivement le palais de Londres, le château de Windsor, celui de Bolinbroke[4] et enfin celui de Pontefract ou Pomfret, à l’extrémité septentrionale de l’Angleterre. Henri V en mourant recommanda à ses héritiers de conserver précieusement les princes captifs, et de repousser tout traité de libération avant la conquête intégrale de la France.

Henri V mourut en 1422. Charles, duc d’Orléans, eut alors pour demeures la tour de Londres, les châteaux de Ampthil ! [5], Wingfield[6] et autres lieux. Le sort du captif reçut quelques adoucissements ; mais il demeura toujours privé de la liberté. Durant ces vingt-cinq années, Charles ne cessa de correspondre avec ses états en France et avec les princes ses parents. Il s’efforça sans relâche de négocier, du fond de sa prison, avec le duc de Bourgogne, avec les seigneurs anglais, le duc de Bretagne et autres potentats. Ses constants efforts avaient pour but de rétablir la paix entre les royaumes de France et d’Angleterre, condition préliminaire sans laquelle lui et son frère Jean, comte d’Angoulême, ne pouvaient songer à leur affranchissement. En 1436, après la paix d’Arras, le duc d’Orléans, dont le père avait péri victime de Jean sans Peur, rechercha les bonnes grâces de Philippe le Bon. Isabelle de Portugal, duchesse de Bourgogne, épousa la cause du proscrit. En 1439, après bien des tentatives infructueuses, Charles, duc d’Orléans, fut amené à Calais, et, d’accord avec la duchesse Isabelle, il figura en qualité d’ambassadeur français, pour le rétablissement final de la paix. Le 17 avril 1439, Charles VII avait donné les pouvoirs nécessaires pour obtenir la délivrance du duc. Le 21 mai, un traité préliminaire à cet effet fut signé à Londres. Le 24 juillet Charles d’Orléans traitait comme ambassadeur à Calais. Le 6 novembre 1440 il signait à Saint-Omer son contrat de mariage avec sa troisième épouse, Marie de Clèves (voy. ce nom), nièce du duc de Bourgogne. Ce mariage fut célébré dans la même ville avec magnificence, le 26 du même mois. Enfin des lettres patentes, données le 30 novembre 1440, au nom d’Henri VI, roi d’Angleterre, rendirent la liberté à Charles, duc d’Orléans, moyennant une énorme rançon.

Après son mariage à Saint-Omer, Charles, duc d’Orléans, fut décoré par Philippe le Bon de l’ordre de la Toison d’or. Il prit part immédiatement au chapitre de l’ordre, qui décerna deux colliers vacants aux ducs d’Alençon et de Bretagne. De là il suivit à Bruges et à Gand le duc de Bourgogne, qui lui prodigua toutes les marques d’une étroite amitié. Les Bourguignons, à l’exemple de leur duc, témoignèrent au prince français le zèle le plus chaleureux. Les familles du premier rang lui donnaient leurs fils comme pages. Chacun briguait l’honneur de se ranger sous sa bannière, espérant que l’astre politique du prince allait se lever. À Tournay, le duc ruiné, qui la veille n’avait pas un soldat sous ses ordres, comptait une suite de trois cents chevaux et autant de serviteurs, officiers ou clients, de sa retenue. Dans cet équipage, il se dirigea vers la France, pour aller saluer Charles VII

En ce moment (décembre 1440-janvier 1441), le roi de France venait d’étouffer à grand’peine la ligue princière connue dans l’histoire sous le nom de Praguerie. Charles VII, méfiant par nature (et cette leçon récente l’eût instruit à le devenir), ne vit pas sans ombrage l’attitude hautaine et le pompeux équipage de son parent. Ses conseillers se crurent menacés jusque dans leur existence politique. Le roi fit donc savoir au duc qu’il le recevrait volontiers, mais avec un train moins nombreux et « à privée mégnie ».

Charles, duc d’Orléans, blessé d’un tel avis, qu’il prit pour un affront, rompit sa route. Au lieu d’aller à Chartres faire hommage au roi, il prit son chemin par Saint-Quentin, Noyon, Compiègne, Senlis, Paris, Orléans ; puis vint fixer sa demeure en son château de Blois. Un an s’écoula sans qu’il rendît ses devoirs au souverain du royaume. Pendant que les défenseurs du pays combattaient, de nouveau, à Creil et à Maubuisson contre les Anglais, Charles d’Orléans voyagea dans le Perche et en Bretagne. De concert entre lui et les ducs de Bretagne et d’Alençon, les deux nouveaux compagnons de la Toison d’or ou alliés de Philippe le Bon, il forma des conciliabules avec les différents princes mécontents. Le duc de Bourgogne était l’âme et le centre de cette Praguerie mal dissoute. Charles, duc d’Orléans, prit part à l’assemblée de Nevers. Au mois de mai 1442, il envoya ses ambassadeurs au roi, qui résidait à Limoges, et comparut enfin peu de jours après devant le chef de sa famille. Charles d’Orléans se fit l’organe des mécontents. Ces princes tendaient à renouveler les scènes politiques dont Charles VI, pendant son règne, avait été le témoin et la victime ; ils voulurent dicter des conditions à la monarchie. Mais le roi de France s’était émancipé. Le duc fut éconduit, et renonça au rôle, trop lourd pour ses forces, qu’il avait imprudemment accepté. Charles, duc d’Orléans, avait souscrit envers l’Anglais une rançon de 400, 000 écus, sans compter celle de son frère. Le roi Charles VII, après l’avoir vaincu moralement et désarmé, l’enchaîna par ses bienfaits. Il lui fit don de 160, 000 livres comptant, et lui assigna une pension annuelle de 10, 000 livres tournois, qui fut bientôt portée à 18, 000.

Charles, duc d’Orléans, se désista désormais de toute prétention, de tout acte, soit guerrier, soit politique. Ami du luxe, du bien-être, du repos, il était né pour les douceurs de la vie privée, pour le far niente d’une existence d’artiste et les calmes spéculations de la pensée. Charles s’effaça complètement de la scène où s’agitaient les graves événements de cette période. Le dernier effort de la France pour triompher de l’Angleterre s’accomplit sans la moindre participation de ce prince français, qui après le roi personnifiait dans tous les esprits la cause française. Quand ses propres États du Milanais furent menacés et entamés par Ludovic Sforze, à peine se décida-t-il, par procuration, à tirer du fourreau son épée. Il ne figura dès lors que dans les cérémonies publiques. L’âge s’appesantissait de plus en plus sur cette organisation, que l’exil et le malheur avaient prématurément affaissée. Le 18 décembre 1464, il prit part aux états généraux réunis dans la ville de Tours, et voulut faire entendre au roi quelques remontrances. Louis XI, sans respect pour son oncle et pour ses cheveux blancs, apostropha de telle sorte le débile vieillard que celui-ci, brisé par cette atteinte, expira quelques jours plus tard, à Amboise[7].

Les écrits de Charles d’Orléans sont le principal titre qui le fasse vivre dans l’histoire ; ils se composent, 1° d’actes, instructions, discours, pièces de correspondance, etc., en français et en latin. Cette première catégorie de documents, très-dispersés et en désordre, mériterait d’être attentivement réunie et classée : elle importe surtout à l’histoire[8]. 2° Ses œuvres poétiques, qui forment un recueil de 102 ballades, 131 chansons, caroles, ou chants à danser, 7 complaintes, ou jeux-partis, et 400 rondeaux. Elles témoignent de son activité littéraire, et marquent chronologiquement le cours entier de sa carrière virile. Sauf quelques pièces, dont la date ou l’authenticité ne nous paraît pas démontrée, ces poésies ne remontent qu’à la captivité du prince après la bataille d’Azincourt, et se continuent jusqu’à l’extrême vieillesse de l’auteur. On y trouve mêlées diverses pièces des collaborateurs ou interlocuteurs poétiques, que comportait, par son essence même, ce genre littéraire. Ces poésies sont écrites parfois en anglais, en latin, en macaronique, mêlé d’italien et de provençal, etc.[9]. La plupart, conçues en français, constituent un notable monument de la langue et de la poésie nationales. Ce sont, comme on le voit par leurs dénominations, des productions d’un genre léger, intime, familier, appropriées aux pensées et sentiments de cet ordre. Aussi, en abordant les poésies de Charles d’Orléans, convient-il d’être prévenu contre une sorte de désappointement presque inévitable. Charles, duc d’Orléans, par son nom seul joua un rôle moral très-notable et historique au quinzième siècle. On s’attend donc à trouver dans ses vers une sorte de miroir poétique, grandiose, ou du moins réduit et concentré, des événements. Il n’en est rien, ou peu de chose. Charles et ses conseillers furent de ceux qui, en 1410, pour venger la mort de son père, appelèrent et introduisirent les Anglais en France. Le duc devint la première victime de cette témérité, si coupable aux yeux d’un juge moderne. Vingt-cinq ans de captivité finirent par amortir et par étouffer le peu de zèle, d’énergie morale et patriotique, en un mot de véritable dévouement dont il était doué. Il adopta de force, mais au moins pour la moitié, la langue et les idées de ceux dont il était entouré et maîtrisé. Charles tenta, au prix ou au risque des concessions les plus extrêmes et les plus onéreuses pour la France, une réconciliation des deux couronnes, qui devait lui rendre à lui-même la liberté. En 1433, ce fut lui qui suggéra aux Anglais l’idée d’armer les paysans de la Normandie pour rétablir l’ordre et l’autorité de leur gouvernement, compromis dans cette province[10]. Tels étaient les sentiments politiques ou moraux qui animaient Charles d’Orléans. Excepté dans deux ou trois morceaux des plus faibles et des plus incolores, il s’abstient en général de toute allusion aux affaires sérieuses et aux événements historiques de son temps. Charles d’Orléans, pour rappeler l’expression d’un grand poëte de nos jours, « n’ajouta pas à sa lyre une corde d’airain ».

Les sensations intérieures de l’âme, le spectacle de la nature, toujours grande, belle, harmonieuse, même à travers les barreaux d’une prison, même sous le ciel inclément de la brumeuse Angleterre, sont ses sujets de prédilection. Ces chants ne reflètent pas l’histoire d’une époque, mais l’histoire d’une âme et d’un poëte. Sa vie s’y déroule tout entière, de saison en saison, et dans une suite de charmants tableaux. Bel-Accueil, Dangier, Gracieux-Désir, Confort, Doux-Espoir, Beauté, Amours, etc., en un mot toute la mythologie galante, consacrée par la littérature du moyen âge, y figure successivement. Il a peint à son tour ces mille riens qui défrayent les créations de ses nombreux émules. Mais il a rajeuni ce fonds commun par une grâce simple, naïve, originale et par un talent qui lui est essentiellement propre. Charles d’Orléans s’est acquis de la sorte un rang à part entre ses rivaux et contemporains. L’histoire littéraire a définitivement sanctionné en sa faveur cette distinction. Pour légitimer ce jugement, il suffira de rappeler le rondeau suivant, devenu à bon droit célèbre :

Le temps a laissié son manteau
De vent, de froidure et de pluie,
Et s’est vêtu de broderie
De soleil rayant, cler et beau.
Il n’y a bête ne oiseau
Qu’en son jargon ne chante et crie :
Le temps a laissié son manteau
De vent, de froidure et de pluie.

Rivière, fontaine et ruisseau
Portent en livrée jolie
Gouttes d’arpent d’orfèvrerie ;
Chacun s’habille de nouveau ;
Le temps a laissié son manteau
De vent, de froidure et de pluie[11].

Les bibliothèques de Paris, de Londres, de Grenoble, de Carpentras, contiennent une vingtaine de manuscrits, presque tous originaux, qui renferment les poésies de Charles d’Orléans. Ces manuscrits, qui n’ont jamais été consultés et rapprochés par un même éditeur, pourraient tous fournir à une nouvelle publication de ce poète des lumières utiles et nécessaires. Les deux textes qui paraissent les plus importants sont au département des manuscrits de la Bibliothèque impériale. Tous deux ont été à l’usage personnel du poète, et portent ses armes. Le premier, ou le plus ancien[12], paraît avoir été exécuté sous les yeux du prince en Angleterre, avant son retour de captivité. Il est divisé par séries : ballades, complaintes, chansons, rondels. Des blancs, ménagés de page en page et par cahiers entiers, ont permis de le compléter progressivement, jusqu’au déclin de la vie de l’auteur. Le second[13] est un livre d’apparat et d’un format plus grand, exécuté d’une seule main, vers 1458, avec luxe et pour décorer la demeure du prince.

L’abbé Sallier, en 1734, a le premier rappelé l’attention sur les œuvres poétiques de Charles, duc d’Orléans, dans un mémoire lu à l’Académie des inscriptions et belles-lettres. De nos jours après la publication, très-imparfaite, de Chalvet, deux nouveaux éditeurs, MM. A. Champollion-Figeac et J. Marie Guichard, ont donné, concurremment, un texte à peu près complet de ce poète remarquable.
Vallet-Viriville.

Documents manuscrits, Direction générale des archives, J, 368, n° 1. K, 57, 58, 59, 64, 65 ; 270, 271, 272 ; L, 320, n° 29, P, 1339, f° xiix. Cabinet des titres : Orléans-Valois. Mss. Bréquigny, 80, 81 ; Doat, t. 9, p. 291 ; Harlay, n° 17, pièce 17 ; 500 Colbert, volume 308, f° 34 ; volume 5, f° 147. Gaignières, 894, etc., etc. — Imprimés : Monstrelet. Fenin. Godefroy, Charles VI et Charles VII — Dormoy, Histoire des comtes de Soissons, t. 2, p. 361. D. Plancher, t. IV, p. 168, 179. Rymer (1415-1441). — Lottin, Recherches sur Orléans, t. I. — Harris Nicholas, The battle of Agincourt ; Londres, 183., in-8°. — Mémoires de l’Académie des Inscriptions, t. XIII, p. 580 et s, — Chalvet. Poésies de Charles d’Orléans ; 1803, in-12. — A. Champollion-Figeac, Poésies de Charles d’Orléans ; 1842. in 8° et in-16. Louis et Charles d’Orléans ; 1843, in-8°. — J. Marie Guichard, Poésies de Charles d’Orléans ; 1842, in-16. — Fr. Michel, Rapports à M. le ministre de l’instruction publique ; 1839, in-4°, p. 61 et s., 274 et s. — Vallet de Virlville, Visite du British muséum. Notice du ms. Reg. 16, contenant les poésies de Charlesd’Orléans  ; extrait du Bulletin du bibliophile, 1845 ; Jean Chartier, Cousinot, in-16. — C. Beaufils, Étude sur la vie et les poésies de Charles, duc d’Orléans ; 1861, in-8°.

  1. Valentine de Milan, éclairée par son instinct supérieur, ne s’y méprit point. À son lit de mort elle désigna le bâtard d’Orléans (Dunois, voy. ce nom) comme étant seul capable, parmi les enfants que laissait le duc assassiné, de venger la mort de son père.
  2. Chronique de Lille, n° 26. Voy. Bulletin de la Société de l’histoire de France, 1857, p. 184.
  3. Voyez ce nom.
  4. Lincolnshire, cent vingt-sept milles au nord de Londres.
  5. Bedfordshire, quarante-cinq milles nord-ouest de Londres.
  6. En Suffolk, près Eye.
  7. Les traits de Charles d’Orléans sont reproduits avec talent dans un manuscrit décoré de ses armes, et qui appartenait à Marie de Clèves, sa troisième femme. Cette effigie, très-précieuse et très-mutilée, se trouve en tête du manuscrit français 966 de la Bibliothèque impériale, exécuté vers 1451. Le duc y paraît en effet âgé d’environ soixante ans. Cette miniature a été très-imparfaitement imitée, ou gravée au burin, par G. S. Gaucher, vers 1780. Une lithographie, pire encore, de Rulmann, a reproduit, plus récemment, la précédente estampe. Le manuscrit royal n° 16 du British Muséum offre plusieurs images du duc poëte. Voy. Illustration, 1845, t. 6, p. 253. On peut consulter encore les sources suivantes à titre de renseignements iconographiques. Armoriai de Berry le hérault, manusc. 9633, 5, 5, f° 16, verso. Le duc Charles y est représenté (vers l’an 1454) dans son appareil héraldique. Au musée de Versailles, n° 1756, portrait ( ?) de Charles, duc d’Orléans, tout armé, d’après la collection possédée à Beauregard, près Blois, par M. le comte de Chollet. Sa statue aux Célestins, en 1504 : voir Millin, Antiquités nationales, t. I, planche 2 ; Guilhermy, Monographie de Saint-Denis, p. 287 ; Lenoir, Statistique monumentale de Paris ; Célestins, planche VI. Vitrail de 1540, aux Célestins : Millin, ibid., planche 19, case 3. Voyez encore Gaignières, manusc. 894, f° 37 : Catalogue des portraits qui sont au château Saint-Ange.
  8. D’après une découverte toute récente, due à M. Kervyn de Lettenhove, Charles, duc d’Orléans ; serait l’auteur d’une traduction française de La Consolation de Boëce, dédiée à Charles VII, vers 1423. ( Voy. Études sur Froissart ; 1857, in-16, t. 2, p. 343.)
  9. L’une de ces pièces, le rondel 201, édition Champollion, p. 355, a pour premier couplet :

    Contre fenoches et noxbuze
    Peut servir ung tantost de France
    Da ly parolles de plaisance
    Au plus saperé l’en cabuze.

    Cette langue est une espèce d’argot dont les poètes au quinzième siècle, et notamment Villon, etc., ont fait usage, aussi bien que des prosateurs. Voyez la Chronique de P. Cochon dans Cousinot, 1839, in-16, p. 381 et note ; Watson Taylor, Poems, etc., p. 189.

  10. Ici encore l’événement tourna contre les prévisions de Charles, duc d’Orléans, et contre le résultat qu’on s’en promettait. Cantepic prit la direction de ce mouvement, qui fut le prélude de l’émancipation de la Normandie.
  11. Un de nos compositeurs les plus délicats et les plus
    distingués, M. de Vaucorbeil, a brodé sur ce thème poétique
    une mélodie digne de l’original.
  12. Ms. Lavallière 193, petit format.
  13. Ms. Fr., 1104.