Odes et Ballades/La Demoiselle

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Odes et BalladesOllendorf24 (p. 230).
ODE SEIZIÈME.


LA DEMOISELLE.


Un rien sait l’animer ; curieuse et volage,
Elle va parcourant tous les objets flatteurs,
Sans se fixer jamais, non plus que sur les fleurs
Les zéphyrs vagabonds, doux rivaux des abeilles,
Ou le baiser ravi sur des lèvres vermeilles.

André Chénier.

 
Quand la demoiselle dorée
S’envole au départ des hivers,
Souvent sa robe diaprée,
Souvent son aile est déchirée
Aux mille dards des buissons verts.

Ainsi, jeunesse vive et frêle.
Qui, t’égarant de tous côtés,
Voles où ton instinct t’appelle.
Souvent tu déchires ton aile
Aux épines des voluptés.


Mai 1827.