On est bien forcé d'être honnête

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Elisa Fleury Extrait de l’Almanach de la jeune chanson française pour 1867

On est bien forcé d’être honnête

Musique de A. Boulanger


Quand j’suis tout’seul dans ma cellule,
J’fais plus d’un’drôl’de réflexion,
Sur la contrainte et l’ridicule
Qu’impos’la civilisation.
D’un’grand’phras’qu’exig’l’étiquette,
Selon moi, v’là l’équivalent :


Refrain

On est bien forcé d’être honnête,
Quand on n’peut pas faire autrement.
On est bien forcé d’être honnête,
Quand on n’peut pas faire autrement.


J’ai pour voisin’s Flore et Julie ;
L’un’qu’est laid’comme un créancier,
R’proch’toujours à cell’qu’est jolie,
D’faire jaser d’ell’dans not’quartier :
Voyez sur moi si l’on caquette ?
— Tiens, dit l’autr’, c’est pas étonnant ;


Refrain


Lundi dernier, j’dînais en ville ;
Vlà qu’au dessert l’Amphitrion
M’annonc’qu’il a fait un vaud’ville,
Et m’forc’d’entendr’sa production.
A la fin, pourtant, il s’arrête.
Que faire ? Il quête un compliment.


Refrain


L’autr’jour, j’m’en allais faire un’course,
Et comm’j’ai l’esprit fort distrait,
En courant j’l’aiss’tomber ma bourse,
Qu’un passant fourr’dans son gousset.
Mais comme j’avais tourné la tête,
Il m’la rendit généreus’ment.


Refrain


Quand j’rencontr’mon propriétaire.
J’cherche à l’éviter simplement,
Parc’que c’est un vieux doctrinaire,
Et que j’lui dois pas mal d’argent.
Mais d’vant moi c’matin il s’arrête,
Alors je l’salu’gracieus’ment,


Refrain


N’croyez pas, messieurs, que j’réclame
Des bravos qui n’me sont pas dûs.
Vous êt’s polis, mais, sur mon âme,
Moi, j’craindrais d’en faire un abus ;
Si j’en r’cevais pour c’te bluette,
C’est qu’vous diriez probablement :


Refrain