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Orgye

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Œuvres complètes de Saint-Amant, Texte établi par Charles-Louis LivetP. JannetTome 1 (p. 239-240).

ORGYE.


Sus, sus, enfans ! qu’on empoigne la coupe !
Je suis crevé de manger de la soupe.
Du vin ! du vin ! cependant qu’il est frais,
Verse, garçon, verse jusqu’aux bords,

Car je veux chiffler à longs traits
À la santé des vivants et des morts.

Pour du vin blanc, je n’en tasteray guere ;
Je crains toujours le syrop de l’esguiere,
Dont la couleur me pourroit attraper.
Baille-moi donc de ce vin vermeil :
C’est luy seul qui me fait tauper
Bref, c’est mon feu, mon sang et mon soleil.

Ô qu’il est doux ! J’en ay l’ame ravie,
Et ne croy pas qu’il se trouve en la vie
Un tel plaisir que de boire d’autant ;
Fay-moy raison, mon cher amy Faret
Ou tu seras tout à l’instant
Privé du nom qui rime à cabaret.