Origine des rayons de Röntgen

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Origine des rayons de Röntgen
Notes aux comptes-rendus de l'Académie des Sciences, 1896
PHYSIQUE. — Origine des rayons de Röntgen
J. Perrin, Notes aux comptes-rendus de l'Académie des Sciences, 1896
  • PHYSIQUE. -
  • Origine des rayons de Röntgen.

Le professeur Röntgen a dit, dans son Mémoire, que les rayons X n'émanent pas des électrodes, mais des régions où les rayons cathodiques frappent la paroi du tube à vide. Même, en prenant une paroi d'aluminium, il a prouvé que la fluorescence visible est inutile. Pourtant, l'accord ne s'est pas fait, et des résultats d'apparence contradictoire ont été récemment publiés. J'ai donc tenté de nouvelles expériences à ce sujet. Elles montrent que les rayons X se développent effectivement sur les parois internes du tube, plus généralement aux points où un obstacle quelconque arrête les rayons cathodiques, et pas en d'autres points. J'ai employé le dispositif de la chambre noire. Un trou de petit diamètre (1 mm), percé dans une plaque de laiton, située à quelques centimètres du tube, permettait d'obtenir l'image des régions actives sur une plaque photographique placée au delà. Je vérifiai d'abord ainsi que les parties utiles de la plaque sont bien celles que frappent les rayons cathodiques. Puis je disposai sur le trajet de ces rayons un obstacle en aluminium de forme simple (étoile ou croix); l'image de cet obstacle apparut très intense. Elle n'apparut pas lorsque, au moyen d'un aimant, on empêcha les rayons cathodiques de tomber sur l'obstacle. Cet obstacle pouvait d'ailleurs être pris comme anode : cela ne changea rien à aucun de ces deux résultats. L'expérience réussit également bien avec des corps moins perméables aux rayons X que l'aluminium et le verre, tels que le cristal et le platine. Pour le montrer, j'ai construit un tube en verre transparent aux rayons X, et, à l'intérieur de ce tube, je plaçai un obstacle mi-partie en platine, mi-partie en cristal. Naturellement la plaque photographique fut disposée de manière à recevoir les rayons X émis par celle des faces de l'obstacle que frappaient les rayons cathodiques. Les images obtenues furent encore nettes et très intenses. Dans aucune de ces expériences, la cathode ne donna son image. En résumé, aux points où une matière quelconque arrête les rayons cathodiques, se développent des rayons de Röntgen, et il ne parait pas s'en développer en d'autres points. Ces rayons divergent dans toutes les directions; seulement certaines substances, telles que le cristal, les absorbent rapidement; on comprend ainsi pourquoi les tubes en cristal ont un rendement faible, quoique la production y soit intense. Toute l'importance pratique des tubes à fluorescence verdâtre résulte de la transparence du verre dont ils sont formés.

  • Source: Comptes-rendus de l'Académie des Sciences