Orion

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Nox Armand SilvestreLes Ailes d’or
VII — Au fil des jours
À un croyant



ORION

Ô mon rêve ! la nuit vient rouvrir la prison
Où tu pleures sans fin la liberté première ;
Comme un océan d’or, en faisceaux de lumière,
Le jour tumultueux se brise à l’horizon.

Celle dont le regard mortel m’est un poison,
Comme une coupe vide a baissé sa paupière.
Réveille-toi, Lazare, et soulève la pierre
Où sa beauté funeste a muré ma raison !

Vers le firmament clair où la lune s’élance,
Mon rêve, envole-toi sur l’aile du silence.
Regarde : — les troupeaux cheminent, anxieux,

Sous l’embûche du soir où l’ombre tend ses toiles,
Tandis que vers le champ magnifique des cieux
Se dirige Orion, le beau pasteur d’étoiles !