Page:Alhaiza, Cybèle, voyage extraordinaire dans l'avenir, Georges Carré, 1904.djvu/150

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CYBÈLE

et Alcor se trouva mis en demeure de tous côtés d’avoir à produire son prodige.

En homme habile, Alcor ne manqua pas de profiter de cette belle occasion pour obtenir d’emblée pour son jeune ami, une chaire spéciale au Grand-Collège et pour lui faire ainsi une situation officielle des plus honorables. Ce fut donc avec cette bonne nouvelle à l’appui qu’il vint un beau matin proposer à Marius de le présenter aux corps savants de la capitale.

Un aréopage composé de tout ce qu’Alger comptait d’éminent était en séance attendant fiévreusement l’arrivée du terrien dont l’entrée fit la plus grande sensation. La personne du prodige causa d’abord, à vrai dire, un certain désappointement. On s’attendait tout au moins à voir un type de physionomie à part. Mais rien de cela. Cet homme confirmait jusque dans les moindres détails de son individu, cette identité parfaite du monde éloigné, auquel il appartenait, avec le monde de Cybèle. Il était de cette pure race caucasique des Européens en général, race qui depuis avait pris pied et s’était multipliée dans les cinq parties du monde. À peine s’il semblait y avoir dans son air quelque chose d’un peu différent, provenant sans doute de ce que chez les nouveaux Français, un mélange tardif mais enfin complet et accompli depuis nombre de