Page:Allais - À se tordre : histoires chatnoiresques.djvu/94

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Et ils remontaient l’avenue de l’Opéra, lui de son pas bête et plat de gommeux idiot, elle, trottinant allègrement, portant haut sa petite tête effrontée.

Derrière eux, un grand cuirassier qui n’en revenait pas.

Complètement médusé par l’exiguïté phénoménale de cette taille de Parisienne, qu’il comparait, dans son esprit, aux robustesses de sa bonne amie, il murmurait, à part lui :

— Ça doit être postiche.

Réflexion ridicule, pour quiconque a fait tant soit peu de l’anatomie.

On peut avoir, en effet, des fausses dents, des nattes artificielles, des hanches et des seins rajoutés, mais on conçoit qu’on ne peut avoir, d’aucune façon, une taille postiche.

Mais ce cuirassier, qui n’était d’ailleurs que de 2e classe, était aussi peu au courant de l’anatomie que des artifices de toilette, et il continuait à murmurer, très ahuri :

— Ça doit être postiche.


Ils étaient arrivés aux boulevards.

Le couple prit à droite, et, bien que ce ne