Page:Andry - Traité des aliments de carême, 1713, tome I.djvu/276

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DES POISSONS,
en general.



Le Poisson nourrit plus abondamment & plus sainement que les Herbages, les Racines, les fruits ; mais, selon les principes que nous avons posez au commencement, il s’en faut de beaucoup qu’il puisse être comparé là-dessus à la viande. En effet, l’aliment le plus convenable au corps humain est celui qui renferme des principes actifs & volatils ; mais temperez & adoucis par un mêlange moderé de parties huileuses & de parties aqueuses ; en sorte que ces principes puissent entretenir en nous la fermentation douce & tranquille, qu’excitent les levains de l’estomac, & qui tend à une entiere & parfaite digestion. Or telle est la chair de la plûpart des quadrupedes & des oiseaux, qui servent à nôtre nourriture ; au lieu que celle des poissons contient peu de volatil, & abonde en huile grossiere & en eau ; ce qui la rend moins propre à se convertir en nôtre substance. La chair des poissons est trés-aqueuse ; personne n’en doute ; elle est aussi trés-huileuse ; & c’est comme on le verra dans la suite de cet Ou-