Page:Annales du Musée Guimet, tome 6.djvu/431

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée
383
LALITA VISTARA. — APPENDICE

Ce soir-là, Âyouchmat Anirouddha, après avoir fait quelques réflexions morales, s’assit à la manière d’un sage vénérable, et garda le silence.

Puis, la nuit étant écoulée, il dit à Ânanda : — Va, et dis aux Mallas qui habitent Kouça : — Citoyens, ce soir, à minuit, le Maître a été délivré de la douleur, en ce qui regarde les cinq agrégats de son corps ; faites maintenant votre devoir, et montrez votre mérite moral. Et recommande-leur de ne pas se mettre dans l’esprit de dire : — Habitants des environs de notre cité, notre maitre étant mort, nous ne pouvons désormais lui faire des offrandes et les autres choses requises.

Après qu’Anirouddha eut parlé ainsi, Ananda se revêtit de son vêtement de Religieux, et accompagné d’autres Religieux, se rendit à la salle du conseil des Mallas habitants de Kouça, où se trouvaient alors environ cinq cents de ceux-ci, réunis pour délibérer sur leurs affaires. Alors Ananda leur dit : — Citoyens de Kouça, veuillez m’écouter. Ce soir, à minuit, le Maître a été complètement délivré de la douleur, quant aux cinq agrégats de son corps. Faites maintenant votre devoir, et montrez votre mérite moral. Ne vous mettez pas dans l’esprit de dire : Habitants des environs de notre cité, etc. (comme plus haut).

Après qu’Ananda eut parlé ainsi, quelques-uns des Mallas qui habitent Kouça se roulèrent à terre ; quelques-uns se croisèrent les bras en poussant de longs soupirs, etc. (comme plus haut).

Alors les Mallas de Kouça prenant avec eux, de tous les points de la cité, des fleurs, des guirlandes, de l’encens, des poudres parfumées et des instruments de musique ; accompagnés de leurs enfants, de leurs femmes, de leurs esclaves des deux sexes, des laboureurs, des publicains, de leurs amis, de leurs parents, des magistrats et des officiers, sortirent delà cité de Kouça, se rendirent au bosquet des deux Salas, et là, rendirent toutes sortes d’honneurs et de respects à Bhagavat (endormi connue un lion), en lui offrant de la myrrhe, des guirlandes, de l’encens et des poudres parfumées, au son de la musique.

Alors les principaux d’entre les Mallas de Kouça parlèrent ainsi à Ayouchmat Ananda :

— Vénérable Ânanda, nous voulons faire un sacrifice à Bhagavat (ou honorer sa mémoire) ; veuillez donc nous apprendre de quelle manière il faut faire ses funérailles.