Page:Auclert - Égalité sociale et politique de la femme et de l'homme, 1879.pdf/8

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remplir telle dignité. En lisant – tout Français – on croirait qu’il est question de toute la nation. Point du tout : cela ne comprend qu’une partie de la nation : Les hommes. Mais poursuivons nos investigations : il y a d’autres chapitres dans le Code parcourons-les : Nous y verrons des qualificatifs comme ceux-ci : Tout contribuable, tout inculpé, tout failli, tout faussaire, tout criminel, etc. : Là, sans doute aussi, il s’agit seulement des hommes ? Allons donc ! les hommes ne sont pas assez égoïstes pour ne s’occuper que d’eux-mêmes ; en conscience et comme pour rétablir l’équilibre entre les chapitres ayant trait à la compression et ceux qui précèdent ayant trait au droit, ils ont même fait la part plus large à la femme qu’à eux quand il s’agissait de sévir. Moins de droits à la femme, plus de rigueur contre elle. Ô logique !

Ces exemples sont assez éloquents pour prémunir les femmes contre ceux qui voulant changer l’organisation sociale actuelle combattent notre plan de revendication, disant que dans la Société future nous serons leurs égales. Les femmes ont à se défier de ceux qui prônent l’égalité de l’avenir et qui, dans le présent, s’opposent à ce qu’elles apportent leur intelligence, leurs idées leurs goûts dans l’arrangement de cette Société future.

Femmes de France, je vous le dis du haut de cette tribune : Ceux qui nient notre égalité, dans le présent, la nieront dans l’avenir. Comptons donc sur nous-mêmes pour nous affranchir, n’abandonnons pas nos revendications. Nous sommes depuis des siècles trop victimes de la mauvaise foi, pour nous oublier nous-mêmes, et croire qu’en travaillant pour le bien général, nous aurons notre part du bien général.